Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Jéricho et la traversée du Jourdain

Jéricho et la traversée du Jourdain

Le récit de la prise de la ville de Jéricho par l'armée de Josué est probablement l'un des récits les plus célèbres de la Bible. Son historicité a cependant été fort contestée par la critique biblique. Encore aujourd'hui, des archéologues, et non des moindres, prétendent que si la destruction de la ville est bien avérée, la date de celle-ci ne correspond pas avec l'entrée des Hébreux en Canaan. Mais si l'apôtre Paul affirme que "toute Ecriture est inspirée de Dieu" (2 Timothée 3:16) (et le récit de la prise de la ville de Jéricho par Josué fait partie de ces dites Ecritures), on ne peut raisonnablement douter que ce récit soit authentique et parfaitement digne de foi. Si la prise de Jéricho par Josué est, en soi, un événement marquant dans l'histoire de la conquête des territoires promis, celui-ci s'inscrit cependant dans un contexte plus large dont il faut tenir compte pour en appréhender tout le sens. En effet, l'aspect miraculeux de la victoire ne peut occulter le contexte dans lequel se produisirent ces événements hors du commun.

Précédés par leur réputation

Les éclaireurs qui s'étaient introduit dans la ville de Jéricho trouvèrent refuge chez une prostituée nommée Rahab qui habitait une maison sur les remparts de la ville (Josué 2:1, 15). Ces mêmes remparts qui devaient bientôt s'effondrer de toute leur masse après que le peuple hébreu en aient fait le tour pendant sept jours consécutifs. Si l'Epitre aux Hébreux rend témoignage de la foi de cette femme (Hébreux 11:31), son nom présente également un certain intérêt dans la compréhension de ce texte. En effet le mot "rahab" possède plusieurs significations. Il peut être comparé au mot "rachab" qui lui est similaire. "Rachab" signifie "large, vaste, étendu, spacieux, sans limite". Un mot qui contraste sérieusement avec l'état de la ville de Jéricho, encerclée par les Hébreux (je reviendrai plus loin sur ce contraste). Le nom de "Rahab" n'est probablement pas un nom cananéen mais égyptien, car il désigne bien, dans d'autres textes de l'Ecriture, le pays des Pharaons. Le Psaume 89 fait mention de l'Egypte sous le nom de "rahab" dans le texte hébreu (verset 11). De même, le prophète Esaïe utilise ce vocable (Esaïe 51:9). Un autre Psaume présente, à ce sujet, un intérêt particulier : "Je proclame l'Egypte (Rahab) et Babylone parmi ceux qui me connaissent. Voici le pays des Philistins, Tyr avec l'Ethiopie, c'est dans Sion qu'ils sont nés" (Psaume 87:4). Ce texte dit littéralement : "Je proclame Rahab parmi ceux qui me connaissent". Or, les éclaireurs reçurent, de la bouche de Rahab, ce témoignage : "L’Éternel, je le sais, vous a donné le pays, la terreur que vous inspirez nous a saisis, et tous les habitants du pays tremblent devant vous. Car nous avons appris comment, à votre sortie d'Egypte, l’Éternel a mis à sec devant vous les eaux de la Mer rouge, et comment vous avez traité les deux rois des Amoréens au delà du Jourdain… nous l'avons appris et nous avons perdu courage et tous nos esprits sont abattus à votre sujet, car c'est l’Éternel, votre Dieu, qui est Dieu en haut dans les cieux et en bas sur la terre" (Josué 2:9 à 11). Cette cananéenne (peut-être d'origine égyptienne) connaissait le Dieu des cieux et elle lui rendit témoignage. D'où son attitude bienveillante à l'égard de ces éclaireurs hébreux. Elle fait partie de ces Justes parmi les nations. Elle est comptée parmi "Ceux qui (le) connaissent". De ceux-là, Dieu dit que "C'est dans Sion qu'ils sont nés"

Ces éclaireurs apprirent ainsi, de la bouche de cette cananéenne, que la réputation des Hébreux les avait précédés, terrifiant les populations autochtones. Darby traduit : "Je sais que… la terreur de votre nom est tombée sur nous et que tous les habitants du pays se fondent devant vous… nous l'avons entendu et notre cœur s'est fondu, et le courage d'aucun homme ne se soutient plus devant vous, car l’Éternel, votre Dieu est Dieu dans les cieux en haut, et sur la terre, en bas". Les peuples cananéens n'étaient pas tant effrayés par les Hébreux eux-mêmes que par le Dieu de ceux-ci, le Dieu des Cieux qui les accompagnait et les conduisait à la victoire. C'était le septième jour du mois de Nisan. Sept jours avant la fête de Pessah (Pâque). Trois jours plus tard, le peuple se mit en route. Ils quittèrent Sittim (Josué 2:1) et marchèrent en direction du Jourdain. Le miracle de la Mer Rouge allait se produire à nouveau. 

