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Le temps est proche

Le temps est proche

J'aimerais, pour commencer, citer ces mots de René Pache, qu'il avait rédigés en introduction de son livre "Le Retour de Jésus-Christ" : "Comme on l'a dit, la prophétie marche sur les cimes de l'Histoire. Elle ne projette sa lumière que sur les sommets. La seule explication totale de la prophétie nous sera donnée par son accomplissement". 

"Heureux celui qui lit et ceux qui entendent les paroles de la prophétie, et qui gardent les choses qui y sont écrites ! Car le temps est proche" (Apocalypse 1:3).

"Ne tiens pas secrètes les paroles prophétiques de ce livre, car le temps de leur accomplissement est proche" (Apocalypse 22:10, Semeur).

Le temps a passé

Lorsqu'on lit le livre de l'Apocalypse, on est frappé par le fait que, autant son introduction que sa conclusion semblent souligner l'imminence des événements qui y sont relatés. "Pourtant", diront certains, "cela fait deux mille ans que ces choses ont été annoncées et le Seigneur n'est toujours pas revenu". "Le Seigneur tarde à venir" regrettent d'autres. Comment concilier une foi inébranlable dans la Parole de Dieu et ce qu'elle affirme, et le constat évident d'un délai qui semble, interminablement, se prolonger ? Certes, il nous faut reconnaître que certains événements devaient se réaliser au préalable (comme le Retour massif des Juifs en Eretz Israël). Certes, les événements semblent s'aligner pour la phase finale de l'Histoire. Beaucoup de rabbins disent également que le Messie est proche, tout proche et qu'il vient bientôt ! Nous voyons, une à une, les pièces du puzzle se mettre en place pour que puissent se produire, sur la scène de l'Histoire, les derniers événements annoncés. On entend dire : "Nous sommes dans les derniers temps". Oui, mais voilà : il y a trois décennies, nous étions déjà nombreux à le proclamer ! Et même si plus de voix encore le proclament aujourd'hui, cela ne résout pas la question : pourquoi les textes bibliques annonçaient-ils, avec autant de fermeté, l'imminence des événements annoncés alors que, deux mille ans après, ils ne se sont pas encore produits ? Certains ont prétendu que, de par l'intensité de la révélation, l'apôtre aurait eu le sentiment d'une réalisation imminente, et que ces choses devaient s'accomplir dans un temps très proche. Si cette théorie a quelque chose de séduisant, elle recèle tout de même une faiblesse de taille. En effet, elle laisse une large part à la subjectivité dans la compréhension de la Révélation. Mais, pire encore, le laissant croire à ses lecteurs, les introduisant ainsi dans l'erreur. L'explication est donc ailleurs. 

Question de point de vue

Avant de poursuivre, j'aimerais relater une petite anecdote que m'avait raconté un jour un missionnaire américain avec qui je travaillais (j'avais alors une vingtaine d'années). Bart avait fait son service militaire sur un porte-avion (et l'on sait que la taille des porte-avions américains est à l'échelle du pays, comme tout d'ailleurs !). Or, il se fait qu'une journée portes-ouvertes avait été organisée par la Navy sur ce porte-avion. Le jeune militaire avait donc invité sa mère à le visiter avec lui. Une fois à bord, la maman de Bart se tourna vers lui et demanda à son fils : "Mais, il est où ton bateau ?" Et Bart lui répondit : "Mais maman, tu es dessus !!". La dimension du bâtiment était telle que la maman de mon ami missionnaire ne s'était même pas rendue compte qu'elle était montée à bord. Elle n'avait vu devant elle qu'un immense mur de métal.

On pourrait comparer les événements relatés dans le livre de l'Apocalypse à ce porte-avion. Notre réaction est un peu semblable à celle de la maman de Bart : nous sommes dedans mais nous ne nous en rendons pas compte ! Et pour prolonger la comparaison, je dirais que cela fait deux mille ans que nous sommes "à bord". Et si nous sommes encore "en haute mer", nous nous approchons très rapidement de notre destination. Mais l'ampleur des événements qui sont décrits dans ce livre est telle que nous sommes tentés de croire que ces choses ne se sont pas encore produites. Ainsi, ceux qui ont cru que l'apôtre Jean s'était laissé subjuguer par l'ampleur des révélations ne s'étaient pas trompés sur le principe. Seulement sur le sujet. L'erreur de perspective ne venait pas de l'apôtre, mais de ses lecteurs. Ainsi, lorsque l'apôtre Jean écrit que "le temps de l'accomplissement de ces prophéties est proche", il ne se trompait pas. Il l'était bel et bien. 

Les clefs du Temps 

L'Apocalypse de Jean commence par ces mots : "Révélation de Jésus-Christ... pour montrer à ses serviteurs les choses qui doivent arriver bientôt (en grec "en tachos", de façon soudaine, inattendue)... heureux celui qui lit et ceux qui entendent les paroles de cette prophétie, et qui gardent les choses qui y sont écrites ! Car le temps est proche" (Apoc. 1:1 à 3). 

L'apôtre introduit son récit par une sorte d'avertissement. Ces chose qui lui sont confiées et qu'il doit annoncer doivent arriver promptement, rapidement, de façon soudaine et inattendue. Il y a donc une idée de promptitude dans l'accomplissement et une notion de temporalité qui laisse supposer un accomplissement proche dans le temps. Ces choses devaient s'accomplir prochainement et de façon soudaine, presque instantanée. Le prophète Esaïe, en son temps, avait déjà saisi ces choses. Il dira, toujours avec ce style littéraire qui lui est propre : "Moi, l’Éternel, je hâterai ces choses en leur temps" (Esaïe 60:22). Promptement mais sans retard. De manière soudaine mais au moment voulu. Dieu n'est jamais en retard, ne se laisse jamais prendre au dépourvu et ne se laisse pas distancer. Pourtant, disons-nous, le temps passe et rien ne semble annoncer la réalisation de ce qui a été promis ! Le psalmiste Asaph, déjà, se lamentait : "Nous ne voyons plus nos signes, il n'y a plus de prophète et personne parmi nous qui sache jusqu'à quand..." (Ps. 74:9). Mais la voix du Seigneur se fait entendre par la bouche du prophète Ézéchiel : "Que signifient ces discours moqueurs que vous tenez... les jours se prolongent et toutes les visions restent sans effet ? C'est pourquoi dis-leur : ainsi parle le Seigneur... les jours approchent et toutes les visions s'accompliront" (Ez. 12:21 à 23). Et le Seigneur ajoute : "Ce que je dirai s'accomplira et ne sera plus différé" (Ez. 12:25). Il n'est pas aisé de saisir le sens du "Prophétique" ni d'en appréhender la complexité. Mais de posséder quelques clefs permet d'en ouvrir les mécanismes. Fort heureusement, leur Auteur nous les a fournies. Elles sont là, au fil des pages de l'Ecriture, comme des signets dans une Bible. Comme des repères dans un récit. 
 


Calendrier et mode de datation

"Fils de l'homme, mets par écrit la date de ce jour, de ce jour-ci" (Ez. 24:2). 

Peut-être aurez-vous remarqué que les Prophètes de l'Ancienne Alliance ont tenu à dater scrupuleusement leurs oracles. "De la énième année de tel roi, tel autre roi était alors dans sa énième année...". Ou bien : "Le énième jour de tel mois, tel roi était alors dans sa énième année...". Qui plus est, les mois mentionnés dans les Écritures ne correspondent pas à notre bon vieux calendrier. Cette forme de datation peut sembler particulièrement rébarbative au lecteur non averti. La plupart ne s'attardent d'ailleurs pas sur ces détails. Et pourtant, pour un étudiant de la Bible qui désire replacer un texte prophétique dans son contexte pour en comprendre le sens, cette information est primordiale. C'est une parole donnée dans un temps donné. Le Nouveau testament nous donne l'exemple, par les Écrits de Luc, d'un tel souci de précision pour introduire le ministère prophétique de Jean le Baptiste (Luc 3:1, 2). Cette "quinzième année", Tibère était empereur à Rome, Ponce Pilate était Gouverneur de Judée, Hérode régnait sur la Galilée, Anne et Caïphe étaient Grands Sacrificateurs, mais "cette année-là, Dieu confia son message à Jean, fils de Zacharie, dans le désert". C'est aussi cela, le Prophétique. L'un règne, l'autre gouverne, un troisième exerce une haute fonction sacerdotale, mais la Parole de Dieu est adressée au fils d'un simple sacrificateur. Au fil des siècles, Dieu a choisi ses prophètes autant parmi des princes de sang royal (comme Esaïe, Sophonie ou Daniel) que parmi des bergers (Amos) ou sacrificateurs (comme Jérémie ou Ézéchiel). Si leur message était avant tout destiné à leurs contemporains, il n'en est pas moins intemporel. Néanmoins, ce message s'inscrit dans un contexte particulier et défini, et il s'écrit dans le temps, tout comme la vie de ceux qui en étaient porteurs. Maintenant, imaginons un instant que le Prophète Esaïe reçoive un courrier "du Futur" sur lequel la date mentionnée est, mettons, le 22 Janvier 2019. Que serait-il en mesure de comprendre ? Que ce courrier du Futur a été rédigé le vingt-deuxième jour de ce qui est probablement le nom d'un mois, mais à quoi correspond-t-il ? Ce nombre de 2019 doit correspondre à une année, mais il n'y est fait mention d'aucune période dynastique à laquelle on puisse rattacher cette date. Imaginons maintenant que nous stipulions sur ce document que tel Président était alors en fonction, que tel roi régnait alors sur tel pays depuis autant d'années. Si Esaïe ne connaît pas l'Histoire du Monde Moderne, il lui sera difficile de situer, dans le temps, le récit dont fait mention le document qu'il tient dans les mains. La nécessité que nous éprouvons à dater consciencieusement nos documents est la même que celle des Prophètes d'autrefois. Seul le mode de datation change. Par contre, pour les lecteurs contemporains de ces prophètes, les indications données en introduction et les noms des "têtes couronnées" de leur époque étaient précieux. Ces indications leur permettaient de dater avec précision la rédaction de leurs messages et donc, de mieux en comprendre le sens. 

