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la présentation de Jésus au Temple

 la présentation de Jésus au Temple

Lorsqu'on lit attentivement le récit que nous fait l’évangéliste Luc de la naissance de Jésus, on est frappé par la façon dont ses parents respectent scrupuleusement les ordonnances de la loi mosaïque. Luc n'en est pas avare de références. Ces détails échappent très souvent au lecteur, habitué à un récit "déjudaïsé", volontairement ou pas. Tellement habitué à une version expurgée qu'il ne voit même plus combien ces détails sont présents, constituant la trame d'une histoire qui ne peut être autre que juive. 

Pour bien comprendre ce récit biblique tel qu'il a été rédigé et voulu par son auteur, il nous faut le remettre dans le contexte de son époque, là ou se sont déroulés les événements qui y sont mentionnés et ce, au plus proche de la réalité. Le but n'étant pas de chercher à prouver une quelconque nécessité d'obéir aux prescriptions de la loi, ni de faire l'apologie du judaïsme, mais d'observer les faits en tenant compte de façon impartiale de tous les éléments et de toutes les informations que l'auteur nous fournit pour une plus juste et plus exacte compréhension du texte.  

Les personnages qui interviennent dans ce récit sont tous juifs ou galiléens, et de ce fait, obéissent à la loi mosaïque. Force est de constater que, lorsqu'on lit le texte biblique dans le détail, nombre de références à la loi mosaïque apparaissent, pratiquée par les personnages du récit. Si nous nous approchions d'un texte rapportant des faits produits à Athènes, il nous serait difficile de nier que les dialogues étaient en grec et que les événements qui s'y sont produits étaient eux-mêmes teintés de culture grecque. Or, le texte qui nous intéresse ici est strictement juif. On ne peut nier cette réalité sans en falsifier le sens. De plus, bien que nous soyons dans le nouveau testament, nous sommes encore sous l'ancienne alliance. L’église n'existe pas encore, le Nouveau Testament n'a pas encore été rédigé et très peu de non-juifs s'intéressent au Dieu de la Bible, qui est pour l'heure le Dieu d’Israël. Et c'est en tant que Dieu d’Israël qu'Il se manifeste à une jeune femme nommée Marie, future mère de Jésus. Dans la bénédiction que prononce la jeune femme, toute à sa joie, nous trouvons ces mots : "il (Dieu) a prit en main la cause d’Israël son serviteur comme il l'avait promis à nos pères, à Abraham et à sa semence" (Luc 1:56). Pas de doute possible, il s'agit bien de la nation d’Israël et du peuple hébreu. On ne peut spiritualiser ce passage en prétendant qu'il est allégorique et qu'Israël, c'est l’église. Celle-ci n'existe pas encore. Pourtant, Marie a bien prononcé ces mots, d'autant qu'elle fait spécifiquement mention d’Abraham et de sa semence. Marie est donc bien en train de dire que Dieu bénit le peuple hébreu du pays d’Israël, descendant par la chair du patriarche Abraham. 

Ainsi, Marie mit au monde son fils premier-né (en grec "prototokos" le premier-né). Si le texte mentionne le fait que Jésus était son premier-né (Luc 2:7), cela entend forcément qu'elle eut d'autres enfant après. C'est effectivement ce que nous dit le texte lorsqu'il est parlé des frères et des sœurs de Jésus. Le texte nous dit qu'elle emmaillota son fils premier-né, ce qui peut laisser supposer qu'elle savait déjà, dans son fort intérieur, qu'elle aurait d'autres enfant après celui-ci. Le texte de Luc nous apprend quelque chose qui n'est mentionné nulle part ailleurs dans les documents de l'époque. Luc 2:21 nous dit que :  "au huitième jour, lorsqu’arriva le moment de la circoncision (brit milah) on lui donna le nom de Yéshoua". Nous apprenons ainsi qu'à l'époque de Jésus, le prénom d'un enfant ne lui était donné officiellement qu'à la circoncision. Il est fort probable que la circoncision ait eu lieu à Bethléem, lieu de sa naissance. Le verset suivant (verset 22) nous dit : "puis, une fois passé le temps prescrit par la loi de Moïse pour leur purification, les parents de Jésus l'emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur" (Luc 2:22). Quel est ce temps prescrit par la loi de Moïse ? La réponse se trouve bien évidemment dans cette même loi dont certains aimeraient tellement expurger le Nouveau Testament. Dans le livre du Lévitique.  

"L’Éternel s'adressa à Moïse en ces termes : parle aux israélites : lorsqu'une femme met au monde un garçon, elle sera rituellement impure durant sept jours, comme lorsqu'elle est isolée à cause de son indisposition menstruelle. Le huitième jour, on circoncira l'enfant. Puis il faudra encore trente-trois jours pour être purifiée de son sang. Elle ne touchera aucune chose consacrée, elle n'ira pas au sanctuaire jusqu'à ce que le temps de sa purification parvienne à son terme" (Lévitique 12:1 à 4).  

