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Les cent quarante-quatre mille de l'Apocalypse

Les cent quarante-quatre mille de l'Apocalypse

Le livre de l'Apocalypse fait mention de "cent quarante-quatre mille personnes" marquées d'un sceau, et provenant "de toutes les tribus d'Israël". Il nous est dit que ces "rachetés de la terre… chantaient un cantique nouveau que personne ne pouvait apprendre". Ils étaient avec l'Agneau et avaient "son nom et le nom de son Père écrits sur leur front" (Apocalypse 7:4 - Apocalypse 14:1, 3). Mais qui sont ces cent quarante-quatre mille dont nous parle l'Ecriture ? Sont-ils effectivement issus des douze tribus du peuple d'Israël ? Faut-il prendre ces nombres dans le sens littéral, ou ceux-ci ont-ils un sens symbolique ? Et si c'est le cas, que peuvent-ils signifier ? Cette foule n'est-elle composée que d'hommes ou y trouve-t-on également des femmes ? Et pourquoi les tribus de Dan et d'Ephraïm ne sont-elles pas mentionnées ? Pour tenter de répondre à ces questions, il nous faut nous plonger dans ce passé à la fois si lointain et si proche de nous, époque à laquelle vivait l'apôtre Jean, le disciple de Jésus. 

Symbolique ou littéral

De nombreuses interprétations ont été données à ces textes. Cependant, si le livre de l'Apocalypse revêt effectivement un fort aspect symbolique, on ne peut cependant négliger une interprétation littérale lorsque cela s'avère possible. Pour comprendre le texte biblique, il est indispensable de se positionner avant tout du point de vue de l'auteur. Bien que le livre de l'Apocalypse soit avant tout un livre prophétique, il est cependant nécessaire de tenir compte du contexte historique dans lequel évoluait son rédacteur pour bien en comprendre le sens. Pour ce faire, il s'avère nécessaire de chercher à comprendre ce que les éléments qui sont fournis par le texte pouvaient signifier pour lui. Il nous faut, pour cela, nous approcher au plus près de la pensée de celui-ci. Il est également indispensable de tenir compte du contexte dans lequel le livre a été rédigé, de ce que voulait dire l'auteur, des diverses formes littéraires utilisées dans ce texte. Ces critères sont déterminants pour interpréter correctement le texte qui est lu et étudié. Ne pas tenir compte de ces règles élémentaires d'exégèse pourrait être fort préjudiciable à sa compréhension et par cela au texte lui-même et ce, au risque de lui faire dire ce qu'il ne dit pas. 

Cependant, après avoir cherché à comprendre la pensée de l'auteur, il est tout à fait envisageable de faire un parallèle avec l'époque dans laquelle nous vivons aujourd'hui. Pour pouvoir comparer ce texte (un texte prophétique s'inscrit toujours dans un contexte historique avec une portée eschatologique) avec d'éventuels événements qui nous seraient contemporains, il nous faut impérativement garder en mémoire le sens littéral, mais aussi tenir compte du contexte historique et géographique dans lequel ces textes ont été rédigés. Ainsi, l'apôtre Pierre dit encore : "Les prophètes qui ont prophétisé… ont fait de ce salut l'objet de leurs recherches et de leurs investigations" (1 Pierre 1:10). C'est en effet un aspect du prophétique biblique qui est souvent occulté. Le véritable ministère prophétique consiste aussi en études des textes, en "recherches" et en "investigations". Cela devrait être la position de tout étudiant du texte biblique. Au siècle dernier, d'autres recherches, celles de rabbins et de diverses autorités israéliennes, ont permis de faire une nouvelle découverte, et non des moindres, qui devait apporter, aux lecteurs des Ecritures, un élément de poids pour une compréhension nouvelle des textes sacrés : celle des "dix tribus perdues".

Les tribus perdues 

"Et j'entendis le nombre de ceux qui avaient été marqués du sceau, cent quarante-quatre mille de toutes les tribus d'Israël. De la tribu de Juda, douze mille marqués du sceau, de la tribu de Ruben, douze mille, de la tribu de Gad, douze mille, de la tribu d'Aser, douze mille, de la tribu de Nephtali, douze mille, de la tribu de Manassé, douze mille, de la tribu de Siméon, douze mille, de la tribu de Lévi, douze mille, de la tribu d'Issacar, douze mille, de la tribu de Joseph, douze mille, de la tribu de Benjamin, douze mille" (Apocalypse 7:4 à 8).  

