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La marque de la bête et le nombre de son nom


"Que personne ne pût acheter ni vendre sans avoir la marque de la bête ou le nombre de son nom"  (Apoc. 13:17).

Beaucoup de choses ont été écrites sur ce sujet et nombre d'interprétations ont été apportées pour essayer d'en décrypter la signification ainsi que ses applications pour notre temps. Dans cet article, je me garderai de citer les différentes interprétations ou hypothèses généralement usitées (sans toutefois pour cela les réfuter). Je me contenterai de chercher à comprendre ce que l'auteur de ces deux expressions ("la marque de la bête" et "le nombre de son nom") a pu vouloir dire, et surtout ce que ses contemporains étaient en mesure de comprendre. A partir de cela, tous les parallèles sont possibles...

Ces deux expressions, "la marque de la bête" et "le nombre de son nom", apparaissent à cinq reprises sous des formes différentes dans le livre de l'Apocalypse, dont l'apôtre Jean est l'auteur. Il me semble important de bien mentionner le nom de l'auteur de ces deux expressions, car le contexte dans lequel vécut celui-ci déterminera le sens à donner prioritairement à ces dites expressions. Longtemps les commentateurs ont daté le livre de l'Apocalypse vers la toute fin du premier siècle de notre ère (vers 91), étonnamment sans tenir compte d'un fait essentiel : la destruction du Temple de Jérusalem qui eut lieu en l'an 70 de la même époque. Selon le Pr. Flusser, Professeur de Nouveau Testament à l'Université de Jérusalem, il est difficilement concevable que le livre de l'Apocalypse ait été rédigé après la destruction du Temple sans que cet événement majeur n'y soit mentionné. La rédaction du livre de l'Apocalypse aurait donc eu lieu, selon lui, avant la destruction du lieu saint dont le prophète Daniel avait annoncé la profanation par les légions romaines. Rappelons pour mémoire que l'auteur de ces deux expressions vécut à une époque où la Judée était occupée par l'envahisseur romain. A la fin de sa vie, l'apôtre Jean fut déporté par Rome sur l'île de Patmos, une île grecque de la Mer Égée, au large de la Turquie actuelle. C'est sur cette île qu'il reçut la révélation des événements qui devaient se produire, ainsi que de la signification de "la marque de la bête et le nombre de son nom".

Apocalypse : un mot, un livre, une révélation

Le mot "apocalypse" (apokalupsis) est couramment utilisé dans le Nouveau Testament. Le vieux Siméon, lorsqu'il rencontra les parents de Jésus venus le présenter au Temple, dira : "mes yeux ont vu le Salut... lumière pour éclairer (apokalupsis) les nations, et gloire d'Israël" (Luc 2:32). On le trouve également dans les Épîtres de Pierre lorsqu'il fait mention du Retour du Seigneur : "...lorsque Jésus-Christ apparaîtra (apokalupsis)" (1 Pi. 1:7). "...Lorsque Sa Gloire apparaîtra (apokalupsis)" (1 Pi. 4:13), et à de nombreuses reprises dans les Épîtres de  l'apôtre Paul, par exemple lorsqu'il parle de la révélation qu'il a reçue de l’Évangile : "je viendrai à des révélations (apokalupsis) du Seigneur..." (2 Cor. 12:1), "car je ne l'ai pas reçu ni appris d'un homme mais par une révélation (apokalupsis) de Jésus-Christ" (il parle de l’Évangile). Écrivant aux Éphésiens, il dit aussi : "C'est par révélation (apokalupsis) que j'ai eu connaissance du mystère sur lequel je viens d'écrire en peu de mots..." (Eph. 3:3). Nous verrons plus loin l'importance des mystères dans l'Antiquité, à quoi justement l’Évangile de Christ oppose la révélation

Il est donc clair que, dans l'esprit des apôtres Paul, Pierre et Jean, le sens du mot "Apocalypse" est centré avant tout sur la Personne et l'oeuvre de Jésus-Christ. Et donc, lorsque l'apôtre Jean introduit son livre "Révélation" (apokalupsis) de Jésus-Christ..." (Apoc. 1:1), il utilise un terme déjà couramment usité parmi les apôtres. Cette expression "Révélation de Jésus-Christ", on peut l'entendre de deux façons. La première est que la révélation qu'il va dévoiler (le mot "apokalupsis" signifie également "dévoilement") dans son livre provient de Jésus-Christ, La deuxième est que si Christ est celui qui révèle, il est également le sujet de ce dévoilement, de cette révélation.

