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Jésus est l'Alpha et l'Oméga, l'Aleph et le Tav

"Ego eimi to Alpha kai to Oméga, Je suis l'Alpha et l'Oméga". 

A trois reprises, Jésus se présente comme tel à l'apôtre Jean, dans le livre de l'Apocalypse. Le Seigneur ne se révélera d'ailleurs ainsi qu'à lui et seulement dans le cadre décrit dans le livre dont Jean est l'auteur. Mais pour bien comprendre les paroles que le Seigneur adresse à l'apôtre Jean, il nous faut replacer ces mots dans leur contexte. Voyons d'abord qui est l'auteur du livre dans lequel sont retranscrites les paroles du Seigneur Jésus.

Jean était un pêcheur de Galilée qui, après avoir servi le Seigneur durant sa longue vie, fut exilé par les Romains sur une île volcanique de la mer Égée appelée Patmos. La langue maternelle qui était la sienne est l'hébreu, voir l'araméen qui lui est très proche. Durant les trois années pendant lesquelles Jésus a vécu avec ses disciples, ils devaient communiquer entre eux dans cette langue, celle du pays dans lequel ils vivaient, c'est à dire l'hébreu. Il est généralement admis que les Évangiles, qui relatent la vie de Jésus, ont été rédigés dans cette langue vernaculaire. Ils furent ensuite traduits en grec. C'est cette version grecque qui nous est parvenue et dont se servent la plupart des traducteurs. Les originaux auraient été perdus, bien que Jérôme, auteur de la Bible de la Vulgate, dit avoir eu accès à ces manuscrits de l’Évangile en langue hébraïque.

Les Évangiles furent donc rédigés initialement en hébreu. On peut donc en déduire que lorsque Jésus ressuscité s'adresse à l'auteur du livre de l'Apocalypse, il le fait dans cette même langue qui leur a été commune pendant trois ans. Pourquoi en serait-il autrement ? Cela nous donne une indication sur la langue dans laquelle cette phrase ("Je suis l'Alpha et l'Oméga") a été prononcée. Or, dans notre traduction, ces deux mots grecs ont été conservés tels quels, désignant respectivement la première et la dernière lettre de l'alphabet grec. Or, nous avons vu que la langue dans laquelle Jésus s'adresse à Jean était l'hébreu. Pour comprendre le sens exact de cette phrase, prononcée par le Seigneur, il nous faut donc reprendre les mots qui sont sortis de la bouche de Jésus. C'est ce que nous allons essayer de faire ici. 

L'expression "Je suis" ("Ego eimi") n'est pas sans rappeler la façon dont Dieu se révèla à Moïse sur la montagne du Sinaï lorsqu'il dit: "èhièh asher èhièh" ("Je suis celui qui suis"), ou encore lorsque, dans le livre du prophète Osée, chapitre 11 verset 9, Il affirme "El anokhi" ("Je Suis Dieu")Mais qu'en est-il des mots "Alpha et Oméga" et que signifient-ils ? Alpha et Oméga sont respectivement le nom de la première et de la dernière lettre de l'Alphabet grec. Ces mots ont été conservés dans nos traductions, celles-ci ayant pour base la traduction grecque du Nouveau Testament. Mais comme nous l'avons vu, ces mots ont été initialement prononcés en hébreu. Or, la première lettre de l'Alphabet hébraïque est le Alephéquivalent du A. La dernière lettre de ce même alphabet est le Tav, équivalent de notre T. Les manuscrits écrits en hébreu ont malheureusement disparu, on ne peut donc savoir, avec certitude, quels sont les mots exacts qui ont été prononcés par Jésus mais on peut penser que le traducteur qui a rendu les lettres grecques a dû chercher l'équivalent du texte hébreu qu'il avait sous les yeux. Ainsi, les mots qui sont sortis de la bouche même de Jésus furent probablement "anokhi Aleph Tav" ("Je suis l'Aleph et le Tav").