La traversée du Jourdain  

"Josué dit au peuple : Sanctifiez-vous car demain l’Éternel fera des prodiges au milieu de vous. Et Josué dit aux sacrificateurs : Portez l'arche de l'alliance, et passez devant le peuple. Ils portèrent l'arche de l'alliance et ils marchèrent devant le peuple. L'Eternel dit à Josué : aujourd'hui, je commencerai à t'élever aux yeux de tout Israël afin qu'ils sachent que je serai avec toi comme j'ai été avec Moïse. Tu donneras cet ordre aux sacrificateurs qui portent l'arche de l'alliance : Lorsque vous arriverez au bord des eaux du Jourdain, vous vous arrêterez dans le Jourdain… et dès que les sacrificateurs qui portent l'arche de l'alliance de l’Éternel, le Seigneur de toute la terre, poseront la plante de leurs pieds dans les eaux du Jourdain, les eaux du Jourdain seront coupées, les eaux qui descendent d'en haut, et elles s'arrêteront en un monceau… quand les sacrificateurs qui portaient l'arche furent arrivés au Jourdain, et que leurs pieds se furent mouillés au bord de l'eau - le Jourdain regorge par dessus toutes ses rives tout le temps de la moisson - les eaux qui descendent d'en haut s'arrêtèrent et s'élevèrent en un monceau, à une très grande distance… le peuple passa vis-à-vis de Jéricho. Les sacrificateurs qui portaient l'arche de l'alliance de l’Éternel s'arrêtèrent de pied ferme sur le sec, au milieu du Jourdain pendant que tout Israël passait à sec, jusqu'à ce que toute la nation eût achevé de passer le Jourdain" (Josué 3:5 à 17). 

Les sacrificateurs qui portaient l'arche de l'alliance demeurèrent là, dans le lit du Jourdain miraculeusement asséché, jusqu'à ce que tout le peuple ait traversé. Ensuite, Josué ordonna que l'on prélève douze pierres, une pierre par tribu d'Israël, dans le lit de la rivière. Ces douze pierres furent posées en un tumulus en guise de mémorial. Les guerriers des tribus de Ruben, Gad et Manassé, qui avaient déjà établi leurs camps à l'Est du Jourdain, passèrent également (Josué 4:12). Les douze tribus étaient donc présentes. Personne ne pourrait désormais leur reprocher, dans l'avenir, de ne pas avoir pris part à la conquête du pays (Josué 4:12, 13). Ce mémorial de douze pierres en était le témoignage. Josué ordonna ensuite aux sacrificateurs qui portaient l'arche de l'alliance de sortir du lit du Jourdain. A peine étaient-ils sortis du lit du Jourdain asséché que les eaux de celui-ci fondirent à nouveau, recouvrant le lieu où ils se tenaient un instant auparavant (Josué 4:15 à 18). Il ne restait désormais plus que cet amas de pierres pour témoigner du miracle qui venait de se produire ce jour (Josué 4:1 à 9). C'était le dixième jour du mois de Nisan, quatre jours avant la date anniversaire de la sortie d'Egypte, quarante années auparavant (Josué 4:19). Le dixième jour du mois de Nisan (le premier mois de l'année religieuse) est un jour particulier. C'est à cette date que l'agneau pascal était choisi pour le repas de Pâque (Exode 12:2 à 6). C'est également à cette date du 10 Nisan que, plusieurs siècles plus tard, alors que le peuple hébreu est exilé en Babylonie, le prophète Ezéchiel recevra la révélation et la vision du Temple décrit à la fin de son livre (Ezéchiel 40:1). 
 


Des hommes courageux 

La présence de l'arche de l'alliance dans le lit du Jourdain asséché, alors que tout le peuple venait de passer sur l'autre rive devait être un spectacle saisissant. Tout le monde était passé mais les sacrificateurs portant l'arche étaient toujours là, immobiles, dans le lit du Jourdain. Il faut se rappeler ce que dit le texte plus haut : "le Jourdain regorge par dessus toutes ses rives tout le temps de la moisson". Les eaux pouvaient, à tout moment, surgir en flots impétueux. Mais "l’Éternel dit à Josué : Ordonne aux sacrificateurs qui portent l'arche du témoignage de sortir du Jourdain. Et Josué donna cet ordre aux sacrificateurs : Sortez du Jourdain. Lorsque les sacrificateurs qui portaient l'arche de l’alliance de l’Éternel furent sortis du milieu du Jourdain et que la plante de leurs pieds se posa sur le sec, les eaux du Jourdain retournèrent à leur place et se répandirent comme auparavant sur tous ses bords" (Josué 4:15 à 18). Les eaux ne s'étaient ouvertes que lorsque les sacrificateurs qui portaient l'arche avaient mis les pieds dans l'eau. Elles ne revinrent que lorsque les mêmes sacrificateurs eurent posés leurs pieds sur le sec de la rive. Ces mêmes sacrificateurs allaient porter l'arche de l'alliance et faire le tour des remparts de Jéricho pendant sept jours avant de voir ceux-ci s’effondrer. La foi et le courage dont ils firent preuve pour traverser le Jourdain et y demeurer jusqu'à ce que Dieu leur ordonne, par la bouche de Josué, d'en sortir, allaient également se manifester lors du siège de Jéricho. En réalité, ces deux événements sont étroitement liés. Lorsque les Hébreux marchaient tout autour des murailles, ils pouvaient voir l'arche de l'alliance portée par ces mêmes sacrificateurs qui s'étaient tenus dans le lit asséché du Jourdain pendant qu'ils traversaient et passaient sur l'autre rive. Le rôle joué par ces sacrificateurs, dans la conquête de Canaan, est indéniable. Leur courage et leur obéissance étaient comme une bannière flottant au vent. Cette même bannière de la tribu de Lévi qui arborait, comme symbole, douze pierres précieuses. Douze pierres qui rappelait au peuple hébreu les douze pierres qui avaient été prélevées dans le lit asséché du Jourdain. Le récit de ce nouveau miracle ne manquerait pas de se répandre dans les cités cananéennes. 