Qui ou quelle est cette bête ?

Quelle est cette "bête" (en grec "therion" : bête sauvage) dont fait mention l'apôtre Jean ? Pour répondre à cette question, il faut se rappeler que le livre de l'Apocalypse fait partie d'une oeuvre littéraire généralement appelée "apocalyptique", dont fait également partie le livre de Daniel. Ces deux livres sont donc étroitement liés par leur contenu comme par leur style. C'est donc tout naturellement que nous nous tournerons vers celui-ci pour la compréhension de ce terme que l'apôtre Jean lui a très probablement emprunté. Pourquoi Jean reprend-il un terme utilisé par Daniel ? Tout simplement parce qu'il parle de la même chose. C'est au chapitre 7 du livre de Daniel qu'il nous faut aller pour retrouver cette bête. Or, lorsque nous lisons ce passage, nous nous rendons compte qu'il n'y a pas une mais quatre bêtes (Dan. 7:4 à 7). Celles-ci sont en réalité quatre empires correspondant aux quatre parties de la statue que le roi Nabukadnedzar a vue en songe (Dan. 2) et dont Daniel lui a donné l'interprétation. Pour une approche plus détaillée, j'invite mes lecteurs à lire sur ce blog l'article "Daniel, le songe de la statue et les quatre bêtes".
 


Le texte de Daniel nous dit que "quatre grands animaux sont quatre rois qui s'élèveront de la terre" (Dan. 7:17). Dans le texte original, il est écrit : "Rabrebata di in nin arba arbeah" (littéralement : "ces grandes bêtes sont quatre quatre sont rois"). Nous retrouvons donc ici le parallèle entre les quatre parties de la statue et les quatre bêtes du rêve de Daniel. Mais pour comprendre ce qui va suivre, il faut savoir que les nombres en hébreu ont un genre (masculin ou féminin). Or, nous voyons ici que le mot "quatre" est répété deux fois. Le premier "quatre" est au féminin puisqu'il désigne les bêtes, le deuxième "quatre" est au masculin puisqu'il désigne, lui, les rois. Mais les mots "arba" (fém.) et "arbeah" (masc.) sont côte à côte comme pour nous signifier que ces "bêtes" sont à la fois masculin et fémininLes quatre bêtes présentes dans le songe de Daniel (Dan.7) sont Babylone, les Médo-Perses, les Grecs et les Romains. Mais dans ce cas, à quelle bête Jean fait-il référence ? Ces quatre empires se  sont succédés au cours de l'Histoire, et à l'époque de l'apôtre Jean, c'est l'empire romain qui occupe le devant de la scène. On peut donc tout naturellement supposer que la bête dont parle l'apôtre est bien la quatrième bête, c'est à dire l'empire romain.

Voyons maintenant ce que ce texte peut encore nous dire sur cet empire. Il est dit, toujours dans Daniel, que ce sont "quatre grands animaux". Le mot "rabrebata" (traduit par "grands") signifie également "un chef riche et arrogant", alors que le mot "cheyva" signifie "une bête, un animal" et dans un sens figuré, "un homme bestial". On se souvient du roi Nabukadnedzar qui perdit la raison et se mit à se comporter comme un herbivore, mangeant de l'herbe. Il avait été prophétisé qu'un "cœur de bête lui serait donné" (Dan. 4:16). Nous voyons petit à petit se dessiner le portrait de cette "bête". Ce que Jean a vu, c'est un homme d'un tempérament bestial, riche et arrogant, à la tête d'un empire que nous avons identifié comme étant l'empire romain. Un portrait qui ferait penser à un empereur de Rome... ou à quelqu'un d'autre !...


