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Chacun faisait ce qui lui semblait bon

Chacun faisait ce qui lui semblait bon

"Chacun faisait ce qui lui semblait bon" (Juges 17:6). Ces mots pourraient presque, à eux seuls, résumer le contenu du livre des Juges. Période transitoire entre la conquête de Canaan par les Hébreux sous la conduite de Josué jusqu'à l'instauration de la monarchie par Samuel, la période des Juges fut une période troublée. La génération qui était entrée en Canaan avait disparu. Josué n'était plus et il n'y avait en Israël aucun leader fédérateur de son envergure. Le peuple connut rapidement un déclin spirituel qui alla en s'accentuant avec le temps. Le récit que j'aimerais aborder ici en est un criant exemple. Bien que placé à la fin du livre, il ne s'en situe pas moins, chronologiquement, au tout début de l'histoire des Juges, juste après la fin du livre de Josué, à une époque où la tribu de Dan n'avait pas encore pris possession du territoire qui lui était échu en partage (Juges 18:1). Ce récit nous conte l'histoire d'un homme nommé Mica*, vivant dans les montagnes du territoire de la tribu d'Ephraïm. Il nous relate certains événements survenus suite à l'arrivée, chez lui, d'un voyageur qui se dit lévite. L'histoire débute par la disparition d'une certaine somme d'argent.

Mère et fils

Après que la mère de Mica se fut plainte à son fils de la disparition d'une somme d'argent assez conséquente (l'équivalent approximatif de treize kilos d'argent), celui-ci lui avoua être l'auteur du larcin (17:1, 2). Toute à la joie que ce pécule soit malgré tout resté dans la famille, elle s'écria : "Béni soit mon fils, par l'Eternel !". Il eut été bon de rappeler à cette femme de ne pas prendre "le Nom de l'Eternel en vain" (Exode 20:7). Mica rendit à sa mère la somme qu'il lui avait "empruntée". Toute à sa joie, celle-ci voulut la "consacrer à l'Eternel" (Juges 17:3), mais d'une bien étrange manière. Considérant que de se faire faire des idoles était une façon d'honorer Dieu, elle projeta d'utiliser cet argent pour financer la fabrication "d'une image taillée et une image en métal fondu". Elle se ravisa et, trouvant que donner la totalité devait être quelque peu excessif, elle n'en donna finalement que deux sicles au fondeur. On mit ensuite les deux idoles dans la maison de Mica. Or, il se fait que celui-ci avait, dans sa maison, une "maison de dieu" (bèït Elohïm). Cela n'est pas sans rappeler qu'autrefois, et ce jusqu'à une époque pas encore tellement éloignée, certaines familles aisées avaient dans leur demeure une chapelle. La statuaire de certaines d'entre elles étaient effectivement fabriquées en métal précieux. Comme le dit l'Ecclésiaste, "il n'y a rien de nouveau sous le soleil" (Ecclésiaste 1:9).

Plutôt satisfait de cet ajout, Mica se fit faire un éphod et des teraphim" (Juges 17:5). L'éphod était un vêtement particulièrement ouvragé porté par les grands sacrificateurs. Les "teraphim", par contre, étaient des statues de dieux domestiques. Le prophète Samuel, rédacteur probable du livre des Juges, compare les teraphim à de la divination et à de l'idolâtrie (1 Samuel 15:23). Mica "consacra l'un de ses fils qui lui servit de prêtre" (Juges 17:5). Et l'auteur conclut ce premier volet de l'histoire par ce constat : "En ce temps-là, il n'y avait pas de roi en Israël. Chacun faisait ce qui lui semblait bon" (Juges 17:6). Littéralement : "chacun faisait ce qui lui semblait droit à ses yeux". Ce n'était donc pas juste parce qu'ils faisaient "ce qui leur semblait bon" ou "leur plaisait", mais "ce qui leur semblait droit" à leurs propres yeux. Ce qui sous-entend qu'ils considéraient cela comme tout à fait honorable et respectable. Comme le dira plus tard le prophète Esaïe : "Ils appellent le mal bien et le bien mal. Qui changent les ténèbres en lumière et la lumière en ténèbres" (Esaïe 5:20). Et cela, en toute légitimité. Cette petite phrase, lourde de sens, conclut le premier volet (Juges 17:1 à 5) et introduit le second (versets 7 à 13) par l'arrivée d'un troisième personnage : le lévite de Bethléem. "Il y avait un jeune homme de Bethléem de Juda, de la famille de Juda. Il était lévite et il séjournait là" (verset 7). Par un effet stylistique, l'auteur ne révèle l'identité de ce lévite qu'à la fin de son récit (Juges 18:30). Cet effet peut se comprendre étant donné la particularité de celle-ci. L'auteur désire maintenir l'attention de son lecteur sur le personnage de Mica. Je reviendrai plus loin sur l'identité toute particulière de ce lévite. 

