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Le petit exercice

Le petit exercice

Un professeur d’une faculté de mathématiques proposa un jour à ses élèves un problème particulièrement complexe. Il demanda lequel d'entre eux serait assez astucieux pour trouver la solution. Devant la difficulté, certains se crurent assez intelligents pour y parvenir. D’autres, trouvant le problème trop complexe, se mirent au travail sans grande conviction. L’un après l’autre, les élèves présentèrent leurs travaux mais aucun n’eut la bonne réponse. Certains s’avançaient fièrement, convaincus qu’ils avaient pu déjouer la difficulté et résoudre le fameux problème. Mais ils repartirent déçus.

Le premier qui se présenta, sûr de sa réponse, ressortit du bureau, l’air sombre. Son raisonnement était faux, et bien sûr, la réponse aussi. Le deuxième se présenta, tout aussi sûr de sa réponse, mais il ressortit, lui aussi, l’air tout aussi sombre. Son raisonnement était juste, mais sa réponse ne l’était pas.

Le troisième se présenta. Il se tenait depuis un moment dans le couloir, absorbé par la relecture de sa copie. Il lui semblait que quelque chose ne collait pas dans sa démonstration, mais il avait beau lire et relire son développement, il ne pouvait dire où il s’était trompé. Lorsque ce fut son tour, il pénétra dans le bureau de son professeur, toujours plongé dans une profonde perplexité. Assis à son bureau, le professeur le regardait s’approcher. Le jeune étudiant tourna les regards vers lui, et lui dit : "Monsieur, vous allez peut-être penser que je suis stupide, mais je crois qu’il n’y a aucune solution à ce problème !". Le professeur le regarda en souriant et lui répondit : "Qu’est-ce qui vous fait penser cela, jeune homme ?"

Après un long moment, le jeune homme sortit du bureau, le visage souriant. Les autres le regardèrent, étonnés. "J’avais raison !!", s'exclama-t-il.

Ils lui demandèrent : "Tu as trouvé la réponse ?" 

Il répondit joyeusement : "Oui ! En réalité, il n’y a pas de réponse !!" 

"Pas de réponse ?? Comment est-ce possible ??"

En fait, une erreur avait été introduite dans l’équation par celui qui l’avait recopiée, et la copie avait été distribuée avec l’erreur. Le professeur s’en étant rendu compte, voulut tout d’abord la rectifier, puis l’idée de laisser les choses ainsi pour voir ce que cela donnerait comme résultat l’intrigua. Il décida finalement de ne pas rectifier l'énoncé… et de laisser les étudiants se creuser la tête.

Les étudiants les plus sûrs d’eux-mêmes crurent pouvoir résoudre facilement le problème, mais lorsqu’ils virent ce qu’ils ignoraient être une erreur, ils pensèrent à une subtilité, à un piège, et chacun développa son imagination pour le contourner. Ainsi, leur développement pouvait sembler juste, mais la présence de cette erreur, de cette "faute de frappe" qui s‘était subrepticement introduite, faussait complètement le résultat. Puis, vint ce jeune homme qui osa courageusement prétendre qu’une erreur s’était introduite quelque part, et qu’il ne pouvait donc y avoir une solution acceptable sans que quelque chose soit faussé. Sa réponse était la bonne.

Le problème mathématique représente la Loi en tant qu’exigence parfaite de Dieu, qui demande une application exacte et méticuleuse des règles, afin que le résultat soit juste et acceptable. Mais "il n’y a pas un juste, pas même un seul". Le copiste s’appelle Adam, le premier à avoir commis "la faute", autrement dit : le péché. Les étudiants représentent la race humaine qui a "hérité" de cette faute.

Le premier étudiant, le jeune homme très sûr de lui, représente le Religieux, l’homme sûr de lui, de ses compétences à bien faire, convaincu qu’il peut être trouvé juste dans ce qu’il pense et dans ce qu’il fait.

Le deuxième étudiant, dont le raisonnement était juste, nous l’appellerons "le Raisonneur". Il avait construit subtilement son développement en contournant l’erreur, mais bien sûr, sa réponse était fausse. Beaucoup ont conscience que l’humanité ne vit pas au niveau qu’elle devrait connaître, mais plutôt que de reconnaître "la faute", le péché, il cherche des solutions sans tenir compte de ce péché, et construit des raisonnements afin d’arriver à une solution par des chemins détournés. Son développement était correct mais, bien sûr, la réponse ne pouvait l’être. "Les voies de Dieu sont droites, mais l’homme a cherché beaucoup de raisonnements" (l’Ecclésiaste).

