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L'Ecclésiaste : Une coupe d'or et une couronne d'argent

L'Ecclésiaste : Une coupe d'or et une couronne d'argent

"Oui, tient compte de Lui avant que ne se rompe le fil d'argent et que ne se brise la coupe d'or" (Eccl. 12:6, Semeur).

"Jusqu'à votre vieillesse je serai le même, jusqu'à votre vieillesse je vous soutiendrai, je l'ai fait, et je veux encore vous porter, vous soutenir et vous sauver"  (Esaïe 46:4).

Introduction

L'Ecclésiaste est souvent considéré comme une sorte de vieil épicurien blasé et aigri dont les propos pessimistes brossent, de notre existence, un portrait peu engageant. Il n'est, en réalité, rien de tout cela. Bien au contraire. C'est ce que j'ai essayé de démontrer dans les précédents articles sur l'Ecclésiaste qui présentent ce personnage biblique sous un aspect bien moins sombre que celui qu'on lui attribue généralement. Je poursuivrai donc en utilisant le nom qui est véritablement le sien, le Qoéleth (le Rassembleur). 

Les quatre saisons

A la fin de son livre, comme une conclusion, le Qoéleth aborde un sujet, ou une chose qui, quel que soit notre âge, nous concerne tous. Elle a accompagné, pour beaucoup, notre enfance. Elle est à la fois issue et continuité de l'existence dont elle témoigne de la finitude. Elle est l'achèvement d'une vie, tout au moins pour ceux qui ont la chance de pouvoir vivre un grand nombre d'années sur cette Terre. Terre sur laquelle nous ne sommes, finalement,  qu'"étrangers et voyageurs" (1 Pi. 2:11 - Héb. 11:3). J'ai nommé : la Vieillesse.  

Mieux vaut en faire le constat le plus tôt possible, car la conscience de cette réalité orientera d'autant mieux le choix de nos priorités. Mais pour qui a mis sa foi dans l'oeuvre pleinement accomplie à la Croix de notre Seigneur Jésus-Christ, ce que d'aucuns considèrent comme "l'hiver de la vie" est la saison de l'existence qui préfigure le Printemps éternel.

J'ai intitulé cet article : "une coupe d'or et une couronne d'argent", m'inspirant directement de ce verset qui mentionne "un fil d'argent et une coupe d'or". Cette coupe en or est le réceptacle de notre existence. Celle qui, tout au long de nos années, portera le souffle de vie que notre Créateur a mis en nous. Le "fil d'argent" est ce lien ténu qui nous maintient en existence. Il est un peu comme, si vous me permettez cette expression, un "cordon ombilical" qui nous maintient en vie. Il a, à la fois, la solidité du métal, la valeur de l'argent (moindre qu'une coupe d'or), et la fragilité d'un cordon (le mot hébreu "hevel" peut signifier à la fois une corde, un cordon ombilical, et même les douleurs de l'enfantement). Le Qoéleth y fait rapidement allusion lorsqu'il écrit : "comme tu ne sais pas comment se forment les os de l'embryon dans le ventre de la femme enceinte, tu ne connais pas non plus l'oeuvre de Dieu qui fait toute chose" (Qo. 11:5). Et de même que le cordon ombilical relie le fœtus à sa mère, ce "cordon d'argent" nous relie à la vie. Pour certains, ce "fil d'argent" relierait l'âme au corps. Quant à la "couronne d'argent", elle symbolise pour moi la chevelure qui, au fil des années passées, a prit la couleur du temps. Le Qoéleth utilise une jolie image pour parler de la chevelure blanche, il parle de "l'amandier qui fleurit". Or, en Israël, l'amandier commence à fleurir à la fin du mois de Janvier. L'amandier symbolise également l'assurance de l'accomplissement de la Promesse de Dieu (Jérémie 1:11, 12). Ainsi, notre Créateur nous assure de son soutien indéfectible avec cette parole prononcée par la bouche d'Esaïe : "Je resterai le même jusqu'à votre vieillesse, et je vous soutiendrai jusqu’à vos cheveux blancs, c'est moi qui vous ai soutenus, et je vous porterai, oui je vous soutiendrai et vous délivrerai" (Esaïe 46:4, Semeur). 