Une question d'éthique

Mais avant de poursuivre le récit, et afin de mieux en appréhender tout le sens, il me semble nécessaire de m'arrêter un instant sur ces mots  : "En ce temps-là, il n'y avait pas de roi en Israël, chacun faisait ce qui lui semblait droit à ses yeux". C'est également la version que donne la King James, universellement reconnue pour la qualité de sa traduction : "In those times, there was no king in Israël, but every man did that witch was right in his own eyes" (17:6). Ce qui est une référence à un passage du Deutéronome (Deutéronome 12:8). Nous voyons donc ici que l'auteur introduit, au sein de son récit, une dimension éthique. Chacun agissait, non pas seulement selon son désir ou son bon vouloir, mais selon l'approbation de sa propre conscience. Cette subtilité, introduite par l'auteur dans son récit, souligne le fait que chaque israélite agissait en fonction de ce qu'il considérait comme acceptable ou non selon ses propres valeurs morales. Or, l'on sait fort bien qu'une conscience émoussée, étouffée, devient de plus en plus silencieuse. Chacun agissait non plus en fonction de la loi mosaïque censée régir les actes de la vie quotidienne, mais selon des critères qui pouvaient être propres à chacun selon son estimation personnelle. Le récit de Mica et de sa mère en est un vivant exemple.  

Cette phrase singulière clôture le premier volet du récit et introduit en même temps le deuxième. Ce qui sous-entend que ce principe moral prévalait aussi bien pour Mica et sa mère que pour les personnages qui apparaîtront par la suite. Cette règle était donc appliquée par les personnages de ce récit, autant par les uns que par les autres. Il est d'autant plus important, pour l'auteur, de le souligner, que le personnage qui va apparaître ensuite est un lévite. On serait en droit d'attendre d'un enseignant de la loi mosaïque qu'il incarne, par son mode de vie, une spiritualité conforme à la foi qu'il professe de par sa fonction. Or, il n'en est rien. Et lorsque l'on découvrira la véritable identité de ce lévite, la chose n'en sera que plus étonnante. Car si "chacun faisait ce qui est droit à ses propres yeux", il en était de même pour ce lévite de Bethléem. 

Je m'attarderai encore un peu sur cette expression particulière car elle revêt un sens beaucoup plus profond qu'il n'y paraît en réalité. Elle n'apparaît que deux fois dans les Ecritures et seulement dans le livre des Juges. Or, comme l'Ecriture ne se répète jamais inutilement, cette réitération a donc un sens, mais lequel ? Si l'apôtre Paul écrit : "Je ne me lasse pas de vous écrire les mêmes choses" (Philippiens 3:1), il dit aussi que celles-ci "leur sont arrivées pour notre instruction, à nous qui sommes parvenus à la fin des siècles" (1 Corinthiens 10:11). L'apôtre Paul nous donne donc ici une clef pour l'interprétation des récits bibliques. Ce qui est survenu alors doit nous interpeler. Le principe peut donc se transposer d'une époque à une autre. C'est ce que semble nous dire l'introduction de la phrase : "en ce temps-là". Ou, comme le dit l'Ecclésiaste : "Ce qui a été, c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera" (Ecclésiaste. 1:9).  Il est fort probable que la locution "en ce temps-là" revête ainsi, de par sa répétition, un double sens. Il se peut fort bien que ce "temps" dont nous  parle l'auteur soit aussi… le nôtre ! Pourrait-on dire que, à l'époque qui est la nôtre, chacun fait un peu ce qu'il considère comme étant juste… à ses propres yeux ? Cela est-il seulement propre à la génération des Juges et à la nôtre ? Loin de là ! Le prophète Jérémie écrira : "Le cœur de l'homme est tortueux par-dessus tout et il est méchant, qui peut le connaître ?" (Jérémie 17:9).

L'Ecclésiaste, quant à lui, étend ce constat à toutes les générations puisqu'il dit à son tour : "Le cœur des fils de l'homme est plein de méchanceté, et la folie est dans leur cœur pendant leur vie… qui est excepté ?" (Ecclésiaste 9:3). Oui, qui ?... Mais alors, si "le cœur de l'homme est tortueux et méchant" et que "personne ne peut le connaître", peut-on raisonnablement se fier à celui-ci  pour pouvoir juger de façon équitable de "ce qui est juste" ? Ce qui est "tortueux" peut-il révéler "ce qui est droit" ? Et si "le lévite de Bethléem", censé incarner ces valeurs morales, a lui aussi adopté ce principe inique, alors vers qui pourra-t-on encore se tourner ? Le prophète Malachie dira : "Car les lèvres du sacrificateur doivent garder la science (la sagesse de Dieu, la connaissance) et c'est à sa bouche que l'on demande la loi (la Thora), parce qu'il est un envoyé de l'Eternel des Armées" (Malachie 2:7). Cela, Mica l'avait compris, sur le principe, lorsqu'il dit : "Et maintenant je sais que l'Eternel me fera du bien puisque j'ai ce lévite pour prêtre" (Juges 17:13). Si l'on se projette dans une perspective eschatologique, ce qui suit immédiatement pourrait être tout aussi riche de sens : "En ce temps-là, il n'y avait pas de roi en Israël…". Toujours en suivant ce principe énoncé par l'apôtre Paul, l'on pourrait dire que, tant que le Seigneur ne sera pas venu établir Son Règne sur la terre, il en sera ainsi ! Ce "lévite de Bethléem" semblait, selon l'auteur, avoir adopté ce mode de pensée, propre à son époque. Ses contemporains auraient pourtant été en droit d'attendre de lui qu'il incarne ces valeurs de foi, de justice, de droiture, d'honnêteté, de sincérité, de fidélité, de… Mais la suite du récit va nous démontrer tout le contraire. 