Cette nouvelle parvint en effet rapidement aux oreilles de tous les habitants de la contrée. "Lorsque tous les rois des Amoréens à l'occident du Jourdain et tous les rois des Cananéens près de la mer apprirent que l’Éternel avait mit à sec les eaux du Jourdain devant les enfants d'Israël jusqu'à ce que nous eussions passé, ils perdirent courage et furent consternés à l'aspect des enfants d'Israël" (Josué 5:1). La conquête de la ville de Jéricho s'inscrivit dans ce contexte particulier. Avant même que les Hébreux n'aient atteint les rives du Jourdain, les habitants de Jéricho, comme tous les habitants de Canaan, avaient eut vent de la délivrance que leur Dieu leur avait apportée lorsque ceux-ci échappèrent aux Égyptiens en traversant la Mer Rouge à sec. Maintenant, ils venaient de traverser le Jourdain de la même façon, à une époque où son niveau est le plus élevé. Le miracle dont ils avaient entendu le récit venait de se produire à nouveau. Ces événements se devaient de passer à la postérité. Ainsi, il est écrit : "Josué dressa à Guilgal les douze pierres qu'il avait prises du Jourdain. Il dit aux enfants d'Israël : Lorsque vos enfants demanderont un jour à leurs pères : que signifient ces pierres ? Vous en instruirez vos enfants et vous direz : Israël a passé ce Jourdain à sec. Car l'Eternel votre Dieu a mis à sec devant vous les eaux du Jourdain jusqu'à ce que vous eussiez passé comme l'Eternel, votre Dieu, l'avait fait à la mer rouge, qu'il mit à sec devant nous jusqu'à ce que nous eussions passé, afin que tous les peuples de la terre sachent que la main de l'Eternel est puissante et afin que vous ayez toujours la crainte de l'Eternel votre Dieu" (Josué 4:20 à 24). Lorsque les Amoréens et les Cananéens apprirent comment les Hébreux avaient traversé le Jourdain, "leur cœur se fondit, et il n'y eut plus de courage en eux à cause des fils d'Israël" (Josué 5:1, Darby). Si les nations cananéennes craignaient les Hébreux, ceux-ci craignaient leur Dieu, le Dieu d'Israël. "Afin que les peuples de la terre sachent que la main de l'Eternel est puissante et afin que vous ayez toujours la crainte de l'Eternel, votre Dieu" (Josué 4:24). Cette conquête revêtait étrangement un aspect de guerre psychologique. 

Circoncis avec des couteaux de pierre

Une des étapes importantes précédant la prise de Jéricho fut la circoncision de tous les mâles hébreux. En effet, les hommes nés dans le désert n'avaient pas été circoncis. La circoncision était la marque par laquelle tout hébreu se reconnaissait comme "fils d'Abraham". La terre dont ils s'apprêtaient à prendre possession avait été promise au Patriarche bien des siècles plus tôt. Cependant, le texte surprend par la façon dont il change brusquement de sujet. Le premier verset du chapitre 5 parle des Cananéens qui perdirent courage face aux fils d'Israël. Le deuxième verset introduit, sans transition l'ordre divin de faire circoncire ceux-ci. "En ce temps-là, l'Eternel dit à Josué : Fais-toi des couteaux de pierre et circoncis encore une fois les fils d'Israël" (Josué 5:2). Quel rapport y a-t-il entre la crainte des Cananéens et la circoncision des Hébreux ? Et pourquoi Dieu recommande-t-il à Josué de faire des "couteaux de pierre" ? Dans le texte hébreu, le mot "pierre" se dit "tsuwrîm" (au pluriel). Le mot "tsuwr" (au singulier) désigne un rocher, mais il désigne également la Personne de Dieu en tant Rocher protecteur (Deutéronome 32:4) : "Il est le rocher (tsuwr), ses œuvres sont parfaites car toutes ses voies sont justes". Ainsi, même si l'ordre de faire circoncire le peuple semble inapproprié à la veille d'un siège, la volonté de Dieu manifeste toujours la perfection de ses œuvres et la justesse de ses voies.  Mais "tsuwr" a également une autre signification. Il peut être traduit par : "assiéger, confiner, cerner, entourer, enfermer, montrer de l'hostilité, adversaire, traiter en ennemi". Il est généralement traduit par : "assiéger, mettre le siège, attaquer, prendre les armes, entourer, fermer, cerner, adversaire, ennemi". Le rapport entre les versets 1 et 2 devient tout de suite beaucoup plus clair. Particulièrement lorsqu'on lit le verset 1 du sixième chapitre. "Et Jéricho était fermée et avait barré ses portes devant les fils d'Israël. Personne ne sortait et personne n'entrait" (Josué 6:1). 

