Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Dans les derniers jours il y aura

Dans les derniers jours il y aura

A quoi ressemblera le monde de demain ? Sera-t-il semblable à celui que nous connaissons aujourd'hui ? Pouvons-nous espérer des jours meilleurs et un monde plus humain, ou devons-nous nous attendre à ce que les choses aillent en se dégradant de plus en plus ? Pour répondre à ces questions, il nous faut nous replonger dans les écrits d'un grand érudit du premier siècle de notre ère. Celui-ci décrit, avec une précision étonnante, un futur qui ressemble étrangement aux temps dans lesquels nous vivons aujourd'hui. Voici ce que l'apôtre Paul écrit à son compagnon d'oeuvre et ami, Timothée. 

"Sache que dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. Car les hommes seront égoïstes, amis de l'argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux, insensibles, déloyaux, calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis des gens de biens, traîtres, emportés, enflés d'orgueil, aimant le plaisir plus que Dieu, ayant l'apparence de la piété, mais en reniant ce qui en fait la force. Éloigne-toi de ces hommes-là" (2 Timothée 3:1 à 5). 

C'est là un tableau peu enthousiasmant et pourtant si réaliste. Pourtant, en brossant un portrait de ces "derniers jours" dont il est question ici, l'auteur refuse de se voiler la face. Par l'intermédiaire de cette lettre qu'il adresse à son collaborateur et ami, à celui qu'il considère également comme un fils, Timothée, c'est à nous aussi que ce texte s'adresse. Par cela, l'apôtre fait ce que tout père de sa génération se devait de faire : transmettre à la génération suivante, jusqu'à ce que vienne "la génération dernière". Ainsi, le Psalmiste écrit : "Ce que nos pères nous ont raconté, nous ne le cacherons pas à leurs enfants, nous dirons à la génération dernière (dor aharown) les louanges de l’Éternel... Il a établi un témoignage en Jacob, Il a mis une loi en Israël, et il a ordonné à nos pères de l'enseigner à leurs enfants pour qu'elle soit connue de la génération dernière (dor aharown)" (Ps. 78:3 à 6). 

Dans les temps de la génération dernière

Paul écrit donc ici, à son fils spirituel Timothée, une lettre dans laquelle il décrit avec des mots lourds de sens le contexte des "Temps de la fin". Ces "derniers jours" (en grec "kalepoi kairoi"auxquels Paul fait allusion font écho à l'expression équivalente en hébreu "dor aharown".  Si Paul est avant tout l'apôtre des païens, il n'en est pas moins un Hébreu connaissant parfaitement les Écritures et lorsqu'il utilise cette formulation en grec, il fait en réalité allusion à un thème eschatologique très présent dans les Écrits de l'Ancien Testament. Mais l'expression "dor aharown", que l'on peut traduire par "la génération dernière", intègre une dimension supplémentaire que sa traduction grecque. Fidèle à la pensée hébraïque, elle fait allusion à la "dernière génération" de l'humanité. Cette "génération dernière" dont nous sommes, car c'est bien de notre époque dont il s'agit ici. 

Il est intéressant de noter que c'est bien à son fils spirituel que Paul décrit cette "génération dernière" comme étant "rebelles à leurs parents". Ce texte décrit en effet une génération qui nous est étrangement familière et qui ressemble à la nôtre. Et pourtant, il est fort probable que les générations qui nous ont précédés s'y soit tout autant retrouvées. Globalement, ce descriptif est bien pessimiste, tout comme peut l'être l'humeur de notre temps. Certains des mots utilisés ici par Paul n'apparaissent qu'une seule fois dans les Écritures, ce qui peut souligner la particularité des temps qu'ils décrivent. La traduction "Parole Vivante" d'Alfred Kuen donne un relief plus prononcé au texte : "Sache que des temps difficiles nous attendent. La période finale de l'histoire de ce monde sera une époque périlleuse et trouble" (2 Tim. 3:1, Parole Vivante).

Mais il est temps de laisser la parole aux mots, ils nous en diront peut-être un peu plus...

Des temps difficiles

"Sache que dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles (en grec : "chaleptos")". "Chaleptos" ne se trouve que deux fois dans le Nouveau Testament, la première se trouvant dans le huitième chapitre de l’Évangile de Matthieu, au verset vingt-huit. Jésus étant arrivé "au pays des Gadaréniens, deux démoniaques sortant des sépulcres vinrent au devant de lui. Ils étaient si furieux (chaleptos) que personne n'osaient passer par là". Or, ces démoniaques, à la vue de Jésus, vont lui dire : "... es-tu venu pour nous tourmenter avant le temps (pro kaïros) ?" (Matth. 8:28, 29). 