La marque de la bête

S'il était relativement aisé d'identifier la bête, ça l'est beaucoup moins pour ce qui est de sa marque. Comme je l'ai dit au début de cet article, mon but n'est pas de mentionner les différentes hypothèses applicables à notre temps mais de chercher à comprendre ce dont parle l'auteur et ce que ses lecteurs étaient en mesure de comprendre alors, il y a plus de deux mille ans. C'est justement cela qui doit être la base de notre compréhension du texte. Sinon, nous ne ferons que "coller" une hypothèse sur un texte biblique, au risque de lui faire dire ce qu'il ne dit pas. Dans ce cas, nous utiliserions la Bible pour cautionner une opinion personnelle. Beaucoup n'ont pas ces scrupules et on ne peut que le déplorer, mais cela n'enlève rien à la potentielle éventualité de ces hypothèses. 

Un principe d'exégèse dit que "la Bible s'interprète par elle même", mais parfois elle ne nous fournit que très peu d'informations. On est donc forcé de chercher celles-ci dans d'autres sources. Respectueux de ce principe, voyons tout d'abord ce que peuvent nous apprendre les textes.

Le mot "marque" (en grec "charagma") apparaît huit fois dans le N.T., dont sept dans le livre de l'Apocalypse. La première mention du mot "charagma" se trouve dans le livre des Actes, lorsque l'apôtre Paul fait un discours à l'Aréopage d'Athènes, en Grèce (Act. 17:29). La Grèce, que nous avons identifiée comme étant la troisième "bête" du songe de Daniel. Athènes était autrefois le berceau de la civilisation occidentale et de sa culture, un lieu hautement symbolique. Et qui plus est, à l’Aréopage, le lieu où les Grecs aimaient se retrouver pour discourir, discuter des nouvelles idées (il y en avaient déjà beaucoup à cette époque !). Athènes était un centre intellectuel. Si Athènes était alors l'équivalent aujourd'hui d'une ville universitaire, l’Aréopage pourrait être comparé à un café littéraire. Voilà juste pour planter le décor. C'est dans ce lieu que l'apôtre Paul va utiliser ce terme "charagma"

Voyons maintenant ce que dit Paul aux Athéniens présents à l’Aréopage d'Athènes  : "nous ne devons pas penser que la divinité soit semblable à de l'or, de l'argent ou de la pierre, à une oeuvre sculptée (charagma) de l'art et de l'imagination de l'homme" (Act. 17:29, Darby). Le texte nous donne une information. Cette "marque", dont il sera fait mention plus tard dans le livre de l'Apocalypse, est "une idole, un objet sculpté, fabriqué par l'art et l'imagination de l'homme", qui serait une représentation d'un dieu. C'est une première information. 

Le mot "imagination" (en grec "enthumesis") est utilisé premièrement par le Seigneur Jésus lui-même lorsqu'il est dit que "Jésus connaissait leurs pensées (enthumesis)". Il est ensuite utilisé par l'auteur de l’Épître aux Hébreux lorsqu'il dit que la Parole de Dieu est "pénétrante, atteignant jusqu'à la division de l'âme et de l'esprit et elle discerne les pensées (enthumesis) et les intentions du cœur" (Hébr. 4:12, Darby). Si cet objet, cette "marque" est la représentation d'un dieu, ou pire de Dieu lui-même, se pourrait-il qu'on lui ai attribué les mêmes potentialités, celles de discerner les pensées et les intentions du cœur de l'homme ? De la pensée de l'homme découle aussi ses actions. Or, quel est le propre d'une idole si ce n'est d'être adorée par ses adeptes ? Ainsi, il est écrit que "si quelqu'un adore la bête et son image (il) reçoit une marque sur son front ou sur sa main..." (Apoc. 14:9). Comme le dit Esaïe : "le pays est rempli d'idoles, ils se prosternent devant l'ouvrage de leurs mains, devant ce que leurs doigts ont fabriqué" (Esaïe 2:8). Il y a donc un lien étroit entre la vénération de cette "idole", quelle que soit sa forme, sa taille ou ce qu'elle représente, et son auteur. Ce n'est pas donc forcément une statue à proprement parler, ce peut également être une "effigie", un logo, un sigle, un tatouage, voire un sceau comme on utilisait autrefois pour marquer un cachet de cire. 