A l'époque à laquelle le livre de l'Apocalypse a été rédigé, une large majorité du peuple hébreu (auquel appartient l'apôtre Jean) vit alors essaimée parmi les nations. L'apôtre Pierre écrit d'ailleurs, en introduction de sa première épître : "à ceux qui sont étrangers et dispersés dans le Pont, la Galatie, la Cappadoce, l'Asie et la Bithynie" (1 Pierre 1:1). Littéralement : "parapidemois diasporas - à ceux qui demeurent en Diaspora". Il est d'ailleurs fait mention de ces membres de la diaspora dans le chapitre 2 du livre des Actes des Apôtres. "Il y avait en séjour à Jérusalem des Juifs, hommes pieux de toutes les nations qui sont sous le ciel" (Actes 2:5). Bien que dispersé au sein des nations, il n'en demeurait pas moins, au sein de ce peuple, la conscience d'une unité que les exils successifs n'avaient pu effacer. Il existait alors, entre les différentes communautés disséminées dans les nations, un réseau de communications et d'échanges tels qu'il en existe aujourd'hui entre Israël et les communautés juives de la Diaspora. Mais au fil des siècles, ces communautés semblèrent s'être totalement fondues dans les nations parmi lesquelles elles étaient dispersées. Longtemps, on a considéré les dix tribus du royaume du Nord comme étant définitivement "perdues", absorbées, dissoutes. Mais dans les années '80' du siècle dernier, on a vu réapparaître des descendants de ces "tribus perdues". D'Afghanistan, d'Ethiopie, de Chine, et des confins du monde, et l'on redécouvre, encore aujourd'hui, des communautés se revendiquant du peuple d'Israël. A ce jour, des représentants des douze tribus d'Israël seraient présents sur le sol israélien. A la lumière de ces événements, la question se pose donc : faut-il interpréter ce texte de façon symbolique, ou faut-il le considérer de manière littérale ? Puisque l'on croyait ces dix tribus "perdues" à jamais, nombre de commentateurs bibliques se sont cru obligés de spiritualiser ces textes, en les appliquant, entre autres, à l'Eglise. D'autres ont avancé l'hypothèse qu'il pouvait s'agir de cent quarante-quatre mille Juifs (issus de la tribu de Juda), devenus chrétiens, qui iraient évangéliser le Monde. Mais que faire alors de cette notion de tribalité dont on ne peut nier la présence répétée dans ce texte ?

Qu'en dit le Nouveau Testament ?

"Et j'entendis le nombre de ceux qui avaient été marqués du sceau, cent quarante-quatre mille de toutes les tribus d'Israël. De la tribu de Juda, douze mille… de la tribu de Ruben… de la tribu de Gad… de la tribu d'Aser… de la tribu de " (Apoc 7:4 à 8). Douze mille de chaque tribu. Comme je l'ai dit plus haut, si l'on veut vraiment comprendre le texte, il nous faut nous tenir au plus près de la pensée de l'auteur en tenant compte des informations qu'il nous donne, sans en occulter aucune. Si vraiment son intention avait été de spiritualiser la notion d'appartenance au peuple d'Israël de ces mystérieux "cent quarante-quatre mille", se serait-il donné la peine d'énoncer nommément chacune de ces douze tribus ? De plus, la répétition de cette locution : "de la tribu de", ne me semble laisser aucune équivoque. La notion de tribalité est bel et bien présente dans l'esprit de l'auteur. La question que l'on peut alors se poser est : retrouve-t-on, ailleurs dans les écrits du Nouveau Testament (auquel appartient le livre de l'Apocalypse), cette notion de tribalité ? La réponse est : "oui, assurément". 

On en trouve une première mention dans l’Évangile de Luc. Il y est question de la prophétesse Anne, qui s'est approchée des parents de Jésus, venus présenter l'enfant au Temple (Luc 2:36). Luc nous dit que celle-ci était "fille de Phanuel, de la tribu d'Aser" (un article lui est consacré sur ce blog). Luc, soucieux du détail, ne manque pas de mentionner l'origine de cette femme dont on ne parle cependant que peu. Jésus, enseignant les douze apôtres, leur annonce qu'ils "jugeront les douze tribus d'Israël" (Matthieu 19:28). Le Seigneur Jésus lui-même fait mention d'un temps où les douze tribus seront présentes à la fin des temps. Le texte ne peut être ici compris autrement que dans un sens littéral.

L’évangéliste Matthieu apporte encore une précision supplémentaire quand il dit : "Jésus... se retira dans la Galilée. Il quitta Nazareth et vint demeurer à Capernaüm, située près de la mer, dans le territoire de Zabulon et de Nephtali, afin que s'accomplît ce qui avait été annoncé par Ésaïe le prophète : le peuple de Zabulon et de Nephtali, de la contrée voisine de la mer, du pays au delà du Jourdain et de la Galilée des Gentils..." (Matthieu 4:12 à 15). Matthieu inscrit ici la notion de tribalité dans un contexte géographique en un temps donné (le départ de Jésus de Nazareth à Capernaüm). Il associe les noms de Zabulon et de Nephtali, tous deux fils de Jacob et pères des tribus qui portent leurs noms, à un territoire défini géographiquement. Matthieu ancre son récit dans l'historique du peuple hébreu, à l'époque de Josué et de la répartition des territoires, et fait en même temps référence à Ésaïe dont Jésus a accompli la prophétie.  La notion de tribalité est un des aspects néo-testamentaires qui est généralement occulté, ou tout au moins fortement atténué. Et pourtant, cette notion, à la période de rédaction des écrits apostoliques, occupe une place suffisamment importante pour que les auteurs s'y réfèrent comme à un élément constitutif de la culture hébraïque de ce premier siècle de notre ère dont ils étaient contemporains. Si, dans le récit apocalyptique, Jean fait, consécutivement, douze fois référence à la notion de tribalité, cela ne peut être considéré comme un élément devant être interprété comme purement symbolique. 