Les mots Aleph Tav désignent également "ce qui est au commencement et ce qui est à la fin". En prononçant ces mots, Jésus affirme être à la fois le commencement et la fin de toutes choses. Mais il y a plus encore. Mis côte à côte, Aleph Tav forment le mot "èth" qui apparaît sept mille trente quatre (7034) fois sous cette forme (Strong 853) dans le Tanach (l'Ancien Testament). Ce petit mot qui sert à la construction de la phrase n'est pas traduit, mais les Sages d'Israël ont dit: "ce mot signifie 'ce qui est écrit', ou 'selon selon ce qui est écrit'".  Or, ce mot apparaît dans le premier verset de la Genèse lorsqu'il est écrit: "Au Commencement, Dieu créa le ciel et la terre" ("Bereshit bara Elohim èth hashamaïm vehèth ah aretz" (Gen. 1:1). "Au Commencement Dieu...". Or, c'est exactement ce que dit Jésus en affirmant, par ces mots, sa divinité: "Je suis le commencement et la fin" (Apoc. 21:6 et 22:13). Ainsi, de la Genèse à l'Apocalypse, on trouve, en filigrane, la "signature de Dieu" présente partout dans les Écritures, ce qui fait dire à l'apôtre Paul: "toute Ecriture est inspirée de Dieu et utile...". De quelle Ecriture Paul parle-t-il ? De celles qui sont à sa disposition à cette époque, c'est à dire ce que nous appelons l'Ancien Testament. Ce qui sera appelé plus tard "Nouveau Testament" est alors en cours de rédaction. Ainsi, nier l'inspiration plénière de la Bible équivaudrait à remettre en cause la parole de Paul. Or, le christianisme s'est édifié, en grande partie, sur les écrits de celui-ci. Nous qui, aujourd'hui, utilisons des traductions (plus ou moins fidèles selon les versions), nous nous attachons au sens d'une phrase, voir aux mots qui la composent. Mais le lecteur qui reconnait son inspiration plénière et qui la lit dans la langue originelle, accorde une importance particulière aux lettres mêmes qui composent le texte. C'est également l'un des sens de l’expression "l'aleph et le tav"

Les apôtres de Jésus, qui ont rédigé le Nouveau Testament, font souvent référence de façon implicite ou explicite aux Écritures (l'Ancien Testament). Il arrive même qu'ils fassent référence aux Écrits d'un autre apôtre auxquels ils accordent la même autorité que les Écritures auxquelles ils se réfèrent. Ainsi, on trouve régulièrement ces expressions: "il est écrit...", ou "selon ce que disent les Écritures...", ou encore "l'Ecriture  dit...". Parfois même, l'auteur semble les personnaliser : "ce que l'Ecriture rapporte d'Elie..." (Romains 11:2). Jusqu'à des expressions qui peuvent surprendre comme: "l'Ecriture dit à Pharaon..." (Romains 9:17). Paul semble vouloir signifier que c'est l'Ecriture elle-même qui s'adresse à Pharaon. Dans ce passage précisément, l'apôtre cite de mémoire un texte du livre de l'Exode (Ex. 9:16). Or, à qui sont attribuées les paroles prononcées dans ce passage de l'Exode ? A Moïse qui rapporte les paroles que Dieu lui a ordonné de dire, ainsi qu'il est écrit: "l’Éternel dit à Moïse : présente-toi devant Pharaon. Tu lui diras: ainsi parle l’Éternel, le Dieu des Hébreux..." (Exode 9:13). "Bahavour arothèka èth kohi" ("de sorte que je te fasse voir ma force"). Ce petit mot "èth" n'est pas traduit mais il est présent comme un témoin silencieux pour attester la présence de l'aleph tav au sein de l'Ecriture. Comme pour rappeler, comme le dit l'apôtre Paul, que "toute Ecriture est inspirée de Dieu".

Un scribe, dont le métier était de recopier scrupuleusement, lettre par lettre, la thora, enseignait un jour son fils qui devait plus tard reprendre le métier de son père: "mon fils, dit le scribe,  veille scrupuleusement à recopier chaque lettre. N'en oublie aucune et n'en ajoute aucune car elles contiennent le monde entier". Comme l'a dit Armand Abecassis: "Nous sommes formés de lettres". Même les généticiens nous le disent. Notre A.D.N. serait formé de "lettres". Il était généralement admis que celui-ci se composait des lettres G.A.T.C. Mais aujourd'hui, ils reconnaissent eux-mêmes: "nous ne connaissons pas toutes les lettres", laissant ainsi supposer qu'il y en aurait peut-être d'autres. Quant à Armand Abecassis, Je pense que les lettres auxquelles il faisait référence étaient bien les lettres de la Thora qui, comme le disait ce scribe à son fils "contient le monde entier". Mais qui sait ? Peut-être jouait-il sur les mots ?...

Jésus se présente dans l'Apocalypse (qui clôture chronologiquement le récit biblique) comme étant "le commencement et la fin" (21:6 / 22:13), "le premier et le dernier (1:17 / 2:8), "le commencement de la création de Dieu" (3:14), ce qui corrobore ce qu'ont dit les Sages d'Israël : "Le èth, c'est le Massiah",  attestant ainsi, pour leur part, que la présence de ce mot manifeste la présence du Messie au sein même des Écritures.

Je terminerai en citant simplement les paroles du Seigneur: "Car je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront pas, il ne disparaîtra pas de la thora un seul iota ou un seul trait de lettre jusqu'à ce que tout soit arrivé" (Matthieu 5:18). Ou, comme le dit Luc, "il est plus facile que le ciel et la terre passent qu'il ne l'est qu'un seul trait de lettre de la thora ne vienne à tomber" (Luc 16:17). 

JiDé

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