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L'Ecclésiaste : j'ai cherché de tout mon coeur

L'Ecclésiaste : j'ai cherché de tout mon coeur

Ceci est le troisième article sur le livre de l'Ecclésiaste et j'en ai à peine entamé le premier chapitre. Mais que de richesses ! J'invite mes lecteurs à lire les deux articles précédents afin de pouvoir mieux profiter de ce qui va suivre. Comme je l'ai dit précédemment, au terme "Ecclésiaste", je préfère utiliser le mot "Qoéleth" (en hébreu : l'Assembleur) qui est le titre qui figure sur les textes originaux. C'est donc ce terme de Qoéleth que j'utiliserai pour parler de l'Ecclésiaste.

J'ai cherché à comprendre

"Ani qohelèt... we natat ti èth libbi lidrosh velatour ba hahmah - Moi l'Ecclésiaste... j'ai appliqué mon cœur à rechercher et à sonder par la sagesse tout ce qui se fait sous les cieux" (1:13). Ce verset a été largement commenté dans l'article précédent "L'Ecclésiaste : j'ai cherché à comprendre". Mais j'ai désiré reprendre la lecture du Qoéleth là où je l'avais laissée, car ce texte contient encore bien "des trésors cachés dans le sable". Ces trésors sont là, parfois à quelques centimètres sous nos pieds. Le sable est meuble, on peut le creuser avec la main. Le trésor est là, depuis toujours. Piètre butin pour certains, étrangeté pour d'autres, il revêtira une richesse inestimable pour celui qui se laissera aller à la joie de la découverte. Et pour celui qui y prendra goût, d'autres trésors l'attendent encore, ici et ailleurs. Cette "archéologie des mots" prend vraiment tout son sens quand des yeux pleins de reconnaissance se lèvent vers Celui qui les y a cachés. C'est pourquoi il est écrit : "La gloire de Dieu, c'est de cacher les choses, la gloire des rois c'est de sonder les choses" (Prov. 25:2). L'auteur dira : "Moi, Qoéleth, j'ai été roi d'Israël à Jérusalem, et j'ai appliqué mon cœur à rechercher et à sonder par la sagesse" (1:12, 13). Les pas du Qoéleth se sont enfoncés dans les sables du désert, mais beaucoup après lui ont posé leurs pieds là où il avait précédemment posé les siens. En fait de trésors, on ne trouvera peut-être, après pourtant bien des efforts, que quelques mots gravés sur une tablette, un objet brisé, la mention d'un nom encore inconnu, ou encore un texte incompréhensible. Mais qu'importe ! Un indice, une information, tout est bon pour chercher un peu plus loin ou... un peu plus profond ! "Oui, ça me rappelle quelque chose ! J'ai déjà lu ou vu ça quelque part, mais où était-ce donc ? Dans un texte de l'Ecriture ? Ou était-ce dans ce livre ?...". Le "morceau manquant" est là, dans ce texte de l'Ecriture dont on ne se souvient que d'une bribe, juste assez pour le retrouver, dans cet ouvrage que l'on n'a plus lu depuis longtemps. Son auteur avait autrefois, lui aussi, posé ses pieds dans les traces du Qoéleth. Ses mains avaient longtemps creusé les sables du désert. Il est maintenant rentré "à la Maison", le cœur chargé de tous ces trésors qu'il avait découverts, "cachés dans le sable". Un indice supplémentaire va m'aider dans mes recherches. Peu de choses, en fait, mais suffisamment pour aller un peu plus loin.