L'apôtre Paul fait également référence aux douze tribus lorsqu'il comparait devant le roi Agrippa  : "et à laquelle (l'espérance) aspirent nos douze tribus qui servent Dieu continuellement nuit et jour" (Actes 26:7). L'apôtre Paul fait bien ici mention des douze tribus d'Israël dont il se revendiquera, lui-même, comme membre de l'une d'entre elles : "Je dis donc : Dieu a-t-il rejeté son peuple ? loin de là ! Car moi aussi je suis israélite, de la postérité d'Abraham, de la tribu de Benjamin" (Romains 11:1). Il réitérera d'ailleurs cette affirmation lorsqu'il écrit aux Philippiens : "Moi, circoncis le huitième jour, de la race d'Israël, de la tribu de Benjamin, hébreu né d'hébreu…" (Philippiens 3:5). N'en déplaise à ceux qui prétendent que lorsqu'un juif se "convertit", il cesse d'être juif. L'apôtre Paul affirme l'inverse ! L'auteur de l’Épître aux Hébreux parle, quant à lui, de l'appartenance du Seigneur Jésus à la tribu de Juda et fait allusion à la tribu de Lévi, chargée du sacerdoce. Il dit : "En effet, celui de qui ces choses sont dites appartient à une autre tribu, dont aucun membre n'a fait le service à l'autel, car il est notoire que notre Seigneur est sorti de Juda, tribu dont Moïse n'a rien dit pour ce qui concerne le sacerdoce" (Hébreux 7:13, 14). Je relèverai encore l'introduction de l’Épître de Jacques (Yaacov de son vrai nom), qui introduit sa lettre par ces mots : "Jacques, serviteur de Dieu et du Seigneur Jésus-Christ, aux douze tribus qui sont dans la Diaspora, shalom !" (Jacques 1:1). Sa lettre est bel et bien adressée à des disciples de Yeshoua, membres des douze tribus d'Israël. Et je conclurai par ce verset de l'Apocalypse de Jean dans lequel il est fait mention de la Nouvelle Jérusalem : "Elle avait une grande et haute muraille. Elle avait douze portes et des noms écrits, ceux des douze tribus des fils d'Israël" (Apocalypse 21:12). A la lumière de ces textes néo-testamentaires, il n'est plus possible de douter que les auteurs apostoliques avaient une pleine et entière conscience de l'importance de la notion de tribalité dans leur compréhension du plan divin pour leur nation. 

Et les dix tribus perdues, alors ?...

Aujourd'hui, en prenant en compte le fait de l'Aliyah des douze tribus d'Israël, il serait peut-être plus judicieux d'envisager de relire ce texte de l'Apocalypse de façon littérale en considérant que ces "cent quarante-quatre mille" seront effectivement issus de ces "douze tribus" que l'on disait autrefois perdues. Le peuple juif (c'est aujourd'hui l’appellation commune pour tout israélite ou personne se revendiquant comme étant un descendant du peuple d'Israël historique) revient de toutes les nations où il fut si longtemps dispersé. D'Algérie au Yémen, de la Californie à la Chine, de la Russie à l'Ethiopie, du Maroc à la Pologne, ils reviennent "de toutes les nations qui sont sous le ciel" (Actes 2:5). Les Falashas d’Éthiopie comme les Pachtounes d'Afghanistan se revendiquent tout autant comme descendants du peuple d'Israël. La plupart de ces communautés ont gardé la mémoire des traditions, mais également le souvenir du nom de la tribu dont ils sont les descendants. Il est donc indéniable que les "cent quarante-quatre mille" dont fait mention le texte de l'Apocalypse soient bel et bien des "bnéi Israël", devenus disciples de Yeshoua, le Seigneur Jésus-Christ. 

Une répartition équitable  

"Et j'entendis le nombre de ceux qui avaient été marqués du sceau". Une première lecture fait ressortir l'aspect équitable de cette répartition. Chaque délégation comporte le même nombre de membres. Mais cette équité dont fait mention le livre de l'Apocalypse ne correspond en rien aux dénombrements dont on peut lire le compte-rendu dans les Écrits de ce que l'on appelle communément l'Ancien Testament. Il pouvait, en effet, exister une forte disparité entre les tribus quant au nombre de leurs membres. En cela, le texte de Jean n'est pas du tout représentatif de la réalité effective. Il faut donc chercher la signification de ce nombre ailleurs que dans une stricte représentativité de délégations tribales. On peut donc, ici, supposer qu'il s'agit plus d'un nombre symbolique dont il reste à définir le sens caché. Le nombre douze ne pose aucun problème d'interprétation quant au fait qu'il représente bien le nombre de tribus. Mais pourquoi y a-t-il douze mille personnes de chaque délégation ? Sont-ce tous des hommes ? Il y a-t-il des femmes parmi eux ? Le mot "personnes" est absent du texte grec, mais la phrase est au Féminin Pluriel, d'où l'utilisation du mot "personnes" par les traducteurs. Si, dans la Nouvelle Alliance, il n'y a plus "ni homme, ni femme" (Galates 3:28), les dénombrements mentionnés dans les Ecritures ne tenaient généralement compte que du nombre d'hommes susceptibles de porter les armes (aujourd'hui en Israël, jeunes hommes et jeunes filles effectuent un service militaire). Cependant, il est également écrit : "Il n'y aura chez toi ni homme, ni femme, ni famille, ni tribu dont le cœur se détourne aujourd'hui de l'Eternel ton Dieu" (Deutéronome 29:18). Si l'Ancienne Alliance met en exergue le rôle prépondérant des matriarches (Sara, Rachel, Léa, Rebecca…) et de quelques autres femmes (Yokebed, Rahab, Déborah…), la Nouvelle Alliance, elle, leur laisse une large part participative dans l'élaboration du Royaume. Cependant, le texte de l'Apocalypse est clair et fait mention de "ceux qui ne se sont pas souillés avec des femmes car ils sont vierges, ceux-ci sont ceux qui suivent l'Agneau" (Apocalypse 14:4). Il n'y a donc ici aucune ambiguïté possible : les cent quarante-quatre mille sont tous des hommes. 