"Que personne ne pût acheter ni vendre sans avoir la marque de la bête ou le nombre de son nom" (Apoc. 13:17). "Ni acheter ni vendre", cela entend toute transaction commerciale, mais aussi ce qui concerne l'usage courant. Cet "objet", produit de l'imagination et de l'industrie de l'homme, permettra ou non l'usage du commerce, à quelque échelle que ce soit, selon qu'on la possède ou non. Cependant, la Bible est claire sur le sort qui attend ceux qui accepteront de porter cette "marque". "Un ulcère malin et douloureux frappa les hommes (dans le sens des êtres humains hommes et femmes) qui avaient la marque de la bête et qui adoraient son image" (Apoc. 16:2). A l'inverse, une destinée éternelle et glorieuse attend ceux qui "n'auront pas pris la marque de la bête et qui n'auront pas reçu la marque sur leur front et sur leur main" (Apoc. 20:4). 

Le livre des Proverbes dit : "Le méchant (hébr. "rasha") est pris dans ses propres iniquités, il est saisi par les liens (héb. "chebel") de son péché" (Prov. 5:22). 

Le mot "rasha" ("méchant") peut se traduire aussi par "l'impie" (ce nom désigne également l'Antichrist). Quand aux liens par lequel il est saisi, le mot "shebel" désigne à la fois la peine, l'angoisse, la douleur mais aussi une corde. "Le méchant", dans ce texte, est celui qui s'identifie à la bête en prenant sa marque"L'impie" est lié par la peine, l'angoisse, la douleur, comme par une corde. Celui qui prendra "la marque de la bête" sera "lié" comme par une corde par la peine, l'angoisse, et la douleur. En résumé, ceux qui se soumettront et accepteront d'adorer la bête et son image recevront une marque distinctive sur la main ou sur le front sans laquelle il ne sera pas possible d'acheter ni de vendre. Cette marque est "la marque de son nom", sa "griffe" comme on dit aussi. Mais il est aussi écrit : "Et la fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles et ils n'ont aucun repos, ni jour ni nuit, ceux qui rendent hommage à la bête et à son image, et si quelqu'un prend la marque de son nom. Ici est la patience des saints, ici ceux qui gardent les commandements de Dieu et la foi en Jésus" (Apoc. 14:11, Darby). 

Le mot "charagma" (la marque) apparaît donc huit fois dans le Nouveau Testament. Le premier usage est celui qu'en fait Paul et qui nous donne les premières informations sur la nature de celle-ci. Ce mot apparaît ensuite à sept reprises dans le livre de l'Apocalypse. La septième et dernière mention qui en est faite est en Apoc. 20:4 où il est parlé "de ceux qui n'avaient pas adoré la bête ni son image, et qui n'avaient pas reçu la marque sur leur front et sur leur main". Le mot "charagma" (la marque) apparaît donc six fois pour parler de ceux qui la prendront. Six est le chiffre qui compose le nombre de la bête 666. 

Le nombre de son nom  : 666

"C'est ici la sagesse, que celui qui a de l'intelligence calcule le nombre de la bête car c'est un nombre d'homme et son nombre est 666"  (Apoc. 13:18).