Voilà qui donne à ce mot, utilisé par Paul pour décrire notre époque, une dimension supplémentaire. Le sens de ce mot dans l’Évangile de Matthieu, ajouté à son contexte, est des plus instructif. Paul nous dit donc que "Dans les derniers jours (eschatos hemera), il y aura des temps furieux (kaïros chaleptos)". Les démons présents dans ces gadaréniens savent que viendra un temps où ils seront "tourmentés" et jetés dans un gouffre. Ce temps approche. L'utilisation, par Paul, du mot "chaleptos" laisse présager que ces temps que nous vivons aujourd'hui pourraient bien présenter des similitudes avec le contexte dans lequel évoluaient ces deux démoniaques. 

En s'intéressant aux divers contextes dans lesquels le mot "chaleptos" apparaît, on constate qu'il pourrait être également défini comme "dangereux, difficile à supporter, rude, féroce, sauvage". Cette définition donne encore plus de poids et d'ampleur aux mots de l'apôtre. "Dans les derniers jours, il y aura des temps dangereux, difficile à supporter, des temps de féroce sauvagerie". A la lueur de cette définition, le mot "difficile" pâlit soudain. Il se peut fort bien que cette période décrite comme étant "les temps de la fin", "les derniers jours" de la "génération dernière" et de la "période finale de l'histoire du monde" soit justement celle dans laquelle nous vivons, ou tout au moins, dans laquelle nous vivrons demain. 

Égoïstes et amis de l'argent 

"Car les hommes seront égoïstes, amis de l'argent". En Français, ces deux locutions ne semblent pas s'accorder de prime abord, mais leur forme grecque est plus parlante : "égoïstes (philautoi), amis de l'argent (philargyroi)"La version anglaise souligne également une certaine similitude entre les deux termes :  "lovers of self, lovers of money" (littéralement "(s')aimant eux-mêmes, aimant l'argent") ce qui est très parlant. Les "temps de la fin" seront donc des temps où l'activité démoniaque sera très présente, où l'avidité et l'hédonisme prédomineront.
 


Ne sommes-nous pas dans un monde où une pléthore de "célébrités, beaux et riches", se font aduler par les foules ? De plus en plus, nombre de ces "célébrités" révèlent leurs accointances avec le monde des ténèbres. Monde de ténèbres auquel étaient d'ailleurs soumis les démoniaques de Gadara. 

Riches, arrogants et vantards 

"Car les hommes seront égoïstes, amis de l'argent, fanfarons (en grec "alazon")". Toujours dans ce contexte de "génération", si la précédente a "réussi", leurs enfants sont nés avec "une cuillère en argent dans la bouche". Mais la "jeunesse dorée" se prévaut parfois de privilèges qui ne lui ont rien coûté. Le mot "alazon" signifie "vide, vantard, fanfaron". C'est, il est vrai, un fait qui ne date ni d'hier ni d'aujourd'hui. Mais les "fortunes" d'aujourd'hui n'ont rien de semblable à ce que furent celles d'autrefois. La fortune des riches privilégiés de l'époque de l'apôtre Paul ne serait, comparativement à celle des nantis de notre époque, qu'un jeu de Monopoly. Dans un monde où la richesse et la misère se côtoient, où les "fanfarons" se pavanent, l'égoïsme et l'amour de l'argent se tiennent la main. L'une gantée, l'autre couverte de diamants.

Arrogants, vantards et méprisants

Car les hommes seront égoïstes, amis de l'argent, fanfarons, hautains (huperephanos)". "Huperephanos" désigne une personne qui se met en évidence, qui a une très (trop) haute opinion d'elle-même, traitant les autres avec mépris et se conduisant de manière hautaine.

Une attitude qui correspond bien aux profils précédents. On voit ainsi se dessiner la pensée de l'apôtre Paul lorsqu'il rédigea ces lignes. Loin de former une liste disparate, ces mots se complètent et développent ensemble la pensée de leur auteur. Un portrait commence à se profiler sous sa plume. 

Mais aussi avares...

Car les hommes seront égoïstes, amis de l'argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs". 

Le texte de Paul nous dit donc que "les hommes seront amis de l'argent (philargyroi)mais aussi "blasphémateurs ("blasphemos"). Rien ne pourrait faire penser que ces mots ont un lien entre eux, outre leur présence dans ce même passage de l'Ecriture, et pourtant... Voici ce que dit Luc dans le quatorzième chapitre de son Évangile : "les Pharisiens qui étaient avares (philargyroi)... se moquaient de lui (de Jésus). Jésus leur dit : Vous, vous cherchez à paraître justes devant les hommes mais Dieu connait vos cœurs, car ce qui est élevé parmi les hommes est une abomination devant Dieu" (Luc 16:14, 15). 

"Blasphemos" signifie "parler en mal, discours injurieux". C'est, semble-t-il, l'attitude de ces Pharisiens dont il est question dans ce texte de Luc. Il est dit qu'ils "se moquaient (ekmukterizo) de lui". "Ekmukterizo" signifie "tourner en dérision, ricaner, se moquer". On peut donc dire, à la lumière de la définition de ce mot, qu'ils "blasphémaient" contre Jésus, notre Seigneur. Les pharisiens étaient donc des "religieux" qui étaient "amis de l'argent" et qui se moquaient de Jésus, de son enseignement (sa Parole).

Il semblerait que le rédacteur de cette lettre à Timothée n'a pas associé ces mots l'un à l'autre, sans rapport aucun entre eux. Bien au contraire ! L'apôtre développe sa pensée. sa plume tire un trait ici, trace un autre là, et sous sa plume, un portrait apparaît. Mais il  faut garder à l'esprit que ces traits qui sont dépeints dans les Écritures nous parlent de notre génération. Y aurait-il, de nos jours, des "religieux" qui "ricaneraient, se moqueraient, tourneraient en dérision" les paroles de Jésus et l'enseignement de ses apôtres ? Auteurs d'un "Évangile libéral" discréditant les Écritures, niant les miracles et traitant les récits bibliques d'histoires totalement dénuées de fondements historiques, de "fables judaïques", "ayant l'apparence de la piété mais reniant ce qui en fait la force" (2 Tim. 3:5). La Bible a toujours eu des détracteurs, ils sont plus nombreux aujourd'hui qu'ils ne l'ont jamais été. 

Une génération rebelle 

"Car les hommes seront... rebelles à leurs parents".

On retrouve ici le thème abordé au commencement, celui de la "génération dernière". Cette génération dont nous sommes est également celle de nos enfants. Mais il faut bien reconnaître que la génération des années 70 a été celle de la rébellion par excellence. Le monde moderne (tout au moins en Occident) est le produit de cette "rébellion" dont cette génération fut l'instigatrice. 

"Car les hommes seront... rebelles (apetheis). Ce mot "apetheis" signifie "ne peut être persuadé". Il est généralement traduit par "rebelle, résistant, désobéissant"Cette jeune génération ne se laisse plus persuader par la précédente. Elle en refuse les valeurs tout en ayant hérité de son esprit de rébellion. Mais elle refuse également l’Évangile, ses valeurs et les préceptes de vie qu'il contient. Dans cette "génération dernière", les fils s'opposent à leurs pères et les filles à leurs mères. Toute une génération refuse de se soumettre à l'autorité des parents.
 


La tradition rabbinique avait annoncé depuis longtemps les symptômes annonçant la venue de la "dor ha haron". Elle annonçait la venue de ces "temps difficiles" dont parle l'apôtre Paul, des temps de fureur, redoutables, violents et sauvages qui devaient venir dans les derniers temps.  Ainsi, les Sages ont dit : "On portera atteinte à toute forme de respect. La vérité sera absente... les membres de la famille se haïront". 

J.M. Thobois écrit : "A l'époque de Jésus, on croyait que le Royaume de Dieu viendrait quand l'état du monde se serait dégradé de façon irrémédiable. On retrouve des échos de cette pensée chez Paul". Assurément, au vu de la situation actuelle, on peut penser raisonnablement que le Royaume de Dieu n'a jamais été aussi proche. 

Rebelles à leurs parents, ingrats 

"Sache que dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. Car les hommes seront... rebelles à leurs parents, ingrats... insensibles, déloyaux, calomniateurs, intempérants, cruels".