Le troisième étudiant, dont l’intuition lui faisait soupçonner une erreur dans la copie, ne pouvait pas concevoir que son professeur ait pu se tromper. Mais désirant être honnête avec lui-même et avec son professeur, il prit le risque d’avouer son doute et son incompréhension. Il ne chercha pas de "détours". Lorsqu’il dit à son professeur qu’il n’y avait aucune solution à ce problème, il avait raison ; Il n’y en avait effectivement aucune. Car aucun étudiant ne pouvait résoudre un problème qui comportait une erreur. La seule solution correcte était de reconnaître la faute. C’était la bonne réponse. Car le problème initial avait fait place à un autre problème : comment les étudiants allaient-ils s’en sortir avec cela ???

Le problème initial était un principe mathématique extrêmement complexe mais démontrable. Il représente la Sainteté de Dieu, parfaite et juste. La faute, introduite par le copiste (Adam), représente le péché commis par le premier homme.

Le problème dans lequel s’est introduite l’erreur, représente la Loi. Non que la Loi comporte une erreur en soi, mais elle devait démontrer ici que personne ne pouvait l’appliquer, et non seulement cela, mais elle devenait un exercice destiné à démontrer aux étudiants qu’aucun d’entre eux ne pouvait accéder par lui-même à la solution de la faute (le péché). La faute (le péché) ayant été introduite, personne ne pouvait prétendre posséder une réponse juste aux yeux du professeur. Personne ne pouvait être déclaré juste dans sa démarche, bien qu’aucun ne sache que c’était là, justement, le vrai but de l’exercice. Non que le professeur l’ait voulu au départ, car Dieu n’a jamais désiré que le péché soit introduit mais, par l’introduction de la faute (le péché), tout était faussé. Le professeur choisit de laisser les étudiants chercher une solution qui ne pouvait exister. L’homme étant pécheur, il ne pouvait satisfaire aux saintes perfections de Dieu, et donc ne pouvait pas atteindre le niveau de perfection exigé pour être déclaré juste à Ses yeux.

De même que l’équation du départ était juste et démontrable, la Présence de Dieu était accessible à l’homme avant l’intervention du péché (la faute). Mais l’introduction de la faute faussa aussi la résultante de la relation entre Dieu et l’homme. La Loi (l’équation faussée) fut donnée à l’homme afin de montrer ce que contenait son cœur, révélant de même son incapacité à rétablir la relation initiale avec son Dieu par ses démarches personnelles. Le seul qui obtint l’approbation de son professeur fut le troisième étudiant, qui reconnut l’impossibilité de résoudre le problème. C’était effectivement la bonne réponse qu’il fallait apporter à cette équation faussée. Par là, il reconnut qu’il ne pouvait atteindre le niveau de juste par ses propres moyens. Il ne chercha pas de détours au problème faussé, mais il reconnut humblement son incapacité à résoudre ce problème, de même que d’atteindre le statut de juste par sa propre démarche. Or, là était la réponse ! C’est ce qu’attendait le professeur. Car la justesse du raisonnement était de reconnaître la présence de la "faute" (le péché). Et en cela il fut déclaré ayant la réponse juste.

"Si nous prétendons n'être coupables d'aucun péché, nous vivons dans l'illusion et la vérité n'habite pas en nous. Si nous reconnaissons nos péchés, il est fidèle et juste et, par conséquent, il nous pardonnera nos péchés... si nous prétendons ne pas être pécheurs, nous faisons de Dieu un menteur et sa Parole n'est pas en nous" (1 Jean 1:8 à 10). 

"Que dire maintenant ? La Loi se confond-elle avec le péché ? Loin de là ! Seulement, s'il n'y avait pas eu la Loi, je n'aurais pas connu le péché" (Rom. 7:7).

"Celui qui était innocent de tout péché, Dieu l'a condamné comme un pécheur à notre place pour que, dans l'union avec le Christ, nous soyons justes aux yeux de Dieu" (2 Cor. 5:21).

Textes tirés de la version Semeur. 

La Loi a manifesté la parfaite exigence de Dieu à l'égard de l'être humain. Celui-ci bénéficie alors de la Grâce de Dieu qui pallie, par celle-ci, à l'incapacité de l'homme de répondre à cette exigence. Ce thème est développé dans l'article "La Loi et la Grâce, une Alliance partagée".

 

JiDé

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