Il me faut ici revenir un instant sur Rahab, l'hôtesse des éclaireurs hébreux, et sur la signification de son nom. Le fait que, comme je l'ai dit, le mot "rahab" désigne le pays d'Egypte fait étrangement écho à cet événement que fut la traversée miraculeuse du Jourdain, rappelant aux Cananéens que ces mêmes Hébreux avaient également traversé la Mer Rouge de façon non moins miraculeuse après être sortis d'Egypte. Mais le mot "rachab" qui lui est associé signifie également "étendue, spacieux, large, sans limite". Une signification qui contraste fortement avec l'état de la ville de Jéricho assiégée par le "Tsuwr", le "Rocher protecteur d'Israël". Ainsi, la circoncision du peuple d'Israël trouve un écho à l'intérieur des murs de la ville assiégée. Dans l'une des maisons adjacentes à ses murailles se trouve une femme dont le cœur est déjà circoncis (Jérémie 4:4). Notion dont l'apôtre Paul se fera, plus tard, l'écho (Romains 2:29)

"Et Josué se fit des couteaux de pierre et circoncit les fils d'Israël à la colline d'Ha'araloth" (Josué 5:3). On traduit pudiquement "ha'araloth" par "circoncision", mais la signification de ce mot (pluriel) est "prépuces". "Guib'at ha'araloth", c'est la "colline des prépuces". Il y a ici, comme à bien d'autres endroits dans le texte biblique, un jeu de mots. En effet, le lieu où s'est déroulé cette circoncision de masse a été appelé "colline des prépuces" en souvenir de ce jour durant lequel les mâles incirconcis durent subir cette petite ablation. Mais ce lieu porte également ce nom en raison des nombreux israélites qui durent subir cette ablation (ils devaient être plusieurs milliers). D'où la référence imagée à une "colline des prépuces".

D'autre part, les Hébreux campèrent en un lieu qui fut appelé "Guilgal" (ce qui signifie "rouler" et s'écrit, en hébreu, avec les lettres "Gimel, lamed, gimel, lamed") parce que, dit le texte : "L'Eternel dit à Josué : J'ai roulé (galal) de dessus vous l'opprobre de l'Egypte" (Josué 5:9). "Galal" s'écrivant "Gimel, lamed, lamed). Le texte dit ensuite qu'ils "célébrèrent la Pâque le quatorzième jour du mois, sur le soir, dans les plaines de Jéricho" (Josué 5:10, 11). Toutes ces étapes furent les prémices de la victoire. La traversée du Jourdain à pied sec, la circoncision, la célébration de la Pâque dans la plaine de Jéricho, et la cessation de la manne (5:12), de cette manne qui avait nourri tout un peuple pendant les quarante années de pérégrinations dans le désert. Toutes ces étapes étaient nécessaires pour préparer le peuple hébreu à la conquête du pays promis. Si le peuple hébreu se tenait à ses portes, Jéricho en était le verrou. Ce verrou allait bientôt sauter, et les portes du pays promis allaient alors s'ouvrir devant eux. 

