Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Mathusalem, son nom était un message pour sa génération

Mathusalem, son nom était un message pour sa génération

Mathusalem, son nom est généralement synonyme de longévité. On avait autrefois coutume de dire "vieux comme Mathusalem" pour parler d'une chose très ancienne, qui remonterait à des temps fort éloignés. On parle généralement de lui comme l'être humain qui vécut le plus vieux sur cette Terre, bien que peu connaissent véritablement son âge. Il symbolise parfois des temps immémoriaux. Les plus érudits savent que son nom est cité dans la Bible. Mais qui était-il vraiment ?

L'arbre généalogique 

C'est effectivement dans la Bible que l'on trouve mention de ce vénérable vieillard dont on a peine à croire qu'il fut pourtant, un jour, un enfant comme un autre. En effet, la Bible dit : "Hénoch, âgé de soixante-cinq ans, engendra Metuschélah (Mathusalem). Hénoch, après la naissance de Metuschélah, marcha avec Dieu pendant trois cent ans, et il engendra des fils et des filles. Tous les jours d’Hénoch furent de trois cent soixante-cinq ans. Hénoch marcha avec Dieu puis il ne fut plus parce que Dieu le prit" (Gen. 5:21 à 23). Loin d'être un personnage imaginaire tout droit sorti d'un conte, Mathusalem inscrit son nom sur la huitième génération d'un arbre généalogique familial qui remonte directement à Adam. C'est d'ailleurs ce que dit l'Ecriture : "zè sepher toldot adam", que l'on peut également traduire par "voici les engendrement, les généalogies d'adam"

La plupart des Patriarches pré-diluvien moururent à un âge avancé. Seth, le fils d'Adam, avait neuf cent douze ans lorsqu'il décéda. Son fils Enosch (à ne pas confondre avec Enoch) n'en avait que neuf cent cinq, et Kénan, le fils de celui-ci, neuf cent dix, sans oublier le grand-père de Metuschélah, Géréd, qui vécut jusqu'à l'âge fort respectable de neuf cent soixante-deux ans (Gen. 5:18).

La Bible nous apprend ainsi que Metuschélah était le fils "d'Enoch le septième depuis Adam " (Jude 1:14). Enoch, le septième Patriarche qui fut enlevé auprès de Dieu sans connaître la mort, fut également le père de Metuschélah. A la naissance de Lémec, le père de Noé et fils de Metuschélah, tous les Patriarches, y compris Adam, étaient encore vivants. Metuschélah avait trois cent soixante-neuf ans à la naissance de Noé, et le Déluge vint alors que Noé entrait dans sa six centième année, et son grand-père dans sa neuf cent soixante-neuvième et dernière année de son existence (Gen. 5:25). Cette ultime et dernière année de la vie de Metuschélah fut également l'année où survint le Déluge. 

Un nom porteur d'un message

Le nom de Metuschélah signifie "lorsqu'il mourra, il viendra". Il peut également être traduit par "à sa mort, il enverra". Hénoch, son père, qui était prophète, savait que son fils serait, durant toute son existence, porteur d'un message fort. Lorsque Hénoch a donné un nom à son fils, il savait probablement déjà qu'un jugement allait venir sur cette humanité car "toute chair avait corrompu sa voie sur la terre" (Gen. 6:12). Le nom même de Metuschélah annonçait, par avance, la venue du Déluge*. Metuschélah fut, toute sa vie et jusqu'à la fin de son existence, un message adressé à l'humanité pervertie de sa génération. En substance, le message dont il était porteur, de par le nom que son père lui avait choisi, fut : "tant que je serai vivant, le jugement ne viendra pas. Mais lorsque je mourrai, ce sera le temps du jugement". 

Il y eut quatre générations de Patriarches pour annoncer la venue d'un événement hors du commun. Hénoch fut pris sans connaître la mort. Metuschélah, son fils, vécut jusqu'à un âge avancé, plus qu'aucun homme ne put vivre jusqu'à alors et ne vécut après lui. Lémec, fils de Metuschélah et père de Noé, vécut sept cent soixante dix-sept années (777) démontrant par la durée de sa vie que l'existence de l'être humain est dans la main de son Créateur et la durée de ses jours est déterminée par Celui qui donne la vie. Et enfin, Noé, fils de Lémec, petit-fils de Metuschélah et arrière petit-fils d'Hénoch, construisit l'arche et survécut au Déluge. Après lui, ses trois fils allaient repeupler la surface de la Terre. "Noé, âgé de cinq cents ans, engendra Sem, Cham et Japhet" (Gen. 6:32). Metuschélah avait alors huit cent soixante-neuf ans.