Nous abordons maintenant ce nombre étrange dont tout le monde a entendu parler, et sur lequel on a dit tellement de choses. Un nombre qui fascine certains et en rebute d'autres. Nous allons voir que ce nombre n'a rien de magique ni de mystérieux. Mais avant de poursuivre, il nous faut voir ou revoir quelques détails. Nous avons vu plus haut que, en hébreu, les nombres peuvent être masculin ou féminin. Mais ils ont une autre particularité, ils représentent également  des lettres. C'est ce que l'on appelle, en hébreu, la Guematria. La Guematria n'a rien à voir avec la numérologie et elle n'est en rien ésotérique. On se souvient des chiffres romains dont les lettres avaient une valeur numérique : V vaut cinq; X vaut dix; L cinquante;  etc... même chose avec l'Alphabet grec :  Alpha, Bêta, Gamma, valent respectivement 1, 2 et 3. Il en est de même pour l'Alphabet hébreu (que l'on nomme AlephBeth) : vav vaut 6; yod vaut 10; mêm vaut 40; resh : 200 et tav : 400. 

Si les lettres valent des chiffres, l'inverse est vrai aussi ! Le chiffre 6 correspond à la lettre vav, prononcée aussi w. Nous aurions ainsi : www : 666 !... Bon ! Je passe là-dessus ! 

Nous avons vu plus haut que la bête est identifiée comme étant l'empire romain, qui occupe tout le Proche-Orient et le bassin méditerranéen (dont l'île de Patmos où Jean est exilé). or, l'expression "empire romain" se dit en hébreu "ROMIIT"et Rome se dit "ROMITI". Si l'on écrit ces mots avec leur valeur numérique respective (en tenant compte du fait que le O s'écrit avec un Vav au dessus duquel est posé un point), et la phonétique des lettres hébraïques, cela donne : 

 

     R          O          M         I        I          T             en hébreu EMPIRE ROMAIN

 RESH    VAV      MEM   YOD   YOD    TAV 

   200         6          40       10      10       400          Total de la valeur numérique : 666

 

 

On obtient le même résultat avec le mot "romiti" ("Rome" en hébreu), la ville dont l'empire est issu.

 

    R          O          M           I          T         I             

 RESH    VAV      MEM     YOD    TAV    YOD 

   200        6           40         10      400      10         Total de la valeur numérique : 666

 

A l'époque où l'apôtre rédige son livre, Rome occupe la Judée depuis probablement plus d'un siècle, depuis que Pompée y était entré avec ses légions en l'an 63 avant notre ère. L'empire romain est un empire de fer qui impose fortement sa domination sur les peuples conquis. Malheur à celui qui aurait osé proférer la moindre critique à l'égard de l'envahisseur. L'apôtre Jean ne pouvait prendre le risque de nommer ouvertement l'empire, mais l'évocation de la symbolique tirée du livre de Daniel était, pour ses lecteurs, hautement allusive. Ainsi, lorsque Jean écrit "que celui qui a de l'intelligence calcule le nombre de la bête", c'était tout simplement une invitation destinée à ses lecteurs pour que ceux-ci fasse la guématria des mots "Rome" et "empire romain". C'était une sorte de "code".

Un autre mot était utilisé pour parler de Rome, c'était le mot "Edom" qui désignait autrefois un peuple ennemi d'Israël. Ce peuple disparut en partie et finit par se mêler au peuple nabatéen, dont était d'ailleurs issu le roi Hérode. Ainsi, lorsque les Hébreux voulaient parler des Romains, ils parlaient "d'Edom". Edom est un mot qui veut dire "rouge" et fait peut-être allusion à la couleur des tuniques des Romains. Ainsi, lorsque les Hébreux parlaient des "rouges", ils savaient de qui ils parlaient mais les envahisseurs, qui ne connaissaient pour la plupart pas leur langue, n'y entendaient rien. L'empire romain a disparu, mais Daniel avait annoncé que celui-ci réapparaîtrait un jour... mais sous quelle apparence ?