Un nom peut en cacher un autre

J'en arrive au second volet de cette première partie du récit (Juges 17:7 à 13). Celui-ci nous conte donc l'histoire d'un jeune lévite de Bethléem qui quitta la ville "pour un lieu qui lui convienne". Sa route le conduisit jusqu'à la maison de Mica, dans le territoire d'Ephraïm. Mica lui proposa de devenir le prêtre attitré de sa maisonnée en échange du gîte et du couvert, à quoi il ajouta une rente confortable. Le lévite accepta. Mica le consacra comme prêtre, probablement lors d'une cérémonie "officielle" où étaient présents parenté, serviteurs, et peut-être le voisinage. Connaissait-il la véritable identité de celui qu'il venait de faire entrer sous son toit ? Je ne le pense pas. Mais d'où venait-il vraiment ? 

Le texte nous dit qu'il était "de Bethléem de Juda… il était lévite et il séjournait là" (17:7). Il n'était donc pas originaire de Bethléem. Il avait dû séjourner un temps à Tsoréa ou Eschtaol, dans ce qui deviendra plus tard le territoire de Dan puisque des soldats danites vont le reconnaître (18:2, 3). Il semble que ce genre de déplacement ait été chose courante chez les lévites puisque il est écrit : "Lorsque le lévite quittera l'une de tes portes, le lieu quelconque où il demeure en Israël, pour se rendre selon la plénitude de son désir, au lieu que l'Eternel choisira et qu'il fera le service au nom de l'Eternel, ton Dieu, comme tous ses frères les lévites qui se tiennent devant l'Eternel, il recevra une portion égale à la leur, et jouira en outre des revenus de la vente de son patrimoine" (Deutéronome 18:6). Il est cependant important de noter qu'il est lévite mais pas sacrificateur. 

Après s'être posé la question : "d'où venait-il ?", il est maintenant nécessaire de se demander "qui était-il ?". Et c'est là que survient une surprise de taille. Comme je l'ai dit plus haut, l'auteur ne donne son nom que tout à la fin du récit, au verset trente du chapitre suivant. Mais pour bien saisir toute l'ampleur de ce texte, il me semble nécessaire de mentionner sa véritable identité. "Jonathan, fils de Guerschom, fils de Manassé, lui et ses fils, furent prêtres pour la tribu des danites, jusqu'à l'époque de la captivité du pays" (Juges 18:30). A première vue, il n'y a là aucune indication suffisamment précise pour que l'on puisse identifier ce jeune lévite. En réalité, c'est le nom de son grand-père qui va nous permettre de l'identifier.

"Jonathan, fils de Guerschom, fils de Manassé".

"Manassé" (ou plus exactement "Manashé") s'écrit en hébreu avec les lettres "mêm noun shin hé".

Or, dans les manuscrits anciens, son nom s'écrit avec la lettre noun en plus petit caractère que les autres lettres. M n SH H. Comme si le "noun" avait été ajouté par après. En réalité, il n'en est rien.