La stratégie d'un chef de guerre

"Comme Josué était près de Jéricho, il leva les yeux…" (Josué 5:13). Cet homme qui "se tenait debout devant lui" devait donc se trouver en hauteur par rapport à Josué. Peut-être sur un rocher qui le surplombait. Cette rencontre avec "le chef de l'armée de l'Eternel" laissait supposer que la bataille qui s'annonçait ne se déroulerait pas seulement aux pieds des murs de la ville, mais également dans les lieux célestes. "Le chef de l'armée de l'Eternel dit à Josué : Ôte tes souliers de tes pieds car le lieu sur lequel tu te tiens est saint, et Josué fit ainsi" (5:15). Cet épisode n'est pas sans rappeler la rencontre de Moïse avec Dieu où le Seigneur lui demande d'ôter les souliers de ses pieds (Exode 3:5). Après que Moïse fut mort, "Dieu dit à Josué fils ce Nun, serviteur de Moïse : Moïse, mon serviteur, est mort; maintenant lève-toi, passe ce Jourdain, toi et tout le peuple, pour entrer dans le pays que je donne aux enfants d'Israël. Tout lieu que foulera la plante de votre pied, je vous le donne, comme je l'ai dit à Moïse… je serai avec toi comme j'ai été avec Moïse" (Exode 1:2 à 5). Le dialogue entre Josué et celui que l'on identifie généralement comme étant "l'Ange de l'Eternel" se poursuit au chapitre 6. "L’Éternel dit à Josué" (Josué 6:1 à 5). 
 


"Comme Josué était près de Jéricho, il leva les yeux". En bon chef de guerre, Josué s'était approché de la ville afin d'élaborer un plan de bataille, mais "il leva les yeux". C'est alors que le chef de l'armée de l'Eternel va lui donner toute une stratégie pour conquérir la ville. C'est une véritable "guerre psychologique" que va pratiquer le peuple d'Israël. La population, à l'intérieur de Jéricho, est terrifiée (Josué 2:11). La terreur n'en sera que plus accentuée encore par cet étrange manège auquel vont se livrer les Hébreux pendant sept longues journées. Le septième jour sera le jour de la victoire.

J'en reviens ici à cet épisode de la circoncision des hommes du peuple hébreu à Guib'at ha araloth. Je m'étais posé les questions suivantes : "Quel rapport y a-t-il entre la crainte des Cananéens et la circoncision des Hébreux ?" et "Pourquoi avec des couteaux de pierre ?". La réponse était dans la double signification du mot "tsuwr". Ce mot désigne effectivement une pierre, un rocher, mais il désigne également une action. Celle "d'assiéger, de confiner, de cerner, d'entourer, d'enfermer, de montrer de l'hostilité, de traiter en ennemi, en adversaire". J'avais également souligné le fait que ce mot est généralement traduit par : "assiéger, mettre le siège, attaquer, prendre les armes, entourer, fermer, cerner". C'est exactement ce que firent les enfants d'Israël : ils cernèrent, entourèrent la ville par une procession qui devait sembler d'autant plus redoutable qu'elle était totalement silencieuse. "Josué avait donné cet ordre au peuple : vous ne crierez pas, vous ne ferez pas entendre votre voix et il ne sortira pas un mot de votre bouche jusqu'au jour ou je vous dirai : poussez des cris…" (Josué 6:10). Se pourrait-il que ce "cri" corresponde à celui que pousse l'enfant lorsqu'il est circoncis ?

Des trompettes et des cors

La lecture de ce récit de la prise de la ville de Jéricho peut paraître relativement simple au lecteur non averti, mais si l'on s'approche du texte hébraïque, on se rend vite compte de sa complexité. Le texte mentionne deux sortes d'instruments. Les trompes (shofarot) et les cornes (keren). Le mot "trompette" est, en réalité, inapproprié dans ce contexte. En effet, la trompette est un instrument métallique de fabrication humaine. Le shofar, comme le keren, est une corne de bélier. C'est un objet spécifique dont la forme, tout comme le son produit, n'est semblable à aucun autre. Ce ne sont donc pas des "instruments de musique" à proprement parler. Leur fonction n'a rien de musical. Leur utilisation requiert cependant un savoir-faire qui n'est pas aisé à acquérir. "Et sept prêtres (cohanim) porteront sept trompes de béliers (shofarot ha yobelim) devant le coffre et au jour le septième vous tournerez autour de la ville sept fois et les prêtres (cohanim) souffleront (yitqeou) dans les trompes (shofarot)" (Josué 6:4).

"Yitqeou (taqa)" signifie "souffler, frapper, sonner, enfoncer, donner un coup, s'engager". Il ne s'agit donc plus ici simplement de "souffler dans une trompette" à la Louis Armstrong, mais d'opérer un geste guerrier offensif. Or, ce geste n'est pas opéré par les guerriers mais bien par les prêtres. 

"Et il sera quand on sonnera dans la corne de bélier (keren ha yobel) quand vous entendrez la voix de la trompe (kol ha shofar) ils pousseront une clameur tout le peuple une clameur grande et tombera le rempart…" (verset 5). Le texte ne fait plus ici mention du shofar, la grande corne de bélier torsadée, mais d'un cor (keren), un instrument plus petit en forme de demi-lune. Le mot "Keren", au figuré, représente la force d'un homme. Il peut également désigner le récipient dans lequel on met de l'huile (pour opérer une onction par exemple). Dans ce cas, le Keren pourrait symboliser l'onction qui repose sur l'action entreprise. La stratégie de siège ayant été commanditée par Dieu lui-même, on ne peut douter que l'onction de son Esprit n'ait été sur cette action. Par contre, cela apporte encore un élément supplémentaire dans la compréhension de ce texte. L'utilisation de cet instrument symbolise l'onction divine reposant sur la façon de procéder des Hébreux. 

"Et il sera quand on sonnera (mashak) dans la corne de bélier" (verset 5). "Mashak" signifie "tirer, saisir, entraîner, tirer à l'arc, avancer, marcher, produire un son". L'effet produit est psychologique. Il est destiné à effrayer l'adversaire. Cette méthode est utilisée depuis toujours par les belligérants avant la confrontation. Elle crée un effet de peur paralysante. Des rythmes saccadés, des épées frappées en rythme sur les boucliers, des bruits sourds, des chants, ou le son des instruments peuvent produire cet effet. "Mashak" est généralement traduit par : "se porter en avant, suivre une voie, prolonger une action, livrer (à quelqu'un), différer, délai". Ce délai dura six jours. La ville allait tomber, mais ses murailles ne devaient s'effondrer qu'au temps fixé, c'est pourquoi il était nécessaire, pour les Hébreux, de "prolonger l'action". Après quoi, la ville fut "livrée" à ses assaillants. Ils soufflèrent donc dans les cornes de bélier pendant un temps prolongé, tout en marchant. Il leur avait été commandé : "Vous tournerez autour (sabab) de la ville" (verset 3). "Sabab" signifie "tourner, encercler, changer de direction, de côté et en arrière". On peut imaginer une attitude physique qui feindrait de se porter vers les remparts. Comme un mouvement d'élan retenu. Comme s'ils allaient se porter à l'assaut, puis se retirerait pour reproduire le mouvement. Ceux qui ont vu le film "Zoulou" comprendront de quoi je parle. Cependant, tous gardaient le silence. Seul résonnait le son des sept shofarot portés par sept sacrificateurs. Le son guttural du shofar a quelque chose d'impressionnant. Multiplié par le nombre d'instruments (sept en tout), et ce tout autour de la ville, cela a de quoi faire frémir les habitants qui devaient se trouver décontenancés par une telle méthode de siège. De plus, comme l'avait mentionné Rahab aux explorateurs, les habitants de la région étaient déjà terrifiés avant même que n'arrivent les Hébreux en Canaan. Ainsi, si le mot "mashak" signifie, entre autres, "délai", la chute des remparts était, elle, imminente. Dans un autre contexte, Dieu dira par la bouche du prophète Ezéchiel : "Il n'y aura plus de délai (mashak) dans l'accomplissement de mes paroles. La parole que je prononcerai s'accomplira" (Ezéchiel 12:28).

Le chef de l'armée de Dieu avait dit à Josué : "et tombera le rempart de la ville à sa place" (verset 5) et c'est ce qui s'est produit (verset 20). Durant six jours consécutifs, les habitants de Jéricho ont vu défiler devant leurs murailles, les "quarante mille hommes de guerre" (Josué 4:13) de l'armée de Josué. Le septième jour, le peuple devait pousser de grands cris (Josué 6:5). Cela faisait partie de la stratégie élaborée selon les directives divines. Les assiégés, eux, n'étaient bien évidemment pas au courant de celle-ci. Le manège répété des Hébreux, chaque jour, autour de leurs murailles, ne pouvait que les laisser dubitatifs. Ils étaient loin de s'attendre à ce qui allait suivre. "Quand vous entendrez la voix de la trompe (kol ha shofar), ils pousseront une clameur (yiariou) tout le peuple une clameur (terouah) grande" (verset 5). Si leur réputation les avait précédé, leur méthode de siège n'en était que plus déroutante. La victoire finale serait, elle, hors du commun. 
 


Au temps des moissons 

Le texte de Josué nous donne également des indications quant à la période à laquelle s'est produite la prise de la ville. En effet, les espions furent cachés sur le toit de la maison, "sous des tiges de lin qu'elle (Rahab) avait arrangées sur le toit" (Josué 2:6), probablement pour les faire sécher. La récolte du lin se fait au mois d'Adar (Janvier / Février), à la fin de l'hiver. Mois qui précède le mois de Nisan (Mars / Avril), premier mois de l'année religieuse, durant lequel se déroule la fête de Pessah, qui célèbre la sortie d'Egypte. Ainsi, c'est au mois de Nisan, "le premier mois" (Josué 4:19), que le peuple hébreu franchit le Jourdain. "Ils célébrèrent la Pâque le quatorzième jour du mois, sur le soir, dans les plaines de Jéricho" (Josué 5:10). Le texte dit qu'ils "mangèrent du blé du pays" (Josué 5:10). Le mois de Nisan correspond plutôt à la moisson de l'orge, celle du blé étant plus tardive, au mois d'Iyyar. Cependant, le mot "abuwr" (traduit par "blé") signifie "ce qui est produit, fourni". Il peut également se traduire par "parce que, à cause de, en mémoire de". La manne cessa le jour même où Israël franchit le Jourdain. Il leur fallait donc subvenir à leurs besoins en nourriture d'une autre façon. Les cultures céréalières allaient donc y pourvoir. "Ils mangèrent des produits du pays de Canaan cette année-là" (Josué 5:12). Mais si les Hébreux purent célébrer Pâque avec du pain sans levain, c'était "parce que" la terre de Canaan le leur avait "fourni". Et cette fête fut célébrée "en mémoire" de la sortie d'Egypte, quarante années auparavant. Une nouvelle page d'histoire venait de se tourner. 