L'homme est comme un arbre

On se souvient également de la verge d'Aaron qui avait fleuri et produit des amandes. Du bois sec de la verge d'Aaron, la vie était apparue, et du ventre de Sarah, devenue vieille, naquit un fils (Gen. 21:7). Abraham aurait pu faire siennes les paroles du Psalmiste : "Ils portent encore du fruits dans leur vieillesse, ils sont pleins de sève et verdoyants" (Ps.92:15). L'homme est en effet comparé à un arbre (Ps. 1:1, 2) dont les racines sont profondément plantées dans les Écritures. Ainsi, comme le dit le Prophète Joël : "car les arbres porteront leurs fruits, le figuier et la vigne donneront leurs richesses" (Joël. 2:22). L'expression "être sous le figuier" (comme l'était Nathanaël, en Jean 1:48) ne signifie-t-elle pas "étudier les Écritures" ? Celui dont il est fait mention dans le Psaume 1 est un fervent étudiant de la Parole de Dieu, mais il demeurera, avec les années et malgré les cheveux blancs, "un arbre verdoyant"La vigne et le figuier sont des symboles d'Israël, mais également de la Thora du Seigneur, et par extension des Écritures. Les richesses prodiguées par le figuier et la vigne, seront l'héritage des enfants et des petits-enfants, car quel trésor plus inestimable que la connaissance de notre Dieu ? Que pourrions-nous transmettre de plus précieux, à la génération qui vient, que ce qui nous a été transmis par nos pères ? "Et nous avons, à nos portes, tous les meilleurs fruits, nouveaux et anciens, mon bien-aimé, je les ai gardés pour toi" (Cant. des cantiques 7:13). Les fruits anciens, c'est ce qui nous été enseigné, les fruits nouveaux, ce que nous avons nous-mêmes découverts en étudiant les Écritures. C'est là tout l'héritage que nous pourrons transmettre à notre tour, un patrimoine hérité de nos pères que nous aurons enrichi de notre propre compréhension, de notre expérience, de ce qui nous a, à notre tour, enrichi. 

"Un génération s'en va, une autre s'en vient" (Qo. 1:4). Ainsi qu'il est écrit : "Toute cette génération fut recueillie auprès de ses pères et il s'éleva après elle une autre génération" (Juges 2:10). Il nous incombe de transmettre cet héritage à la génération suivante, c'est pourquoi le Psalmiste implore le Seigneur en disant : "Ne m'abandonne pas, ô Dieu, dans la blanche vieillesse, afin que j'annonce ta force à la génération présente, ta puissance à la génération future" (Ps. 71:18)
 


Une génération s'en va

"Une génération s'en va, une autre s'en vient", et chacune d'entre elles a laissé son empreinte. Abraham, Gédéon, David n'étaient pas de la même génération, mais tous trois "moururent dans une heureuse vieillesse". "C'est dans la foi qu'ils sont tous morts sans avoir obtenu les choses promises mais ils les ont vues et saluées de loin, reconnaissant qu'ils étaient étrangers et voyageurs sur la Terre" (Héb. 11:13, 32). Eux, nos prédécesseurs, eux qui ont marché sur cette Terre que bien d'autres pieds ont foulée avant nous, ils ont vu ces "choses promises" et les ont "saluées de loin". Ils sont entrés dans l’Éternité et nous les y rejoindrons bientôt. Nous jouirons alors d'un Printemps qui n'aura jamais de fin et où l'âge des uns et des autres n'influera plus sur leur corps désormais glorifié, "car l'homme va rejoindre sa demeure éternelle" (Qo. 12:5). "Cela d'autant plus que vous savez en quels temps nous sommes... car maintenant, le salut est plus près de nous que le jour où nous avons cru. La nuit est avancée, le jour approche" (Rom. 13:11, 12). 