Par contre, si on lit son nom sans la lettre "noun", on obtient alors Mêm SHin Hé, ce qui se lit "MOSHE" (traduit en français par "Moïse"). On peut donc lire ainsi : "Jonathan, fils de Guerschom, fils de Moïse". Guerschom étant le fils aîné du grand législateur, que celui-ci avait eu avec Séphora, la Madianite. Il fut l'ancêtre d'une grande maison patriarcale parmi les lévites mais il ne fut pas sacrificateur, la sacrificature étant réservée aux fils d'Aaron. Ainsi, il est écrit : "Les fils de Moïse, homme de Dieu, furent comptés dans la tribu de Lévi. Fils de Moïse : Guerschom et Eliézer. Fils de Guerschom, Schebuel, le chef" (1 Chroniques 23:14 à 16). A Schebuel, fils de Guerschom, fils de Moïse, échut une fonction importante puisqu'il était "intendant des trésors (nagiyd ha owtsaroth)". Il était Grand Intendant des Arsenaux, des magasins et des Finances. Il y a dans ce titre (nagiyd) la notion de "rendre des comptes" (nagad). C'était un poste à responsabilités. Par contre, les généalogies ne font ici nullement mention de ce Jonathan. Schebuel semble avoir été le fils unique de Guerschom, fils de Moïse. On peut donc en conclure, sur la base de ces textes, que ce Jonathan devait donc être l'arrière-petit-fils de Moïse. Je rappelle que ce récit se situe, chronologiquement, au tout début de l'histoire des Juges, la tribu de Dan n'avait encore à elle aucun territoire (Juges 18:1). Or, les récits relatés dans le livre de Josué s'étalent, tout au plus, sur une trentaine d'années. Trente ans étant l'âge requis pour exercer le lévirat ou la sacrificature. Les périodes de temps correspondent parfaitement pour que Jonathan, arrière-petit-fils de Moïse, puisse exercer le lévirat. D'autre part, si le père de Jonathan occupait de hautes fonctions dans l'administration, Jonathan le "lévite de Bethléem", quant à lui, semble avoir plutôt choisi une vie de bohème, loin de la carrière et des hautes fonctions que sa naissance aurait pu lui octroyer. Carrière et Destinée ne fixent pas toujours le même horizon.

À l'exemple du roi Manashé

Si l'identité de Jonathan est bien claire, celle de l'auteur du récit l'est beaucoup moins. Car cette petite lettre pose un gros problème. Les Sages d'Israël se sont bien évidemment penchés sur ce texte avec la plus grande attention. Ils se sont demandé pourquoi l'auteur du récit avait-il écrit une lettre de plus dans le nom de Moïse. Certains commentateurs ont prétendu que la période des Juges était une période tellement sombre qu'on ne pouvait lier le nom de Moïse à ce récit, mais cette argumentation n'a convaincu que peu de gens. D'autres ont dit, et c'est l'hypothèse la plus répandue, que l'auteur avait ajouté un "noun" pour faire référence au plus mauvais roi que le peuple d'Israël ait jamais connu de toute son histoire. Le règne de Manashé fut un très long règne mais aussi l'un des pires. L'association du nom de Manashé avec la période des Juges donnait le ton quant à la façon dont se déroula cette période de l'histoire d'Israël. Cette opinion pose cependant un problème quant à l'identité du rédacteur. En effet, Samuel ne peut avoir fait référence à un roi qui ne vint au pouvoir que longtemps après sa mort (Samuel ne connut point la fin de vie de David). On peut donc envisager une rédaction plus tardive par un second rédacteur. Ce qui justifierait son emplacement en fin de livre alors que, chronologiquement, il se placerait au tout début. Ainsi, cet appendice aurait été ajouté ultérieurement à l'œuvre rédactionnelle de Samuel (si toutefois celui-ci est bien l'auteur du livre des Juges). On pourrait également envisager un rédacteur du livre des Juges qui soit contemporain ou ultérieur au roi Manassé. Mais dans ce cas, l'auteur aurait dû utiliser des écrits déjà existants, ce qui revient à s'interroger à nouveau sur l'identité du premier auteur. Décidément, ce petit "noun", s'il nous révèle la véritable identité du lévite de Bethléem, nous voile en même temps la face quant à l'identité de celui qui nous en conte le récit. Cette petite phrase : "En ce temps-là, il n'y avait point de roi en Israël" (Juges 18:1) nous fournit une information. Le récit date, tout au moins, de l'époque davidique. Elle est peut-être même plus tardive. On en aurait eu la certitude si le mot "roi" avait été au pluriel. D'autre part, l'auteur semble faire mention du pays d'avant le schisme. Ce qui situerait l'auteur durant les époques davidique ou salomonienne et qui pourrait effectivement faire de Samuel, ou l'un de ses contemporains, l'auteur de ce récit. 

Mais revenons à cette double identité de "Moïse / Manashé". Quelle que soit leur opinion quant à l'orthographe de ce nom, les commentateurs s'accordent pour reconnaître qu'il s'agit bien de Moïse et que ce jeune lévite qui s'installe dans la maison de Mica n'est autre que l'arrière-petit-fils de Moïse et de Séphora, fille de Jethro, chef de clan madianite. Ainsi, il est écrit : "Moïse se décida à demeurer chez cet homme qui lui donna pour femme Séphora, sa fille. Elle enfanta un fils qui s'appelle Guerschom (étranger là) car, dit-il, j'ai été étranger (guèr) dans un pays étranger" (Exode 2:22). Texte qui fait étonnement écho à notre récit lorsqu'il est dit du jeune lévite que : "il se décida ainsi à rester avec cet homme qui regarda le jeune homme comme l'un de ses fils" (Juges 17:11). Une proximité qui rappelle celle que connut Moïse avec son beau-père Jethro qui l'accueillit dans sa maison comme un fils (l'époux de sa fille). 

J'aimerais revenir un instant sur un verset mentionné plus haut et présentant la disponibilité géographique des lévites : "il recevra une portion égale à la leur, et jouira en outre des revenus de la vente de son patrimoine" (Deutéronome 18:6). Vu l'origine sociale de ce lévite, et en regard de son mode de vie "bohème-opportuniste", on peut se demander ce qu'il advint de ce "patrimoine" familial. 

"Il décida ainsi de rester avec cet homme qui regarda le jeune homme comme l'un de ses fils. Mica consacra le lévite, ce jeune homme lui servit de prêtre et demeura dans sa maison. Mica dit : Maintenant, je sais que l'Eternel me fera du bien puisque j'ai ce lévite pour prêtre" (Juges 17:11 à 13). Cette relation entre Mica et Jonathan n'est pas sans rappeler celle qui unissait Jethro et son beau-fils, Moïse. En effet, les textes laissent entrevoir une relation respectueuse et amicale entre les deux hommes. Or, Jethro était sacrificateur de Madian. Et lorsqu'on lit que "Jethro se réjouit de tout le bien que l'Eternel avait fait à Israël" (Exode 18:9), on ne peut s'empêcher de penser à l'attitude de Mica qui s'exclame : "Maintenant, je sais que l'Eternel me fera du bien puisque j'ai ce lévite pour prêtre". Jonathan était en train de reproduire une vieille histoire de famille. 
 

Teraphim : petits dieux domestiques
On se souvient de Rachel dérobant les téraphim de son père


Les guerriers de Dan

"En ce temps-là, il n'y avait pas de roi en Israël, et la tribu des danites se cherchait une possession pour s'établir, car jusqu'à ce jour, il ne lui était point échu d'héritage au milieu des fils d'Israël" (Juges 18:1). Cette tribu fut la dernière à posséder un territoire. Déjà, dans le désert, Dan formait l'arrière-garde (Nombres 10:25) et sa bannière fermait la marche du peuple d'Israël (Nombres 2:31). La mention "car jusqu'à ce jour, il ne lui était point échu d'héritage au milieu des fils d'Israël" permet de situer chronologiquement cet épisode du livre des Juges juste "après la mort de Josué" (Juges 1:1).  Le territoire qui lui avait été initialement attribué jouxtait celui de leurs terribles ennemis, les Philistins. La portion échue à la tribu de Dan formait une enclave entre le vaste territoire de Juda,  au Sud, et celui d'Ephraïm, au Nord. Les danites occupaient alors les montagnes surplombant la plaine où vivaient les Philistins. Manoach, père de Samson le danite, était originaire de Tsoréa, village se trouvant à la limite de leur territoire (Josué 18:2 / 19:40 à 48). Josué avait autrefois envoyé douze hommes pour parcourir le pays de Canaan et l'explorer. Les danites s'inspirèrent de cette initiative. Une patrouille de cinq hommes fut détachée pour partir en reconnaissance, "pour examiner le pays et pour l'explorer" (Juges 18:2). Quel ne fut pas leur étonnement, en arrivant dans la maison de Mica (qui semble attirer beaucoup de monde), de rencontrer le jeune homme qu'ils semblaient bien connaître. "Ils reconnurent la voix du jeune lévite" (Juges 18:3). Ils  lui demandèrent : "Qui t'a amené ici ? Que fais-tu dans ce lieu et qu'as-tu ici ?". Il répondit : "Mica fait telle et telle chose pour moi, il me donne un salaire et je lui sers de prêtre". Les hommes de Dan lui demandèrent alors : "Consulte Dieu afin que nous sachions si notre voyage aura du succès. Et le prêtre leur répondit : allez en paix…" (Juges 18:3 à 6). Ce passage démontre bien la confusion spirituelle qui prédominait alors. Ces hommes le connaissaient comme lévite, mais dans la demeure de Mica, il occupait la fonction de "cohen". Dans la hiérarchie lévitique, le cohen était spécifiquement un sacrificateur. Mais dans les textes bibliques, ce terme peut revêtir un sens plus large. Le prêtre d'On, beau-père de Joseph, est nommé cohen. Jethro, beau-père de Moïse, dont j'ai parlé plus haut, est également appelé "cohen" de Madian. De façon générale, ce terme désigne donc le prêtre d'une religion, quelle qu'elle soit. N'étant pas de la descendance d'Aaron, frère de Moïse, Jonathan n'aurait pu être "cohen" dans le sens lévitique du terme. Dans la maison de Mica, le jeune lévite officiait dans une "maison de dieu" où trônaient des statuettes de dieux domestiques. Il pouvait ainsi exercer les fonctions de prêtres dont le lévirat lui avait ouvert les portes. 

"... et je lui sers de prêtre. Les hommes de Dan lui demandèrent : Consulte Dieu… et le prêtre leur répondit…". Un nouveau rapport s'était établi entre ces guerriers et ce jeune lévite. A leurs yeux, il était ce qu'il prétendait être. Ils le voyaient désormais comme étant investi de l'autorité que lui conférait sa fonction. Et c'est à ce titre qu'ils lui demandèrent de consulter Dieu. Tout au moins, c'est ainsi que cela nous est présenté par les traductions. Le texte hébreu dit : "Seal bêlohim". Le mot "Elohim" est l'un des noms de Dieu. Mais il est également utilisé, dans divers contextes, pour désigner "des" dieux. Jonathan vient de faire part à ces guerriers de ses nouvelles fonctions. Ils le voient maintenant servant des teraphim. La confusion spirituelle qui règne à cette époque peut laisser entendre une certaine forme de syncrétisme entre le culte du Dieu d'Israël et les idoles. Alors, de quel "Elohim" parlent-ils ? Du Dieu d'Israël ? Des teraphim ? D'une "divinité" qui serait une sorte d'amalgame entre les deux ? L'attitude des guerriers de Dan que l'on découvre plus loin dans le récit, laisserait plutôt penser à cette dernière hypothèse (Juges 18:30, 31). On dit que l'habit ne fait pas le moine, mais lorsque l'on n'est pas trop regardant, l'apparence peut suffire. Il y avait, dans la démarche spirituelle de ces hommes, quelque chose qui ressemblait plus à de la superstition religieuse qu'à une véritable dévotion. Quatre siècles plus tard, alors que le dernier des Juges, Samuel, venait de mourir, le roi Saül alla consulter une voyante. Ayant reconnu le roi, celle-ci prit peur. Mais c'est revêtu de sa position royale qu'il la couvrit de sa protection (1 Samuel 28:12, 13). La période des Juges avait pris fin pour laisser la place à la monarchie, mais les mentalités n'avaient pas changé. 

Les cinq hommes montèrent jusqu'à la ville de Laïsch. Une petite bourgade tranquille tout au Nord du territoire de Nephtali, à l'extrême Nord du pays d'Israël. Revenus à Tsoréa, ils encouragèrent leurs frères à s'emparer de cette petite ville tranquille et isolée. Elle n'avait pas de murailles et vivait en quasi autarcie. Une cible facile, sans risque. Une aubaine à saisir. Les cinq hommes réussirent à vaincre la réticence de leurs frères danites. Et ils ajoutèrent : "Dieu l'a livré entre vos mains. C'est un lieu où rien ne manque de ce qui est sur la terre" (18:10). On serait en droit de se demander ce qui a poussé ces hommes à prétendre que Dieu avait lui-même livré cette ville entre leurs mains alors que le territoire qui leur était alloué était là où ils se trouvaient en ce moment. Mais la parole d'un prêtre rencontré dans la montagne d'Ephraïm n'y était peut-être pas étrangère. Qu'avait-il dit ? Après qu'ils lui aient demandé de consulter Dieu sur la finalité de leur voyage, ce prêtre leur avait répondu : "Allez en paix ! Le voyage que vous faites est sous le regard de l'Eternel" (18:6). Ces hommes s'étaient reposés sur la bénédiction de ce prêtre. Celui-ci les avait assurés d'un soutien divin. Cette opportunité ne pouvait être qu'une bénédiction divine. Il ne leur restait plus qu'à s'en saisir. Mais ces cinq hommes ne projetaient pas seulement de s'emparer de la ville d'un peuple tranquille. Ils nourrissaient également un autre dessein. 

Six cents guerriers de la tribu de Dan se mirent en route en direction de Laïsch. Sur leur chemin, ils s'arrêtèrent à Kirjath-Jearim, dans le territoire de Juda (Juges 18:12) et ils campèrent aux alentours de la ville. En souvenir de ce campement, ce lieu fut appelé Machané-Dan, le camp de Dan. C'est en ce lieu que l'Esprit de Dieu commença à s'adresser à Samson (Juges 13:25). La façon dont ce lieu est mentionné dans ces deux passages prouve bien que le récit qui nous occupe ici est bien antérieur à celui de la vie de Samson. 

"Ils passèrent de là dans la montagne d'Ephraïm, et ils arrivèrent jusqu'à la maison de Mica" (18:13). Il semble bien que ces cinq hommes avaient ourdi le projet de s'emparer des objets de culte de Mica lorsqu'ils s'étaient arrêtés dans sa maison lors de leur premier voyage. Mais avant de poursuivre plus avant dans ce récit, il me faut faire une petite parenthèse qui me semble judicieuse. 

Un brusque revirement 

Les personnages de la Bible portent parfois plusieurs "casquettes". Ce jeune lévite de Bethléem était à la fois un habitant de la montagne d'Ephraïm, une connaissance des guerriers de Dan, l'arrière-petit-fils de Moïse, et le prêtre d'un culte idolâtre. Pour bien comprendre le texte, il est nécessaire de tenir compte de l'identité du personnage qui interagit en un lieu, en un temps donné, dans un contexte donné. Mais il est encore une autre facette de ce personnage, et non des moindres, dont il faut tenir compte. Il était également l'hôte et le salarié de Mica, le propriétaire de ces "objets de culte". Et cela présente une importance de taille dans la compréhension de ce qui va suivre. 

"Alors les cinq hommes qui étaient allés pour explorer le pays de Laïsch prirent la parole et dirent à leurs frères : Saviez-vous qu'il y a dans ces maisons-là un éphod, des teraphim, une image taillée et une image en fonte ? Voyez maintenant ce que vous avez à faire. Ils s'approchèrent de là, entrèrent dans la maison du jeune lévite, dans la maison de Mica, et lui demandèrent comment il allait" (18:14, 15). Leurs intentions n'étaient pas belliqueuses et leur attitude envers le lévite n'était en rien modifiée, mais il n'était plus, à ce moment-là, que le lévite qu'ils avaient connu autrefois. Il n'était plus le prêtre à qui ils avaient demandé la bénédiction pour leur voyage. Il n'était plus le prêtre à qui ils avaient demandé de "consulter Dieu" (ou "les dieux") sur le bon déroulement de leur expédition. Leur intention de s'emparer du contenu de la "maison de dieu" surpassait de loin une quelconque déférence envers sa fonction de prêtre. Les cinq hommes s'introduisirent dans "la maison du jeune lévite" (18:15) et s'emparèrent de l'éphod, des teraphim, de l'image taillée et de l'image en fonte sous les yeux stupéfaits de celui-ci. Il est intéressant de noter ici que le texte désigne le jeune homme comme "le jeune lévite" et non plus comme "prêtre". A cet instant précis, les cinq hommes ne voyaient plus en lui que le jeune homme qu'ils avaient connu autrefois. La fonction qu'ils lui avaient reconnue, lors de leur première expédition, n'était à ce moment-là plus d'actualité. Le jeune lévite ne pouvait donc pas invoquer son statut pour s'opposer à leur pillage. Et s'il avait essayé de le faire, il l'aurait probablement payé de sa vie.

Lorsqu'il leur eut dit : "Que faites-vous ?" d'un ton réprobateur, de toute l'autorité que son rôle de prêtre lui conférait, les cinq danites lui répondirent : "Tais-toi, mets ta main sur ta bouche". Autrement dit : "Ecoute ! Nous on t'aime bien, mais si tu essaies de t'y opposer… il se peut fort bien que l'un de ces six cents hommes munis de leurs armes de guerre te tranche la gorge". Ce à quoi les cinq hommes ajoutèrent : "Viens avec nous, tu nous serviras de père et de prêtre. Vaut-il mieux que tu serves de prêtre à la maison d'un seul homme, ou que tu serves de prêtre à une tribu et une famille en Israël ?". A ce jeune lévite qui venait de perdre sa fonction et les attributs de son culte, on proposait soudain une promotion. Comment refuser ? Il était évident qu'après un tel pillage, il ne pourrait demeurer encore longtemps dans la maison de Mica. Même s'il fut un temps où celui-ci le considérait comme "l'un de ses fils" (17:11). Il serait très vite redevenu "le lévite de Bethléem de Juda".  Lui qui voyageait pour "trouver une demeure qui lui convienne", il y serait très vite devenu "persona non grata" (personne non désirée). Un joli euphémisme que l'on utilise généralement pour signifier à quelqu'un qu'il n'a pas intérêt à y remettre les pieds. Le jeune homme comprit donc très vite où était son intérêt. Et le texte poursuit : "Le prêtre éprouva de la joie dans son cœur, il prit l'éphod, les teraphim et l'image taillée, et se joignit à la troupe" (18:20). L'instant d'avant, il s'offusquait que l'on se soit permis de s'emparer des objets de son culte, l'instant d'après, il en prenait lui-même possession. Un brusque revirement qui montre un certain opportunisme totalement dénué de reconnaissance envers celui qui l'avait accueilli sous son toit, et qui plus est, était également le propriétaire de ces objets, fussent-ils idolâtres. Les soldats s'étaient rendus coupables de pillage. De par son acte, "le lévite de Bethléem" devenait leur complice. Alertés par les cris de Mica, les voisins accoururent. Ils virent une longue troupe de guerriers passer devant eux. Mica les invectiva de vive voix mais ceux-ci lui dirent comme au jeune lévite : "Tais-toi, sinon… tu causeras ta perte et celle de ta maison " (18:25). Autrement dit : "Si tu tiens à ta vie et à celle de ta famille, ne cherches pas à t'opposer à nous". Décontenancé, Mica se résigna, conscient de risquer sa vie en voulant tenter de défendre en vain sa cause (18:26). L'argent qu'il avait autrefois dérobé à sa mère avait été transformé en idole et en image taillée. Le produit de son larcin lui était volé à son tour.   

De Laïs à Dan 

Les danites massacrèrent les habitants de cette petite ville tranquille et sans défense. Ces valeureux guerriers ne s'en prirent qu'à des civils pour leur dérober leurs biens. Ils rebaptisèrent cette ville du nom de Dan. "Ils l'appelèrent Dan, d'après le nom de Dan, leur père qui était né à Israël (Jacob), mais la ville s'appelait autrefois Laïsch" (18:29). Probablement avaient-ils oublié ce que leur père Jacob / Israël avait prophétisé sur Dan (et de ce fait sur sa descendance). Il avait dit : "Dan sera un serpent sur le chemin, une vipère sur le sentier, mordant les talons du cheval pour que le cavalier tombe à la renverse" (Genèse 49:17). Cela dépeignait un caractère peu glorieux, mais ô combien conforme à l'attitude qu'il venait de manifester à l'égard de cette population sans défense. "La ville s'appelait autrefois Laïsch". Pour tous ceux qui avaient autrefois connu cette petite ville tranquille et sans histoire, le souvenir de cet horrible massacre ne pourrait s'effacer. D'en avoir changé le nom n'en effacerait nullement la mémoire. Le sang innocent en avait, pour toujours, souillé les murs. Le souvenir de Laïsch hanterait à jamais les maisons de la ville de Dan.  

"Ils dressèrent pour eux l'image taillée, et Jonathan, fils de Guerschom, fils de Manassé / Moshé, lui et ses fils, furent prêtres pour la tribu des danites jusqu'à l'époque de la captivité du pays. Ils établirent pour eux l'image taillée qu'avait faite Mica, pendant tout le temps que la maison de Dieu fut à Silo" (18:30, 31). Comme je l'ai dit plus haut, l'auteur de ce récit n'a révélé le nom du "lévite de Bethléem" qu'à la fin. Il devait être profondément choquant, pour les contemporains du rédacteur tout comme pour nous aujourd'hui, de découvrir que celui-ci était en réalité le petit-fils ou l'arrière-petit-fils de Moïse, "Jonathan, fils de Guerschom, fils de Manassé". Mais il semble que les fils de Jonathan devinrent, à leur tour, prêtres de ce culte idolâtre. Il est dit que "Ils établirent pour eux l'image taillée qu'avait faite Mica". L'origine de cette idole était donc connue, ainsi que le nom de son ancien propriétaire. Connaissaient-ils également les circonstances par lesquelles cette idole s'était retrouvée à Dan ? C'est probable. "Lui et ses fils, furent prêtres pour la tribu des danites jusqu'à l'époque de la captivité du pays". Ce qui entend une période assez longue. Il y eut une véritable filiation dans le culte de cette idole. On se souvient que Schebuel, le fils Guerschom, fils aîné de Moïse, n'avait qu'un seul fils, Jonathan. Ce qui signifie que la descendance directe de Moïse, par cette branche, produisit des prêtres d'un culte idolâtre. "Pendant tout le temps que la maison de Dieu fut à Silo" (Juges 18:31). Le Tabernacle avait été dressé à Silo, mais la tribu de Dan entretint son propre culte sur ce territoire qu'elle s'était octroyé en massacrant la population d'une ville sans défense. 

Tout cela était parti d'une somme d'argent que Mica avait dérobé à sa mère (Juges 17:1, 2). Celle-ci voulut en faire don à l'Eternel en faisant fabriquer des idoles avec cet argent (17:3, 4). Mica mit ces idoles dans son "lieu de culte" et loua les services d'un " prêtre défroqué" pour en devenir le prêtre attitré de la maison. Des pillards s'emparèrent des attributs du culte et dévoyèrent le prêtre en question. Après avoir passé par le fil de l'épée une population innocente, toujours avec le consentement plus ou moins avoué du dit prêtre, ils s'installèrent dans la ville pour en faire leur fief. Ils y établirent alors un culte avec les idoles volées, dédaignant le lieu où se tenait le sanctuaire de Dieu, à Silo. "Ils établirent pour eux l'image taillée qu'avait fait Mica, pendant tout le temps que la maison de Dieu (le Tabernacle) fut à Silo" (Juges 18:31). Ces guerriers danites, s'étant résolument éloignés du patrimoine qui leur était échu en partage, se démarquèrent également du culte rendu au Dieu d'Israël qui avait conduit leurs pères dans ce pays. Ils lui opposèrent celui d'une idole dérobée que servait un lévite, devenu prêtre d'un culte improbable. Cet épisode, qui introduit l'histoire du livre des Juges, laissait entrevoir ce que serait cette sombre période de l'histoire du peuple d'Israël.  

 

JiDé

 

Notes

*Le découpage en chapitres étant très tardif (treizième siècle de notre ère), il faut considérer qu'il y a une continuité dans le récit entre les chapitres 18 et 19. 

Chacun faisait ce qui lui semblait bon
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