Ainsi, 666 n'est autre que la valeur numérique du nom du quatrième empire annoncé par le prophète Daniel. Daniel avait été déporté sous le premier empire, celui de Babylone. Il avait servi à la cour sous le deuxième empire, celui des Mèdes et des Perses. Il était au service du roi Darius qui s'en était emparé. Il avait servi le roi Cyrus qui permit aux exilés de retourner en terre d'Israël. Deux empires devaient encore venir. A l'époque de Jean, l'empire grec a laissé la place aux légions de Rome. Avec la venue du quatrième empire, un cycle prophétique était en train de s'achever. "Les jambes de fer" étaient posées sur la terre de ses ancêtres. La prophétie de Daniel concernant le quatrième empire était en train de se réaliser. Mais les pieds de fer mêlé d'argile n'étaient pas encore visibles. Comme tous les autres prophètes avant lui, Jean avait gravi la Montagne de la Révélation. Du haut de cette Montagne, il pouvait contempler la vallée de l'Histoire dans laquelle s'étaient affrontées toutes ces armées et la fin qui fut la leur. Les Assyriens, les Égyptiens, les Babyloniens, les Mèdes, les Perses, les Grecs... Dans cette vallée défilaient maintenant les aigles de Rome.

Le nom antique de Rome était Saturnia (la cité de Saturne, "le dieu qui se cache"). Or, en langue chaldéenne, "Saturne" se dit "stur" dont la valeur numérique (selon le principe que nous avons vu plus haut) est équivalent à 666. "Que celui qui a de l'intelligence calcule (ou compte) le nombre de la bête car c'est un nombre d'homme" (Apoc. 13:18).

Sur son front était écrit un nom, un mystère

"Sur son front était écrit un nom... Babylone la grande". Il nous est dit que ce nom est un mystère. La religion babylonienne était une religion à mystères tout comme l'était le culte de Mithra, culte très répandu dans tout l'empire romain. L'une des pratiques de ce culte était d'apposer un signe ou une marque sur le front de ses adeptes lors de leur initiation à ses dits mystères.

Il semblerait que la Bible départage trois catégories de personnes. Ceux qui portent sur leur front la marque de la bête. Ceux qui portent sur leur front "le sceau des serviteurs de notre Dieu" (Apoc. 7:3), et une troisième catégorie (dans laquelle on peut inclure ou non la première), "ceux qui n'avaient pas le sceau de Dieu sur leur front" (Apoc. 9:4). Il se peut que cette dernière catégorie ne porte, sur le front, ni l'un ni l'autre. Puissions-nous être marqués du sceau de notre Dieu avec l'assurance de lui appartenir. Nous ferons alors partie de ceux qui "verront sa face et (dont) le nom (celui de Jésus-Christ) sera sur leur front" (Apoc. 22:4).

Compté, compté, pesé, divisé

Le prophète Esaïe fait une rapide allusion à des dieux probablement cananéens ou babyloniens lorsqu'il écrit : "mais vous qui abandonnez l’Éternel... qui dressez une table pour Gad et remplissez une coupe pour Meni..." (Esaïe 65:11). Or, le nom de "Meni" signifie "le nombre". La religion babylonienne, religion à mystères par excellence et où les nombres occupaient une place importante, avait profondément influencé le peuple d'Israël. Peut-être même que les Babyloniens en avaient divinisé le principe sous ce nom de Meni. Ainsi, lorsque Belshatsar, roi de Babylone, vit une main écrire sur le mur, il fit appeler Daniel pour lui en donner l'interprétation. Non qu'il ne pouvait la lire car elle était en araméen, mais il n'en comprenait pas le sens. L'inscription sur le mur du palais disait : "mene, mene, tekel, farsin", "compté, compté, pesé, divisé" (Dan. 5:25). Pour lui, la coupe était pleine et ses jours étaient comptés.

Voici ce qu'écrit l'apôtre Jean :

"Puis un des sept anges qui tenaient les sept coupes vint en disant : viens, je te montrerai le jugement de la grande prostituée... c'est avec elle que les rois de la terre se sont livrés à la débauche, et c'est du vin de sa débauche que les habitants de la terre se sont enivrés... je vis une femme assise sur une bête écarlate (rouge, Edom)... cette femme était vêtue de pourpre et d'écarlate..elle tenait dans sa main une coupe... sur son front était écrit un nom, un mystère, Babylone la grande..." (Apoc. 17:1 à 5). 