La maison de Rahab 

Le texte biblique nous dit que la maison de Rahab se situait "sur la muraille de la ville" (Josué 2:15). Or, ces murailles se sont écroulées, nous dit également le texte (Josué 6:20). Les recommandations faites à Rahab par les deux espions de réunir sa famille dans sa maison pour y être en sécurité, auraient pu s'avérer de bien mauvais conseils au vu de ce qui allait se produire. Mais cela, les éclaireurs l'ignoraient encore. Cependant, Rahab et sa famille furent épargnées et sa maison sur la muraille demeura intacte. Josué, à qui les envoyés avaient parlé de Rahab, ordonna que celle-ci, ainsi que sa famille, soient épargnées (Josué 6:17, 22, 23). Il semblerait donc que cette portion de muraille demeura en état. Entre 1907 et 1909, une équipe d'archéologues allemands, sous la conduite de Carl Watsinger et Ernst Sellin, entreprit des fouilles sur le site de Jéricho et fit une découverte importante. Ils découvrirent qu'une partie de la muraille ne s'était pas effondrée mais était demeurée debout. Cette portion de muraille faisait plus de deux mètres de haut. Sa hauteur devait être autrefois d'environ quatre à six mètres. Les maisons qui y étaient adossées étaient également intactes. Les fouilles ont révélé que ces maisons se trouvaient entre les deux murs d'enceinte, à l'intérieur même de la muraille. Le mur arrière de l'une de ces maisons, doté d'une fenêtre, put fournir aux espions un accès direct à l'extérieur de la ville. Cette portion du mur d'enceinte était située au Nord de la ville. Ce détail est d'importance car il confirme d'autant plus le récit biblique. L'orientation de cette portion de muraille, où se trouvait la maison de Rahab, permit aux explorateurs de rejoindre rapidement les montagnes où ils purent se cacher durant les trois jours pendant lesquels durèrent les recherches (Josué 2:16, 22). 
 


S'il faut considérer l'aspect miraculeux de la chute des murailles, il n'est pas non plus inenvisageable d'y voir la conséquence d'un fort tremblement de terre. La découverte d'amas de pierres et de briques aux pieds des murailles confirment son effondrement. Une couche de cendre de près d'un mètre d'épaisseur à certains endroits laisse supposer la présence d'un incendie d'origine humaine (Josué 6:24). La brièveté du siège (sept jours) est attestée par la découverte, sur le site, de jarres remplies de céréales. Les assiégés n'eurent donc pas le temps d'épuiser leurs réserves de nourriture. Le texte nous dit que les espions firent sortir Rahab et sa famille de sa maison (Josué 6:23) pour les conduire en lieu sûr, au milieu du camp. Ensuite, les Hébreux brûlèrent la ville (Josué 6:24). L'évangéliste Matthieu nous apprend que Rahab, la prostituée de Jéricho, épousa un certain Salmon qui ne fut autre que le père de Boaz, futur mari de Ruth, de qui provient toute la généalogie davidique (Matthieu 1:5). Ainsi le père de Rahab (Josué 2:13 / 6:17, 22, 25) fut l'un des ancêtres du roi David et de toute sa descendance. D'une certaine façon, et dans cette perspective, on peut parler de "la maison de Rahab"

Mur du son ou mur de silence

Paul dira : "Nous ne combattons pas selon la chair car les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles mais elles sont puissantes, par la vertu de Dieu, pour renverser des forteresses. Nous renversons les raisonnements et toute hauteur qui s'élève contre la connaissance de Dieu" (2 Corinthiens 10:3 à 5). Le combat contre Jéricho obéissait à une stratégie d'inspiration divine. Seule celle-ci pouvait venir à bout des remparts de la ville. Mais cette victoire requérait une obéissance sans faille. Combien de "villes fortifiées", de "forteresses" ne se dressent-elles pas en nous, dans notre for intérieur ? Mais est-ce là tout ce que ce texte aurait à nous dire ? 