L'exemple d’Ézéchiel

Les prophéties bibliques mentionnées dans les Écritures n'ont pas été rédigées "au hasard", un jour plutôt qu'un autre. Elles sont bien évidemment liées étroitement aux événements qui leur étaient contemporains, mais bien plus encore, elles graduaient le Temps et mesuraient ainsi la progression de quelque chose qui avait été déterminé de toute éternité et qui en dépassait le cours, comme le dit le prophète Habakuk : "Car c'est une prophétie dont le temps est déjà fixé" (Habakuk 2:3). Le "temps de l'accomplissement" avait été fixé d'avance. Il interviendrait au temps opportun, comme le dit le Psalmiste : "Jusqu'au jour où arriva ce qu'il avait annoncé" (Ps.105:19). C'était une absolue certitude. La Parole de Dieu, lorsqu'elle est libérée, est créatrice. C'est ce que dit le Prophète Esaïe : "Ainsi en est-il de ma parole qui sort de ma bouche. Elle ne retourne pas à moi sans effet, sans avoir exécuté ma volonté et accompli mes desseins" (Es. 55:11). Un événement relaté par le prophète Ézéchiel illustre très bien ces propos. Lorsque Dieu demande à Ézéchiel de prophétiser sur des ossements desséchés, il dit : "Je prophétisai selon l'ordre que j'avais reçu et comme je prophétisais, il y eut un bruit et voici se fit un mouvement et les os s'approchèrent l'un de l'autre" (Ez. 37:7). Il y aurait beaucoup à dire sur ce texte magnifique mais ce n'est pas, ici, le propos. Par contre, pour bien la comprendre, il est intéressant de situer cette vision dans son contexte. Et pour ce faire, il nous faut remonter un peu plus haut, au verset vingt et un du chapitre trente-trois de son livre. Voici ce que dit Ézéchiel : 

"La douzième année, le cinquième jour du dixième mois de notre captivité, un homme qui s'était échappé de Jérusalem vint à moi et dit : la ville est prise. La main de l’Éternel avait été sur moi avant l'arrivée de ce fugitif et l’Éternel m'avait ouvert la bouche lorsqu'il vint auprès de moi le matin. Ma bouche avait été ouverte et je n'étais plus muet. Alors la parole de Dieu me fut adressée en ces mots..." (Ez. 33:21). 