Voilà donc le texte auquel se réfère l'évangéliste Luc lorsqu'il parle du temps prescrit par Moïse pour leur purification. Voyons un peu ce texte dans le détail. Premièrement, il nous est dit que "L’Éternel s'adressa à Moïse...". Ce n'est donc pas une prescription religieuse issue d'un quelconque dogme inventé par des hommes. L'origine en est bien divine. Son autorité ne peut donc être discutée. La Parole de Dieu est adressée à Moïse à qui il est donné cet ordre : "parle aux israélites...". Si Joseph et Marie se plient volontairement à ces ordonnances, c'est parce qu'ils se reconnaissent en cette appellation "israélites". Ce détail est important car il est bien stipulé ici que cette ordonnance s'adresse à des "israélites", c'est à dire des personnes pratiquant la religion du même nom. La condition sine qua non pour pratiquer la religion israélite est d'être juif, ce que sont les parents de Jésus. Le texte poursuit : "si une femme (israélite) met au monde un garçon...". Soit dit en passant, le judaïsme reconnaît généralement que le statut de Juif se transmet par la mère. Un enfant né de mère juive est automatiquement juif. Mais cela n'en fera pas forcément un israélite. "...Elle sera rituellement impure durant sept jours...".  Il faut s'arrêter un instant sur l'expression "rituellement impure". Cette impureté ne touche nullement sa personne. La jeune maman n'est pas considérée comme souillée. Son impureté ne l'est que dans sa forme rituelle. Cela ne l'atteint nullement dans son intégrité personnelle. Et pourquoi cette période ? Parce qu'une femme, après avoir accouché, va continuer à perdre du sang, et la matrice va se vider de tout ce qui a constitué le cocon dans lequel a vécu l'enfant dans le ventre de sa mère (lochies), d'où la relation avec la période d'indisposition menstruelle.  Après la circoncision (il y a une raison sanitaire particulière pour laquelle la circoncision se fait le huitième jour et pas un autre, en rapport avec une substance particulière qui permet une cicatrisation rapide), la jeune maman doit attendre encore trente-trois jours avant d'être considérée rituellement pure. Ici encore, il faut bien considérer que cette pureté retrouvée est spécifiquement rituelle. Cela ne concerne nullement la jeune femme en tant que telle. A aucun moment, la jeune maman ne retrouve une pureté qu'elle aurait malencontreusement perdue par sa maternité. Le texte se termine en disant : "elle n'ira pas au Temple jusqu'à ce que le temps de sa purification parvienne à son terme". Il nous faut donc considérer cette période de temps dans sa globalité. Sept jours jusqu'à la circoncision de l'enfant, puis trente-trois jours après le jour de la circoncision, ce qui fait quarante et un jours avant de pouvoir se rendre au Temple. Les parents de Jésus respectant scrupuleusement les ordonnances mosaïques, se sont donc rendus au Temple le quarante-deuxième jour après la naissance de Jésus. Pourquoi une période aussi longue ? Parce que cette période de six semaines (ou quarante-deux jours) est la durée maximale pendant laquelle peuvent perdurer ces lochies, ces pertes utérines. 

J'ai parlé dans un autre article (Quand Jésus est-Il né ?) de la date probable de la naissance de Jésus que l'on peut situer au mois d'Ellul (Août /Septembre), qui est le dernier mois de l'année religieuse. Il est suivi du mois de Tishri pendant lequel se déroulent les fêtes d'automne. Fêtes auxquelles ils n'ont donc probablement pas pu assister, étant encore dans cette période d'impureté rituelle. Les parents de Jésus se sont donc rendus au Temple juste après la période des fêtes d'automne, au mois d'Heshvan (appelé aussi Bul) qui succède à celui de Tishri.  La présentation de Jésus au Temple aurait donc eu lieu, logiquement, entre Octobre et Novembre. C'est donc au cours de ce mois d'Heshvan que les parents de Jésus auraient rencontrés le vieux Siméon et la prophétesse Anne, dont le récit biblique nous conte succinctement l'intervention auprès d'eux. 

J'ai parlé dans ce même article du sacrificateur Zacharie qui était de la classe d'Abyiah, dont un document trouvé dans une grotte de Qumran nous apprend qu'elle servait au Temple aux mois de Sivan et Heshvan. Ce sont les dates de services de cette classe de sacrificateurs qui nous avaient permis de déterminer la période à laquelle Jésus serait né. Lorsque Joseph et Marie arrivent au Temple, quarante-deux jours après la naissance de Jésus, la classe d'Abyiah est à nouveau en service pour sa deuxième période de l'année. Peut-être le vieux Zacharie, à qui un ange avait annoncé qu'il engendrerait un fils, était-il encore de service ? Ce fils à qui il avait donné le nom de Jean avait été présenté au Temple six mois plus tôt. Ces deux jeunes enfants étaient appelés à jouer un rôle décisif dans l'histoire de ce peuple, opprimé par l'envahisseur romain. Trente ans plus tard, ils devaient se retrouver ensemble sur les bords du Jourdain. Jean le Baptiste renonça à l'avenir que sa naissance lui destinait, devenir un sacrificateur de la classe d'Abyiah, comme son père. Jésus, quant à lui, entrait dans cette nouvelle période de sa vie dont le récit allait à jamais bouleverser le monde. 

JiDé

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