Une autre s'en vient

"Mais souviens-toi de ton Créateur pendant les jours de ta jeunesse avant que soient venus les jours mauvais, et avant qu'arrivent les années dont tu diras : je n'y prends pas plaisir" (Qo. 12:1). De même que la fourmis de la fable de la Fontaine préparait ses réserves pour l'hiver, le Printemps de l'existence est une période favorable pour préparer ses vieux jours. On pourrait, par exemple, faire sienne cette maxime : "celui qui veut aller loin ménage sa monture". Langage auquel la jeunesse n'entend bien sûr rien à l'affaire. La tête dans le guidon et des projets pleins la tête, elle a la vie devant elle. Puis vient la quarantaine, la cinquantaine et le rythme n'est déjà plus aussi soutenu. La cinquantaine et des petits-enfants qui nous appellent "papy" pour notre plus grand bonheur, et les anciens qui nous disent : "Mais vous êtes jeunes !". Oh oui, mais plus autant qu'avant ! Alors nous pouvons faire nôtre cette prière du Psalmiste : "Ne me rejette pas au temps de la vieillesse, quand mes forces s'en vont ne m'abandonne pas" (Ps. 71:9). "Ne m'abandonne pas ô Dieu, dans la blanche vieillesse, afin que j'annonce ta force à la génération présente. Ta puissance à la génération future" (Ps. 71:18).

Âgé mais encore vigoureux

"C'est pourquoi, nous ne perdons pas courage et lors même que notre homme extérieur se détruit, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour" (2 Cor. 4:16) car "C'est lui qui rassasie de bien ta vieillesse, qui te fait rajeunir comme l'aigle" (Ps. 103:5). Moïse, Josué et Caleb furent des exemples, des hommes toujours pleins de vigueur dans leur blanche vieillesse.

Alors que la couronne de fleur d'amandier aura été posée sur notre tête, le Seigneur peut encore renouveler nos forces, à l'exemple de Caleb qui, à quatre-vingt ans passés était encore un homme vigoureux. Il dit de lui-même : "Je suis âgé de quatre-vingt-cinq ans, je suis encore vigoureux comme au jour où Moïse m'envoya (explorer le pays de Canaan, Caleb avait alors quarante-cinq ans). J'ai autant de force que j'en avais alors, soit pour combattre, soit pour sortir et pour entrer" (Josué 14:11). Caleb demanda alors à Josué de lui donner la ville de Kirjath-Arba comme possession. La ville était alors occupée par les géants Anakim. "Et il en chassa les trois fils d'Anak" (Juges 1:20). Après sa conquête par Caleb, elle fut renommée Hébron" (Jos. 14:15). 

Portrait

"Au jour où tremblent les gardiens de la maison, et où se courbent les hommes forts... Et où l'on a des terreurs en chemin" (Qo. 12:3,7). Ces mains autrefois si fortes ont commencé à trembler, telles les feuilles de l'arbre à l'arrivée de l'Automne. Les jambes, autrefois si vigoureuses, se courbent sur ce chemin si souvent parcouru, où l'on marchait autrefois d'un pas vainqueur et où l'on craint, aujourd'hui, de tomber. 

"Celles qui moulent s'arrêtent parce qu'elles sont diminuées" (12:5). Avec le temps, les colonnes du palais* manquent une à une. A force d'avoir croqué la vie à belles dents (car c'est bien d'elles qu'il s'agit !), celles-ci commencent à manquer. 

"Où ceux qui regardent par la fenêtres sont obscurcis" (12:5). L’œil, autrefois vif et clair, a perdu de son acuité et des verres de lunettes sont venus y remédier. La lumière du jour commence à baisser. Les années passant, le regard ne peut plus porter aussi loin. Le champ de vision se rétrécit, tout comme le chemin qui reste à parcourir sur cette terre. 

"Où les deux battants des portes se ferment sur la rue quand s'abaisse le bruit de la meule". Les conversations se muent en bruits de fond, et l'on fait répéter plus souvent. On se tait plus que d'habitude et l'on saisit quelques bribes ici et là quand les deux battants des portes se ferment sur les mots.