Des nombres qui ont du sens 

Ainsi, si la signification du nombre douze ne pose aucun problème d'interprétation, la valeur du nombre cent quarante-quatre, en tant que multiple de ce nombre, est en soi significative. Comme je l'ai évoqué plus haut, le texte biblique fait mention, de façon symbolique, d'une représentativité tribale équitable. Le nombre douze étant ainsi multiplié par lui-même. Cette forme de représentativité attribue, à chaque tribu d'Israël, une valeur symbolique égale aux onze autres. L'association de ces deux nombres, douze et cent quarante-quatre, pourraient symboliser, quant à elle, une forme de sentiment d'appartenance, tant à la tribu dont chacun est membre respectivement, que du peuple d'Israël lui-même. La somme multipliée symboliserait ainsi une forme de synergie de chacune de ces individualités qui formeraient un tout homogène. Il y aurait, au sein de ce groupe, un fort sentiment d'appartenance, à la fois au clan tribal mais aussi au peuple que composent chacune de ces tribus. Comme le dit Jérémie : "Israël est la tribu de son héritage" (Jérémie 51:19). Ces cent quarante-quatre mille auraient une conscience aiguisée de faire partie d'un peuple dont l'importance numérique n'aurait pour seul but que de manifester son homogénéité. Le nombre mille pourrait être considéré dans un sens littéral, mais si l'on considère la valeur symbolique des nombres douze et cent quarante-quatre, on peut imaginer facilement que le nombre mille le soit également. Dans ce cas, celui-ci pourrait signifier "une multitude, un grand nombre". Un grand nombre, parmi les tribus d'Israël, qui auraient reconnus, en Yeshoua, le Massiah, ce qui n'est pas sans rappeler cette "grande foule de sacrificateurs obéissant à la foi" (Actes 6:7). Tous, chacun pour sa part, ont pleinement conscience d'avoir été sauvés par le sacrifice de l'Agneau. Ce sont les "rachetés de la terre" qui chantent le cantique de l'Agneau que personne, à part eux, ne connait. De ce nombre cent quarante-quatre ressortirait ainsi la notion d'équité intertribale dont aucune tribu n'a la prééminence sur les autres, où chacun aurait cette conviction profonde d'appartenir à un peuple nombreux, racheté par le sang de l'Agneau dont ils chantent le cantique.

Mais il y a plus…

Ce nombre cent quarante-quatre est lui-même composé de deux nombres et d'un chiffre, ces trois éléments constitutifs ont, chacun pour leur part, une signification propre. On retrouve ce nombre un peu plus loin, dans le livre de l'Apocalypse, lorsque l'ange qui accompagne Jean lui donne la dimension de la muraille de la Nouvelle Jérusalem : "cent quarante-quatre coudées, mesure d'homme qui est celle de l'ange" (Apocalypse 21:17). La mesure de la muraille de la ville semble être en adéquation avec cette foule issue des douze tribus. Tribus dont les noms sont d'ailleurs inscrits sur les portes de la muraille (Apocalypse 21:12, 13). Le texte nous dit ensuite que le nombre d'apôtres choisis par Jésus était équivalent au nombre de tribus d'Israël (Apocalypse 21:14). Les noms de ces douze tribus demeureront éternellement car elles seront sur les portes de la Nouvelle Jérusalem. 

Le nombre cent est utilisé à plusieurs reprises par le Seigneur lorsqu'il enseigne par paraboles. Le nombre quarante est plus évocateur. les trois périodes de quarante années de la vie de Moïse, les quarante années au désert, les quarante jours de jeûne du Seigneur, etc... quarante est le nombre de la mise à l'épreuve.  Le quatre, quant à lui, symbolise une grande étendue, la surface de la Terre.

Quatre éléments qui composent ce mystérieux nombre de 144 000. La centaine représenterait donc un enseignement symbolique. Quarante, une période de mise à l'épreuve pour un temps donné, mais aussi une période de mise à part. Le Quatre symboliserait, quant à lui, les quatre points cardinaux, et par extension, quelque chose qui couvrirait la Terre entière. Et enfin, le mille, une multitude. Ce mystérieux nombre pourrait donc représenter une période de mise à part d'une multitude, pour un temps donné, sur toute la surface de la terre. Et cela concernerait des "bnéi Israël" des douze tribus qui ont reconnu Yeshoua comme le Massiah. Ce nombre pourrait donc être en lien avec avec des disciples de Yeshoua appartenant au peuple d'Israël, qui seraient mis à part, aux quatre coins de la Terre, pour un temps particulier, tout comme les sept mille hommes que Dieu avait mis à part et qui lui étaient restés fidèles (1 Rois 19:18). 