Alors que Noé construisait son arche, le nom et l'existence de Metuschélah proclamaient ce même message dont il était porteur depuis sa naissance : "lorsqu'il mourra, il viendra". La longévité exceptionnelle de la vie de Metuschélah n'était pas seulement due au message dont il était dépositaire, elle manifestait également la patience de Dieu à l'égard de l'humanité. Dans son immense bonté, Dieu laissait aux hommes l'opportunité de se repentir et de revenir de leurs mauvaises voies tout en sachant qu'ils n'en feraient rien. 

Un jour, l'arche fut achevée. Il se peut qu'alors Noé alla trouver son grand-père pour lui annoncer, laconiquement : "ça y est, elle est achevée !" Noé connaissait la signification du nom de son grand-père et la raison pour laquelle celui-ci le portait. Il savait que le jour où son arche serait terminée serait également le temps pour celui-ci de rejoindre son Créateur. Peut-être Noé aurait-il aimé qu'il puisse entrer avec lui dans l'arche, mais le temps de la proclamation était arrivé à son terme. Le temps du jugement allait venir. Les eaux du Déluge couvriraient bientôt la terre encore fraîche de la tombe de celui qui, toute sa vie, avait annoncé ce qui allait survenir instamment. La mort du doyen de l'humanité pré-diluvienne devait survenir pour que puisse s'accomplir la prophétie proclamée depuis que son petit-fils avait entamé la construction de cette arche, à ce jour achevée. 
 


L'arbre et ses racines

Mais si le nom de Metuschélah est porteur d'un message, les racines de ce mot ont également quelque chose à nous dire. Son nom est formé de deux mots : "math" et "shelah"

"Math" signifie "un petit groupe d'hommes, un petit nombre". L'origine du mot "math" est "mathay", qui peut se traduire par "quand ? Jusqu'à quand ? Dans combien de temps ?". On trouve par exemple le mot "mathay" en Exode 8:9, lorsqu'il est dit : "pour quand prierais-je en ta faveur ?". On retrouve également ce mot en Exode 10:3 : "jusqu'à quand refuseras-tu de t'humilier devant Moi (dit Dieu) ? Laisse aller mon peuple afin qu'il me serve". Le mot "mathay" vient d'une racine qui signifie "prolonger". J'y reviendrai un peu plus loin. 

"Schelah", quant à lui, signifie "javelot, projectile", mais aussi "une pousse, un rejeton d'une plante". L'origine du mot "schelah" est "schalah", ce qui signifie "envoyer au loin, laisser aller, étendre, envoyer, diriger", mais aussi "renvoyer, congédier, jeter dehors, chasser, laisser partir, libérer". Par exemple, lorsqu'il est dit d'Adam et Ève qu'ils furent "chassés (schalah)" du jardin d'Eden (Gen. 3:23). Mais le Seigneur ne rejette pas celui qui vient à Lui (Jean 6:37). 

On peut donc voir que non seulement le nom de Metuschélah est porteur d'un message, mais également des éléments qui le composent. Il est tout d'abord fait mention d'un "petit groupe d'hommes, un petit nombre". La Bible dit que huit personnes entrèrent dans l'arche (Gen. 7:13). Ce "petit nombre" se posait très probablement ces mêmes questions : "Quand cela arrivera-t-il ? Jusqu'à quand devrons-nous subir les moqueries de la population ? Dans combien de temps pourrons-nous entrer dans l'arche ?" Ces questions devinrent plus brûlantes encore après que leur arrière-grand-père fut décédé. Le jugement annoncé était alors imminent. Noé pouvait également se poser cette question : jusqu'à quand cette génération corrompue allait-elle encore endurcir son cœur et refuserait-elle de s'humilier devant son Créateur ? Mais si la racine du mot "mathay" signifie "prolonger", c'est parce que, au final, Dieu "prolongeait" sa patience, laissant ainsi, à cette génération, le temps nécessaire pour se repentir. 

Si "Schelah" peut se traduire par "javelot, projectile", c'est peut-être parce que ce message devait aller droit au but. Il devait toucher sa cible. Mais "Schelah" signifie également "une pousse, un rejeton". Ce mot a donc une signification messianique puisque le Messie est appelé "le rejeton d'Ishaï". Il y a donc, dans la structure même du message porté par Metuschélah, une promesse messianique, la promesse que Dieu enverra un Sauveur, un Libérateur pour l'humanité déchue. Malheureusement, le message dont le Messie était porteur ne fut entendu, lui aussi, que par "un petit nombre".

Quant à la racine de ce mot "schalah", elle signifie "envoyer au loin, laisser aller, renvoyer, congédier, jeter dehors, chasser, laisser partir, libérer". Le Seigneur avait dit : "Je ne jetterai pas dehors celui qui vient à moi" (Jean 6:37). Lorsque la porte de l'arche fut fermée, il ne fut plus possible aux contemporains de Noé d'y pénétrer pour être sauvés. Lorsque les eaux du Déluge vinrent à monter, l'arche fut soulevée par les eaux grossissantes, allant ça et là au gré des flots tumultueux, recouvrant cette humanité qui avait négligé le message de repentance qui lui était adressé. 