Il est l'alpha et l’Oméga, l'Aleph et le Tav

"Ani qohelèt... we natat ti èth libbi lidrosh velatour ba hahmah - Moi l'Ecclésiaste... j'ai appliqué mon cœur à rechercher et à sonder par la sagesse". Il y a dans cette phrase un petit mot qui ne se traduit pas. C'est une sorte de "mot de liaison", "èth". Ce mot s'écrit avec la première et la dernière lettre de l'Alphabet hébraïque (Aleph Tav). Si ceci ne dira pas grand chose à beaucoup, sa traduction grecque dans le Nouveau Testament sera plus éloquente : "l'Alpha et l'Oméga". Ce sujet est développé dans un article intitulé "Jésus est l'Alpha et l'Oméga, l'Aleph et le Tav". A trois reprises, il est fait mention, dans l'Apocalypse, de cette phrase : "l'Alpha et l'Oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin" (Apoc. 21:6 et 22:13). La première mention stipule que cet "Aleph Tav" (èth) est "le Seigneur Dieu, Celui qui était, qui est et qui vient, le Tout-Puissant" (Apoc. 1:8). Ce petit mot "èth" apparaît à de très nombreuses reprises dans les textes, sans que sa présence ne se justifie pour autant, mais dans l'Ecriture, pas une lettre, pas un iota n'est inutile (Matth. 5:18). La tradition rabbinique s'est penchée sur l'utilité de ce petit mot. Les Sages d'Israël ont dit : "Ce mot composé de la première et de la dernière lettre de l'Alphabet (AlephBeth en hébreu) représente la totalité de toutes les Écritures". Pour les sages d'Israël, il s'agit seulement du Tanach (l'Ancien Testament), mais comme le dit l'apôtre Paul, "toute Ecriture est inspirée de Dieu", cela entend bien évidemment le Nouveau Testament. Mais d'autres Sages d'Israël ont dit : "Ce èth (Aleph Tav) représente le Messie". Ils ne pouvaient pas être plus près de la Vérité. On peut donc dire que lorsque ce mot apparaît dans un texte de l'Ecriture (Ancien ou Nouveau Testament), il est la marque de "Celui qui était, qui est et qui vient, le Tout-Puissant". Ainsi, quand le Qoéleth dit : "j'ai appliqué mon cœur à la sagesse", il y a dans ces mots la marque distinctive du Messie, le Seigneur tout-Puissant.

Cela donne lieu à deux niveaux de lecture : 

"Ani qohelèt... we natat ti èth libbi". "Moi, le Qoéleth, j'ai donné (les Écritures) à mon cœur". C'est joliment formulé ! Quel plaisir, quel bonheur de se plonger, de s'immerger dans les Écritures pour en retirer toutes ces "perles". "J'ai appliqué mon cœur à chercher et à sonder (les Écritures)". Quelle richesse ! Surtout quand c'est l'Auteur lui-même qui nous les fait découvrir !

Mais il y a un autre niveau de lecture. "Moi, Qoéleth, j'ai appliqué mon cœur à chercher (le Messie)". Cela ne fait-il pas écho aux soupirs de la Sulamithe, dans le Cantique des Cantiques" : "J'ai cherché celui que mon cœur aime" (C.d.c. 3:1, 2) ? "J'ai donné les Écritures à mon cœur et j'y ai cherché Celui que mon cœur aime".

"J'ai appliqué mon cœur à rechercher et à sonder par la sagesse tout ce qui se fait sous les cieux, c'est là une occupation pénible, à laquelle Dieu soumet les fils de l'homme" (1:13) ou, selon une version plus littérale : "Que Dieu a donné aux fils de l'être humain pour l'affliger (la anoth)". La racine "anah" peut vouloir dire aussi "répondre". Le Rav Dalsace en conclut : "comme si Dieu répondait à travers le questionnement". Ainsi, cette recherche ne sera pas infructueuse. Dieu vient à la rencontre de celui ou celle qui (le) cherche et il répond à celui qui s'interroge. "C'est une occupation pénible à laquelle Dieu soumet les fils de l'homme", mais il ne le laisse pas sans réponse. Celui qui appliquera son cœur à sonder et à chercher selon la sagesse de Dieu le verra venir à sa rencontre pour lui apporter les réponses dont il a besoin. Est-ce vraiment la recherche en elle-même qui est pénible ? Non, mais c'est ce que l'on va découvrir, c'est le résultat de ces recherches. Car cela provoquera une prise de conscience douloureuse qui produira l'affliction. Mais quel est l'objet de cette affliction ? De prendre pleinement conscience de ce qui se fait par les hommes "sous les cieux".

Si le Qoéleth affirme que "la fin vaut mieux que le commencement" (Qo. 7:8), Jésus, lui, se présente comme étant "l'Aleph Tav, le Commencement et la fin". 

Celui qui appliquera son cœur à chercher et à sonder les Écritures pour y trouver le Mashiah, tout comme l'Ecclésiaste, et à y chercher Celui que son cœur aime, comme la Sulamithe du Cantique des Cantiques, celui-là trouvera plus que la réponse à ses questions, il y trouvera Celui qui lui fournit les réponses. 
 

JiDé

L'Ecclésiaste : j'ai cherché de tout mon coeur
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