Mais si l'on veut tenter d'appliquer ce passage de façon contemporaine, on pourrait, comme je l'ai dit plus haut, également considérer que le nombre douze symboliserait une forte conscience identitaire, qu'elle soit tribale ou nationale. Un Pachtoune d'Afghanistan pourrait ainsi se revendiquer comme étant à la fois, comme le dit leur tradition, descendant de la tribu de Nephtali, mais également israélite de par son identité religieuse, et messianique de par sa foi. De même qu'un juif sorti d'URSS dans les années 90, pourrait se revendiquer comme étant russophile, juif, moscovite et ayant foi en Yeshoua. Et dans ce patchwork de visages, on pourrait voir, dans leurs yeux, la même lumière. Celle que leur procure la joie d'avoir pour Seigneur de leur vie le Seigneur Jésus-Christ. Semblables et différents à la fois, conscients d'être membres d'une même communauté, celle de ceux qui ont reconnu "celui qu'ils ont percés" (Zacharie 12:10 - Jean 19:37). 
 


Un nombre énigmatique  

Il y a cependant un détail qui n'a pu échapper à l’œil exercé de celui qui connait les Ecritures. Si douze tribus sont effectivement nommées, il n'est pas fait mention, dans ce texte, de deux d'entre elles. En effet, les tribus de Dan et d'Ephraïm sont absentes de cette liste. 

"Et j'entendis le nombre de ceux qui avaient été marqués du sceau, cent quarante-quatre mille de toutes les tribus d'Israël. De la tribu de Juda... de la tribu de Ruben... de la tribu de Gad... de la tribu d'Aser... de la tribu de Nephtali... de la tribu de Manassé... de la tribu de Siméon... de la tribu de Lévi... de la tribu d'Issacar... de la tribu de Joseph... de la tribu de Benjamin...". 

Les cinq fils de Léa sont présents (Ruben, Juda, Lévi, Siméon et Issacar). Les fils de Rachel également (Joseph et Benjamin). Les fils de Zilpa, servante de Léa et concubine de Jacob, sont nommés (Gad et Aser). Nephtali, fils de Bilha, servante de Rachel, est là également. Mais il manque son frère, Dan. Le texte fait également mention de Manassé mais pas de son frère Ephraïm. Les fils de Joseph représentaient pourtant, tous deux, une tribu à part entière, et non des moindres. Pourquoi cette omission ? Les textes bibliques mentionnent, à diverses reprises, des listes des douze tribus qui présentent parfois entre elles quelques différences. Cette absence a été largement commentée. Pour Alexander, "l'omission d'Ephraïm, fils cadet de Joseph, s'explique par le maintien du nom de son père". Il avoue que "celle de Dan est plus énigmatique". Il cite ensuite trois hypothèses plausibles mais non vérifiables, reconnaissant lui-même que "ce mystère reste entier".  

Première hypothèse : "L'omission de ces deux tribus s'expliquerait par le sens étymologique de leurs noms : Ephraïm dérivant d'un mot qui signifie "être fécond, multiplier" (Genèse 41:52). Or, à ce moment-là, ce nom n'aurait plus sa raison d'être puisque l'effectif de chaque tribu ne dépassera pas les douze mille élus". Quant à Dan, il ajoute : "Dan, d'un mot qui signifie "juger", rendre justice" (Genèse 30:6), ne remplira pas un rôle de juge, exclusivement réservé au Seigneur souverain". 

Seconde hypothèse relevée par Alexander : "L'omission de ces deux tribus serait une conséquence, à longue échéance, du péché de Jéroboam. Ce roi d'Israël ayant érigé deux veaux d'or dans son royaume, l'un à Dan, l'autre à Béthel (territoire d'Ephraïm)... Dieu aurait donc tenu rigueur de leur idolâtrie à ces deux tribus et les aurait exclues de son service" (1 Rois 12:29, 30).

Troisième hypothèse : cette omission résulterait d'une prophétie prononcée sur Dan par son père Jacob, "Dan sera un serpent sur le chemin, une vipère sur le sentier, mordant les talons du cheval pour que le cavalier tombe à la renverse" (Genèse 49:17). La symbolisation de Dan par le serpent l'aurait ainsi exclu. Mais, cette phrase étant cependant précédée de celle-ci : "Dan jugera son peuple comme l'une des tribus d'Israël" (verset 16), cette argumentation ne peut donc être retenue sérieusement. 

D'autres commentateurs ont cru trouver, dans les textes prophétiques de Jérémie, d'Osée et d'Amos, la justification de cette double éviction. "Car une voix qui part de Dan annonce la calamité, elle publie depuis la montagne d'Ephraïm" (Jérémie 4:15). Cependant, ce texte s'inscrit dans un plaidoyer que Dieu adresse à Jérusalem pour que sa population revienne à Lui. Ce texte ne peut donc servir valablement pour soutenir l'éviction des deux tribus. Un autre texte de Jérémie a été mentionné par divers commentateurs pour justifier l'absence de la tribu d'Ephraïm. C'est ici Dieu qui parle : "Je vous rejetterai de ma face comme j'ai rejeté tous vos frères, toute la postérité d'Ephraïm. Et toi, n'intercède pas en faveur de ce peuple, n'élève pour eux ni supplications, ni prières, ne fais pas des instances auprès de moi car je n'écouterai pas" (Jérémie 7:15, 16). Or, une fois encore, c'est de la population de Jérusalem dont Dieu parle. Dieu interdit ici, à Jérémie, de prier et d'intercéder pour Jérusalem, et non pour Ephraïm, cette tribu étant ici seulement prise en exemple. Ce texte ne peut donc justifier, ni même illustrer l'éviction de la tribu d'Ephraïm. 