"C'est avec elle que les rois de la terre se sont livrés à la débauche, et c'est du vin de sa débauche que les habitants de la terre se sont enivrés...". Or, que s'est-il passé juste avant que cette main n'apparaisse et n'écrive sur le mur ? Belshatsar venait de faire monter les objets de culte du Temple de Jérusalem et il y fit boire ses femmes et ses concubines. "Elle tenait dans sa main une coupe... C'est avec elle que les rois de la terre se sont livrés à la débauche...". "Le roi Belshatsar donna un grand festin... et il but du vin en leur présence... il fit apporter les vases d'or et d'argent... du Temple de Jérusalem afin que le roi, ses grands, ses femmes et ses concubines, s'en servent pour boire.... et le roi et ses grands et ses concubines s'en servirent pour boire. Ils burent du vin, ils louèrent les dieux d'or, d'argent, d'airain, de fer, de bois et de pierre" (Dan. 5:1 à 5; 23 à 28).

Cette nuit fut pour Belshatsar la dernière. "Cette même nuit, Belshatsar le roi des Chaldéens, fut tué" (Dan. 5:30). "Le royaume de Babylone passa aux mains des Mèdes et des Perses" (Dan. 5:31). "Compté, compté, pesé, divisé". Le royaume fut "compté, compté" (une part revint aux Perses et une aux Mèdes). "Pesé" car toutes les richesses de Babylone furent pesées et estimées. Et enfin, "divisé" entre ces deux peuples qui s'étaient alliés pour s'emparer de ce royaume qui venait de changer de mains. La coupe de la colère de Dieu était pleine, le premier empire venait de s'achever. Un autre débutait et la prophétie suivait son court, inexorablement. 

La Venue du Règne

"Qui est l'homme sage qui comprenne ces choses ?" (Jér. 9:12). "Que celui qui est sage prenne garde à ces choses. Que celui qui est intelligent les comprenne" (Osée 14:9).

Quelques siècles plus tard, un homme se plongea dans la lecture du livre de Daniel. Il en nourrit son âme et son esprit. L'Esprit de Dieu commença à parler à son cœur. Petit à petit, les choses devenaient claires et limpides. Les textes s'éclairaient sous ses yeux. Ils prenaient de l'ampleur, de la force, de la vigueur. Jusqu'au jour où vint la révélation. Cet homme s'appelait Jean. Exilé à son tour, sur l'île de Patmos, Jean recevait en vision la révélation des "choses dernières". Tout au loin et pourtant si proche, se profilait un autre royaume. "La pierre qui devait se détacher sans le secours d'aucune main" deviendrait une haute montagne, celle du Royaume tant attendu. Ce serait le Règne de son Maître bien-aimé. Il l'avait suivi pendant trois années. Il était sur la montagne lorsque Elie et Moïse leur apparurent. Il était au pied de la croix lorsque Jésus mourut. Il était au tombeau avec Pierre pour constater que le corps de son maître n'y était plus. Il vit son Seigneur ressuscité. Il était là lorsque Jésus monta au ciel auprès de Son Père. Il était dans la Chambre Haute lorsque le Saint-Esprit descendit sur les cent vingt. Et selon sa promesse, il attendait Son Retour. Et alors qu'il était là, en exil sur cette île de Patmos, il attendait la réalisation des Promesses. Mais comme il est écrit : "c'est dans la foi qu'ils sont morts sans avoir vu les choses promises" (Hébr. 11:13). 

Pourtant, Jean écrivait à la fin de son livre : 

"Et l'Esprit et l’Épouse disent : "viens" ! Et que celui qui entend dise : "viens" !... Celui qui atteste ces choses (qui sont écrites dans le livre de l'apocalypse) dit : "oui, je viens bientôt !" Viens Seigneur Jésus" (Apoc. 22:17, 20 et 21). Et il ajoute cette bénédiction que je souhaite à tous ceux qui me lise : 

"Que la grâce du Seigneur Jésus soit avec vous".

Amen ! Viens Seigneur Jésus !

JiDé

La marque de la bête et le nombre de son nom
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