"Où l'on se lève au chant de l'oiseau... où l'on redoute ce qui est élevé". Les personnes âgées sont matinales. Elles "réveillent l'aurore" (Ps. 108:3), mais elles craignent le moindre escabeau car l'équilibre, lui aussi, montre des signes de fatigue. 

"La sauterelle devient pesante et la câpre n'a plus d'effet...". C'est le temps où peu de chose semble peser et où les aliments perdent de leur saveur. 

Que ne se rompe le fil d'argent

"Avant que le cordon d'argent se détache, que le vase d'or se brise, que le sceau se rompe sur la source et que la roue se casse sur la citerne, avant que la poussière retourne à la terre comme elle y était, et que l'esprit retourne à Dieu qui l'a donné" (Qo. 12:8, 9). 

Le Qoéleth aborde des sujets délicats lorsqu'il écrit : "Car l'homme s'en va vers sa demeure éternelle..." (Qo. 12:7). A une époque où il n'y avait ni Sécu, ni retraite, Dieu fera cette promesse à son serviteur et ami Abram (qui ne s'appelle pas encore Abraham) : "Tu iras en paix vers tes pères, tu seras enterré après une heureuse vieillesse" (Gen. 15:15). Eliphaz, l'ami de Job, lui annonce également un départ paisible après avoir laissé une nombreuse postérité : "Tu jouiras du bonheur sous ta tente... tu verras ta postérité s'accroître, et tes rejetons se multiplier comme l'herbe des champs, tu entreras au sépulcre dans la vieillesse, comme on emporte une gerbe en son temps" (Job 5:24 à 26). 

Eliphaz, l'ami de Job, lors d'un songe, entendit "une voix qui murmurait doucement : l'homme serait-il juste devant Dieu ? Serait-il pur devant celui qui l'a fait ? S'il trouve de la folie chez ses anges, combien plus chez ceux qui habitent des maisons d'argile et qui tirent leur origine de la poussière" (Job 4:16 à 19). La vie n'est qu'un souffle, et les années passent vite. que laissera-t-on derrière soi ? Valeurs éternelles ou poursuite du vent ? Il est une Vie après la vie, mais aura-t-on pris le bon chemin pour s'y rendre ? "Car l'homme s'en va vers sa demeure éternelle... car il est donné aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement" (Héb. 9:27). Il nous faudra être vigilant jusqu'à la fin car "l'éternelle jeunesse" n'est finalement qu'une illusion. Le prophète Osée dira d'Ephraïm : "La vieillesse s'empare de lui et il ne s'en doute pas" (Os. 7:9). Salomon, à la fin de son existence, laissa son cœur se détourner de Dieu pour basculer dans l'idolâtrie où l'avaient entraîné ses épouses. "A l'époque de la vieillesse de Salomon, ses femmes inclinèrent son cœur vers d'autres dieux et son cœur ne fut plus tout entier à l’Éternel son Dieu, comme l'avait été le cœur de David, son père" (1 Rois 11:4). Le cœur de l'homme peut se détourner à tout âge. Salomon n'avait-il pas pourtant reçu une sagesse particulière de la part de Dieu ? Mais il n'en était encore qu'au tout début de son règne. 

Le Chemin de la Vie Éternelle

Jésus a dit : "Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, nul ne vient au Père que par moi" (Jean 14:6). Suis-je sur le bon chemin ? Quelle est la "vérité" en laquelle j'ai mis ma confiance ? Suis-je sûr d'avoir la Vie Éternelle ? "La vie éternelle c'est qu'il te connaisse, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ" (Jean 17:3).

Une Croix, un jour, a été dressée. Un homme y est mort. Son sang y a coulé. Si nous croyons en Lui, il nous donnera la vie, ici, aujourd'hui, et pour l’éternité. 
 

*Allusion faite au Psaume 144:12 qui dit : "nos filles sont comme les colonnes sculptées qui font l'ornement des palais".

 

JiDé

L'Ecclésiaste : Une coupe d'or et une couronne d'argent
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