Un autre texte a été mentionné par les commentateurs, comme cette prophétie d'Amos : "En ce jour-là (cette expression désigne généralement une période de temps eschatologique appelée "le Jour de l'Eternel"), les belles jeunes filles et les jeunes gens mourront de soif (de la Parole de Dieu selon le contexte - Amos 8:11), ils jurent par le péché de Samarie et ils disent : Vive ton Dieu, Dan ! Vive la voie de Beer-Schéba ! Mais ils tomberont et ne se relèveront plus" (Amos 8:13, 14). Et enfin, il y a également cette prophétie d'Osée qui dit : "Lorsque je voulais guérir Israël (dit Dieu), l'iniquité d'Ephraïm et la méchanceté de Samarie se sont révélées… Ephraïm se mêle avec les peuples… Ephraïm est comme une colombe stupide sans intelligence. Ils implorent l'Egypte, ils vont en Assyrie… Je les châtierai …" (Osée 7:11, 12). 

A la lecture de ces textes, on peut éventuellement penser que Dieu garderait un quelconque grief contre l'une et l'autre tribu, mais cette hypothèse présente tout de même des faiblesses. Le contexte eschatologique dans lequel s'inscrit le texte apocalyptique est particulier. La solution, à mon sens, est ailleurs. Ainsi, leur absence demeure un mystère encore non élucidé et Dieu seul en connaît, aujourd'hui, la raison. Toutefois, ces deux tribus d'Ephraïm et de Dan seront finalement restaurées puisque, comme le dit encore Alexander : "Elles recevront toutes deux leur part d'héritage lors du rétablissement terrestre d'Israël", prédit dans le chapitre 48 du livre d'Ézéchiel (Ézéchiel 48:1, 5). Dans le chapitre 37 de son livre, Ézéchiel avait d'ailleurs annoncé la réunification du peuple hébreu dans sa globalité.

La restauration des douze tribus prophétisée  

Le chapitre 37 du livre d'Ézéchiel relate sa vision d'un peuple hébreu enfin réuni, restauré et vivant, et qui reçoit en lui l'Esprit de Dieu. "Prophétise donc, et dis-leur : Ainsi parle le Seigneur l'Eternel : voici, j'ouvrirai vos sépulcres, je vous ferai sortir, ô mon peuple, et je vous ramènerai dans le pays d'Israël… la Parole de l'Eternel me fut adressée en ces mots : … prends une pièce de bois et écris dessus : pour Juda et pour les enfants d'Israël qui lui sont associés. Prends une autre pièce de bois et écris dessus : pour Joseph, bois d'Ephraïm et de toute  la maison d'Israël qui lui est associée. Rapproche-les l'une de l'autre pour en former une seule pièce, en sorte qu'elles soient unies dans ta main…. voici, je prendrai le bois de Joseph qui est dans la main d'Ephraïm, et les tribus qui lui sont associées, et je les joindrai au bois de Juda et j'en formerai un seul bois, en sorte qu'ils ne soient qu'un dans ma main… voici, je prendrai les enfants d'Israël du milieu des nations où ils sont allés, je les rassemblerai de toutes parts, je les ramènerai dans leur pays… je ferai d'eux une seule nation dans le pays, dans les montagnes d'Israël… ils ne formeront plus deux nations et ne seront plus divisés en deux royaumes, je les retirerai de tous les lieux qu'ils ont habités… ils seront mon peuple et je serai leur Dieu… je mettrai en vous un esprit et vous vivrez. Je suis l'Eternel". 

 Le schisme, survenu après la mort de Salomon, avait divisé le peuple entre royaume du nord (dix tribus) et royaume du sud (deux tribus). Le geste symbolique d'Ézéchiel réunit les deux pièces de bois pour n'en faire plus qu'une. Désormais, quelle que soit son origine, d'où qu'il vienne, de n'importe quelle région du monde, ou de n'importe quelle tribu dont il se revendique membre, le juif de la diaspora devient israélien, tout en préservant son identité et sa culture, propre à son pays d'origine. Ce texte annonce clairement la restauration des douze tribus, dont les dix qui formaient autrefois le royaume de Samarie. Cette prophétie est aujourd'hui accomplie puisque les douze tribus sont représentées en terre d'Israël.

Mais à ce jour, seule une infime partie du peuple juif dans sa globalité a reconnu, en Yeshoua, le Massiah. Or, le texte de l'Apocalypse parle, lui, d'israélites issus de douze tribus, et ayant reconnu pleinement Yeshoua comme le Fils de Dieu. Cette prophétie est en cours d'accomplissement, et ne s'est donc, par conséquent, pas encore pleinement réalisée. Mais nous en avons contemplé les prémices. Son aboutissement ne manquera pas à venir lorsque le Seigneur reviendra établir son règne sur la terre et qu'ils reconnaîtront alors en Lui, le Massiah si longtemps attendu. Le Saint-Esprit sera alors pleinement répandu sur son peuple.  Ainsi que le dit Ézéchiel : "Je vous donnerai des nerfs, je ferai croître sur vous de la chair, je vous couvrirai de peau, je mettrai en vous un esprit, et vous vivrez, et vous saurez que je suis l'Eternel… je traiterai avec eux une alliance de paix, et il y aura une alliance éternelle avec eux, je les établirai, je les multiplierai, et je placerai mon sanctuaire au milieu d'eux pour toujours. Ma demeure sera parmi eux, je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. Et les nations sauront que je suis l'Eternel qui sanctifie Israël… je mettrai mon esprit en vous et vous vivrez, je vous rétablirai dans votre pays, et vous saurez que moi l' Éternel j'ai parlé et agi, dit l'Eternel… Il me dit : prophétise et parle à l'Esprit ! Prophétise, et dit à l'Esprit : ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Esprit, vient des quatre vents, souffle sur ces morts, et qu'ils revivent ! Je prophétisai selon l'ordre qu'il m'avait donné et l'Esprit entra en eux et ils reprirent vie et ils se tinrent sur leurs pieds. C'était une armée nombreuse, fort nombreuse". Par cette prophétie, Dieu promettait de réunir la postérité de Jacob en un seul peuple. Cela s'est produit en 1948 lorsque l'Etat d'Israël a été proclamé, permettant ainsi aux juifs du monde entier de retrouver la patrie de leurs ancêtres. Ézéchiel avait pleinement conscience que ce qu'il annonçait s'accomplirait. Ainsi, il écrit : "La parole de Dieu me fut adressée en ces mots : les jours approchent et toutes les visions s'accompliront… car il n'y aura plus de visions vaines (celles des faux prophètes) ni d'oracles trompeurs au milieu de la maison d'Israël. Car moi, l'Éternel, je parlerai, ce que je dirai s'accomplira et ne sera plus différé. Oui, de vos jours, famille de rebelles, je prononcerai une parole et je l'accomplirai, dit le Seigneur l'Eternel… il n'y aura plus de délai dans l'accomplissement de mes paroles. La parole que je prononcerai s'accomplira, dit le Seigneur l'Eternel" (Ézéchiel 12:21 à 28). 

D'une tribu à l'autre  

Comme je l'ai dit plus haut, certains commentateurs ont longtemps spiritualisé ce texte de l'Apocalypse, prétendant qu'il concernait l'Eglise, refusant au peuple d'Israël un quelconque rôle à jouer dans les temps à venir (se référant en cela à la dommageable théorie dite de la "substitution"). Cependant, cette spiritualisation du texte ne se trouvait nullement justifiable d'un point de vue herméneutique. Au contraire, les quelques mentions faisant référence à une quelconque identité tribale dans les Écrits du "Nouveau Testament" sont à prendre strictement au sens littéral. Le texte biblique fait mention de la prophétesse Anne qui était de la tribu de Aser (Luc 2:36). Aser, sur qui son père Jacob avait prophétisé : "Que ta vigueur dure autant que tes jours" (Deutéronome 33:25). Anne "était fort avancée en âge… âgée de quatre-vingt quatre ans, elle ne quittait pas le Temple et elle servait Dieu jour et nuit dans la prière" (Luc 2:36, 37). La bénédiction attachée à chaque tribu était, semble-t-il, toujours en vigueur des siècles plus tard. Yisraël Kristal, le doyen de l'humanité, était peut-être de la tribu d'Aser. Il est décédé à l'âge de cent treize ans. 

L'apôtre Paul, à deux reprises dans ses Épîtres, se revendique comme étant membre "de la tribu de Benjamin" (Romains 11:1 - Philippiens 3:5). Le Seigneur Jésus lui-même fait allusion au peuple "de Zabulon et de Nephtali, de la contrée voisine de la mer, du pays au-delà du Jourdain et de la Galilée des Gentils" (Mathieu 4:15), faisant ainsi directement référence à un texte du livre du prophète Ésaïe (Ésaïe 8:23 / 9:1), mais également aux territoires attribués à ces deux tribus lors du partage de la terre de Canaan, à l'époque de Josué (Josué 19:10 à 16 - 32 à 39). Ces textes démontrent bien que, même si le territoire d'Israël est alors sous domination romaine, la territorialité tribale est toujours d'application à l'époque de Jésus. Pour les apôtres, rédacteurs des livres du Nouveau Testament, comme pour les membres de la communauté israélite, l'appartenance à une tribu reste et demeure une valeur reconnue. On ne doit donc pas s'étonner que l'apôtre Jean y fasse directement référence, et on ne peut donc raisonnablement considérer cette référence aux douze tribu d'Israël que de la façon dont l'envisageaient les apôtres du Seigneur eux-mêmes. Ainsi, lorsque il est fait mention de tribus d'Israël dans le texte de l'apocalypse, par l'apôtre Jean, ce texte ne peut être compris que dans le sens envisagé par son auteur, à savoir le sens littéral. Jean, dans le livre de l'Apocalypse, fait bien référence aux douze tribus de son peuple. C'est de la postérité des ces fils d'Israël, issus des douze tribus, que naîtront ces "cent quarante-quatre mille" remplis du Saint-Esprit de Dieu.  Cela, Ézéchiel l'avait déjà annoncé au chapitre précédent lorsqu'il dit (c'est Dieu qui parle par sa bouche) : "Je vous donnerai un cœur nouveau et je mettrai en vous un esprit nouveau… je mettrai mon Esprit en vous… vous habiterez le pays que j'ai donné à vos pères, vous serez mon peuple et je serai votre Dieu" (Ézéchiel 36:26 à 28). Il n'y a ici nulle ambiguïté possible. Le sens en est bien littéral. Cette promesse de Dieu s'accomplira pleinement. Cette vision que l’apôtre Jean a reçue ne pourra cependant s'accomplir qu'après que celle reçue par Ézéchiel n'ait elle-même vu son plein accomplissement. 