Cette "génération dernière" est non seulement rebelle à ses parents, mais également profondément ingrate. Une génération qui pense que tout lui est dû et n'accepte plus aucune restriction. Le mot "acharistos" est formé du privatif "a" et du mot "charis" (la grâce). Elle sera "dépourvue de grâce, de bonté". Le mot "acharistos" a pour origine le mot "charizomai", qui signifie "bienveillant, pardonner, remettre une dette, faire grâce". Elle sera dépourvue de bienveillance, de capacité de pardonner. Ces hommes seront "ingrats, insensibles, intempérants, cruels". Ils seront insensibles et dépourvus de pitié. Leur cœur se sera endurci. Dans les derniers temps, les hommes seront "rebelles à leurs parents" en ce qu'ils rejetteront les valeurs que leurs parents ont tenté de leur inculquer. Mais quelles valeurs leur a-t-on inculquées ? Celles de "la génération 70" : "interdit d'interdire" ? On récolte toujours ce que l'on a semé. 

"Ce que nos pères nous ont raconté, nous ne le cacherons pas à leurs enfants, nous dirons à la génération dernière les louanges de l’Éternel... Il a établi un témoignage en Jacob, Il a mis une loi en Israël, et il a ordonné à nos pères de l'enseigner à leurs enfants pour qu'elle soit connue de la génération dernière". Mais qu'en a-t-elle fait ?

Blasphémateurs... irréligieux... 

"Car les hommes seront... blasphémateurs... irréligieux...". Le mot "anosios" signifie "méchant, impie, sans religion". "Hosios" (sans la "a" privatif) signifie quant à lui : "pur, saint, observant une obligation morale". L'apôtre Paul écrit à Timothée, dans la première lettre qu'il lui adresse : "Je veux que les hommes prient en tout lieu en élevant des mains pures (hosios), sans colère ni mauvaise pensée" (1 Tim. 2:8). Et il ajoute ailleurs : "... mais qu'il soit hospitalier, ami des gens de bien, modéré, juste, saint (hosios), tempérant..." (Tite 1:8). L'auteur de l’Épître aux Hébreux parle de notre Souverain Sacrificateur Jésus comme étant "saint" (hosios - Héb. 7:26). Or, n'est-il pas écrit que nous devrions être comme notre Seigneur ? "Soyez saint comme je suis saint". 

Mais, "dans les derniers jours, les hommes seront "anosios", mais aussi "anomios". Non pas qu'ils seront "sans loi" (selon la signification de ce mot), car celles-ci sont nombreuses dans nos sociétés occidentalisées, cartésiennes et rationnelles, mais ils seront "sans Thora" dans le sens où Paul l'entend, c'est à dire comme ne respectant pas, ne prenant pas en compte la Loi divine révélée par Sa Parole dans les Écritures. Ceux qui professeront posséder une foi authentique n'en manifesteront pas pour autant les traits de caractère liés à celle-ci. "Sans colère ni mauvaise pensée... ami des gens de bien, modéré, juste, saint, tempérant". Le descriptif que fait Paul dans cette deuxième lettre à Timothée révèle plutôt l'inverse puisqu'il fait même mention d'"ennemis des gens de bien". Ils s'opposeraient donc aux "gens de bien", aux personnes professant une foi contraire à le leur ? Et comment s'y opposeront-ils ? Avec les traits de caractère décrits dans ce passage rédigé par Paul : "fanfarons, hautains, blasphémateurs, irréligieux, insensibles, calomniateurs, intempérants, cruels, traîtres, emportés, aimant le plaisir plus que Dieu, ayant l'apparence de la piété mais en reniant ce qui en fait la force". 

Alfred Kuen traduit ainsi ce verset 2 : "les hommes seront égoïstes, avides, exclusivement préoccupés d'eux-mêmes : de leurs richesses, de leurs réalisations, de leurs prétentions, ils seront, de plus, arrogants, jaloux, envieux, blasphémateurs et médisants. Ils ne connaîtront plus ni respect envers les parents, ni reconnaissance, ni piété" (Parole Vivante).

Insensibles

"Sache que dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. Car les hommes seront... insensibles". Le mot "astorgos" signifie également : "inhumain, dépourvu d'affection naturelle pour son semblable"C'est le mot qu'utilise l'auteur de l’Épître aux Romains (Rom. 1:31). Dans "les temps de la fin", nous vivrons des temps "difficiles" (chaleptos), des temps "dangereux, difficiles à supporter, rudes, féroces, sauvages", où les hommes seront "insensibles, dépourvus d'affection naturelle pour leur semblable". Cette vision peut paraître dure, voire amplifiée, exagérée, et pourtant !... N'est-elle pas plutôt le reflet du Monde dans lequel nous vivons ? Un Monde où résonne, çà et là,  le cri d'Abel frappé à mort par son propre frère Caïn ? Car, devenu "insensible, inhumain, dépourvu d'affection naturelle", l'homme perpétue l'oeuvre de Caïn, il demeure encore aujourd'hui "le meurtrier de son frère".

