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La Bible parle-t-elle de l'Europe ?

La Bible parle-t-elle de l'Europe ?

La Bible parle-t-elle de l'Europe ? Je ne suis probablement pas le seul à m'être posé cette question. Bien évidemment, si la Bible aborde le thème universel qu'est celui de l'humanité, elle parle forcément de toutes les populations du Monde, passées, présentes et à venir, y compris celles de l'Europe. Le message de l'Evangile est également universel. Il touche et concerne tout être humain, qu'il en veuille ou non. Mais de façon plus spécifique, y aurait-il, quelques part dans les Ecritures saintes, un ou des textes qui concerneraient notre Continent ? Si ce que l'on nomme habituellement "l'Ancien Testament" est plus particulièrement centré sur ces régions que l'on désigne aujourd'hui comme étant le Proche et le Moyen-Orient, le Nouveau Testament nous dépeint, lui, les voyages de l'apôtre Paul en Grèce, à Chypre, à Rome. On est cependant là dans des contextes précis, dans des lieux déterminés qui sont alors des provinces de l'Empire romain. La notion "d'Europe" telle que nous la concevons aujourd'hui est alors, aux contemporains de Paul, totalement étrangère. Mais les Ecritures saintes ont-elles quelque chose à nous dire à propos de l'Europe d'aujourd'hui, en tant que continent ? En tant que "entité économique" ? Voire, en tant que peuples européens ? C'est ce que je vais essayer de démontrer tout au long de cet article. 

Avant d'aller plus loin, il nous faut déterminer l'objet de notre recherche. Si nous parlons de l'Europe, nous parlons d'un continent, de populations diverses, de pays, de républiques, de monarchies, d'une organisation politico-économique et de toutes ses ramifications politiques, commerciales, industrielles, etc... Nous parlons également de l'Europe du vingt-et-unième siècle, telle qu'elle se présente aujourd'hui comme l'union de vingt-six ou vingt-sept nations indépendantes. Par delà le continent, il nous faut également inclure le Royaume-Uni qui, s'il s'est désolidarisé de l'Union Européenne, est toujours considéré comme faisant partie intégrante de l'Europe. Maintenant, revenons quelques soixante années en arrière. Le visage de l'Europe n'est déjà plus le même. L'Algérie est française. L'Allemagne est coupée en deux. L'Europe aussi. D'un côté, le bloc de l'Ouest, considéré comme "le Monde libre". De l'autre côté du Rideau de Fer, le Bloc Soviétique, l'Europe de l'Est. Une "Guerre froide" oppose les deux entités. Les Etats-Unis et l'Union Soviétique s'observent, se jaugent et accumulent les armes nucléaires. "Pour avoir la paix, préparons la guerre". C'est le slogan de l'époque. Les Français sont en Indochine, les Américains au Vietnam. 

Reculons encore un peu dans le temps. Quelques décennies. L'Angleterre et la France possèdent d'immenses colonies, en Afrique, en Asie, au Proche et au Moyen-Orient. L'Inde réclame son indépendance. Lord Mountbatten la lui accorde. Les unes après les autres, les nations réclament la leur. Le glas sonne la fin du "temps des colonies". Le Monde change. La Syrie et le Liban sont sous Protectorat français alors que la Palestine, jusqu'alors petite province oubliée de l'immense empire ottoman, vit sous Mandat britannique. L'Europe rentre dans ses frontières. En Palestine (ce nom de Palestine lui avait été donné par les Romains en référence au "pays des Philistins"), les Anglais se retirent sur la pointe des pieds, ayant promis la même terre aux Arabes et aux Juifs. 1948, Israël proclame son indépendance. L'Europe perd peu à peu ses colonies qui deviennent des Etats indépendants. Cela ne l'empêche pas de continuer à interférer dans la politique de ces jeunes nations qui ne renient pas le soutien que leur prodiguent les puissances du Vieux Continent. La France est alors plutôt favorable à Israël qui représente un enclave "européenne" dans ce bloc des pays arabes où l'on a découvert la richesse des sous-sols. Le pétrole va faire la fortune des Emirats. Leurs puissance économique également. En 1973, la guerre éclate à nouveau en Israël. La France est alors tenue de se positionner favorablement pour la ligue arabe sous peine de se faire couper les robinets du pétrole.

C'est le début de la Crise économique. Divers conflits éclatent un peu partout dans le monde. Des dictatures s'imposent en Argentine, en Amérique Centrale et en Amérique du Sud. En Grèce, avec les "Colonels". Puis, vient la période des attentas meurtriers, des détournements d'avions, des coups d'Etats sanglants. En Europe, Monet et Schuman construisent un Marché Commun. Cela deviendra la Communauté Economique Européenne, plus tard muée en Union Européenne. Un immense bâtiment est édifié pour elle à Bruxelles. Un chantier titanesque. Un autre sera construit à Strasbourg, en forme de Tour de Babel. Forme évocatrice de "l'esprit de l'Europe" qui veut unir autant ses forces que la diversité de ses langues. Ce que les bâtisseurs de la plaine de Schinéar, en Babylonie, n'ont pu réaliser, l'Europe va l'achever.

Ce petit retour en arrière permet de se rappeler que l'Europe n'a pas toujours eu le visage qu'elle a aujourd'hui. Mais ceci permet également de préciser la question de départ. La Bible a-t-elle quelque chose à nous dire de l'Europe d'aujourd'hui ? Et si oui, s'était-elle déjà, en quelque sorte, exprimée sur l'Europe d'hier ? S'exprime-t-elle sur les nations qui furent autrefois une "extension" de ses vastes empires ? Je pense bien évidemment aux Etats-Unis, à l'Australie, à la Nouvelle-Zélande… Et que dire de la Hollande, de l'Espagne et du Portugal qui édifièrent autrefois des empires commerciaux prospères en Amérique du Sud ou sur les côtes occidentales de l'Afrique ? La Bible n'aurait-elle rien à dire sur ces phénomènes de l'Histoire ? Se contenterait-elle de conter le récit de quelques peuples d'Orient, dans une époque reculée ? De civilisations dont il ne reste plus aujourd'hui que des ruines ? Les Prophètes hébreux, qui ont élevé la voix sur ces nations qui leur étaient contemporaines, n'auraient-ils rien à dire sur celles du Monde Moderne ? Celles-ci n'en diffèrent que peu quant à leur appétit de puissance, de richesses et de pouvoir. Le prophète Daniel n'a-t-il pas annoncé la venue d'une "quatrième bête" que l'Histoire permit d'identifier comme étant l'Empire Romain ? N'a-t-il pas annoncé le retour de celui-ci, symbolisé par "les orteils de fer et d'argile" ? Un empire romain. Un empire européen. Cela ne ressemble-t-il pas étrangement à ce que nous venons d'évoquer ? 
 

L'Empire Romain


Question de sens

Par quels mots la Bible pourrait-elle désigner cette "vieille Europe" qui, au regard des civilisations antiques, semble encore si jeune ? Pour le découvrir, il nous faut nous replacer sur ces terres d'Orient qui virent se dérouler tous ces événements relatés en détails dans les récits bibliques. Car, de notre point de vue, ces terres inhospitalières et désertiques se trouvent "à l'Orient" de notre cher vieux continent. Mais en nous transportant, ne fut-ce qu'un instant, sur les rives méditerranéennes du pays philistin ou de la Phénicie (le Liban actuel), nous pourrions regarder en direction de celle-ci, à l'Occident. L'Occident ! Ce qui n'était, au départ, qu'une direction cardinale a donné son nom à une civilisation. Fière de ses découvertes, de ses réalisations et de ses conquêtes. Pour pouvoir poursuivre notre investigation, il va nous falloir utiliser le langage des Prophètes. La langue des Hébreux. C'est elle qui va nous donner les clefs nécessaires pour déchiffrer ce mystère. Car ce mot, "Occident", peut prendre bien d'autres sens lorsqu'on le lit dans une perspective prophétique. Sept mots hébreux peuvent être traduits, entre autres, par "Occident". Je n'en relèverai que quelques uns. Mais, avant de poursuivre, il me faut préciser une chose nécessaire à la bonne compréhension de ce qui va suivre. Nous considérons généralement que, pour s'orienter, il nous faut nous référer à cette direction cardinale qu'est le Nord. Si nous nous positionnons face au Nord, nous avons le Sud dans le dos, l'Ouest à notre gauche et l'Est à notre droite. Mais ce n'est pas le cas pour un Oriental. Celui-ci se référera plutôt à l'Est. Face à celui-ci, il aura donc l'Ouest dans le dos, le Nord à sa gauche et le Sud à sa droite. Pour mieux comprendre cette notion d'orientation, il nous faut nous référer à deux textes de la  Bible. Le premier se trouve dans le livre de la Genèse, relatant un événement qui s'est produit lors de la séparation d'Abraham d'avec son neveu Lot (Genèse 13:9). Abraham dit à Lot : "Si tu vas à gauche (semo'wl), j'irai à droite (yamiyn), si tu va à droite (yamiyn), j'irai à gauche (semo'wl)" (Genèse 13:9). Autre exemple dans le livre de Job. "Est-il occupé au Nord (semo'wl), se cache-t-il au Midi (yamiyn) ?" (Job 23:9). Si "semo'wl" désigne "le Nord", la gauche de celui qui est face à l'Est, "yamiyn" désigne, quant à lui, "le Sud", la droite.    

Toutes ces choses ne semblent pas nous rapprocher de notre "bonne vieille Europe", mais il est nécessaire de les comprendre avant d'aller plus loin. Pour pouvoir entrer dans la façon de penser d'un prophète Hébreu, oriental et "asiatique" de surcroit, dans le sens continental du terme. Mais la suite va nous éclairer plus avant. Une dernière notion est nécessaire à la compréhension de ce positionnement et de ses implications. Voici notre prophète orienté vers l'Est (le Qedem). Le mot "Qedem" signifie : "l'Est, l'Orient, oriental, ce qui est devant, le temps passé, l'ancien temps, ce qui était autrefois, à l'origine, anciennement, le commencement". Cette définition nous permet de voir une différence flagrante entre l'axe Nord / Sud (qui lui donne un positionnement géographique) et la direction dans laquelle regarde notre observateur (qui l'oriente dans le Temps). Le regard posé vers l'Est permet donc à notre observateur de se positionner à la fois dans l'espace et dans le temps. Cette notion est fondamentale dans la compréhension de la parole prophétique, car celle-ci transcende l'un et l'autre. 

Ainsi, lorsque notre prophète regarde vers l'Est (le Qedem), il pose un regarde vers le Passé. Cela n'a rien à voir avec une quelconque notion de nostalgie, de regrets de "temps anciens". Il s'agit, au contraire, d'un ressourcement, d'un repositionnement. Le Qedem, c'est aussi "le commencement". Qu'en était-il à l'origine ? Celui du Monde, mais surtout celui des événements sur lesquels il est appelé à prophétiser. Le prophète biblique ne fait pas que proclamer une parole inspirée. Sa pensée englobe la situation, le contexte, les conditions du moment. Tout est pris en compte. La parole est proclamée dans un cadre précis. Elle est adressée à une population bien définie. Mais la portée de ses paroles va bien au delà. Elle exprime une Parole de Dieu intemporelle qui concerne toute l'humanité. Ce qui fait qu'aujourd'hui encore, la lecture de ces textes est toujours aussi inspirante pour nous qui vivons dans cette Europe du vingt-et-unième Siècle, qu'elle le fut pour ceux à qui elle était adressée primitivement. C'est dans ces temps anciens que nous trouverons les réponses que nous cherchons. 

La parole me fut adressée en ces mots

"La Parole de l'Eternel me (ou lui) fut adressée en ces mots". On retrouve cette expression plus de quatre-vingt dix fois dans les Ecritures, principalement dans la bouche de Jérémie et d'Ezéchiel. Ezéchiel la fait parfois précéder d'une date (Ezéchiel 24:1 / 29:1 / 32:1). La prophétie s'inscrit à la fois dans le temps et dans l'espace. Elle traversera les mers et les océans pour nous parvenir sous forme de codex, tel que nous le connaissons aujourd'hui dans nos Bibles actuelles. Celles-ci ont été traduites, à ce jour, dans presque toutes les langues, dialectes et langages écrits de la planète. Mais lorsque le prophète écrit : "La Parole de l'Eternel me fut adressée en ces mots", il entend par cela les mots mêmes qu'il a entendus de la bouche de Dieu. Ceux-ci furent prononcés dans sa propre langue : en hébreu. Mais une langue est également le vecteur d'un mode de pensée. C'est pourquoi il nous est nécessaire de revenir "au commencement, à l'origine, au Qedem" pour en comprendre correctement le sens.

Maintenant que nous avons mis les pieds sur le rivage de ce continent où tout a commencé, nous pouvons, nous aussi, nous tourner vers "l'Est, vers l'Orient"pour regarder "vers le Passé", vers "ce qui a été, ce qui était autrefois au commencement". Mais si l'on regarde "vers le Passé", cela entend que l'on tourne le dos… au Futur ! Mais c'est là, encore une fois, une subtilité de cette pensée orientale qui ne cesse de nous interpeler et de nous surprendre. Car si l'on tourne le dos au Futur, c'est parce que l'on ignore de quoi celui-ci sera fait. On ne peut donc le voir, ni le connaître. 

Le Passé, celui de notre "bonne vieille Europe", je l'ai évoqué au début de cet article. J'ai mentionné également les interactions que celle-ci eut autrefois avec ce continent asiatique sur lequel nous nous sommes posés. Notre regard s'est alors dirigé en direction du "soleil levant". Un empire, que je n'ai pas encore évoqué jusqu'ici, a pris cette image pour symbole : le Japon, le pays du Soleil Levant, situé très à l'Est de notre vieux continent. Dans la première partie du vingtième siècle, un conflit opposa deux puissances, deux civilisations : l'une jeune, les Etats Unis d'Amérique, l'autre plusieurs fois millénaire, le Japon. Lorsqu'une bombe atomique explosa sur Hiroshima, une onde de choc se fit sentir, tant dans les corps meurtris que dans les consciences. Cette explosion mit fin à la Guerre du Pacifique qui opposait les deux puissances. Mais elle fit également entrer l'Humanité dans une nouvelle ère. L'Avenir était dans notre dos. Nous ne l'avions pas vu venir. 

Le Jour se lève sur Edom 

L'Avenir ne se lit pas dans une boule de cristal. Il s'appréhende par la compréhension des événements du Passé et l'étude des Ecritures. Et c'est en cela que la parole prophétique prend tout son sens. Ces quelques mots de l'apôtre Pierre pourraient nous permettre de mieux comprendre le sujet sur lequel nous nous sommes penchés : "Et nous tenons pour d'autant plus certaine la parole prophétique à laquelle vous faites bien de prêter attention comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu'à ce que le jour vienne à paraître et que l'étoile du matin se lève dans vos cœurs" (2 Pierre 1:19). Que dit-il ? Il nous conseille d'être attentifs à la parole prophétique (celle des anciens prophètes de la Bible). Celle-ci est comparée à "une lampe qui brille dans un lieu obscur jusqu'à ce que le jour vienne à paraître et que l'étoile du matin se lève". Selon l'apôtre Pierre, "la parole prophétique" brille dans la "nuit" (les temps dans lesquels nous vivons). Mais "le matin vient". Ce temps où le Seigneur régnera sur la Terre. Le prophète Esaïe dit quelque chose d'intéressant à ce propos : "Oracle sur Dūmā, on me crie de Séir : Sentinelle, que dis-tu de la nuit ? Sentinelle, que dis-tu de la nuit ? La sentinelle répond : Le matin vient et la nuit aussi. Si vous voulez interroger, interrogez. Convertissez-vous et revenez !" (Esaïe 21:11, 12). Le mot "sentinelle" se dit en hébreu "shamar", ce qui peut se traduire, entre autres, par "faire attention". Ainsi, lorsque l'apôtre Pierre écrit : "Car vous faites bien de prêter attention (grec : "prosecho") à la parole prophétique", il invite ses lecteurs à se tenir en "sentinelles" qui scrutent les ténèbres de la nuit jusqu'à ce que paraisse "l'étoile du matin", le Seigneur Jésus lui-même (Apocalypse 22:16). 
 

La Parole... une lampe qui brille dans un lieu obscur


Esaïe introduit sa prophétie par ces mots : "Oracle sur Dūmā, on me crie de Séir…". Le mot "Dūmā" signifie "silence". On me crie "silence" ? Chercherait-on à faire taire la sentinelle ?... Dūmā, c'est le nom de l'un des fils d'Ismaël (Genèse 25:14) dont la tribu était située à la frontière de la Syrie et de l'Arabie. "On me crie de Séir…".  L'Ecriture nous apprend que le pays de Séir (Genèse 32:3), c'est la région où vécut Esaü, le frère de Jacob, qui est aussi appelé "Edom" (Genèse 36:19). Esaü/Edom s'y établit donc (Genèse 36:8) et devint le père d'une nombreuse postérité dans le pays qui devint ainsi "le territoire d'Edom" (Genèse 36:19). Mais en quoi cela peut-il présenter ici un quelconque intérêt ? En ceci : c'est que les Sages d'Israël ont dit, et ce depuis le début de notre ère, que Edom c'est Rome (entendez l'empire romain). Mais, Edom représente aussi, symboliquement, l'Europe et, par extension, le Monde Occidental. Comme l'a dit un auteur-compositeur breton célèbre : "aux confins du Vieux Monde et du Nouveau Monde" (il parlait du pays celte). L'Ecriture nous dit également : "Voici la postérité d'Esaü, père d'Edom, dans la montagne de Séir" (Genèse 36:9). Esaü est le "père", l'ancêtre de la nation Edomite. Prophétiquement, Esaü est donc  le "père fondateur" de l'Europe au travers, comme nous l'avons vu, de Rome et de son Empire. Ce même empire qu'avait déjà entrevu le prophète Daniel sous la forme d'une "quatrième bête" (Daniel 7:7, 8).  Cette "bête" qui a imposé à l'Occident ses valeurs, ses croyances et ses dogmes. Mais alors, pourquoi vouloir imposer le silence ? Qui voudrait-on faire taire ? Quelle vérité chercherait-on à dissimuler ? Peut-être, justement, ce que la Bible a à nous enseigner sur les origines de l'Homme. L'Occident ne s'est-il pas, progressivement, débarrassé de la croyance en un Dieu unique pour se donner "une foule de docteurs" (2 Timothée 4:3) qui lui donne à croire ce qu'elle veut bien entendre ? Les récits bibliques sont taxés de légendes. Le récit du Déluge, un mythe. On lui préfère cette hypothèse jamais démontrée mais cependant érigée en dogme qu'est la théorie de l'évolution. Théorie qui satisfait pleinement ceux qui refusent de voir en la Bible le récit de cette humanité, créée autrefois "à l'image de Dieu". 

La Bible nous présente "les origines" (toldoth) de l'Univers, ainsi que celles de l'Humanité. Il nous est dit : "Voici les origines (toldoth) des cieux et de la terre (Genèse 2:4), "voici le livre de la postérité (toldoth) d'Adam" (Genèse 5:1), "voici la postérité (toldoth) de Noé" (Genèse 6:9),"voici la postérité (toldoth) des fils de Noé" (Genèse 10:1)… le texte biblique poursuit en disant : "telles sont les familles de Noé, selon leurs générations, selon leurs nations, et c'est d'eux que sont sorties les nations qui se sont répandues sur la terre" (Genèse 10:32). "Voici la postérité (toldoth) de Sem" (Genèse 11:10), "voici la postérité (toldoth) de Térach" (Genèse 11:27), "Voici la postérité (toldoth) d'Ismaël" (Genèse 25:12), "voici la postérité d'Isaac" (Genèse 25:19). Et enfin, on y arrive : "voici la postérité d'Esaü qui est Edom" (Genèse 36:1). Que peut-on conclure de la lecture de tous ces noms ? Que cet "Edom" a "une histoire (toldoth) étroitement liée à ses origines. Et que si, symboliquement, il personnifie cet empire romain, il n'en demeure pas moins un être de chair, issu des reins de son ancêtre Noé, de la postérité de Sem. 

Voyons maintenant ce que dit le prophète à la lumière de cette information. "Oracle sur le silence. On me crie du pays d'Edom, prêtez attention !..." (je fais ici une interprétation libre). Une voix tente de s'élever de cette "bonne vieille Europe". Mais on cherche à la faire taire ! Que dit-elle ? Que dit-elle "cette parole prophétique à laquelle vous faites bien de prêter attention" ? Elle dit "le matin vient, et la nuit aussi". Si nous regardons vers l'Est, vers le qedem, nous verrons le jour se lever. Mais ce jour, c'est le "Jour de l'Eternel". Ce jour "grand et terrible". C'est pourquoi le prophète Esaïe dit, par la bouche de cette sentinelle : "le matin vient, et la nuit (les ténèbres) aussi". Pour le prophète Joël, ce "jour est grand et terrible", pour Malachie, il est "grand et redoutable". Mais pour l'apôtre Pierre, il est "grand et glorieux". S'inspirant des paroles du prophète Joël, Pierre annonce que "le soleil se changera en ténèbres, et la lune en sang. Avant l'arrivée du Jour du Seigneur, de ce jour grand et glorieux" (Actes 2:20, 21). Ainsi, lorsque l'on regarde vers le qedem, on peut voir se profiler à l'horizon ce Futur que l'on ne pourrait connaître autrement. 

Jusqu'aux extrémités de la Terre  

Comment cela a-t-il commencé ? Pour le savoir, il nous faut regarder loin, très loin, à une époque fort lointaine, à l'horizon des temps reculés. Tout a commencé sur une montagne que l'on situe aujourd'hui en Arménie. Sur le Mont Ararat. "Et l'arche s'arrêta sur les montagnes d'Ararat" (Genèse 8:4). Après que Noé fut sorti de l'arche, "Dieu bénit Noé et ses fils et leur dit : Soyez féconds, multipliez et remplissez la terre. Les fils de Noé qui sortirent de l'arche étaient Sem, Cham et Japhet. Ce sont là les trois fils de Noé, et c'est leur postérité qui peupla toute la terre" (Genèse 9:1, 18, 19). Il y avait là, déjà potentiellement, une nouvelle humanité qui allait occuper à nouveau cette terre dévastée dont tout habitant avait désormais disparu. Trois hommes ont la charge de repeupler la planète Terre. L'un d'entre eux va particulièrement attirer notre attention. Celui qui va être à l'origine des peuples appelés "peuples indo-européens" : Japhet. Son nom signifie "qu'il étende ses possessions". "Que Dieu étende les possessions de Japhet, qu'il habite dans les tentes de Sem" (Genèse 9:27). Et c'est ce qu'il fera. Il est, me semble-t-il, important de noter que les noms des fils de Noé leur avait été donnés bien avant le Déluge. Pourquoi Noé a-t-il donné ce nom à son fils aîné ? Entrevoyait-il déjà quelque chose de sa destinée ? 

"Les fils de Noé qui sortirent de l'arche étaient Sem, Cham et Japhet. Ce sont là les trois fils de Noé, et c'est leur postérité qui peupla (naphats) toute la terre" (Genèse 9:1, 18, 19). "Naphats" signifie "briser, rompre, disperser, réduire en poussière, être éparpillé". Il en sera de même, bien plus tard, pour la postérité de Sem, frère de Japhet. Esaïe dira : "Il élèvera une bannière pour les nations, il rassemblera les exilés d'Israël et recueillera les dispersés (naphats) de Juda des quatre extrémités de la Terre" (Esaïe 11:12). Quand on voit comment le peuple Juif a été dispersé, éparpillé comme de la poussière parmi les nations, on peut imaginer ce qui se produisit alors, à l'époque des fils de Noé. L'usage d'un tel vocable peut laisser supposer que cette "dispersion" ne s'est pas forcément produite dans les meilleures conditions. Il se peut que des dissensions soient apparues entre les frères, voire entre leur descendants. Les premiers conflits territoriaux durent apparaître fort tôt dans l'Histoire de cette nouvelle humanité. Il se peut même fort bien que les conflits qui opposèrent les nations, tout au long de l'Histoire, soient la résultante de conflits ancestraux non réglés. Toutes ces guerres, dont l'Histoire se fait l'écho, trouvent-elles leur origine dans d'antiques conflits datant de l'aube de l'humanité ? Cela se peut.

"Que Dieu étende les possessions de Japhet et qu'il habite sous les tentes (ohel) de Sem". "Ohel", c'est, selon la tradition juive, "le lieu où l'on étudie la Thora". Japhet a effectivement "étendu ses possessions". Pour exemple, le Royaume-Uni, à l'époque de sa plus grande gloire, étendait son empire sur tous les continents. On disait  alors, de la Reine d'Angleterre, qu'elle régnait sur un empire tellement vaste que le soleil ne s'y couchait jamais. Mais Japhet, père des nations européennes, a également "habité sous les tentes de Sem". Le Monde Occidental a, très tôt, bénéficié de la connaissance des Ecritures, et ce, depuis que l'apôtre Paul reçut le songe du Macédonien l'invitant à porter la Bonne Nouvelle sur le continent européen (Actes 16:19). De plus, la présence du peuple juif dans la plupart des grandes villes d'Europe permit d'avoir accès à la connaissance du Dieu d'Israël. Comme le dit l'apôtre Jacques : "Car depuis bien des générations, Moïse a, dans chaque ville, des gens qui le prêchent" (Actes 15:21). Malheureusement, une certaine conception erronée du christianisme occulta complètement cette opportunité. Longtemps, "la tente de Sem" fut le lieu où l'humanité pouvait avoir connaissance du Dieu Créateur, mais cette prérogative lui valut, au fil des siècles, bien des jalousies et attira, sur ses descendants, la haine des nations. 

"Que Dieu étende les possessions de Japhet". Une autre traduction dit : "que mette au large (yaphtè) Dieu pour Yaphet (lèyèphet)". Il y a ici un jeu de mot intraduisible. "Yaphtè" s'écrit avec les lettres hébraïques yod, fé, tav. "Lèyèfet" : lamed, yod, fé, tav. Il faut tenir également compte du fait que la lettre "lamed" donne une direction. Sa forme particulière symbolise la direction des cieux, donnant au mot qu'elle accompagne, une dimension spirituelle. L'Europe, et par extension le Monde Occidental, est le continent où le Christianisme s'est le mieux développé. C'est également en Europe que fut imprimée la première Bible par Gutenberg. C'est aussi en Europe que naquit la Réforme. C'est d'Europe que partirent la plupart des évangélistes, portant le poids des âmes perdues, et qui allèrent "aux quatre extrémités de la terre" pour annoncer la Bonne Nouvelle de l'Evangile. C'est en Europe que démarra le ministère Wycliffe. Celui-ci eut à cœur de traduire  la Bible en "langue vulgaire", comme on le disait alors, c'est à dire dans la langue parlée usuelle de son époque. La Mission qui naquit de son œuvre eut pour tâche de traduire la Bible dans le plus grand nombre possible de langues écrites, dans le Monde. Grâce à cette œuvre, des millions et des millions de personnes, à travers le Monde et sur tous les continents, purent avoir accès aux Ecritures rédigées dans leur propre langue écrite. Cette initiative obéit à un commandement du Seigneur : "Allez, faites de toutes les nations des disciples et enseignez-leur tout ce que je vous ai prescrit" (Matthieu 28:19, 20). A partir du dix-septième Siècle, les Missions se multiplièrent. Le Revivalisme redécouvrait les Ecritures Saintes. L'Europe fut le grand pourvoyeur d'évangélistes qui parcoururent le monde connu pour accomplir cet ordre du Seigneur : "Jusqu'aux extrémités de la Terre". 
 

Gutenberg et l'invention de l'imprimerie
John Wycliffe

"Que Dieu étende les possessions de Japhet et qu'il habite (shakan) dans les tentes de Sem". "Shakan" signifie "habiter, résider, demeurer"Selon Haïm Ouizemann, "cette injonction comporte un double sens. La signification première porte sur le devoir d'établir une infrastructure urbaine par la création de quartiers (shekhounot). La seconde implique que ceux-ci servent, par l'originalité de leur conception, de réceptacles à la vibrante présence divine (shekhinah)". La Gloire de Dieu reposera en effet sur le Tabernacle (Mishkan) qui était également un modèle de tente particulièrement sophistiqué. Durant les pérégrinations du peuple d'Israël dans le désert, le Mishkan "résidera" au centre du camp hébreu, au milieu des "tentes de Sem". On retrouve, dans un passage de l'Ecriture, cette notion de "tente" (ohel) qui abrite la Présence Divine. "Moïse ne pouvait entrer dans la tente (ohel) parce que la Nuée (shekhinah) était (shakan) dessus" (Exode 40:35). On sait combien l'Europe a développé des techniques diverses et variées dont elle a fait profiter la majorité des nations. Mais c'est en "demeurant sous la tente de Sem" qu'elle put avoir connaissance des Ecritures et de ses trésors. 

Etre né quelque part  

"Voici la postérité de Noé, Sem, Cham et Japhet. Il leur naquit des fils après le Déluge. Les fils de Japhet furent Gomer, Magog, Madaï, Javan, Tubal, Mèschec et Tiras. Les fils de Gomer : Ashkénaz, Riphat et Togarma. Les fils de Javan : Elisha, Tarsis, Kittim et Dodanim. C'est par eux qu'ont été peuplées les îles des nations selon leurs terres, selon la langue de chacun, selon leurs familles, selon leurs nations" (Genèse 10:1 à 5). 

"Voici la postérité de Noé, Sem, Cham et Japhet. Il leur naquit des fils après le Déluge". "We 'el leh towldoth ban noah sem ham wayaphet wayiw waledû lahem banîm a har hamaboul". Littéralement : "Et voici les générations, les fils de Noah, Sem cham et Japhet…". Le texte hébreu peut donc laisser supposer que Noé eut d'autres fils après le Déluge. Ce n'est cependant qu'une hypothèse que ne semble pas confirmer la suite du récit. Par contre, il est important de bien tenir compte du fait que la Terre fut repeuplée par la descendance des fils de Noé et non par la population de la Tour de Babel. Ce que confirme l'expression "c'est par eux (les fils de Javan et de Gomer) qu'ont été peuplées les îles des nations selon leurs terres, selon la langue de chacun, selon leurs familles, selon leurs nations". Le texte nous dit ici clairement que les langues et les nations sont antérieures à cet événement localisé que fut celui de la Tour de Babel. L'opinion largement répandue que les langues et les nations naquirent après la dispersion de la population de la ville de Babel contredit ce qu'affirme l'Ecriture. Preuve que la tradition et l'interprétation des Ecritures prend parfois (trop souvent !) le pas sur les affirmations claires de la Bible. Cette tradition est entretenue par des grilles de lecture qui soumettent les informations fournies par l'Ecriture à des interprétations qui, à force d'être répétées, deviennent des vérités. Ce qui signifie que les nations qui vont constituer l'Europe ne sont pas issues de la population de Babel. Elles leurs sont bien antérieures. Elles n'ont pas non plus de lien direct avec cet événement qui, cependant, revêt une dimension universelle quant à son attitude envers le Créateur. L'attitude de la population de Babel est, elle, universelle. Le désir de rébellion contre l'autorité divine, le désir de s'unir de façon à braver les commandements divins, l'idolâtrie, la propension à construire des "tours" élevées demeurent dans le cœur de l'homme, où qu'il vive. La tout de Babel est un archétype du fonctionnement humain qui se rebelle et se désolidarise du Divin. 
 

Londres


Il leur naquit des fils 

La répartition des terres va donc se faire uniquement par ses trois fils aînés. "Voici l'histoire (toldoth) de Noé, Sem, Cham et Japhet. Il leur naquit des fils après le Déluge". Le texte biblique résume, en ces quelques mots, l'histoire de ces hommes après qu'ils eurent traversé le Déluge : "Il leur naquit des fils". Voilà toute leur histoire : leur postérité. Et quelle postérité ! Ces noms sont ceux des pères d'une nouvelle génération d'hommes et de femmes qui ne connurent du Déluge que ce que leurs propres pères purent le leur en raconter. 

"Les fils de Japhet furent Gomer, Magog, Madaï, Javan, Tubal, Mèschec et Tiras". 

Gomer. Son signifie "accompli, achevé". Il est le père des nations celtes qui peuplèrent ce qui allait devenir l'Europe Occidentale. Ezéchiel nous dit qu'il est "un peuple nombreux" (Ezéchiel 38:6). Il peuplera également la partie septentrionale de l'Europe : le Caucase, la Russie et les pays scandinaves. Ses descendants couvrirent un large territoire, même par delà les mers, allant du Pays de Galles aux bord de la Mer Noire. Et plus loin, jusqu'en Turquie et en Arménie. Etant "le fils aîné du fils ainé", Gomer s'est attribué ce pays où l'arche de son grand-père s'était échouée. Il est probablement resté là où il avait vu le jour. Sur cette terre d'où partirent les descendants des trois fils de Noé. 

Magog. Son nom signifie "Territoire des montagnes. Qui domine". Ce nom désigne également la région située entre la Cappadoce (en Turquie actuelle) et la Médie (l'Iran). Ezéchiel nous dit que le personnage de Gog est issu du pays de Magog. Celui-ci est désigné comme "le prince de Rosh, de Mèschec et de Tubal" (Ezéchiel 38:2). Certains commentateurs ont vu dans ces noms une allusion à ce qui pourrait être aujourd'hui la Russie (Rosh), ainsi que les villes de Minsk (Mèschec) et Tobolsk (Tubal). Les textes anciens font mention d'un pays appelé "rus" ou "russ". Le territoire de Magog se serait étendu jusqu'en Anatolie et en Mongolie. Lorsque l'on fait mention de l'invasion de Gog à la tête (rosh) d'une coalition internationale, certains commentateurs situent "le pays de Magog" en Turquie. Mais le déroulement des événements actuels nous montre que le pays le plus hostile à Israël serait plutôt l'Iran (sur lequel s'étendait autrefois le pays de Magog). Les textes prophétiques mentionnent cependant le pays du Septentrion comme base de départ de cette coalition. Le pays le plus au Nord d'Israël, c'est la Russie, alliée de l'Iran pour des motifs à la fois économiques (le gaz), et géostratégiques (son emplacement géographique et sa puissance militaire). Gog pourrait donc fort bien être un dirigeant russe à la tête d'une coalition internationale dont les armées se mettraient en marche depuis "le pays de Magog" (l'Iran). Le texte mentionne : "Paras, cush û puth". Jusqu'en 1935, l'Iran actuel portait encore le nom de "Perse (paras)" (Ezéchiel 38:5). Quant à "l'Ethiopie", le texte mentionne le nom de "Cush", qui comprend toute la postérité asiatique de ce fils de Cham, recouvrant la côte orientale de l'Afrique, le Yémen, une partie de l'Arabie Saoudite, et remontant jusqu'au Liban. Puth étant, quant à lui, l'ancien nom de la Lybie.

"Fils de l'homme, tourne ta face vers Gog, au pays de Magog, vers le prince de Rosch, de Mèschec et de Tubal, et prophétise contre lui et dit : … je te ferai sortir, toi et toute ton armée… avec ceux de Perse (l'Iran)"…. Et plus loin : "Gomer et toutes ses troupes, la maison de Togarma, à l'extrémité du Septentrion, et toutes ses troupes, peuples nombreux qui sont avec toi. Sois leur chef" (Ezéchiel 38:1 à 7). J'y reviendrai plus loin. 

Madaï. "Terre du milieu". C'est le pays des Mèdes, au Nord de la Perse. C'est dans cette région que se trouve le mythique "fleuve de Gozan", à l'Est duquel les dix tribus du royaume du Nord d'Israël furent déportées par les Assyriens (2 Rois 17:6 / 18:11). La jeune Esther deviendra reine de ce qui était alors un empire. Celui "des Mèdes et des Perses" (Madaï ouparas). Esaïe nous dit que ce peuple de Madaï "ne faisait point cas de l'argent" et "ne convoitait pas l'or" (Esaïe 13:17). Les choses durent cependant changer avec le temps après qu'ils aient conquis l'empire babylonien (Daniel 11:2). De ce peuple sont issus des rois célèbres, comme Darius ou Assuérus (Daniel 9:1). Leur empire succédera à celui des Babyloniens, conformément à la Volonté de Dieu (Jérémie 51:11, 28). Il sera, à son tour, conquis par ses proches cousins, les fils de Javan. Le royaume de Madaï apparait d'ailleurs dans l'une des visions de Daniel (Daniel 8:20). Le prophète le voit combattre contre les armées d'Alexandre le Grand (Daniel 8:21) et se faire vaincre. 

Javan (Yavan). "Souple, agile". Ce nom définit assez bien le léopard que Daniel voit en vision (Daniel 7:6) et qui correspond aux armées conquérantes d'Alexandre le Macédonien. C'est également le bouc de la vision de Daniel (Daniel 8:21). Ce peuple a, à sa tête, une puissance spirituelle que combattra l'ange qui lui est apparu (Daniel 10:20). La postérité de Javan occupa ce qui correspond aujourd'hui aux îles grecques et à la Grèce continentale. Avec Javan, nous nous rapprochons considérablement de "notre bonne vieille Europe".  Celle-ci est cependant encore très loin. Le texte biblique nous dit que Javan eut quatre fils : "Elisha, Kittim, Tarsis, et Dodanim". Pour mieux comprendre qui est Javan, il nous faut nous approcher de ceux qui firent sa renommée parmi les peuples de l'Antiquité. Ceux-ci bâtirent les fondements de ce qui allait devenir le commerce maritime mondial. 

Elisha. "Dieu de celui qui vient". Ce fils de Javan s'est spécialisé dans la confection d'étoffes et de tissus précieux dont il faisait commerce avec la ville phénicienne de Tyr, située aujourd'hui au Liban (Ezéchiel 27:7). Ezéchiel fait mention des "îles d'Elischa". Peut-être la Sicile ou Chypre. 

Kittim. "Qui dominent". Kittim entretient des liens commerciaux étroits avec les villes commerçantes de Tyr (Esaïe 23:1) et de Sidon (Esaïe 23:12). Sidon dont Jézabel était princesse (1 Rois 16:31). Les prophètes Jérémie et Ezéchiel mentionnent "les îles de Kittim", faisant peut-être allusion à des comptoirs commerciaux sur les îles de la Méditerranée (Jérémie 2:10 / Ezéchiel 27:6). Daniel fait, lui, mention dans sa prophétie de navires de guerre venant de Kittim (Daniel 11:30). Kittim développera donc une marine militaire (peut-être dans le but de protéger ses cargaisons et son commerce maritime). Il se peut que ce soit à cette flotte que le texte fait allusion lorsqu'il parle de "ceux qui humilieront l'Assyrie" (Nombres 24:24). Le nom de "Kittim" (ceux qui dominent) est alors tout à fait approprié. Cette flotte peut être la marine romaine qui disposait de navires de guerre. Mais si cette marine militaire parcourait les mers antiques, il se peut que le texte prophétique nous parle également d'un autre conflit, plus actuel celui-là. D'un marine de guerre mouillant dans les eaux de la méditerranée pour soutenir, logistiquement, un conflit survenu dans ce qui fut autrefois l'Assyrie. La Syrie. 

Tarsis (ou Tarshish). Le troisième fils de Javan donna son nom à une ville dont il fut probablement le fondateur. Les avis divergent quant à sa localisation. Très certainement une ville portuaire, certains commentateurs la situent en Espagne, d'autres à Chypre. Le nom de "Tarsis" se rapproche aussi phonétiquement de Tarse, en Cilicie (actuellement en Turquie). Tarse fut une ville commerçante importante sans être cependant une ville portuaire. Tarsis était également réputée pour la fabrication de ses bateaux (1 Rois 10:22 / 22:48). Tarsis était une ville phénicienne (les Phéniciens étaient aussi bons marins que commerçants). Sa flotte transportait, au delà des mers, des produits de luxe, des objets de grands prix (Jérémie 10:9 / Ezéchiel 27:12, 25). Le nom de Tarshish est également associé à une pierre précieuse, ce qui peut laisser supposer que la joaillerie faisait partie des activités commerciales de cette ville. Esaïe en fait mention comme d'un partenaire commercial de la ville de Tyr, sur laquelle il avait prophétiséLa ville sera finalement détruite, ruinant son commerce (Esaïe 2:16 / 23:1, 6).

Et enfin, Dodanim, appelé également "Rodanim" (1 Chroniques 1:7). Le nom de "Dodanim" signifierait "chefs"mais les Ecritures ne nous en disent rien d'autre. L'appellation "Rodanim" peut faire penser à l'île de Rhodes, dans la Mer Egée. Cette double prononciation peut venir du fait que, en hébreu, les lettres "d" et "r" s'écrivent de façon très semblable. Si l'Ecriture ne nous fournit aucune indication sur Dodanim / Rodanim, "Rhodes est l'une des premières îles de l'archipel dont l'Histoire fasse mention. Dans les écrits d'Homère, elle apparaît comme l'un des principaux Etats helléniques, et les colonies de Rhodiens dans la Méditerranée occidentale sont parmi les premières fondées" (Bible Annotée de Godet). 

Et le texte poursuit en disant : "Ce sont d'eux (les fils de Javan) que viennent les peuples dispersés dans les îles des nations, dans leurs divers pays…" (Genèse 10:5). Ici encore, il n'est nullement fait mention de la tour de Babel. Ce qui vient confirmer une fois de plus que l'occupation des îles de la Méditerranée est antérieure à cet épisode survenu dans la plaine de Schinéar. Mais les légendes ont la peau dure.

Les quatre fils de Javan peuplèrent donc le bassin méditerranéen et ses îles (Chypre, Sicile, Malte, Rhodes, et les archipels de la Mer Egée). Les divers mouvements de populations, au fil des siècles, ont créé un mélange homogène de tous les peuples issus de ces quatre frères, à qui se mêlèrent encore d'autres peuples migrants issus de leurs cousins, fils de Cham et de Sem. Sans le savoir encore, ces peuples bâtissaient ce qui allait devenir le Monde Occidental. Sur ce continent à qui le peuple grec donnerait un jour le nom de l'une de ses divinités : Europe. Pour désigner cette partie du globe, le texte hébraïque utilise, entre autres, le mot "Erev", que l'on peut traduire par "Occident" puisqu'il désigne ainsi la direction cardinale vers laquelle le soleil se couche. "Erev" peut également se traduire par "soir, nuit, coucher du soleil", mais peut également désigner un "mélange de peuples" ou des "races mêlées"

"Les peuples dispersés dans les îles des nations, dans leurs divers pays, chacun selon sa langue, selon leurs familles, et leurs nations" (Genèse 10:5). Godet fait remarquer que "le mot traduit par 'îles' (li) signifie proprement 'un pays de côtes qui ne peut être atteint que par la mer'. Aussi, les 'îles des nations' désigne-t-elles à la fois les côtes et les îles de la Méditerranée". Les familles de ces hommes devinrent des clans qui durent se répartir sur les divers territoires. La croissance de ces peuples en fit progressivement "des nations". Les "fils de Japhet" occupèrent donc ainsi un vaste espace s'étendant des côtes d'Espagne jusqu'en Anatolie. Il se peut même que ses descendants se soient aventurés vers ces vastes territoires que l'on appellerait plus tard "l'Extrême Orient" à l'Est, et vers les Amériques (via le Détroit de Béring), à l'Ouest. Les premiers engendrèrent les peuples asiatiques (qui, par migrations, engendrèrent à leur tour la nation amérindienne), les seconds donnèrent naissance à ces antiques civilisations de  l'Orient. 

D'autre part, le prophète Joël fait allusion "aux enfants de Javan à qui les enfants de Juda auraient été vendus (Joël 3:6). Mais, selon Esaïe, Javan ferait également partie des nations qui publieront la gloire de Dieu parmi les nations (Esaïe 66:19). La majorité des voyages de l'apôtre Paul, relatés notamment dans le livre des Actes des Apôtres, ainsi que dans ses Epîtres, eurent lieu en Grèce et dans le pourtour méditerranéen. La plupart des communautés qu'il fonda en Asie Mineure étaient majoritairement constituées de Grecs et ses Epîtres furent rédigées dans cette langue. Le koïnè (le grec de la rue) était alors la langue la plus répandue. Comprise de tous, elle était également la langue commerciale de l'époque. En cela, on peut y voir une partie de l'accomplissement de la prophétie d'Esaïe. Durant la période hellénistique, la Judée adopta le grec comme langue courante. L'hébreu n'était plus utilisé que dans la pratique de la religion (quand celle-ci était encore autorisée). Le risque d'absorption était grand. "Les enfants de Juda avaient été vendus aux enfants de Javan". La révolte des Macchabées allait rehausser la conscience identitaire d'un peuple qui glissait doucement vers l'annihilation de ce qui avait fait sa spécificité pendant des siècles. Sa foi en un Dieu unique, sa Thora, sa langue, et son attachement viscéral à cette terre, promise par le Créateur à leur ancêtre Abraham. 

Le Monde change

Des siècles ont passé. Le Monde a changé. Le cœur de l'homme, lui, reste le même (Jérémie 17:9). Nous avons commencé par fixer nos regards sur le Qedem (le Passé, l'origine des choses). Mais presque imperceptiblement, en suivant les fils de Javan, notre regard s'est tourné vers l'Ouest, la Mer Egée, la Méditerranée. Comme je l'ai dit plus haut, plusieurs mots peuvent désigner l'Occident"Achowr" peut être traduit, entre autres, par : "Occident, en arrière, dorénavant, derrière, retiré, plus tard, avenir, tourner le dos"J'avais évoqué le fait que de regarder vers le Qedem (le Passé, l'origine des choses) nous faisait "tourner le dos" à la direction opposée. Car si l'on contemple le Passé, on tourne forcément le dos "à l'Avenir". Mais ce regard sur le Passé était indispensable pour comprendre ce qui allait et ce qui doit encore survenir. Ce qui viendra "plus tard". J'avais en effet évoqué le fait que de prendre la posture d'un oriental, face au Qedem (et à tout ce qu'il symbolise et dont il est porteur), permettait de se positionner à la fois dans l'espace (les quatre directions cardinales) mais également dans le Temps (le Passé et le Futur). Mais dans le "Temps prophétique", dont les textes bibliques sont imprégnés, Passé et Avenir se rejoignent. Plus encore, loin de se tourner le dos, ils se font face.

"Achowr" peut également se traduire par "reculer". J'ai mentionné plus haut la façon dont les frontières de ces grands empires occidentaux (comme par exemple celles de l'Empire Britannique) ont progressivement "reculé" (Psaume 56:10). Les Anglais durent, en effet, se retirer de ce qui s'appelait alors encore "la Palestine" (qui, je le rappelle, n'a jamais été un Etat indépendant, si ce n'est pendant une courte période où elle fut constituée en royaume "croisé"). Il est écrit : "Qu'ils reculent et qu'ils rougissent ceux qui désirent ma perte" (Psaume 70:3). Bien des croyances et des philosophies ont tenté d'influencer les populations d'Europe et du Monde Occidental, mais elles sont tombées en désuétude. Ainsi Dieu dit : "Je fais reculer (achowr) les sages et je tournerai leur science en folie" (Esaïe 44:25). Ce même Esaïe dit aussi : "Dites ce qui arrivera plus tard (achowr), pour que nous sachions si vous êtes des dieux. Faites seulement quelque chose de bien ou de mal pour que nous le voyions et le regardions ensemble" (Esaïe 41:23). Cette locution "ce qui arrivera plus tard" (ha otiyowt leachowr) peut également être traduite par "ce qui se produira en Occident""Dites ce qui arrivera, dans le Futur, en Occident (en Europe), pour que nous sachions…". Et Esaïe poursuit : "... faites seulement quelque chose de bien ou de mal pour que nous le voyions et le regardions ensemble". Nous retrouvons ici notre observateur. Celui-ci s'est tourné vers le Qedem et observe le Passé. Il y voit écrit ces mots du prophète Esaïe : "... ce qui se produira en Occident".  Il lui tourne pourtant le dos, à l'Occident. Et que voit-il ? "Ce qui se produira". Comment peut-il voir l'Avenir (Achowr) puisqu'il lui tourne le dos ? Justement parce qu'il regarde au Qedem, à l'origine des choses. Si l'on regarde un pommier, même en hiver alors qu'il ne porte pas de fruits, on peut savoir, avec certitude, qu'au Printemps, il produira des pommes. Jésus dira aux foules : "Quand vous voyez un nuage se lever à l'Occident, vous dites aussitôt : la pluie vient, et il arrive ainsi" (Luc 12:54). Une simple déduction basée sur l'observation. Il en est de même pour les Ecritures. La déduction peut découler de la lecture, de la méditation, de la recherche… mais également de la révélation. "Dites ce qui arrivera plus tard pour que nous sachions si vous êtes des dieux. Faites seulement quelque chose de bien ou de mal pour que nous le voyions et le regardions ensemble" (Esaïe 41:23). Si l'Europe occupe, encore aujourd'hui, une place prépondérante sur l'échiquier du monde, elle est également appelée à jouer un rôle important dans les temps de la fin. 

La Bible parle-t-elle de l'Europe ?

Un Monde en mouvement

La journée avait pourtant bien commencé. Le regard posé sur l'horizon, les événements du Passé s'étaient déroulés lentement. Le soleil avait tourné dans le ciel, et notre observateur avait suivi sa course dans l'Histoire des peuples et des nations. Il avait pu contempler la civilisation occidentale à ses débuts, à ses premiers balbutiements. Il l'avait vu naître sur les rives de la Méditerranée. Et le soleil poursuivait encore sa course. Le mot "Occident" peut également, en hébreu, se dire "ma 'arab", ce qui signifie "endroit où le soleil se couche, vers l'Ouest, vers l'Occident". "Ma'arab" vient de "arab" qui veut dire "se faire tard, devenir sombre, avancer dans la soirée". L'Occident connut, effectivement, des périodes sombres dans son Histoire. Bien des générations ont vu l'obscurité descendre brusquement sur ses villes et sur ses villages. Je rappelle encore que le mot "toldoth", mentionné plus haut, peut signifier "générations, généalogie", mais aussi "l'Histoire""Une génération (dowr) s'en vient, une autre s'en va et la terre subsiste toujours", dit l'Ecclésiaste (Ecclésiaste 1:4). Celle de Jésus était une "génération (en grec "genea") méchante" (Luc 11:29). Était-elle fort différente de la nôtre ? "Ce qui a été c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait c'est ce qui se fera. Il n'y a rien de nouveau sous le soleil", dit encore l'Ecclésiaste (Ecclésiaste 1:9). Déjà à l'époque des Juges : "Toute cette génération fut recueillie auprès de se pères, et il s'éleva une autre (asher) génération qui ne connaissait pas l'Eternel" (Juges 2:10). "Asher" est parfois traduit par "barbare". On pourrait donc lire également : "il s'éleva une génération barbare qui ne connaissait pas l'Eternel". Ceci fait écho à une période de l'histoire de notre "bonne vieille Europe". Cette période qui vit le déclin de Rome, menacée par les hordes de Barbares qui déferlaient sur les ruines de son Empire. A ce propos, le prophète Joël s'interroge : "Ecoutez ceci, vieillards, prêtez l'oreille, vous tous habitants du pays ! Rien de pareil est-il arrivé de votre temps ou du temps de vos pères ?" (Joël 1:2). L'Europe s'est peu à peu déchristianisée. Elle s'est donnée à d'autres dieux. Le soir est venu sur l'Occident, et l'obscurité aussi. D'autres empires se levèrent puis disparurent. 

Le Monde ne cessait de signer des accords de paix et de faire la guerre. Le Monde Occidental fit alliance avec ces pays du Moyen-Orient autrefois sous leur domination. "Outre  ce qu'ils retiraient des négociants et du trafic des marchandises de tous les rois d'Arabie et des gouverneurs du pays" (1 Rois 10:15). "L'Arabie (arab) et tous les princes de Kédar trafiquaient avec toi et faisaient le commerce...", dira Ezéchiel sur la ville de Tyr (Ezéchiel 27:21). On avait trouvé sous leur sol de cet "Or Noir" qui allait faire leur fortune : le Pétrole. "Ils se mêlèrent (arab) avec les nations, ils apprirent leurs œuvres" (Psaume 106:35). Bien qu'ayant eu connaissance de la façon dont "les Droits de l'homme" étaient impunément bafoués, l'Occident ferma les yeux à défaut de se voir fermer les robinets de pétrole. "Ils apprirent leurs œuvres", mais le dieu Argent dictait ses lois. "L'Economie mondiale a des raisons que la raison ignore", pour paraphraser un Proverbe*. Ce mot "arab" est significatif à plus d'un titre. Il signifie également "cautionner, donner des garanties, échanger, entreprendre, donner des sécurités, avoir de bonnes relations". Un vocabulaire qui  pourrait être celui d'une multinationale. Il peut aussi être traduit par "faire une convention, cautionner, secourir". On pourrait parler ici, dans le cadre d'échanges commerciaux, de "garanties", et dans celui d'alliances entre nations, d' "alliances interalliés" et de "secours mutuel en cas de conflit armé", de "pacte de non-agression". "Prend sous ta garantie (arab) les biens de ton serviteur. Ne me laisse pas opprimer par des orgueilleux" (Psaume 119:122). Ce pourrait être la demande d'un allié face à la menace d'une invasion. "Maintenant, fais une "convention" (arab) avec mon maître, le roi d'Assyrie (la Syrie actuelle) et je te donnerai deux mille chevaux, si tu peux fournir des cavaliers pour les monter" (2 Rois 18:23 / Esaïe 36:8). Aujourd'hui, on dirait : "Nous fournissons la matière première. donnez-nous les techniciens et les ingénieurs pour l'exploiter. Pour l'extraction, le raffinage et la distribution". 

Ces échanges commerciaux avaient déjà cours dans l'Antiquité. "Les anciens de Qébal et ses ouvriers étaient chez toi pour réparer tes fissures. Tous les navires de la mer et leurs marins étaient chez toi pour faire l'échange (arab) de tes marchandises" (Ezéchiel 27:9).  Qébal était une cité phénicienne située près de Tyr. Elle était connue par les Grecs sous le nom de Biblos. Dans sa complainte sur la ville de Tyr, Ezéchiel dira de celle-ci : "tes richesses, tes marchés et tes marchandises, tes marins et tes pilotes, ceux qui réparent les fissures et ceux qui s'occupent (arab) de ton commerce, tous les hommes de guerre qui sont chez toi, et toute la multitude qui était chez toi" (Ezéchiel 27:27). La Tyr à laquelle Ezéchiel s'adresse a disparu depuis longtemps dans la mer, mais d'autres "Tyr" se sont levées sur les rivages des nations. Le message du prophète s'adresse encore à celles-ci aujourd'hui. De ces villes où se tiennent "des hommes de guerre", car c'est bien l'économie de ces nations que ceux-ci défendent, à défaut de ses habitants. Car la richesse de ses grands a bien plus de valeur que la sécurité de ceux-ci. L'économie a parfois un appétit insatiable. Elle dévore ce qu'elle ne peut englober. Les populations de ces villes prospères disaient : "Nous engagerons nos champs, nos vignes et nos maisons pour avoir du blé pendant la famine" (Néhémie 5:3). Le prophète dira, comme en écho à cette détresse avérée : "Car, je le sais, vos crimes sont nombreux, vos péchés se sont multipliés. Vous opprimez le juste, vous recevez des présents et vous violez à la porte le droit des pauvres. Voilà pourquoi, en des temps comme ceux-ci, le sage se tait. Car ces temps sont mauvais" (Amos 5:12, 13). 

"​​​​​​Les temps sont mauvais". Mais pas pour tout le monde ! "Celui qui cautionne autrui s'en trouve mal, mais celui qui craint de s'engager est en sécurité" (Proverbes 11:15) et "L'homme dépourvu de sens prend des engagements, il cautionne (arab) son prochain" (Proverbes 17:18). Eurabia fournit aux contracteurs de cette alliance à la fois des garanties et des engagements qui se muèrent très vite en obligations. L'Europe devint ainsi leur débiteur. "Prends son vêtement car il a cautionné (arab) autrui, exige de lui des gages à cause des étrangers" (Proverbes 20:16). Tributaire de cet "or noir", l'Occident dut se vassaliser à ceux qu'elle avait autrefois dominé. 
 

Raffinerie géante de Jubail, en Arabie Saoudite


Confusion des langues 

Par différents textes, j'ai démontré plus haut que les nations étaient apparues bien avant l'épisode de la Tour de Babel. Toujours selon cette tradition, les langues parlées usuellement sur la Terre trouveraient, elles aussi, leur origine à Babel. Mais est-ce le cas ? La réponse à cette question est étroitement liée à l'origine des nations. Ainsi, pour y répondre, il me faut donc reprendre la même démonstration en l'accentuant et en l'approfondissant.    

Les langues européennes (ou tout au moins leurs "ancêtres") sont-elles apparues lors de l'épisode de la Tour de Babel ? La diversité des nations, des peuples et des langages est-elle le produit d'un événement majeur qui se serait produit, il y a bien longtemps, dans une plaine de la lointaine Babylonie ? Il est généralement entendu, pour bien des lecteurs de la Bible, que la diversité des nations est due à l'épisode de la Tour de Babel. C'est considéré comme un fait établi. La population mondiale, avant cet épisode, était concentrée dans la plaine de Schinéar et ne se dispersa sur la terre (et notamment en Europe) qu'après cet autre épisode que celui de la confusion des langues qui lui serait concomitant. Cependant, cette "interprétation" (car c'en est une) de l'Ecriture va à l'encontre de ce que disent la plupart des textes chronologiquement antérieur à cet événement. Voici quelques exemples qui le démontrent.

En Genèse 9:1, il est bien spécifié que c'est Dieu lui-même qui donne l'ordre à Noé et à ses fils de remplir toute la terre. A cela, les défenseurs de cette théorie répondront qu'en effet, c'était le projet initial, mais que l'homme a désobéi à ce commandement en voulant se fixer en un seul lieu, et ce fut Babel. Dieu dût, en quelque sorte, leur "forcer la main" pour qu'ils n'obtempèrent finalement que par la force des choses.  Maintenant, voyons un peu plus loin ce que dit le texte biblique. Genèse 9:18, 19 "Les fils de Noé, qui sortirent de l'arche, étaient Sem, Cham et Japhet… ce sont là les trois fils de Noé et c'est leur postérité qui peupla toute la terre". Le récit est fluide. Il démontre une continuité naturelle. Il n'est nullement fait mention ici d'un quelconque événement qui aurait interféré dans cette continuité. Les fils de Noé sont sortis de l'arche, ont eu des enfants, qui eurent des enfants et ce sont ceux-ci qui peuplèrent la terre. Si une quelconque circonstance (et la Tour de Babel n'est pas des moindres) était intervenue dans ce déroulement, n'en trouverait-on pas ne fut-ce qu'une simple allusion ? Or, ici, rien ne laisse supposer que quelque chose se soit produit en ce sens. Voyons maintenant un peu plus loin. Genèse 10:1 à 5. "Les fils de Japhet (le père des peuples "européens") furent… les fils de Javan… c'est par eux qu'ont été peuplées les îles des nations selon leurs terres, selon la langue de chacun, selon leurs familles, selon leurs nations"". Encore une fois, aucune mention de la Tour de Babel. Pas la moindre allusion. Le texte fait des "pères fondateurs" les racines des peuples qui se dispersèrent sur la terre. Lorsqu'il est écrit "selon la langue de chacun", rien ne laisse supposer que la "confusion des langues" qui eut lieu à Babel, au chapitre 11, puisse être à l'origine de la diversité dont il est fait mention ici. On ne peut donc qu'en conclure que la diversité des langues, premièrement, est antérieure à l'épisode de la Tour de Babel, et deuxièmement, que celles-ci ne tirent pas leur origine d'un épisode particulier mais d'un mouvement continu qui s'est étalé dans le temps. Notre texte nous dit que ces langues étaient propres aux fils de Japhet et de Javan. Ces langues, qui deviendront les langues parlées en Europe aujourd'hui, ainsi que sur tout les territoires occupés par les fils de Japhet, ne sont donc pas apparues à Babel (les langues se sont d'ailleurs beaucoup modifiées depuis l'Antiquité). Elles lui sont antérieures. "Selon leurs familles". Ici encore, on constate que le clan familial, la vie en communauté a favorisé un vocabulaire homogène. 

J'ai fait, plus haut, référence aux "Barbares". Ce mot, dans notre langage courant, a donné "barbarie", qui désigne généralement un comportement belliqueux, violent, cruel, sans pitié. Pour les Grecs, "Barbaros" désigne celui dont la langue est grossière et rude. Celui qui parle une langue étrangère ou un langage non compris par un autre (1 Corinthiens 14:11). Ce mot "barbare" était utilisé par les Grecs (et les peuples de leur empire ayant adopté l'usage du koïnè) pour désigner les peuples ignorant leur langage. Ce mot avait également une notion de rudesse et de brutalité (Actes 28:2 / Colossiens 3:11). Le texte de Actes 28 fait référence à une population résidant sur l'Île de Malte (Actes 28:1). Cependant, l'apôtre Paul s'étonne que ceux-ci puissent se comporter de façon civilisée (Actes 28:2). Le terme de "Barbares" pouvait également désigner tout autant les peuples Celtes que les peuples Slaves (d'Europe de l'Est). Ces peuples barbares opposèrent une résistance farouche à la domination de l'Empire Romain. La virulence de leurs attaques contre Rome précipita d'ailleurs la chute de l'Empire. Chez les Hébreux, les Barbares sont appelés laaz, désignant quelqu'un qui parle un langage inintelligible, une langue étrange (Psaume 114:1). Esaïe les dépeint comme un peuple étranger qui ravage et détruit les campagne avec sauvagerie (Esaïe 1:7). Lors de tout conflit, il se trouve toujours une soldatesque pour adopter, avec les populations civiles le plus souvent, un comportement que l'on pourrait qualifier de "barbare"

On peut également souligner que si le Psaume 114 fait mention d'un "langage étrange (lo'ez)", Esaïe, quant à lui, parle d'un "peuple audacieux, insolent, arrogant (Esaïe 33:19, selon différentes versions). Ces mots traduisent l'hébreu "noaz". On retrouve dans ces deux mots "lo'ez" et "noaz" une racine commune qui forme le mot "ya'az" (Barbare). Cela n'enlève rien au fait que ces peuples avaient une culture très développée et devaient avoir, en tant de paix, des modes de vie totalement différents de la façon dont ils étaient perçus par leurs ennemis, à l'exemple de Paul, surpris par l'hospitalité des Maltais. Il est intéressant de noter que tous ces peuples, autrefois issus de Japhet, fils de Noé, étaient devenus de parfaits étrangers les uns pour les autres. En se répartissant les terres habitables, les hommes cherchèrent progressivement à délimiter leur espace de vie. Il leur fallut, pour cela, trouver des accords, tracer des limites, des frontières. Les premiers repères furent peut-être une rivière, un fleuve, une montagne. Il fallut ensuite être plus précis. Ce mode de fonctionnement s'étendit alors à toute la population de la terre. Les premiers conflits frontaliers semblaient déjà se dessiner sur l'horizon. A ce propos, il se peut fort bien que l'usage d'un langage commun ait joué un rôle dans la notion de territorialité (c'est encore le cas de nos jours). 

De Babel à Sion 

Le texte nous dit que "il naquit à Héber deux fils : le nom de l'un était Péleg (partager, diviser) parce que de son temps (celui de Péleg), la terre fut partagée" (Genèse 10:25). La répartition officielle des terres et territoires eut donc lieu à l'époque d'Héber (que l'on considère comme le "père" du peuple hébreu). On voit encore aujourd'hui comme cette notion de "territoires" est extrêmement sensible dans cette région du Proche-Orient. On peut donc imaginer l'apparition de la notion de frontières. Ou tout au moins une répartition délimitée de territoires. Quand cela s'est-il produit ? La Bible le dit clairement. A l'époque de Péleg, fils de Héber. Quand les hommes commencèrent à se répartir les territoires. Comment la population mondiale aurait-elle pu à la fois vivre dans une seule ville et se partager des territoires "selon les familles, selon leurs nations"? Il me semble qu'après une lecture attentive de ces textes (et d'autres encore) il nous faut en conclure que la dispersion des peuples, la formation des nations et l'apparition de la diversité des langues est bien antérieure à l'épisode de la Tour de Babel. Ce qui n'enlève rien à l'historicité de cet événement majeur. C'est sa compréhension et son interprétation qui doivent être modifiées à la lumière des Ecritures. Et cela, en tenant compte des différents textes, lus dans leur contexte et sans apriori qui les situeraient, artificiellement, après l'événement de la Tour de Babel. Mais alors, si les nations ne sont pas "nées" à Babel, l'auraient-elles été ailleurs ? C'est ce que semble dire l'Ecriture. Le Psaume 87 nous fournit quelques indications à ce sujet. Cependant, il nous faut aborder ce sujet avec précaution car, comme l'ont dit les Sages d'Israël, le Psaume 87 est peut-être l'un des textes les plus difficiles à traduire. Peut-être aussi parce qu'il leur manque la révélation de Yeshoua Ha  Massiah, le Seigneur Jésus-Christ. 

"Elle est fondée sur les montagnes saintes, l'Eternel aime les portes de Sion plus que toutes les demeures de Jacob. Des choses glorieuses ont été dites sur toi, ville de Dieu. Pause. Je proclame l'Egypte et Babylone parmi ceux qui me connaissent. Vois le pays des Philistins, Tyr avec l'Ethiopie, c'est dans Sion qu'ils sont nés. Et de Sion il est dit : tous y sont nés, et c'est le Très-Haut qui l'affermit. L'Eternel compte en inscrivant les peuples, c'est là qu'il sont nés. Pause. Et ceux qui chantent et ceux qui dansent crient : toutes mes sources sont en toi" (Psaume 87). Comment faut-il comprendre ce texte ? Pour ceux qui situent le Jardin d'Eden là où se trouve actuellement Jérusalem, ce texte ferait mention du "père" de l'Humanité : Adam. Ce serait donc à proximité de la montagne de Sion que seraient nés les premiers êtres humains. Et donc, par extension, les nations et les races. Mais, cette théorie pose un problème. entre la naissance de l'humanité et la répartition des nations, il y a le Déluge. Seuls les descendants de Seth, soit huit personnes, repeupleront la Terre dévastée par les flots et à la surface de laquelle toute vie a disparu. Cette théorie est donc difficilement soutenable, à mon sens. Alors, le Psalmiste s'en tiendrait-il à parler de la branche sémitique de l'humanité postdiluvienne ? Dans ce cas, pourquoi mentionnerait-il les Philistins et les Ethiopiens (Cushites), tous deux descendants de Cham ? Il nous faut reconnaître que ce passage garde une part de mystère. 

Puisque nous parlons de l'Europe et des peuples indo-européens (les descendants de Japhet), pouvons-nous envisager que ceux-ci puissent "être nés à Sion" ? Le texte fait mention de "ceux qui me connaissent". Ainsi que de ceux "qui chantent et ceux qui dansent crient : toutes mes sources sont en toi". Ceux-là ont visiblement une authentique relation avec le Seigneur. Cette désignation de "ceux qui sont nés à Sion" pourrait alors concerner des personnes qui font partie de Son peuple. Ceux dont il est dit qu'ils ne sont plus "ni Grec, ni Juif, ni Barbare, ni Scythe" (Colossiens 3:11). Ils sont "nés à Sion" parce qu'il sont "nés de nouveau". "De Philistie, de Babylone, de Tyr et du pays de l'Ethiopie", ils sont de partout et d'ailleurs. Quelle que soit la couleur de leur peau, blanche, rouge, jaune ou noire, ils sont nés à Sion. "Et l'Eternel compte en inscrivant les peuples, c'est là qu'ils sont nés". Ainsi, lorsque l'on s'arrête sur le mot "Erev", que l'on peut traduire par "Occident" mais aussi par "races mélangées, peuples mêlés", on peut alors mieux comprendre ce dont parle le Psaume 87. D'un peuple qui n'a d'autre patrie que Sion, la Jérusalem Céleste. Ceux qui ont "Abraham pour père", lui qui "vint s'installer sur une terre étrangère, habitant sous des tentes, car il attendait la cité qui a de solides fondements, celle dont Dieu est l'architecte et le constructeur" (Hébreux 11:9, 10).

Lieux de pouvoir  

Un temps s'achève, un autre est à venir. Au fil de siècles, les lieux de pouvoir se sont déplacés d'Est en Ouest, de l'Orient à l'Occident. Babylone, Suse (capitale de la Perse - Esther 1:2), Alexandrie (ville grecque située aujourd'hui en Egypte), Rome, son empire, sa grandeur, son déclin. Au fil des siècles, le soleil parcourut sa course dans le ciel des peuples. Puis vinrent Berlin, Moscou, Londres, Bruxelles, Washington. Et le soleil poursuivit encore sa course. La Chine a pris sa place parmi les grands de ce monde. L'empire plusieurs fois millénaire est devenu une grande puissance mondiale. Un partenaire économique incontournable qui inonde le monde de ses produits manufacturés et de sa technologie. L'Iran cherche à se doter de l'arme nucléaire (si elle ne la possède pas déjà), comme c'est le cas de plusieurs nations. Sur la table des nations, les cartes ne cessent d'être redistribuées. On y joue gros. On peut y perdre beaucoup. Les enjeux sont à la taille de l'appétit des joueurs. Qu'en est-il au jour d'aujourd'hui ? La course du pouvoir s'achèverait-elle de tourner autour de la Terre ? Serions-nous à l'aube d'une nouvelle ère ? Nous sommes peut-être, en tout cas, dans une des périodes les plus sombres de notre Histoire.
 

Les "Grands" de ce monde - Rencontre du G7 à Biarritz en 2017


Le Monde a traversé la Guerre Froide qui le menaçait d'une destruction nucléaire. Cependant, l'obscurité semble s'épaissir de plus en plus dans le ciel des nations, jusqu'à ce que se lève "l'étoile du matin", selon ce que dit l'apôtre Pierre : "Car nous tenons pour d'autant plus certaine la parole prophétique à laquelle vous faites bien de prêter attention comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur jusqu'à ce que le jour vienne à paraître et que l'étoile du matin se lève dans vos cœurs" (2 Pierre 1:19). Bientôt naîtra un Nouveau Monde. L'apôtre Pierre nous parle également de "nouveaux cieux et une nouvelle terre où la justice habitera" (2 Pierre 3:13). Un Terre renouvelée sous le règne du Massiah, le Seigneur Jésus-Christ. Mais d'autres événements doivent encore se produire avant cela. "Sentinelle, que dis-tu de la nuit" disait le prophète Esaïe, "le matin vient et la nuit aussi". Jérémie, prophétisant sur les nations, s'adresse, entre autres, "à tous les rois d'Arabie (arab) et à tous les rois qui habitent dans le désert" (Jérémie 25:24). Et plus haut, "à toute l'Arabie (erev) et à tous les rois du pays d'Uts (le pays d'origine de Job, la Syrie - Jérémie 25:20). Sa prophétie balaie large. "Et à tous les rois de Zimri (Izmir, anciennement Smyrne ?), d'Elam, de Médie (la Perse, l'Iran), du Septentrion (les pays du Nord, la Russie et ses satellites), proches ou éloignés… et à tous les royaumes du Monde qui sont sur la face de la terre" (Jérémie 25:26). Un message  on ne peut plus universel. 

Arabes d'Occident

Il me faut ici m'attarder sur ce mot "erev" qui peut être traduit par "soir, soirée, coucher du soleil, Occident, Arabie, Arabe". Ce mot vient de "Arab" : "se faire tard, devenir sombre, avancer dans la soirée". Il est écrit dans le livre de Jérémie : "a tous les rois d'Arabie (arab) et à tous les rois des Arabes (erev) qui habitent dans le désert". L'Ecriture fait donc ici une distinction entre deux peuples distincts. Quels pourraient être ces "Arabes d'Occident" ? Le prophète Ezéchiel apporte quelques éclaircissements à ce sujet. Il écrit : "l'Ethiopie, Puth (la Lybie), Lud, toute l'Arabie (erev), Cub et les fils du pays des alliés" (Ezéchiel 30:5). Le texte d'Ezéchiel fait donc la distinction entre des peuples arabes d'Orient (arab) et d'Occident (erev). Ces peuples issus de l'Occident (mais non européens) forment les peuples d'Afrique du NordLorsqu'il est fait question de "l'Ethiopie", le texte original hébreu fait mention de "Cush". Cush étant, à l'origine, l'un des fils de Cham, lui-même fils de Noé. Par extension, "Cush" désigne la population Chamite qui occupa un vaste territoire sur toute la côte orientale de l'Afrique (Erythrée, Somalie, Djibouti) ainsi que sur la partie occidentale du continent asiatique : le Yémen, une partie de l'Arabie, et plus haut jusqu'au Liban. Le mot "Ethiopie" est donc fort réducteur mais pourrait désigner également l'Afrique subsaharienne (Afrique Noire). Lud et Cub sont des peuples d'Afrique du Nord dont la localisation est incertaine. Probablement des peuples qui occupèrent autrefois ce que l'on nomme aujourd'hui "Maroc, Tunisie, Algérie". Et Ezéchiel ajoute : "et les fils des pays alliés". "Alliés" se dit "beriyth" (pacte, engagement entre hommes ou entre nations, traités, alliances, ligue, constitution, accord, amitié". On peut donc parler ici de Ligue Arabe. Puth (la Lybie) est d'origine Chamite (Genèse 10:6). Lud, par contre, est un sémite (Genèse 10:22). Nous pouvons donc constater que dans cette Ligue arabe, il y a à la fois des peuples Chamites et sémites (ce qui n'est pas incompatible puisque, par exemple, les Saoudiens sont aussi des sémites). Cette notion de peuples divers et variés se retrouve également dans l'une des significations du mot "erev". Effectivement, celui-ci peut également signifier : " trame, mêlé, entrelacé, mélange de peuples, de races diverses"

Il pourrait sembler que je m'éloigne ici du sujet, celui-ci étant censé traiter de l'Europe. Cependant, ce thème ne peut être abordé sans se positionner par rapport au cadre biblique que constituent le Proche et le Moyen-Orient. Dans ce cadre, l'Europe se positionne comme formant cette partie du Monde que l'on nomme "l'Occident", ce qui inclut cette partie du Monde à l'Ouest des pays bibliques. Mais surtout, il faut aussi tenir compte du fait que l'Afrique du Nord a également fait partie, autrefois, de l'Empire Romain. Ce qui, dans l'accomplissement des prophéties bibliques de Daniel, ne peut être laissé pour compte. Si ces territoires ont été inclus dans l'Ancien Empire Romain, ils doivent être pris en considération pour la visualisation du Nouveau. De plus, ils furent autrefois territoires français (Maroc, Algérie), anglais (Lybie, Egypte), et même italien (Tunisie).  

Ainsi, au chapitre 8 du livre de Daniel, l'ange qui s'adresse à lui dit : "La vision concerne un temps qui sera la fin" (Daniel 8:17). Dans cette vision, Daniel voit un bélier qui frappe de ses cornes "à l'Occident", au Nord et au Sud" (Daniel 8:4). Daniel voit ensuite un bouc venant de l'Occident (Daniel 8:5) qui "parcourt toute la terre". Ce "bouc" représente Alexandre le Grand qui conquit l'Empire Perse (le bélier). Je ne m'avancerai pas plus loin dans l'interprétation de cette prophétie, ce n'est d'ailleurs pas ici le sujet. Sauf que, il nous faut retenir ici les paroles de l'ange :  "La vision concerne un temps qui sera la fin". L'accomplissement historique de cette prophétie n'est que partielle. Elle concerne également un temps à venir. Un temps où une puissance étrangère venue d'Europe entrera à nouveau en lice contre le "bouc" de Perse. Or, nous savons que la Perse (dont il est question dans cette prophétie) correspond aujourd'hui à l'Iran. Cette prophétie de Daniel concerne donc un conflit armé qui devrait opposer une puissance militaire européenne à l'Iran. 

L'heure est avancée à l'horloge prophétique. Le soleil se couche doucement dans le ciel de l'Histoire. Ce "temps de la fin" mentionné par l'ange à Daniel semble se rapprocher de nous. Or, que dit le texte ? "Moi, Daniel, j'eus une vision… il me sembla que j'étais à Suse, la capitale, dans la province d'Elam, et pendant ma vision , je me trouvais près du fleuve Ulaï" (Daniel 8:1, 2). Daniel est à Suse, dans la capitale perse. Le fleuve Ulaï coule à proximité de cette cité. Que voit-il ? Il voit une armée d'envahisseurs qui vient de l'Occident. De Macédoine, plus exactement. De Grèce continentale. Daniel assiste à un conflit armé opposant l'Occident à un empire d'Orient. Et c'est l'armée venant d'Occident qui va remporter la victoire. Et quand cela aura t-il lieu ? "La vision concerne un temps qui sera la fin". Donc, le conflit qui opposa Alexandre et ses armées à l'empire Perse n'était qu'un préambule à ce qui doit se produire "au temps de la fin". Daniel pense être à Suse (la capitale d'hiver des rois Perse) lorsqu'il reçoit la vision. Ce qui nous donne un indice sur la période à laquelle il reçut cette vision. Ce qui ne signifie pas que la prophétie doit avoir lieu à cette période qui correspond également à celle pendant laquelle se déroule l'histoire d'Esther (Esther 1:2). A noter que le mot "capitale" se dit "byirah", ce qui signifie également "citadelle". Daniel se voit dans la citadelle de la capitale lorsqu'il voit la Perse (à la cour de laquelle il sert) se faire vaincre par un adversaire venant d'Occident. Ce qui est assez évocateur. Si l'on reporte cela à une époque plus contemporaine, on peut donc en conclure que les moyens de défense de l'Iran ne pourront contrer cette invasion occidentale. "Sentinelle, que dis-tu de la nuit ? Le matin vient et la nuit aussi". C'est Zacharie qui semble apporter la touche finale à ce "Jour". "Ce sera un jour unique connu de l'Eternel, et qui ne sera ni jour ni nuit mais avec le soir (erev) la lumière paraîtra" (Zacharie 14:7). Littéralement "lè'eth erev" (au temps du soir). "Eth" désigne, entre autres choses, "un temps, une époque, un événement". On pourrait l'entendre également comme mentionnant une "époque tardive". Si "erev" désigne une population du Nord de l'Afrique, on pourrait penser aux événements du "Printemps arabe", relativement récents à l'échelle de l'Histoire. Si "Erev" désigne au contraire "un mélange de peuples", on peut penser à des villes cosmopolites où diverses communautés ethniques se mélangent et cohabitent (plus ou moins) en bonne entente. Et enfin, si "Erev" désigne le Monde Occidental, alors ce passage pourrait bien lui signifier qu'il s'approche d'une période plus ou moins sombre. Un temps d'obscurité. Mais qui sait ? Peut-être veut-il dire tout cela à la fois ?...

Si nous voulons tenter de comprendre le déroulement des événements qui se produiront à la fin des temps, il nous faut, tout à nouveau, nous tourner dans la direction du Qedem, vers l'Orient et l'origine des choses. Le mot "qedem" a pour racine "qadam", ce qui signifie "rencontrer, confronter, aller de l'avant, faire face". Esaïe écrit : "Qui l'a annoncé d'avance pour que nous le sachions ?" (Esaïe 41:26). Et comme pour répondre à cette question, Jésus dira : "Je vous ai tout annoncé d'avance" (Matthieu 24:25). Comme si Jésus avait voulu nous dire : "Voilà, je vous ai tout dit. Maintenant, vous savez tout !". Sommes-nous véritablement prêts à faire face à ces événements à venir ? 

Cet article ne serait pas vraiment complet si je n'abordais les événements de la fin dans lesquels l'Europe ne manquera pas d'être impliquée. Mais il me faudrait, pour cela, parler de Gog et Magog et leurs alliés (j'en ai rapidement fait mention plus haut) ainsi que de la bataille d'Armageddon. Je ne pourrais cependant pas, même succinctement, aborder ici ces thèmes, dans un article déjà particulièrement long. Mais ces sujets ont déjà été abordés dans des articles antérieurs, et j'invite le lecteur qui désirerait approfondir ces sujets à les consulter. Il s'agit de :

"Gog et Magog : d'hier et de demain"

"Armageddon : de Jizreel à Jérusalem"

"Jérusalem : le dernier conflit et la Venue de Son règne"

Et enfin : 

"Le temps est proche

"Oracle sur Duma : on me crie de Séïr (Edom) : Sentinelle, que dis-tu de la nuit ? Sentinelle, que dis-tu de la nuit ? La sentinelle répond : le matin vient et la nuit aussi. Interrogez, interrogez, convertissez-vous et revenez !". La question peut se poser : pourquoi la nuit est-elle mentionnée après le matin ? Pour un hébreu, le "jour" commence au coucher du soleil, et la fin de ce même jour vient au coucher du soleil suivant. Ainsi, lorsque la sentinelle dit "...et la nuit aussi", elle annonce la venue du jour suivant. Celui qui viendra parachever l'Histoire. Le "Jour" où le Massiah, le Seigneur Jésus-Christ, viendra établir son règne, son Royaume sur la Terre. Ce "Jour" vient bientôt.

 

Notes

* Le cœur a des raisons que la raison ignore. 

 

JiDé

La Bible parle-t-elle de l'Europe ?
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