Si les sommets des montagnes prophétiques se profilent les uns derrière les autres, d'immenses vallées séparent chacune de ces chaînes de montagnes. Il fallut parfois plusieurs siècles avant que ne s'accomplissent certaines de ces prophéties, mais leur exacte conformité n'en soulignait que mieux encore l'énoncé. Tout ce que Dieu a prédit par ses serviteurs les prophètes s'accomplira, ainsi que l'a si justement souligné le prophète Ésaïe, dans ce style qui lui est propre : "Il n'y aura plus que des justes parmi ton peuple, ils posséderont le pays. C'est le rejeton que j'ai planté, l'œuvre de mes mains, pour servir à ma gloire. Le plus petit deviendra un millier et le moindre, une nation puissante. Moi l'Eternel, je hâterai ces choses en leur temps" (Ésaïe 60:21, 22). 

La pleine compréhension est à venir

On ne peut raisonnablement prétendre avoir réponse à tout, surtout lorsque l'on aborde des textes bibliques tels que celui-ci. Notre méconnaissance nous force à l'humilité. Comme le dit l'Ecriture : "Nous connaissons en partie" (1 Corinthiens 13:9). Les articles des "trésors cachés dans le sable" sont toujours orientés de façon à chercher à comprendre au mieux la pensée de l'auteur biblique, en tenant compte prioritairement de son environnement contextuel, historique, géographique, cultuel et culturel. La compréhension de ces choses demeure un critère incontournable pour une juste interprétation des textes. Nous avons cependant le privilège, en tant qu'enfants de Dieu et disciples de Jésus-Christ, de pouvoir lire les Ecritures avec leur Auteur, le Saint-Esprit de Dieu. Que celui-ci nous vienne en aide pour nous en révéler le sens véritable. Cependant, dans les générations précédentes et jusqu'il y a encore une quarantaine d'années, on s'autorisait à penser, dans les milieux concernés, que l'on pouvait et devait spiritualiser ces textes apocalyptiques mentionnant les dix tribus d'Israël que l'on qualifiait de "perdues". Sous-entendu "perdues définitivement". Il était enseigné que, bien que le texte biblique soit "pleinement inspiré", celui-ci devait être lu de façon allégorique lorsqu'il s'agissait du peuple d'Israël. Sous-entendu, l'Eglise a remplacé celui-ci dans le plan de Dieu. Cette "lecture allégorique" faisait fi de tous ces passages des Evangiles, des Actes, des Epîtres et du livre de l'Apocalypse que j'ai cités. Ces références tribales dont font mention les auteurs bibliques sont bien plus que de simples détails sans importance. Elles étaient constitutives de leur identité. A de nombreuses reprises, les apôtres font référence à celles-ci. On ne peut donc nier sciemment ces faits tout en se revendiquant des Ecrits bibliques comme référence de base à la foi professée. La foi biblique est également un héritage. L'apôtre Paul ne se revendique-t-il pas de la foi de ses ancêtres (2 Timothée 1:3) ? Mais cet héritage doit être retransmis tel qu'il a été reçu (2 Timothée 2:2). Lorsque l'auteur du livre de l'Apocalypse nous décrit la nouvelle Jérusalem, il fait explicitement référence aux douze tribus. Ce texte représente donc un point focal dans l'avenir sur lequel l'attention (et la foi) du lecteur peut se projeter. Et s'il nous est permis d'entrer dans cette nouvelle Jérusalem, nous ne pourrons y pénétrer que par ces douze portes, gardées par des anges, sur les fronton desquels il sera inscrit le nom de l'une de ces douze tribus, dont dix étaient prétendument "perdues".

Nous sommes aujourd'hui dans une phase critique de l'Histoire de l'humanité. Notre ami et regretté Jean-Marc Thobois disait, deux jours avant son départ pour la Patrie céleste : "Le temps des grands bouleversements est arrivé". Si, d'aventure, nous devions être contemporains de ces événements annoncés par l'apôtre Jean, il nous sera alors possible de comparer nos diverses opinions et d'en apprécier, ou non, la véracité. Mais il se peut, au contraire, que certaines de ces interprétations s'avèrent être erronées. Le texte biblique reste et demeure la Parole de Dieu, parfois teintée de mystère, parsemée de secrets non encore révélés, selon ce que dit l'Ecriture : "Il n'y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être connu (Matthieu 10:26). Ou : "mis à jour", selon la version de Marc (Marc 4:22). Lorsque le Seigneur reviendra, "il nous enseignera toutes choses" (Jean 14:26) et nous pourrons alors bénéficier d'une pleine et entière compréhension de tout ce qu'il nous avait déjà montré d'avance. 

JiDé

Les cent quarante-quatre mille de l'Apocalypse
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