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Au-delà des Proverbes : La petite tasse bleue

Au-delà des Proverbes : La petite tasse bleue

"Les lèvres de la connaissance sont un vase précieux" (Proverbes 20:15, Darby).

"L'argile dira-t-il à celui qui la forme : qu'es-tu en train de faire ?" (Esaïe 45:9b).

 

Noël approchait. Kelly* et son mari parcouraient les rues piétonnes de la ville enneigée à la recherche d'une idée de cadeau original. Leurs pas les conduisirent à la devanture d'une petite boutique d'artisan. Une douce lumière émanait de cette échoppe et Kelly décida de franchir la porte de la boutique. Les murs étaient couverts de vases de différentes tailles, de différents coloris, tous produits d'une oeuvre artisanale. Soudain, l'attention de Kelly fut attirée par une petite tasse bleue posée là, sur l'une des étagères. 

"Oooh... quelle jolie petite tasse bleue !" s'exclama Kelly. A cet instant, la petite tasse bleue se mit à parler : "Mais il n'en pas toujours été ainsi !" fit-elle. Et la petite tasse bleue se mit à raconter son histoire.

"Je n'étais qu'une petite boule de glaise grise sur mon étagère. Mais un jour, le potier vint me chercher. Il me prit dans ses grosses mains aux doigts épais et me transporta dans l'arrière-boutique. Là, il me posa sur le tour et se mit à me faire tourner, tourner. Oh là là ! J'avais la tête qui tournait, qui tournait ! A en être malade. Alors j'ai crié : "Arrête, arrête, j'ai la tête qui tourne, je vais être malade !" Mais le potier m'a regardée, a secoué la tête et m'a dit : "Pas encore !"

Puis il a enfoncé ses gros doigts dans ma glaise. Il me faisait mal ! Il pressait et appuyait. Alors j'ai crié : "Aïe ! Aïe ! Tu me fais mal, potier ! Arrête ! Arrête !" Mais le potier m'a regardée, a secoué la tête et m'a dit : "Pas encore !"

Finalement le tour s'est arrêté ! Ouf ! Ma tête tournait, tournait ! Le potier m'a prise dans ses grosses mains et m'a transportée sur son établi. Là, il a pris un pot dans lequel trempait un pinceau. Il a pris le pinceau et m'a badigeonnée de partout avec cette peinture qui sentait très mauvais. Alors j'ai crié. J'ai dit : "Arrête ! Qu'est-ce que tu fais ? Koff koff ! Mais ça sent très mauvais ! Arrête ! Arrête !" Mais le potier m'a regardée et m'a dit : "Pas encore !"

Le potier a remis le pinceau dans le pot de peinture. Il s'est levé et m'a reprise dans ses grosses mains. Il s'est ensuite dirigé vers le four, et là, j'ai compris ce qu'il voulait faire. J'ai crié : "Non, non, je ne veux pas !" Mais le potier m'a mise dans le four. Il y faisait très chaud. J'étouffais, j'ai bien cru que j'allais mourir. Alors j'ai crié : "Potier, ne me laisse pas là ! Sors-moi de là ! Sors-moi de là !" Mais le potier m'a regardée à travers le hublot du four, il a secoué la tête et m'a dit : "Pas encore !"

Après un temps qui m'avait paru interminable, la porte s'ouvrit enfin. Aaah, de l'air ! Que c'était bon ! Le potier m'a sortie du four et m'a emmenée sur son établi avec ses grosses mains gantées. Il m'a posée délicatement et a enlevé ses gants. Puis il a pris un pot de vernis dans lequel trempait un pinceau. Il prit le pinceau et me badigeonna partout, partout. Cela sentait encore plus mauvais. Alors j'ai dit : "Potier, ça sent mauvais ! Koff koff ! Tu me fais tousser ! Arrête, arrête !" Mais le potier m'a regardée, a secoué la tête et a dit : "Pas encore !"

Il a reposé son pinceau dans le pot de vernis. Il m'a reprise dans ses grosses mains et m'a ramenée vers le four. Alors je l'ai supplié : "Non, potier ! Non !" Mais le potier m'a remise dans le four. La chaleur était encore plus intense que la première fois. Cette fois-ci, j'allais mourir vraiment. J'étouffais, je suffoquais. Alors, j'ai supplié le potier de me sortir de là. "Je t'en prie, potier ! Tu es le seul qui puisse me sortir de là ! Sors-moi de là, sors-moi de là !" Le potier m'a regardée à travers le hublot du four. Il a secoué la tête et a dit : "Pas encore !"

Après un temps qui m'avait paru interminable, la porte du four s'ouvrit enfin. Aaah, de l'air frais ! Le potier me prit dans ses grosses mains gantées, me transporta sur l'établi et me déposa délicatement. Il retira ses gants, prit un miroir et le rapprocha de moi. Il me dit alors : "Regarde !" J'étais devenue la jolie petite tasse bleue que vous voyez aujourd'hui. Alors, le potier m'a prise dans ses grosses mains et m'a transportée sur cette étagère où je me tiens depuis lors. Et quand quelqu'un entre dans la boutique du potier, me regarde et dit : "Oooh, quelle jolie petite tasse bleue !", alors je lui réponds : "Mais il n'en a pas toujours été ainsi !" 

C'était l'histoire de la petite tasse bleue.
 

*"Keliy",  est aussi un mot hébreu qui signifie "un vase, un récipient"

"Ô homme, qui es-tu pour contester avec Dieu ? Le vase d'argile dira-t-il à celui qui l'a formé : Pourquoi as-tu fait ainsi ?" (Romains 9:20). "Nous portons ce trésor dans des vases (skeuo) de terre afin que cette grande puissance soit attribuée à Dieu et non pas à nous" (2 Cor. 4:7). 

Le mot "skeuo" (vase) était utilisé par les Grecs (à qui l'apôtre Paul s'adresse) dans un sens métaphorique pour parler du corps humain. Toujours dans un sens métaphorique, le "skeuo" désignait également un homme ou une femme de qualité. "Les lèvres de la connaissance sont un vase précieux" (Proverbes 20:15, Darby). Les lèvres qui se poseront sur la petite tasse bleue seront celles qui distilleront ce trésor de sagesse et y reconnaîtront l'oeuvre du Divin Potier. Le miroir du potier a permis à la petite tasse bleue de contempler l'oeuvre achevée, produit d'une longue et douloureuse transformation.

"C'est toi qui a formé mes reins... Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse... mon corps n'était point caché devant toi lorsque j'ai été fait dans un lieu secret, tissé dans les profondeurs de la terre. Quand je n'étais qu'une masse informe, tes yeux me voyaient et sur ton livre étaient tous inscrits les jours qui m'étaient destinés avant qu'aucun d'eux n'existât" (Ps. 139:13 à 16). Le Divin Potier nous a créés, formés et destinés à être les témoins vivants de Son oeuvre pour que, nous aussi, nous puissions dire un jour : "mais il n'en a pas toujours été ainsi..."

Il serait dommage de rester à l'état d'une petite boule de glaise grise...

JiDé

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