Le texte de la Genèse, lorsqu'il mentionne le fait que le sang d'Abel a coulé, fait mention "des sangs" (au Pluriel). Or, le texte biblique n'utilise le Pluriel pour parler du sang d'un homme que dans deux cas très précis. L'un d'eux est lorsque un meurtre a été commis avec une singulière violence (ou lors d'un massacre). Comme je l'ai dit plus haut, le texte nous dit que ces "derniers jours" seront d'une féroce sauvagerie (chaleptos)

Déloyaux, calomniateurs, intempérants, cruels... 

Le mot "calomniateur", dans le texte grec, est un mot bien connu, c'est le mot "diabolos". Et le "diabolos" agit de façon "déloyale", sans aucune tempérance dans ses propos ou dans ses actes. Il est également "cruel" et "ennemi des gens de bien". Dans ces "temps difficiles, dangereux, rudes, sauvages et féroces", les hommes seront "cruels". Ce que décrit l'apôtre Paul à Timothée est sombrement dépeint. Ce seront des temps de délation et de trahison car ils seront aussi "traîtres" (prodotes), un mot dont l'origine signifie "livrer à un autre", tout comme le fit Judas. Ainsi, David demandera-t-il au Seigneur, à propos des habitants de la ville de Keïla : "David dit encore... me livreront-ils... et l’Éternel répondit : ils te livreront" (1 Sam. 23:12). Le Seigneur Jésus lui-même met en garde ses disciples en disant : "mettez-vous en garde contre les hommes car ils vous livreront aux tribunaux" (Matth. 10:17).
 


"Ils auront l'apparence (morphosis) de la piété...". Sous des dehors religieux, pieux et sincères, ils seront plein de dissimulation, mais ils "aimeront le plaisir plus que Dieu". Combien d'hommes et de femmes innocents de tout crime sinon celui de professer leur foi en l'Ecriture ont-ils été livrés aux mains persécutrices d'un pouvoir religieux, parfois par simple dénonciation ? Et pourtant, Paul dit bien que dans la Thora (le Pentateuque), nous avons "la règle (morphosis) de la science et de la vérité" (Rom. 2:20).

Le Seigneur Jésus nous avertit encore : "et même l'heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu" (Jean 16:2). Il fut une époque, pas si éloignée, où le fait de posséder une Bible était passible du bûcher. Pour les Juifs, de posséder un exemplaire de la Thora, un livre de prière, ou même de s'abstenir de travailler le samedi, était passible de mort. Aujourd'hui, dans plusieurs pays dans le monde, le même danger menace encore les chrétiens. Comme le dit l'Ecclésiaste : "Ce qui a été, c'est ce qui sera". 

Dans son roman, "La Mémoire d'Abraham", Marek Halter fait dire à l'un de ses personnages : "Je pense à ce que dit Rabbi Yohanan : à la génération où viendra le fils de David, il y aura une quantité de difficultés et de méchants décrets seront à nouveau promulgués, et chaque événement mauvais arrivera en hâte avant que le précédent soit terminé. Mon maître Abravanel avait raison : les temps approchent"*. Oui, ces temps-là approchent... ou peut-être ont-ils déjà commencé ?

Pour conclure sur ce triste constat, je voudrais reprendre les paroles du Psalmiste mentionnées au début de cet article : "Ce que nos pères nous ont raconté, nous ne le cacherons pas à leurs enfants, nous dirons à la génération dernière (dor aharown)... Il a établi un témoignage en Jacob, Il a mis une Thora en Israël, et il a ordonné à nos pères de l'enseigner à leurs enfants pour qu'elle soit connue de la génération dernière (dor aharown)" (Ps. 78:3 à 6).

Le texte que l'apôtre Paul a rédigé à l'intention de son fils spirituel Timothée nous a été transmis, à nous qui sommes arrivés à cette période cruciale de l'histoire, celle de la "génération dernière". Alors, comme nous y invite l'apôtre Jacques, "ne soyons pas des auditeurs oublieux". Mais "nous attendons aussi comme sauveur le Seigneur Jésus-Christ" (Phil. 3:20).