Après avoir abordé le texte de façon classique par une exégèse contextuelle, on peut s'interroger : en quoi cela me concerne-t-il ? Outre le fait qu'un miracle semble s'être produit, qu'est-ce que ce texte a à me dire, à moi, aujourd'hui ? Interprétation ou interprète à Sion ? Pour répondre à cette question, il nous faut nous détacher des exigences exégétiques pour relire le texte autrement. Comme le dirait la rabbine Delphine Horvileur : "Pour réinterpréter le texte, pour écouter ce que le texte aurait encore à nous dire, ce qu'il n'a pas encore dit". Mais de quoi parle-t-il, ce récit ? Et si on le transposait à la vie de couple ? Il nous parlerait alors  de murs dressés entre des individus. D'un long silence suivi de cris. A une forme d'incommunicabilité qui se serait murée dans le mutisme. Un de ces murs d'incompréhension qui isolerait celui ou celle qui se serait réfugié(e) derrière celui-ci dans la crainte de l'Autre, dont la réputation l'aurait plongé(e) dans la crainte. Et une semaine durant (le temps du siège de Jéricho), celui qui se voit exclu de cette enceinte protectrice "tourne autour" du problème, cherchant à le résoudre tout en s'astreignant au silence. Elaborant une stratégie qui lui permettra de faire une brèche pour atteindre l'autre dans son retranchement. Cet autre qui se voit replié dans son isolement forcé, dans son incapacité à communiquer. Puis, survient le son grave du shofar. Un intermédiaire au silence, comme un palliatif. Ce pourrait être le son de la vaisselle qui se brise ou le son de la chaîne hi-fi. Là où les mots n'ont pas de place, le bruit vient remplir ce vide en forme de silence. Ce manque de parole. Et si c'était la femme, l'enfant, qui, craignant la colère, la vindicte, la violence d'un parent, d'un mari, d'un compagnon, se murait dans le silence pour ne pas le provoquer ? Pour ne pas attiser le feu destructeur ? Et si ces murs étaient ceux d'une chambre où il (elle) s'est réfugié(e), de peur de se voir infliger un châtiment promis qui l'a laissé(e) plus terrifié(e) encore ? 

Rahab la prostituée, tout comme les autres citadins, avait entendu parler des Hébreux et tous les craignaient. Mais elle accueillit cependant ces espions chez elle, dans sa maison. Au sein même de ces murs clos, une porte s'est ouverte sur l'espoir. Dans une maison située au cœur même des remparts. Là où se dressent ces murs d'isolement, il y a un lieu où le dialogue reste ouvert, où les mots sont entendus, où les promesses faites sont tenues et respectées. Un lieu où règne encore la chaleur humaine. Où le dialogue avec l'autre est possible dans le respect mutuel. Rahab est prête à braver l'interdit, à aller à l'encontre du pouvoir institutionnel pour protéger cet échange qui se mue en espoir. 

Delphine Horvileur souligne le fait qu'il existe une similitude entre les mots "mutisme" et "violence". Pour illustrer cette dualité, la rabbine donne l'exemple d'une particularité du récit du meurtre d'Abel par son frère Caïn. La plupart des versions du texte biblique rendent : "Caïn parla à Abel son frère, mais comme ils étaient dans les champs, Caïn se jeta sur son frère Abel et le tua" (Genèse 4:8). Mais, souligne-t-elle, le texte hébreu dit : "Wayomer qa'yin el evel ahiw" ("Et DIT Caïn à son frère Abel"). Le texte semble amputé de quelque chose. Les mots prononcés par Caïn n'ont pas été reproduits. Mais Caïn a-t-il dit quelque chose ? En a-t-il eu l'occasion ? S'est-il fait interrompre ? On ne le saura jamais. "Un frère offensé est plus difficile à gagner qu'une ville forte et les querelles sont les verrous d'un palais" (Proverbes 18:19). Ce non-dit aurait-il pu empêcher l'irrémédiable ? Toujours est-il que le texte présente ainsi une faute syntaxique que les traductions contournent en disant : "Caïn parla à son frère". Mais ce n'est pas ce que dit le texte. Dans cette rencontre, les mots ont manqué, tout comme ils manquent dans le texte. Abel aurait-il empêché son frère de s'exprimer ? La violence est le dernier mot que l'on prononce quand on ne sait plus dire les choses. Ne parle-t-on pas de "faire taire" quelqu'un lorsque l'on projette de l'assassiner pour qu'il ne puisse "parler", et ne révèle un quelconque secret ? La violence et le meurtre se pratiquent également pour un "mot de travers" ou un "mot de trop". Parole et silence peuvent engendrer la violence. Dans un cas comme dans l'autre, des murs d'incommunicabilité ont été dressés et amputent le dialogue de son pouvoir conciliateur. Peut-être faut-il justement une action souveraine de Dieu pour que, tout à nouveau, le dialogue puisse être enfin rétabli. Pour que l'on retrouve à nouveau l'usage des mots. Pour abattre les murs d'incommunicabilité. Pour qu'il n'y ait plus, à l'instar du récit de Caïn et d'Abel, de "mots manquants".  

JiDé
 

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :