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Igal Yadin, à la redécouverte de Massada

Igal Yadin, à la redécouverte de Massada

Le site de Massada est aujourd'hui connu par tous ceux qui, de près ou de loin, s'intéressent à l'histoire d'Israël. Cette forteresse hérodienne servit autrefois de refuge aux neuf cent soixante et quelques zélotes qui s'y étaient réfugiés avec leurs familles. Assiégés par les légions de Rome, ils choisirent de se donner la mort plutôt que de tomber aux mains de l'envahisseur. Aujourd'hui symbole d'indépendance, ce lieu incarne une histoire, un passé désormais révolu, et cependant toujours vivant dans la mémoire d'un peuple qui a toujours dû se battre pour survivre. Dans la rubrique "Des siècles de découvreurs", j'ai voulu rendre hommage à celui qui fut à la fois militaire, diplomate, enseignant, écrivain et préfacier, mais surtout archéologue et Directeur des fouilles sur l'un des sites archéologiques les plus célèbres en Israël : Igal Sukenik, plus connu sous le nom de Igal Yadin. Si l'histoire de Massada est aujourd'hui aussi renommée, c'est en partie grâce aux fouilles archéologiques dirigées par le professeur Yadin entre les années 1963 et 1965 sur le site historique de l'ancien palais du roi Hérode.
 


Igal Yadin Sukenik est le fils de l'archéologue Éléazar Sukenik. Celui-ci naît le 12 août 1889 à Bialystok, en Pologne. Éléazar Sukenik arrive en Palestine Ottomane en 1911. Après avoir servi dans l'armée britannique, dans la Légion juive, durant la première guerre mondiale, le père du futur Igal Yadin effectue d'importantes fouilles à Jérusalem et joue un rôle prépondérant dans l'établissement du Département d'archéologie de l'université Hébraïque de Jérusalem. Son fils, Igal, naît le 21 Mars 1917 à Jérusalem. Igal rejoint la Haganah, l'armée régulière israélienne, à l'âge de quinze ans. Il fera tout d'abord une carrière militaire et suivra une formation d'officier, parallèlement à des études d'archéologie, de langue hébraïque, ainsi que de littérature et de langue arabe. Lors de la Guerre d'Indépendance, en 1948, Igal Yadin devient Chef d'Etat-major et, en 1952, il quitte l'armée pour se consacrer entièrement à sa carrière d'archéologue. En 1956, il reçoit le prix Israël pour ses travaux de Doctorat en Études Juives sur les Manuscrits de la Mer Morte et, en 1960, il dirige une exploration scientifique des grottes du Sud d'En Guédi. 
 


Après la Guerre de Six Jours de 1967, il acquiert le fameux Rouleau du Temple. Les fouilles sur le Nahal Hever, sur les bords de la Mer Morte, le font connaître du monde scientifique. Il rencontre la célébrité grâce à ses découvertes prouvant la conquête de Canaan par les fils d'Israël sous la conduite de Josué. Il connait ensuite une renommée mondiale après avoir dirigé les fouilles sur le site antique de Massada. Igal Yadin a également dirigé des fouilles archéologiques dans les grottes de Qumran, à Tel Megiddo et dans les grottes du désert de Judée, où des artefacts de la révolte de Bar Kokhba ont été découverts. Igal Yadin fut, avec William F. Allbright, l'un des principaux représentants de l'archéologie biblique. Il est également l'auteur de nombreux ouvrages comme "Le message des parchemins" en 1957, "Massada, la forteresse d'Hérode et la dernière bataille des Zélotes" en 1966, "Bar Kokhba, à la redécouverte d'un héros légendaire de la seconde révolte juive contre Rome" en 1971, ou encore "Hazor, la redécouverte d'une grande citadelle de la Bible" en 1972. Hazor fut, dans l'Antiquité, une étape importante sur la route du Croissant fertile. Lors de la conquête de Canaan, la ville occupait une place considérable au sein de ces petits royaumes cananéens. Conquise par Josué, elle fut entièrement détruite (Josué 11:10). Igal Yadin dirigea les fouilles entreprises sur son site dans les années 1955 à 1958. Tel Hazor devint le plus grand site archéologique du Nord d'Israël et fut classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Un chef de l'armée d'Israël l'avait autrefois conquise, il en fallait un autre pour en faire parler les pierres. 

Parallèlement à ses recherches en tant qu'archéologue, Igal Yadin mena une carrière politique au sein du Gouvernement pendant de nombreuses années durant lesquelles le peuple israélien verra en lui un homme d'une grande intégrité. Il occupera le poste de Vice-Premier Ministre de 1977 jusqu'en 1981. Cette position au sein du gouvernement lui permettra de jouer un rôle central dans quelques uns des événements majeurs de la vie politique israélienne, comme la rencontre du Premier Ministre israélien Menahem Begin et du Président égyptien Anouar El Sadate, tous deux invités à signer un accord de paix par le Président américain Jimmy Carter à Camp David en 1978. Igal Yadin décède le 28 Juin 1984 à Jérusalem. Il sera inhumé au Mont Herzl, dans sa ville natale.

La contribution d'Igal Yadin a été une pierre angulaire de l'archéologie biblique. Il a permis au peuple d'Israël de redécouvrir son Histoire, et aux nations de mieux comprendre ces récits bibliques dont ces régions désertiques ont été le théâtre. Avec Igal Yadin, les pierres ont crié*, et l'écho de leurs voix nous parvient encore aujourd'hui. 

*Allusion à cette parole de Jésus : "Je vous le dit : s'ils se taisent, les pierres crieront" (Luc 19:40).  

JiDé

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