Nous sommes donc dans la douzième année de la captivité des Hébreux en Chaldée. Ézéchiel se trouve auprès d'un fleuve nommé Kébar (qui va être le décor de la plupart de ses visions). Nous sommes "le cinquième jour du dixième mois", le 5 Tebeth (équivalent à Décembre / Janvier). Il est fait ici mention d'un fugitif qui s'est enfui de Jérusalem pour annoncer au prophète Ézéchiel que la ville a été prise par les Babyloniens pour la deuxième fois. Mais ce fugitif, Ézéchiel en attendait la venue car elle lui avait déjà été annoncée trois ans auparavant, à la même époque (Ez. 24:1, 27). Or, il se fait que Dieu avait préalablement rendu Ézéchiel muet (Ez. 3:26). Mais la veille de l'arrivée de ce fugitif chargé de lui annoncé la ruine de Jérusalem, le prophète avait recouvré l'usage de la parole. L'Ecriture nous dit même que l'Esprit de Dieu avait été fortement sur lui, lui inspirant les messages qu'il aurait à délivrer lorsqu'il aurait retrouvé l'usage de sa langue. "La main de l’Éternel avait été sur moi le soir avant l'arrivée du fugitif. Et l’Éternel m'avait ouvert la bouche. Lorsqu'il vint auprès de moi le matin, ma bouche était ouverte, je n'étais plus muet" (Ez. 33:22). Pour beaucoup, le livre d’Ézéchiel n'est pas un livre facile à lire. Comme si cela ne suffisait pas, une difficulté supplémentaire vient s'ajouter à cela : les messages qu'il délivre ne se suivent pas chronologiquement. Cependant, Ézéchiel nous a laissé suffisamment d'indices et d'indications pour que nous puissions nous y retrouver et suivre son parcours. 

Donc, récapitulons. Le Seigneur avait rendu muet le prophète (tout comme le sera plus tard Zacharie, le père de Jean-Baptiste). Trois ans auparavant, le Seigneur avait annoncé à Ézéchiel qu'un homme viendrait lui pour lui délivrer un message. La veille au soir de l'arrivée de ce messager (qui, rappelons-le, viens de Jérusalem, ce qui représente plusieurs semaines de voyage), Ézéchiel recouvre l'usage de la parole, l'Esprit de Dieu descend puissamment sur lui et lui donne une suite de messages, à délivrer aux fugitifs parmi lesquels il vit. Ces messages (ou oracles) sont rédigés par ses soins. Ils sont ainsi compilés dans ce qui correspond, pour nous, aux chapitres trente-trois à trente -neuf de son livre. Cette section du livre d’Ézéchiel forme un tout qui lui fut révélé le soir même où il recouvrit l'usage de la parole, la veille de l'arrivée du messager dont la venue lui avait été annoncée trois ans auparavant. En tenant compte du fait que pour les Hébreux, un "jour" commence au coucher du soleil et s'achève au coucher du soleil du jour suivant. Ézéchiel ayant reçu ces révélations dans la soirée qui précède le jour de l'arrivée du fugitif qui lui annonce la chute de Jérusalem, ces événements se sont donc produits le même jour ! 

Mais comment peut-on savoir que les oracles mentionnés dans les chapitres 33 à 39 de son livre ont été reçus le même jour ? Simplement parce qu'Ézéchiel a scrupuleusement obéi à ce que lui avait ordonné le Seigneur, à savoir de dater précisément les oracles qui lui étaient confiés ("Fils de l'homme, mets par écrit la date de ce jour, de ce jour-ci" Ez. 24:2). Chaque oracle est introduit par ces mots : "La Parole du Seigneur me fut adressée en ces mots...". L'oracle n'étant pas daté, on peut donc en conclure qu'il a été reçu le même jour, sinon le prophète en aurait mentionné la date.

Tout ceci pour démontrer que les "mécanismes prophétiques" sont d'une grande précision. Et la vie des Prophètes de la Bible est intrinsèquement liée à leur ministère ("L’Éternel ne fera rien qu'il ne révèle son secret à ses serviteurs les prophètes" Amos 3:7). Mais la façon dont les choses s'agencent autour d'eux dépasse parfois leur entendement. Pourtant, rien n'est laissé au hasard. Tout se passe selon un plan préétabli. Tout a été agencé, prévu, anticipé par un Dieu souverain et omniscient. Toute la révélation prophétique s'inscrit dans un plan global. Et pourtant, paradoxalement, le message prophétique s'inscrit, par essence, dans un cadre purement humain, répondant aux déviances du peuple de Dieu. Comment, alors, concilier cet agencement, cette ordonnance des choses avec le déroulement d'événements soumis aux aléas de l'Histoire ? En reconnaissant simplement que Dieu n'est pas simplement omniscient, mais qu'il est également omnipotent. "Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre" (Matth. 28:18) dira Jésus, ou encore : "Voici, je vous ai tout annoncé d'avance"(Matth. 24:25).  Oui, il nous faut reconnaître que le mécanisme prophétique est bien réglé,  précis comme le mécanisme d'une horloge. Mais tout cela se produit de cette façon dans un but précis : afin que Dieu soit glorifié. Et Dieu se glorifie en démontrant à l'homme rebelle qu'il demeure souverain sur tous les hommes. Ses Prophètes sont ses serviteurs, mais également les hérauts qui annoncent d'avance ce qui va se produire. "Quand ces choses arriveront - et voici, elles arrivent - ils sauront qu'il y avait un prophète au milieux d'eux" (Ézéchiel 33:33). Afin que tout homme sache que ce que Dieu dit, il l'accomplit, "Car elle s'accomplira, la parole" (1 Rois 13:32). Le prophète Daniel, pour sa part, en était pleinement convaincu, ce qui lui permet d'affirmer : "Ce qui est arrêté s'accomplira" (Dan. 11:36). 