Prophétie pour notre temps 

Je clôturerai cet article par une prophétie de Nilus, un disciple de Jean Chrysostome, qui vécut au cinquième siècle et qui dépeignit un portrait saisissant de notre monde moderne. Voici cette prophétie :

"Les gens de cet âge (l'âge dernier) seront méconnaissables. Lorsque le temps de la venue de l'antichrist approchera, l'intelligence des hommes sera obscurcie par les passions charnelles, l'avilissement et la licence s'accentueront. Le monde deviendra méconnaissable. Les gens changeront d'apparence, il sera impossible de distinguer les hommes des femmes à cause de l'effronterie dans la manière de s'habiller et dans les modes de leurs cheveux. Les hommes seront cruels comme des animaux sauvages, à cause des tentations de l'antichrist. On ne respectera plus les parents et les aînés. Les pasteurs chrétiens, évêques et prêtres deviendront des hommes vains, complètement incapables de discerner leur droite de leur gauche. L'amour disparaîtra. En ce temps-là, les traditions des chrétiens et de l'église changeront. Les gens ne pratiqueront plus la modestie et la dissipation régnera. Le mensonge et la cupidité atteindront de grandes proportions. Malheur à ceux qui empileront des trésors ! La luxure, l'adultère, l'homosexualité, les actions secrètes et le meurtre seront la règle de la société. Dans ce temps futur, à cause du pouvoir de si grands criminels, et d'une telle débauche, les gens seront privés de la grâce du Saint-Esprit... ils n'auront même plus de remords. Les églises seront privées de pasteurs pieux et craignant Dieu. Malheur aux chrétiens qui vivront sur terre en ce temps-là. Ils perdront complètement la foi car il n'y aura personne pour leur montrer la lumière de la Vérité. Ceux qui s'éloigneront du monde pour aller dans de saints refuges ne rencontreront partout qu'obstacles et contraintes. Tout cela résultera du fait que l'antichrist veut être le seigneur de toutes choses et devenir le maître de tout l'univers. Il accomplira des signes et des miracles invraisemblables. Il donnera aussi à un pauvre une sagesse dépravée, pour découvrir une manière de mener une conversation avec un autre d'un bout de la terre à l'autre. 

En ce temps-là aussi, les hommes voleront dans les airs comme des oiseaux et descendront au sein de l'océan comme des poissons, et quand ils en seront rendus là, ces malheureux passeront leur vie dans le confort, sans savoir, pauvres âmes, que c'est une supercherie de Satan. Et lui, l'impie, il remplira à un tel point la science de vanité qu'elle s'écartera de la voie droite et conduira les hommes dans la perte de la foi, même en l'existence de Dieu. D'un Dieu en trois personnes. Mais le Dieu infiniment bon verra la déchéance de la race humaine. Il raccourcira ces jours pour l'amour d'un petit nombre, de ceux qui doivent être sauvés, car l'ennemi voudrait emmener même les élus dans la tentation, s'il est possible. Alors l'épée du châtiment apparaîtra soudain et elle abattra le corrupteur et ses serviteurs". 

Quelle étonnante description de notre monde moderne... écrite il y a quinze siècles  ! 

En comparaison, voici ce que dit le prophète Daniel, en conclusion de son livre : 

"En ce temps-là... ce sera une époque de détresse telle qu'il n'y en a point eue de semblable depuis que les nations existent jusqu'à cette époque. En ce temps-là, ceux de ton peuple (le peuple hébreu) qui seront trouvés inscrits dans le livre de vie seront sauvés... Toi Daniel, tiens secrètes ces paroles et scelle le livre jusqu'aux temps de la fin. Plusieurs le liront et la connaissance augmentera... j'entendis mais ne compris pas et je dis : mon seigneur, quelle sera l'issue de ces choses ? Il répondit : va Daniel, car ces choses seront tenues secrètes et scellées  jusqu'aux temps de la fin... les méchants feront le mal et aucun des méchants ne comprendra, mais ceux qui auront de l'intelligence comprendront... et toi, marche vers ta fin, tu te reposeras, et tu seras debout pour ton héritage à la fin des jours" (Daniel 12:1 à 12). 

"Sache que dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles.... Ce que nos pères nous ont raconté, nous ne le cacherons pas à leurs enfants, nous dirons à la génération dernière les louanges de l’Éternel... Il a établi un témoignage en Jacob, Il a mis une loi en Israël, et il a ordonné à nos pères de l'enseigner à leurs enfants pour qu'elle soit connue de la génération dernière".  

Puissions-nous, tout comme Daniel, "être debout à la fin des jours".   

"Le Temps est proche !" 


JiDé

 

Notes

*La mémoire d'Abraham page 412 - Marek Halter

Dans les derniers jours il y aura
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :