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Quatre fleuves coulaient en Eden

Quatre fleuves coulaient en Eden

Mais où pouvait donc se situer le jardin d'Eden ?

La question s'est posée pour tous ceux qui se sont sérieusement penchés sur ce récit : mais où pouvait donc être ce jardin ? Certains, et ils ne sont pas peu nombreux, ont résolu le problème en le balayant d'un geste de la main. Ce jardin n'est qu'une légende. Il n'a jamais existé ailleurs que dans l'imagination des crédules. D'autres ont considéré que la Bible était vraie et que les récits qu'elle contenait étaient authentiques mais, dans certains cas, il ne fallait y voir qu'une allégorie. D'autres encore furent convaincus que les récits bibliques relataient des événements historiques qui prenaient légalement leur place dans le déroulement de l'Histoire de l'humanité. Ce récit-là tout autant qu'un autre. Je suis de ceux-là. Dans ce cas, si ce récit n'est ni mythique, ni allégorique, et que son déroulement s'est bien produit tel que le récit biblique nous le raconte, alors il doit être possible de le situer géographiquement. Comment ? Pour cela, il nous faut nous référer à ce que nous dit le texte biblique. 

"Un fleuve sortait d'Eden pour arroser le jardin, et de là se divisait en quatre tête. Le nom du premier est Pischon, c'est celui qui entoure tout le pays de Havila, où se trouve l'or. Le nom du second fleuve est Guihon, c'est celui qui entoure tout le pays de Cush. Le nom du troisième est Hiddékel. C'est celui qui coule à l'orient de l'Assyrie. Le quatrième, c'est l'Euphrate" (Genèse 2:10 à 14).

Les fleuves Hiddékel et Euphrate sont clairement identifiés. Ces deux fleuves coulent encore aujourd'hui dans l'actuel Irak. Ils se réunissent pour former le Chatt el Arab qui se jette dans le Golfe Persique. Mais c'est la  localisation des deux autres fleuves, Pischon et Guihon, qui présente plus de difficultés. 

Le Pischon est le premier des quatre fleuves cités. Il peut être situé approximativement dans le Nord de l'Arabie. Les fils d'Ishmaël s'y installèrent (Gen. 25:17, 18). La Bible mentionne le territoire de Havila comme étant celui des fils de Jochtan, peuplades sémites (Gen.10:29), et de Havila, de familles cushites (Gen.10:7). Il se peut que cette région, qui devait couvrir un vaste territoire, ait fait la jonction entre les territoires sémites des fils de Jochtan et les territoires cushites. S'il est dit que le Pischon "entourait"  le pays de Havila, il faut peut-être l'entendre dans le sens où il en marquait le contour, voire peut-être la limite frontalière. A ce propos, il est intéressant de noter que Jochtan est le frère de Péleg (division) parce que, est-il dit , "de son temps (celui de Péleg), la terre fut partagée, et le nom de son frère était Jochtan" (Gen. 10:25).  

Le fleuve Guihon, selon le texte,entoure tout le pays de Cush. Quel est ce pays de Cush ? Cush était un fils de Cham, lui-même fils de Noé. Il est aussi le père du célèbre Nimrod (Gen. 10:6 à 8) qui bâtit plusieurs cités en Basse-Mésopotamie. La postérité de Cush, les familles chamito-sémitiques, s'étendirent sur la corne de l'Afrique (Ethiopie, Somalie, Érythrée) et plus haut jusqu'à Djibouti, ainsi que de l'autre côté du Golfe d'Aden, au Yémen. La pointe du Yémen formant, avec Djibouti, le détroit de Bab el Mandeb qui sépare la Mer Rouge du Golfe d'Aden. L'historien Flavius Josèphe dit de Cush : des quatre fils de Cham, le temps n'a pas fait de mal au nom de Koush, car les Ethiopiens sur lesquels il a régné sont encore là à ce jour, par eux-mêmes et par tous les hommes d'Asie, appellés Koushites" ("Antiquités" Flavius Josèphe). Coush est généralement associé à l'Ethiopie et par extension, à l'Afrique subsaharienne, mais il faut également considérer que les peuples issus de Cush se sont aussi étendus au Proche et au Moyen-Orient, sur le Continent Asiatique. C'est ce que dit Flavius Josèphe lorsqu'il parle de "tous les hommes d'Asie appelés koushites".  

Ainsi, lorsque le texte biblique nous dit que "Le nom du second fleuve est Guihon, c'est celui qui entoure tout le pays de Cush", la localisation de ce fleuve se doit d'être sur le continent asiatique et non africain. Pourquoi ? Pour une raison simple. Le texte biblique nous dit que le fleuve "sortait d'Eden pour arroser le jardin, de là il se divisait en quatre bras" (Gen. 2:10). Beaucoup, et ce depuis l'antiquité, ont identifié le Nil comme étant le Guihon. Mais cette hypothèse pose un énorme problème. Le Nil trouve sa source quelque part en Ethiopie ou en Somalie. Les avis divergent sur ce point, mais peu importe. Car le fleuve qui irriguait le jardin d'Eden  et qui alimente encore aujourd'hui l'Euphrate et le Tigre, trouve, lui, sa source quelque part dans les montagne d'Arménie. Tout à fait à l'opposé des sources du Nil. Le troisième problème posé par cette hypothèse est qu'il n'y a aucune communication entre les deux fleuves qui coulent en Mésopotamie (l'Irak actuel) et le fleuve d'Egypte. Or, il faut que les quatre fleuves mentionnés dans le texte aient une source commune pour respecter ce que nous dit le texte. Il nous faut donc chercher le Guihon à une relative proximité de ces deux fleuves déjà identifiés : le Tigre (Hiddékel) et l'Euphrate. Le Guihon, s'il entoure le pays de Cush (c'est à dire les régions occupées par les descendants de celui-ci), ce ne peut donc être que dans cette même région de Basse-Mésopotamie où coulent l'Euphrate et l'Hiddékel. Nous tenterons de localiser ce fleuve un peu plus loin. 

A ce point où nous sommes arrivés, nous pouvons identifier la région dans laquelle a pu se trouver le jardin d'Eden. Approximativement à la limite du lieu où l'Euphrate et le Tigre se rejoignent, et en remontant le long de l'Euphrate. On peut même envisager que la ville antique d'Ur en Chaldée fut fondée sur le territoire occupé autrefois par le jardin qui nous intéresse. Mais il se peut aussi que ce jardin soit désormais recouvert par les eaux du Golfe Persique, comme nous le verrons à la fin de cet article. 

Il y a quelques décennies, le Professeur El Baz, de l'Université de Boston aux Etats Unis, effectuait des recherches par géolocalisation satellite. Un jour d'Octobre, une photo satellite du sud de l'Irak arriva sur son bureau. Les deux fleuves du Tigre et de l'Euphrate apparaissaient clairement sur le cliché, se rejoignant aux environs de la ville actuelle de Bassora pour former le Chatt el Areb. Mais un détail de la photo attira l’œil exercé du Professeur El Baz. Deux légers tracés, perpendiculaires au Chatt el Areb, se découpaient sur le terrain accidenté. Après examen plus approfondi, ces deux tracés s'avérèrent être les lits de deux anciennes rivières à sec. Ils n'avaient pu être identifiés jusqu'à présent, le relief accidenté de la région rendant celle-ci difficile d'accès. El Baz, qui connaissait le récit biblique, supposa que ces deux lits de rivières pouvaient fort bien être ceux des fleuves Pischon et Guihon dont parle le livre de la Genèse. Le chercheur se rendit sur place afin d'étudier le terrain de plus près et fit une découverte étonnante. de l'eau coulait en suivant les lits de ces deux rivières, mais en sous-sol. Deux rivières souterraines suivaient les lits de ce ce que fut autrefois deux fleuves à ciel ouvert. Le Professeur El Baz émit l'hypothèse que les lits de ces fleuves asséchés avaient dû être autrefois ceux du Guihon et du Pischon. Fait étonnant, le mot Guihon, en hébreu, désigne de par la structure même du mot, un fleuve souterrain qui ressort d'une terre molle. On traduit généralement ce mot par "jaillissement". Une telle corrélation peut laisser supposer que ce fleuve souterrain découvert par le Professeur El Baz était bel et bien l'un des quatre fleuves qui irriguait autrefois le Jardin d'Eden. Comme dit le livre de Job : "Il ouvre des tranchées dans les rochers et son œil contemple tout ce qu'il a de précieux, il arrête l'écoulement des eaux et il produit à la lumière ce qui est caché" (Job 28:10,11). 

Un autre chercheur, Juris Zarins de la  Southwest Missouri State University, l'Université d'Etat du Missouri, aux Etats-Unis, lui aussi au fait des récits bibliques, se pencha sur les travaux du Professeur El Baz. Le professeur Zarins a passé sept années à élaborer sa thèse.Ses connaissances  en géologie ainsi qu'en hydrologie l'ont beaucoup aidées dans ses recherches. Le Professeur Zarins a également travaillé avec de brillants spécialistes du vingtième Siècle en s'aidant des technologies spatiales de l'époque. Selon Zarins, les territoires occupés aujourd'hui par l'Arabie Saoudite étaient autrefois une région fertile, à une époque qu'il date entre - 6000 et - 5000 avant notre ère.Il fit remarquer que, il y a environ six mille ans de cela, période qui correspond approximativement à celle du Déluge, il y eut un mouvement des sols dans cette région du monde, ce qui permit aux eaux du Golfe de s'avancer à l'intérieur des terres sur une distance d'environ soixante kilomètres, recouvrant ainsi une partie de cette région qui fut autrefois une plaine fertile. Il avança donc l'hypothèse que le jardin d'Eden devait se trouver là, sous quelques cinquante ou cent mètres de fond, recouvert par les eaux de la mer. Ce jardin si recherché semble s'éloigner un peu plus chaque fois que l'on pense s'en être rapproché. 

Tout comme pour la tombe de Moïse, la position exacte du jardin restera peut-être pour toujours un mystère non élucidé. 

JiDé

Note :

Pour ceux qui souhaitent aller plus loin, un article très intéressant sur "l'évolution des espaces littoraux du golfe Persique et du golfe d'Oman depuis la phase finale de la transgression post-glaciaire" peut être consulté ICI

Quatre fleuves coulaient en Eden
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