Gog et Magog à Jérusalem

"Dieu annonce : tout cela va venir et tout s'accomplira. C'est là ce que déclare le Seigneur : le jour dont j'ai parlé viendra" (Ezéch. 39:8, Semeur).

"N'est-ce pas toi dont j'ai parlé, il y a bien longtemps, par les prophètes d'Israël, mes serviteurs qui ont prophétisé déjà, en ce temps-là, et pendant des années..." (Ezéch. 38:17, Semeur). Le Prophètes de Dieu avaient annoncé, des années auparavant, que le Seigneur ferait venir Gog du pays de Magog.

J'ai mentionné plus haut la conjonction d'événements prophétiques tels que les oracles des chapitres 33 à 39 du livre d’Ézéchiel avec l'arrivée d'un fugitif (les avis des commentateurs divergent quant à l'identité de ce fugitif. Fait-il partie d'une nouvelle cohorte de déportés ou s'est-il enfui de Jérusalem en ruine ?). Or, cette série d'oracles que l'Esprit de Dieu révèle à Ézéchiel s'achève par les chapitres 38 et 39 de son livre. Ces deux chapitres relatent l'invasion d'Israël par les armées de Gog et de Magog lors du dernier conflit mondial. Les armées coalisées sous la direction de Gog seront parvenues aux murailles de la Vieille Ville de Jérusalem lorsque le Seigneur reviendra soudainement, posant ses pieds sur la Montagne des Oliviers (cet événement est commenté dans le détail dans l'article "Gog et Magog : d'hier et de demain"). Il est intéressant de noter que cette série d'oracles révélée à Ézéchiel s'achève par le récit de l'invasion de Jérusalem par des armées étrangères alors que, dans la journée qui suit, un messager vient annoncer au prophète la destruction de Jérusalem. Cela est d'autant plus étonnant que ces événements se soient produits en un seul "jour". Sacha Guitry disait : "Lorsque l'on appelle le Passé, il répond : Présent !". On pourrait en dire autant du Futur. Mais ce récit nous permet également de savoir que la renommée du prophète Ézéchiel était parvenue jusqu'en terre d'Israël. Peut-être par l'intermédiaire d'un autre prophète avec qui il entretenait une correspondance, Jérémie, qui exerçait son ministère prophétique dans la capitale du royaume de Juda. 

Réglé comme une horloge

On pourrait comparer "le récit prophétique" à un mécanisme d'horlogerie. Ne dit-on pas : "il n'y a pas d'horloge sans horloger ?". Mais avant de nous plonger dans cette délicate mécanique, j'aimerais tout d'abord m'attarder sur son cadran. Imaginons un instant que celui-ci représente la totalité de l'histoire de l'humanité. Au vu des événements actuels, nous sommes en droit de penser que nous sommes très probablement à Minuit moins... quelques minutes sur le cadran de l'Histoire Prophétique. Plus que jamais nous pouvons dire que, effectivement, le Seigneur revient bientôt. Or, le délicat mécanisme d'une horloge est fait de rouages de différentes tailles, s'entraînant mutuellement dans un mouvement perpétuel. Ce mécanisme découpe le temps en heures, en minutes et en secondes. La rotation d'un rouage entraîne un mécanisme, qui lui-même enclenche un autre mécanisme qui répercute son mouvement sur un autre rouage qui... Les siècles et les millénaires se sont succédés, mais cette mécanique céleste n'a pas bougé. Elle fonctionne toujours avec la même perfection, telle une horloge atomique.  
 


Esther : Pour un temps comme celui-ci

"... Et qui sait si ce n'est pas pour un temps comme celui-ci que tu es parvenue à la royauté ?"  (Esth. 4:14).