Doyen et Patriarches

Après le Déluge, l'espérance de vie de l'être humain fut considérablement raccourcie. On peut lire, au chapitre six de la Genèse, que Dieu décréta que les jours de l'homme ne seraient désormais plus que de cent vingt ans (Gen. 6:3). Noé vécut tout de même encore trois cent cinquante années après être sorti de l'arche, pour atteindre l'âge respectable de 950 ans. Son fils Sem mourut, lui, à l'âge de 600 ans. Puis, la durée de vie de leurs descendants diminua considérablement. Comparativement, Joseph, fils de Jacob, mourut à l'âge de 110 ans. C'était encore un jeune homme. Notre vingt et unième siècle a cependant connu un record de longévité. L'homme "le plus vieux du monde" (officiellement répertorié) était entré dans sa cent treizième année. Il s'appelait Ysraël Kristal, c'était un israélien d'origine polonaise. Ysraël Kristal était un survivant du camp d'extermination nazi d'Auschwitz. Il est décédé en 2017. Comparativement, l'homme qui avait voulu faire disparaître le peuple juif, Adolphe Hitler, est mort à l'âge de 56 ans. Une courte vie pour un homme qui en fit périr des millions.

Un message pour notre temps

Le message de Mathusalem était pour ses contemporains, mais, tout comme pour Abel dont il est dit qu'il "parle encore aujourd'hui quoique mort" (Héb. 11:4), il s'adresse encore à notre génération. Son nom annonçait le Déluge à venir. Metuschélah, "lorsqu'il mourra, il viendra", mais aussi "à sa mort, il enverra". Mais comme je l'ai dit plus haut, son nom est porteur d'un message messianique. "Lorsqu'il mourra, il viendra... à sa mort, il enverra". N'est-ce pas là une belle illustration de la Venue du Saint-Esprit après que le Seigneur soit ressuscité  ? "Lorsqu'il mourra, il viendra". N'y a-t-il pas là une annonce de Sa venue et de Son Retour ?

Mardochée, cousin de la reine Esther, aura ces mots qui, à travers les siècles, conservent une portée prophétique et eschatologique : "Et qui sait si ce n'est pas pour un temps comme celui-ci ?" (Est. 4:14). Le message qu'adressaient Metuschélah et son petit-fils Noé à cette génération qui était la leur, s'adresse encore aujourd'hui à la nôtre avec la même vigueur, car "le Seigneur ne tarde pas dans l'accomplissement, comme quelques uns le croient, mais il use de patience envers vous, ne voulant pas qu'aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance" (2 Pierre 3:9).

La longévité de Metuschélah fut, pour ses contemporains, un message vivant, celui de la patience de Dieu. Cette patience s'exerce encore aujourd'hui pour notre génération, mais elle a des limites. Le Seigneur Jésus nous a averti : "Ce qui arriva du temps de Noé arrivera de même à l’avènement du Fils de l'homme. Car dans les jours qui précédèrent le Déluge, les hommes mangeaient, buvaient... jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche" (Matth. 24:37, 38). Ce à quoi Luc ajoute : "et le déluge vint et les fit tous mourir" (Luc 17:27). Jésus dit encore : "En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole et qui croit à Celui qui m'a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en jugement mais il est passé de la mort à la vie (Jean. 5:24). Tite, quant à lui, écrit dans son épître : "... lesquelles (la foi des élus et la connaissance de la vérité) reposent sur l'espérance de la vie éternelle promise dès les plus anciens temps par le Dieu qui ne ment pas" (Tite 1:1, 2). Cette vie éternelle était connue "dès les plus anciens temps", c'est pourquoi le prophète Daniel dira : "Plusieurs de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront, les uns pour la vie éternelle et les autres pour l'opprobre, pour la honte éternelle" (Dan. 12:2). En ce jour-là, la génération de Noé se relèvera.

Nous croyons que l'Avènement du Seigneur est proche. Nous sommes, nous, aujourd'hui, de cette génération dont parlait le Seigneur. Il nous a averti que, lorsque viendra la fin des temps, le monde ressemblera à celui de Noé qui était, nous dit le texte "rempli de violence (hamas)" (Gen. 6:13). De même que la longévité de vie de Mathusalem ainsi que la construction de l'arche de Noé furent des témoignages du jugement qui allait venir, Le Seigneur avait annoncé d'avance que cette "bonne nouvelle du Royaume sera prêchée dans le monde entier pour servir de témoignage à toutes les nations..." (Matth. 24:14).  Il conclut en disant : "... alors viendra la fin"

 

JiDé

 

Notes

* Le récit du Déluge est décrit dans l'article "Noé et la nouvelle génération". 

 

Mathusalem, son nom était un message pour sa génération
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :