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Daniel et la fosse aux lions (chapitre 6)

Daniel et la fosse aux lions (chapitre 6)

Dans le livre de Daniel, cet épisode de sa vie est probablement le plus connu, avec celui de la fournaise ardente où furent jetés ses trois amis Schadrac, Meschac et Abed-Nego (Daniel 3). Si les faits relatés revêtent bien évidemment un aspect miraculeux, ils révèlent surtout le caractère entier des compagnons de Daniel. Leur foi inébranlable en leur Dieu et leur détermination à ne pas se compromettre de quelque façon que ce soit, seront prises en exemple par l'auteur du livre des Maccabées (1 Maccabées 2:59, 60). Mais que s'est-il exactement passé pour Daniel ? Pour le comprendre, il nous faut revenir un peu en arrière, à la cour du dernier roi babylonien. 

"Cette même nuit, Belschatsar, roi des Chaldéens, fut tué. Et Darius le Mède s'empara du royaume, étant âgé de soixante-deux ans" (Daniel 5:30, 31). Daniel était arrivé à la cour de Babylone alors qu'il n'était encore qu'un jeune adolescent (Daniel 1:3, 4). Il fut promu après avoir donné au roi le contenu et l'interprétation d'un songe que celui-ci avait fait dans la nuit, et dont il ne pouvait se souvenir (Daniel 2:1, 31 à 45). Daniel servit Nabucadnetsar et ses successeurs jusqu'à ce que le petit-fils du roi, Belschatsar, monte sur le trône. Il y demeura jusqu'en l'an 539 (avant notre ère), année durant laquelle Darius le Mède s'empara de la ville de Babylone. Il semblerait que Darius ait régné sur Babylone et sa province alors que Cyrus régnait sur tout l'empire. 

"Darius trouva bon d'établir sur le royaume cent vingt satrapes qui devaient être dans tout le royaume. Il mit à leur tête trois chefs au nombre desquels était Daniel afin que ces satrapes lui rendissent compte et que le roi ne souffre aucun dommage. Daniel surpassait les chefs et les satrapes parce qu'il avait en lui un esprit supérieur et le roi pensait à l'établir sur tout le royaume" (Daniel 6:1 à 3). Les qualités de Daniel l'avaient conduit dans les plus hautes sphères de l'empire babylonien. Ces mêmes qualités l'avaient maintenu dans cette position à la cour de Perse. Mais une telle réussite devait également lui attirer les foudres des hauts dignitaires de ce nouveau royaume. 

Le complot

Daniel est un homme profondément intègre et droit. Il exerce ses fonctions à la cour avec la même rigueur et la même probité qu'il le faisait à la cour des rois babyloniens. Le texte nous dit cependant que "Daniel surpassait les chefs et les satrapes parce qu'il avait en lui un esprit supérieur; et le roi (de Perse) pensait à l'établir sur tout le royaume" (Daniel 6:3). Daniel était un homme qui faisait preuve de compétences exceptionnelles dans la gestion des affaires de l'Etat. De nos jours, il serait sorti "Major" de l'ENA ou de Polytechnique. Il disposait, de plus, d'une longue expérience, ayant été autrefois promu aux plus hautes fonctions sous le gouvernement précédent. C'est peut-être justement ce qui dérangeait les membres du conseil du roi de Perse. La "cohabitation" posait alors autant de problèmes qu'aujourd'hui. Non que Daniel ne veuille collaborer avec les ministres d'Etat nouvellement mis en place, mais sa présence dérangeait. Daniel, plus que tout autre ministre, bénéficiait, à la cour, de la plus haute estime du roi, ainsi que de sa confiance au point que celui-ci envisageait de lui accorder la seconde place dans son royaume, tout comme ce fut le cas pour Joseph auprès de Pharaon. Sans le vouloir, Daniel faisait de l'ombre à ces intrigants dont le monarque se méfiait peut-être déjà. Il n'était pourtant pas seul à occuper les fonctions les plus en vue. Trois hommes se partageaient la proximité du souverain (Daniel 6:2). Mais, comme en avait témoigné la mère de Belshatsar à son fils, il y avait, en Daniel, une sagesse et une intelligence qui surpassaient celles de tous les conseillers royaux (Daniel 5:11). Ces compétences lui avaient été données expressément par le Seigneur afin qu'il puisse exercer ces fonctions à la cour (Daniel 1:17). Sa rigueur, son intégrité, et peut-être aussi ses origines, firent alors, de Daniel, l'objet d'un complot fomenté pour le discréditer. Peut-être représentait-il un obstacle à leurs manigances de courtisans. Il se peut également que sa droiture et son honnêteté aient entravé leurs affaires ou quelque commerce illicite. Daniel devenait l'homme à abattre. On peut bien évidemment penser que seule la jalousie les poussait à s'opposer à lui, mais la référence que fait le texte aux "affaires du royaume" peut laisser supposer que la seule présence de cet homme saint entravait les leurs. La moindre faille dans l'exercice de ses fonctions leur aurait fourni matière à l'inculper. Mais il n'y en avait pas. Ils cherchèrent donc une quelconque antinomie entre la loi divine et celle des "Mèdes et des Perses". L'ayant trouvée, c'est là qu'ils décidèrent de frapper. 

"Alors les chefs et les satrapes cherchèrent une occasion d'accuser Daniel en ce qui concernait les affaires du royaume. Mais ils ne purent trouver aucune occasion, ni aucune chose à reprendre, parce qu'il était fidèle et que l'on n'observait chez lui aucune faute, ni rien de mauvais. Et ces hommes dirent : nous ne trouverons aucune occasion contre ce Daniel, à moins que nous en trouvions une dans la loi de son Dieu. Puis, ces chefs et ces satrapes se rendirent tumultueusement auprès du roi et lui parlèrent ainsi…" (Daniel 6:1 à 6). 

"Alors les chefs et les satrapes cherchèrent (bea) une occasion d'accuser Daniel" (Daniel 6:4). "Bea" contient l'idée de "demander" mais également de "prier" (Daniel 6:7). Cette notion est importante, me semble-t-il, dans la compréhension de cette cabale. Les satrapes ont invoqué leurs dieux pour savoir comment prendre Daniel en défaut. Connaissant l'intégrité de Daniel, ils savaient qu'il ne faillirait pas dans sa vie de prière. Il ne pourrait donc faire autrement que de désobéir à un interdit. Daniel préférerait désobéir à un décret royal plutôt que de modifier sa vie de prière. Il aurait pu continuer à prier plus discrètement. Mais Daniel "priait et (il) louait son Dieu, comme il le faisait auparavant" (Daniel 6:10). Devant la fenêtre ouverte, en direction de Jérusalem. Soit dit en passant, ce détail nous informe de la façon dont priait ce grand intercesseur, ami de Dieu, que fut Daniel. Je ferme la parenthèse. 
 


"A moins que nous en trouvions une dans la loi (dath) de son Dieu"( Daniel 6:5). Ces satrapes qui complotaient contre Daniel comprirent qu'ils ne pourraient rien trouver à lui reprocher dans son comportement ni dans la façon dont il effectuait ses fonctions à la cour. Par contre, quelque chose dans la pratique de sa foi pouvait être sujet à controverse "dans la loi (dath) de son Dieu". Le mot araméen "dath" signifie "décret, loi, sentence". En hébreu, ce mot signifie "décret, loi, édit, règlement" mais aussi "gouverner, décider". Par exemple, il est dit d'Esdras qu'il était "versé dans la loi (dath) du Dieu des cieux" (Esdras 7:12). Le roi de Perse, Artaxerxés, l'avait envoyé en Judée et lui avait recommandé : "établis des juges, des magistrats qui rendent la justice à tout le peuple de l'autre côté du fleuve (le Jourdain)" (Esdras 7:21, 25). Et quiconque aurait contrevenu à la loi du Dieu des cieux l'aurait fait au péril de sa vie (Esdras 7:26). 

Cette fois, c'était Daniel qui, une fois de plus, se voyait en danger de mort. La première fois, ce fut à la cour du roi Nabucadnetsar. Une sentence (dath) menaçait  les chaldéens pour n'avoir pu donner au roi le songe et son explication (Daniel 2:9, 13). Dans cette même Babylone, à la cour du roi Darius, Daniel était à nouveau au centre d’un piège mortel (Daniel 6:8, 12, 15) pour avoir transgressé "la loi (dath) des Mèdes et des Perses". Ce qui s'était produit pour les amis de Daniel à la cour de Nabucadnetsar était en train de se reproduire à celle de Darius. "Rien de nouveau sous le soleil" du Moyen-Orient. Mais est-ce bien différent sous nos latitudes ? Les choses ont-elles changé depuis ? La probité des hommes fidèles à Dieu est toujours susceptible de provoquer le courroux de leurs adversaires envieux. Daniel ne sera plus là pour le voir, mais ce puissant empire devait un jour céder sa place à un autre. Le bélier devait se retrouver vaincu par le bouc venu de Macédoine (Daniel 8:1 à 8). D'autres lois seraient alors en vigueur. D'autres vies seraient encore menacées pour les avoir transgressées. Des complots seraient encore ourdis contre d'autres hommes selon d'autres lois prétendument transgressées. Comme le dit l'Ecclésiaste : "Le soleil se lève, le soleil se couche, il soupire après le lieu d'où il se lève à nouveau" (Ecclésiaste 1:5).

Quelques dates

Lors de la première année de Belschatsar, roi de Babylone, Daniel eut un songe. Il vit quatre bêtes qui correspondaient aux quatre empires qu'avait vus Nabucadnetsar, également en songe (Daniel 7:1 à 8). Ceci nous permet de constater un élément important dans la lecture du livre de Daniel. Les faits relatés ne sont pas dans un ordre chronologique. Ainsi, les chapitre 7 et 8 du livre de Daniel relatent des événements antérieurs à ceux du chapitre 6. Il est important de tenir compte de ce détail pour avoir une juste compréhension des événements. Il est également intéressant de noter que la plupart des événements relatés dans ce livre se sont produits dans les trois premières années des règnes des monarques qui y sont mentionnés. Hormis le chapitre 4 qui relate un événement qui s'est produit vers la fin de la vie de Nabucadnetsar, et le chapitre 5 qui fait mention de la toute fin du roi Belschatsar.  "La troisième année du règne de Jojakim" (Daniel 1:1). "La seconde année du règne de Nabucadnetsar" (Daniel 2:1). "La première année de Belschatsar, roi de Babylone" (Daniel 7:1). Belschatsar régnait en corégence avec son père Nabonide. Celui-ci avait épousé la fille de Nabucadnetsar et avait renversé le fils du vieux roi pour prendre sa place. Nabonide en était à sa dix-septième année de règne lorsqu'il se rendit à Darius, peu après que la ville de Babylone soit tombée aux mains des Perses. Il existe deux versions mentionnant la fin du roi de Babylone. La première mentionne la mort de Nabonide sur un champ de bataille, alors qu'il guerroyait contre les Perses. La seconde le fait se réfugier dans une ville proche de Babylone. Nabonide aurait été fait prisonnier après que la ville, où il s'était réfugié, soit tombée aux mains des Perses. Le texte biblique ne mentionne, quant à lui, que la prise de Babylone. Mais une fois la capitale aux mains des Mèdes et des Perses, l'empire ne pouvait que se soumettre à ses nouveaux maîtres. 

"La troisième année du règne du roi Belschatsar" (Daniel 8:1). L'année où Darius le Mède monta sur le trône de Babylone (Daniel 5:31 / 6:1). "La première année de Darius (en l'an 539 avant notre ère) fils d'Assuérus, de la race des Mèdes, lequel est devenu roi du royaume des Chaldéens (les Babyloniens), la première année de son règne" (Daniel 9:1, 2). "La première année de Darius le Mède" (Daniel 11:1). "La troisième année de Cyrus (an - 537), roi de Perse" (Daniel 10:1). Les événements évoqués dans le récit du livre de Daniel couvrent donc une période allant de la seconde année de règne du roi Nabucadnetsar à la troisième année de règne de Darius, la deuxième année de Cyrus. Mais la plupart des événements qui sont relatés dans le livre de Daniel se produisirent en début de règne. Que ce soit pour Jojakim roi de Juda, pour Nabucadnetsar roi de Babylone ou pour Darius et Cyrus. Pourquoi cela ? Peut-être parce que les souverains ont besoin, pour asseoir leur règne, d'accomplir des actes forts. Mais, les faits relatés nous montrent un Jojakim détrôné, et un Nabucadnetsar ou un Darius forcés de se plier au diktat des lois immuables du royaume sur lesquels ils règnent. Daniel, quant à lui, demeura fidèle aux lois du royaume de Dieu. Personne ne put le faire plier. Les courtisans babyloniens et perses obtinrent ce qu'ils voulaient par leurs manigances, mais Daniel ne leur céda en rien. Il demeura fidèle à son Dieu et à  lui-même et montra par cela combien la soumission au Dieu des cieux est supérieure à toute autorité humaine, quelle qu'elle soit, même celle du plus puissant des monarques. 

La part du lion 

Ce qui s'était produit pour Schadrac, Meschac et Abed-Nego sous le règne de Nabucadnetsar devait donc se reproduire pour Daniel sous le règne de Darius le Mède (Daniel 6:4). Les amis de Daniel avaient été jetés dans la fournaise ardente parce qu'ils avaient refusé de se prosterner devant la statue d'or qu'avait fait ériger le roi Nabucadnetsar. Daniel fut accusé d'adresser des prières à son Dieu quand cela était devenu interdit. Un édit royal fut promulgué dans ce but (ce qui, au passage, permet de voir les véritables motivations qui poussent parfois les décideurs d'un Etat à promulguer des lois). Faisant fi de cette interdiction, Daniel continua à prier comme il avait coutume de le faire. Les instigateurs de cette cabale utilisèrent cela pour le prendre en défaut. Le roi, forcé de se soumettre au décret qu'il avait lui-même signé, dut faire condamner Daniel pour sa transgression. Profondément attristé de cette situation, le monarque tenta de le sauver, mais il était lié par cette loi qu'il avait lui-même décrétée et à laquelle il ne pouvait déroger de quelque façon que ce soit. Par ce stratagème, ce n'est pas seulement Daniel que ces conspirateurs condamnaient à mort, mais également eux-mêmes. Daniel fut donc jeté dans la fosse aux lions. Le roi, dont l'affection pour Daniel n'était un mystère pour personne, émit vivement le souhait qu'il soit épargné par son Dieu.

Après une nuit blanche (Daniel 6:18), c'est avec beaucoup de tristesse et peu d'espoir que le roi se rendit, dès le matin, auprès de la fosse aux lions. La voix de Daniel se fit alors entendre de la fosse (Daniel 6:21, 22). Après en avoir été sorti, on constata qu'il ne présentait sur lui aucune trace d'agression, ni de morsure, un ange ayant fermé la gueule des lions devant lui. Le texte précise également que cela se produisit : "parce qu'il eut confiance en son Dieu" (Daniel 6:23). Tout comme l'avaient fait, avant lui, ses compagnons lorsqu'ils furent jetés dans la fournaise ardente. Eux aussi avaient bénéficié de la présence d'un ange protecteur à leurs côtés (Daniel 3:28).  

Le roi fit alors arrêter les comploteurs qui avaient projeté la mort de Daniel. Leur supplice fut d'autant plus terrible qu'ils virent descendre, dans la fosse aux lions, leurs épouses et leurs propres enfants. Ceux-ci moururent sous leurs yeux avant qu'eux-mêmes ne succombent, leurs chairs déchirées par les dents acérées de ces fauves dont ils avaient voulu faire les exécuteurs de leurs basses œuvres (Daniel 6:24). "Avant qu'ils soient parvenus au fond de la fosse, les lions les saisirent et leurs brisèrent tous leurs os" (Daniel 6:24). Ce qui peut laisser supposer qu'ils y étaient descendu suffisamment lentement pour se faire attaquer avant de toucher le sol. Vu le raffinement dont les orientaux peuvent parfois faire preuve dans la pratique de la torture, on peut imaginer que les comploteurs aient été descendus au bout d'une corde, suffisamment lentement pour que leur supplice soit plus cruel encore. Il est vrai que le roi s'était trouvé acculé, par leurs manigances, à un acte qu'il réprouvait fortement. Et qui plus est, il avait pu se rendre compte qu'il avait été manipulé dans le but spécifique de faire condamner Daniel, son plus proche conseiller. Sa vengeance ne pouvait qu'en être plus terrible. Les traductions du texte biblique ne peuvent généralement pas rendre toutes les nuances et les subtilités que renferme celui-ci. Elles ne laissent généralement paraître que peu de choses de tous ces détails qui ponctuent le récit. Car cette fosse aux lions contient encore bien des sombres recoins. Une approche plus attentive du texte nous fournit cependant quelques éclaircissements. Ces fauves féroces ont peut-être des choses à nous dire. Leurs gueules rugissantes évoquent encore le souvenir d'un empire pas si lointain. 

"Les lions les saisirent et leurs brisèrent (shelet) tous leurs os". "Shelet" veut dire "donner l'assaut, se ruer sur", mais aussi "être souverain, avoir le pouvoir, gouverner, dominer, régner sur"Ce mot "shelet" est utilisé par Daniel pour désigner le règne de  Nabucadnetsar. "Et il t'a fait dominer (shelet) sur eux tous, c'est toi qui est la tête d'or" (Daniel 2:38). Il faut garder à l'esprit que "le lion" est l'animal qui symbolise l'empire de Babylone (le lion ailé Daniel 7:3, 4). Le songe de la statue annonçait également un troisième empire, "le troisième animal" du songe de Daniel : la Grèce. "Après toi", avait dit Daniel au roi de Babylone, "il s'élèvera un autre royaume moindre que le tien (l'empire perse), puis un troisième (la Grèce), qui sera d'airain, qui dominera (shelet) toute la terre" (Daniel 2:39). Il est dit, un peu plus loin dans ce même texte, que Nabucadnetsar donna à Daniel "le commandement (shelet) sur toute la province de Babylone" (Daniel 2:48). Les lions étaient des lions "babyloniens". D'un point de vue symbolique, ils incarnaient une autorité qui n'avait pas totalement disparu, celle de l'empire qui avait précédé celui des Mèdes et des Perses. Ce mot "shelet" est également utilisé pour parler des trois amis de Daniel qui sortirent indemnes de la fournaise : "le feu n'avait eu aucun pouvoir ( shelet) sur le corps de ces hommes" (Daniel 3:27). Et enfin, lorsque le roi Belschatsar voulut élever Daniel au troisième rang dans "le gouvernement (shelet) du royaume" (Daniel 5:16).

"Le lion" ne symbolise pas seulement le roi de Babylone et le pouvoir des grand empires. Il est également l'emblème de la tribu de Juda, tribu royale par excellence, dont est issu Daniel. Si Juda avait été vaincu, il n'en demeurait cependant pas moins le royaume où naîtrait le Massiah, le Roi des rois. Les empires se succédaient, comme cela avait été annoncé au roi Nabucadnetsar, mais un royaume qui n'était pas de ce monde devait bientôt venir pour détruire ces orgueilleux empires dont la durée et le pouvoir étaient déterminés et limités de toute éternité. Lorsque le Messie viendra, le gouvernement du Monde lui sera remis et toutes les nations de la Terre devront alors lui prêter allégeance. 

Si le mot araméen est déjà éloquent en soi, son équivalent hébreu (shalat) a également des choses à nous dire. "Shalat" signifie, en hébreu, "se montrer tyrannique, exercer le pouvoir, dominer, avoir la maîtrise de ". Il est généralement traduit par : "opprimer, dominer, se rendre maître". Un exemple en est donné avec Esther (dont l'action, relatée dans un livre éponyme, se produisit également dans le royaume de Perse, lorsque le méchant Haman intrigua auprès de l'empereur pour faire massacrer le peuple juif). Il est écrit : "Le jour où devait s'exécuter l'ordre et l'édit du roi, et où les ennemis des Juifs avaient espéré dominer (shalat) sur eux, ce fut le contraire qui arriva, et les Juifs dominèrent (shalat) sur leurs ennemis" (Esther 9:1).

Comme le dit l'Ecclésiaste : "Il y a un temps où l'homme domine (shalat) sur l'homme pour le rendre malheureux" (Ecclésiaste 8:9). Mais Dieu tient les temps dans sa main. Les ennemis de Daniel cherchèrent sa perte, mais ne purent le faire périr. Ce fut eux, au contraire, qui furent dévorés par les lions.

Comme le dit l'auteur du livre d'Esther : "ce fut le contraire qui arriva". Mais les temps ont-ils vraiment changé ? Ne dit-on pas que "l'homme est un loup pour l'homme" ? Il peut, en certains cas, se transformer en lion

 

JiDé

 

 

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