Ce verset est peut-être l'un des plus connu du livre d'Esther. J'en rappelle cependant rapidement le contexte. La jeune Hadassa est devenue reine de Perse. Afin de ne pas divulguer son origine juive, elle a pris le nom persan d'Esther. Mais le peuple juif est menacé d'extermination par le méchant Haman, "l'ennemi de tous les Juifs". De par sa position au palais et en tant qu'épouse de l'empereur de Perse, elle est la seule qui puisse sauver son peuple. Mais Esther n'a plus les faveurs du roi et prendre l'initiative d'aller vers son monarque de mari sans y être invitée pourrait lui coûter la vie. Mardochée, son cousin, lui rappelle que son silence pourrait tout aussi bien lui coûter la vie de par son appartenance à ce peuple qui est le sien. Son cousin lui fait également comprendre que si Hadassa est arrivée à cette position de reine, c'est très probablement par la Grâce de Dieu afin d'y jouer un rôle prédominant. Le temps est venu de faire ce pour quoi elle est parvenue à cette position royale : intercéder auprès du roi pour sauver le peuple juif. Ce texte révèle à la fois l'omniscience de Dieu et son omnipotence, car "toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu" (Rom. 8:28). Le livre d'Esther manifeste, tout du long, l'action protectrice et souveraine de Dieu pour protéger son peuple des dangers qu'il encourt. Le récit de la jeune Hadassa, promue au statut d'impératrice de l'un des plus grands empires que l'Antiquité ait connu, est commenté plus en détails dans l'article de ce blog : "Esther et le destin caché". 

Cet article-ci s'intitule "le temps est proche". Il l'était également pour Hadassa devenue Esther. N'est-ce pas "pour un temps comme celui-ci", celui que nous vivons aujourd'hui, que certains événements se produisent ? Car dans plusieurs pays ayant autrefois fait partie de l'empire Perse, le peuple de Dieu est menacé de mort. Et qui sait combien de temps encore le Monde Occidental sera-t-il prémuni contre les "Haman" de notre temps ? La première moitié du vingtième Siècle a vu paraître un "Haman" aussi fou furieux que son prédécesseur. Un autre doit paraître encore : l'Antichrist. Il viendra, lui aussi, "en son temps" (2 Thess. 2 : 3 à 9). L'apôtre Jean mentionne la venue de celui-ci, ainsi que ses prédécesseurs, lorsqu'il écrit : "Petits enfants, c'est la dernière heure. Et comme vous avez appris qu'un antichrist vient, il y a maintenant plusieurs antichrist" (1 Jn. 2:18). Un portrait de ce sinistre personnage est brossé dans l'article "L'Antichrist, un nouveau Nimrod".

Esther : "Encore demain, selon le décret d'aujourd'hui" (Esth. 9:13). 

Fort heureusement, l'intervention d'Esther auprès du roi de Perse permettra de sauver son peuple de l'extermination. Haman sera pendu à la potence qu'il avait fait dresser pour le cousin d'Esther, Mardochée. Les dix  fils d'Haman trouveront également la mort lors des combats, alors que les Juifs avaient prit les armes pour se défendre contre leurs agresseurs (Esth. 9:6 à 10). Mais bien que les fils d'Haman soient déjà morts, Esther va demander au roi qu'ils soient pendus. "Encore demain, selon le décret d'aujourd'hui". Pourquoi Esther demande-t-elle que les "fils d'Haman" soient pendus alors qu'ils sont déjà morts ? Parce qu'il y a là un mystère. C'est une clef pour la compréhension de l'Histoire du peuple Juif. Ce mystère devait trouver son dénouement et son accomplissement à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, dans une ville qui fut le fief de l'Allemagne nazie : Nurenberg. C'est à Nurenberg qu'eut lieu le procès de plusieurs responsables du génocide des Juifs. L'un d'eux se suicida. Dix furent condamnés à mort et pendus. L'un d'eux, Julius Streicher, s'écria, juste avant de mourir : "Pourim 1946". Pourim étant la fête instituée par Esther et son cousin Mardochée pour célébrer le fait qu'ils aient échappé au génocide dont Haman était l'instigateur. 1946 étant l'année du procès de Nurenberg à l'issue duquel dix nazis furent pendus. "Encore demain, selon le décret d'aujourd'hui" (Esth. 9:13). Ce "demain" dont avait parlé la reine Esther, n'était-ce pas justement ce 16 Octobre 1946, jour où furent pendus ces "dix fils d'Haman" ? Étonnement, l'homme qui a édité Mein Kampf s'appelait Amann, Max Amann. Étrange coïncidence ! Une très vieille tradition juive dit : "de tout temps et à toute époque, il y aura un Haman. A chaque fois, il faudra en découvrir le visage". Ceci me permet d'introduire un autre aspect du Prophétique : le double accomplissement. 

Le principe du double accomplissement

"Elle est tombée, elle est tombée Babylone..." (Esaïe 21:9 - Apoc. 14:8 - Apoc. 18:2). 

Le prophète Esaïe annonce la chute de la ville de Babylone, mais de quelle Babylone parle-t-il ? Et pourquoi cette redite au ton emphatique ? C'est l'apôtre Jean qui nous en donne la réponse. Car Jean va reproduire, telle quelle, cette prophétie dans son livre. On pourrait penser que l'apôtre, par fidélité au texte, reproduit les paroles d'Esaïe telles qu'elles ont été rédigées. C'est tout à fait exact ! Mais il le fait également pour une autre raison. Si l'apôtre mentionne ce texte d'Esaïe, c'est parce qu'une autre Babylone doit encore tomber, car l'apôtre Jean sait que si Esaïe a doublé son avertissement, c'est parce qu'il annonçait, en réalité, la chute d'une deuxième Babylone. Lorsque Jean rédige son livre, Babylone est tombée. Du moins, la première. Mais l'auteur de l'Apocalypse parle de la chute d'une autre Babylone qui, elle, n'est pas encore tombée. L'apôtre se situe, donc, après l'accomplissement de la chute de la "Babylone 1", mais aussi avant celle de la "Babylone 2", dont il prophétise la survenue ultérieure. Il n'est pas rare qu'une prophétie connaisse un accomplissement relativement proche dans le temps, mais qu'elle ne voie son plein accomplissement que dans des temps éloignés. Ce fut le cas pour cette parole énigmatique de la reine Esther : "Encore demain, selon le décret d'aujourd'hui" (Esth. 9:13). 

Ainsi lorsque l'on lit le chapitre trois du livre de Joël, on peut constater qu'il y est  fait mention du rétablissement du peuple d'Israël et du jugement des nations. Or, il semble évident que ce texte parle aux contemporains du prophète, mais il concerne également "les temps de la fin". Ce que confirme également la phrase introductive de ce chapitre :  "Car voici, en ces jours, en ce temps-là" (Joël 3:1). La formule utilisée est effectivement typiquement eschatologique. Il en est de même pour le prophète Jérémie qui utilise une formule similaire et ce, à deux reprises dans le chapitre 50 de son livre : "En ces jours, en ce temps-là..." (Jér. 50:4, 20). Il sera même un peu plus précis lorsqu'il écrit :  "En ces jours et en ces temps-là" (Jér. 33 :15). Cette répétition d'une prophétie dans le temps et l'Histoire n'est pas une chose rare.

"Fils de l'homme, mets par écrit la date de ce jour, de ce jour-ci" (Ez. 24:2). Si le Seigneur s'adresse à Ézéchiel pour lui ordonner de dater les oracles qu'il reçoit, la répétition de l'injonction n'est pas dénuée de sens. Elle est, au contraire, significative. La date qui sera annotée sera celle de la réception de l'oracle, mais l'expression "de ce jour, de ce jour-ci" peut laisser entendre que cette prophétie n'aura présentement qu'un accomplissement partiel. Un autre accomplissement aura lieu ultérieurement. Peut-être même "le jour même", c'est à dire à une date similaire, comme c'est le cas pour le neuvième jour du mois d'Av, qui est la date anniversaire de la destruction à la fois du premier Temple et du deuxième. Le premier ayant été détruit par Nebukadnedzar et le second par les légions romaines de Titus. Mais tous deux un 9 AV.

Les Sages d'Israël disent que les personnages bibliques incarnent des "principes divins" par lesquels Dieu révèle le fonctionnement de l'être humain dans toutes les situations qu'il est susceptible de rencontrer dans son existence. Les auteurs du Nouveau Testament le savaient très bien. Ils étaient parfaitement au  fait de ces choses. C'est l'apôtre Pierre qui en parle le mieux.
 


Les Prophètes d'autrefois l'avaient annoncé

"Les prophètes qui ont prophétisé touchant la grâce qui vous était réservée, ont fait de ce salut l'objet de leurs recherches et de leurs investigations, voulant sonder l'époque et les circonstances marquées par l'Esprit de Christ qui était en eux... il leur fut révélé que ce n'était pas pour eux-mêmes mais pour vous qu'ils étaient les dispensateurs de ces choses que vous ont annoncées ceux qui vous ont prêché l’Évangile" (1 Pierre 1:10 à 12). 

Les anciens prophètes savaient que les prophéties qui leur étaient données de proclamer n'auraient, de leur temps, qu'un accomplissement partiel. Leurs regards se posaient sur l'Avenir. Ce texte de l'apôtre Pierre révèle toute la dimension du véritable ministère prophétique qui est avant tout un travail d'étude, "de recherches et d'investigations". La proclamation de l'Oracle de Dieu proprement dit n'est qu'un aspect de ce ministère. On pourrait presque dire qu'il en est la partie émergée de l'iceberg. La partie immergée représentant, elle, le côté méconnu et caché mais indispensable. Cette approche de la révélation par l'étude se fait de façon progressive. C'est bien ce qu'avaient compris "les fils d'Issacar". 

Les fils d'Issacar

Ce sujet ne serait pas complet si je ne faisais mention des "fils d'Issacar", dont l'Ecriture nous dit qu'ils avaient "la connaissance des temps pour savoir ce que devait faire Israël" (1 Chroniques 12:32). La Semeur traduit : "qui savaient discerner comment Israël devait agir en fonction des circonstances". Un article leur est consacré sur ce blog ("De la connaissance des temps prophétiques par la tribu d'Issacar"). Cette "connaissance" fut progressive ("Binah yadah"). De génération en génération, ils se sont transmis leur compréhension des "temps prophétiques". Qui sait s'il ne se trouvait pas parmi eux quelque fondateur de ces "écoles de prophètes"?

Conclusion

"Ecoutez ceci, vieillards. Prêtez l'oreille, vous tous habitants du pays. Rien de pareil est-il arrivé de votre temps, ou du temps de vos pères ?" (Joël 1:2). 

"Ô Dieu, nous avons entendu de nos oreilles. Nos pères nous ont raconté les œuvres que tu as accomplies de leur temps, aux jours d'autrefois" (Ps. 44:2). 

L'Apocalypse relate des événements qui se sont produits effectivement peu de temps après que ce livre ait été rédigé. Le récit des sept Eglises est un condensé de toute l'histoire de l'Eglise depuis le premier siècle jusqu'à nos jours. En réalité, nous sommes en train de vivre les événements décrits dans ce livre de l'Apocalypse et ce, depuis que l'apôtre en a commencé la rédaction. Tout comme la maman de mon ami missionnaire qui ne s'était pas rendue compte qu'elle était à bord du porte-avion et se demandait où il pouvait bien être. Il n'y a donc aucune incompatibilité entre le fait que l'apôtre Jean annonce l'imminence de ces événements et l'impression de ne pas en voir la réalisation. 

De tous temps, les lecteurs de la Bible ont cru reconnaître, dans les événements qui leur étaient contemporains, des similitudes avec ceux que décrivait le livre de l'Apocalypse. Ce livre est intemporel. Ce qu'il décrit se répète à chaque époque de l'histoire, c'est pourquoi chaque génération s'y retrouve. Ces choses décrites sont comme les contractions d'une femme en travail, comme le dit le Seigneur par la bouche du prophète Jérémie : "Car je l'ai dit, je l'ai résolu et je ne me repens pas, je ne me rétracterai pas... et toi, dévastée, que vas-tu faire ?... car j'entends comme des cris d'une femme en travail" (Jér. 4:28 à 31). Le "travail" est commencé. Les contractions se rapprochent. Elles préfigurent les derniers événements de l'Histoire (ce sujet est abordé dans l'article "Jérusalem : le dernier conflit et la Venue de Son règne"). Un mot, en hébreu, désigne cet état de fait : "malè", comme lorsqu'un récipient est rempli à raz-bord. Les choses auront bientôt atteint leur plein accomplissement. Dieu sera alors "tout en tous" (Eph. 1:23). 

Pour notre part, nous avons "L'espérance de la vie éternelle promise avant tous les siècles par le Dieu qui ne ment pas et qui a manifesté sa parole en son temps"(Tite 1:2, 3).

"Car le Jour approche, le Jour de l’Éternel approche (Ezéch. 30:2, 3). 

Oui, au vu des prophéties et de la pertinence avec laquelle celles-ci se sont accomplies, on peut sérieusement envisager que celles qui sont encore à venir s'accompliront avec la même ponctualité... en leur temps.

"Car voici, le jour vient" (Malachie 4:1). 

JiDé

Le temps est proche
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