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Des frontières et des hommes


De ces lignes invisibles qui ont divisé les hommes.

Dieu dit : "J'ai entendu les injures de Moab et les outrages des enfants d'Ammon quand ils insultaient mon peuple et s'élevaient avec arrogance contre ses frontières" (Sophonie 2:8).

Les frontières, ces lignes invisibles que transgressent les hommes qui se font la guerre parce qu'ils en contestent la validité. Si la Bible aborde tous les thèmes récurrents à la race humaine, se pourrait-il qu'elle passe sous silence ce sujet si épineux qui causa la mort de tant d'êtres humains ? Si le texte biblique nous décrit minutieusement, ville par ville, les frontières des tribus d'Israël, si elle dessine les contours des grands empires qui se sont succédé dans l'Histoire, aurait-elle quelque chose à nous dire, aujourd'hui, sur ce qui divise encore des nations et cause toujours bien des conflits dans le monde ? 

Cela fait bien des années maintenant que je lis et étudie la Bible, j'ai lu et consulté bien des ouvrages traitant des différents thèmes abordés dans  la Parole de Dieu, mais parmi les trente-neuf livres qui composent ce que l'on appelle communément l'Ancien Testament, il en est un qui est particulièrement oublié, c'est le livre de Sophonie. Et pourtant, ce livre traite, entre autres, d'un sujet qui reste d'une brûlante actualité depuis l'aube de l'humanité. Un sujet brûlant qui a causé bien des conflits entre nations, qui a provoqué des exodes massifs de populations, forcées de s'exiler. Un sujet qui  pousse  encore aujourd'hui des peuples, à différents points du globe, à se faire la guerre. Un des sujets abordés dans ce livre de Sophonie est ce qui a divisé les hommes, les retranchant derrière ces lignes invisibles qu'ils appelèrent, chacun dans leur langue, des "frontières"

Cette Europe, que l'on appelle aujourd'hui "Unie", n'a pas toujours eu le même visage. Ses frontières se sont bien souvent déplacées au cours de son histoire, au gré des conflits et des empires qui croissaient, s’effondraient et disparaissaient, et ce malgré tout le sang qui a coulé pour les défendre. Suivant les aléas des empires qui se sont succédé sur son sol, elle s'est façonnée petit à petit, mais souvent au prix de nombreuses vies humaines. Alors que des pays plus petits subissaient le joug de nations plus fortes militairement, des populations entières en subissaient les aléas, étant parfois le jouet de nationalismes naissants, qui en faisaient soudain des étrangers dans leur propre pays, des réfugiés qui devenaient apatrides. Mais à l'Est de ces frontières que le temps lui a dessinée, comme des rides sur un visage, des conflits naissent et meurent, comme les hommes qui en sont à la fois les acteurs et les victimes. 

Serait-il possible que la Bible soit restée muette sur le sort de ces peuples qui ne demandaient qu'à vivre en paix ? La Parole de Dieu garderait-elle le silence sur le sort de ces millions de gens, soudain privés de leur identité, de la terre où ils sont nés, et où sont nés leurs pères ? Les Écritures ne traitent-elles pas de la condition des populations de Samarie et de Judée qui furent, tour à tour, exilées loin de la terre où elles sont nées (Psaume 87) ?  Non, il n'y a pas de sujet de société que n'aborde la Parole de Dieu. Car si la Bible révèle le cœur de l'homme, elle en décrit également, sans fard, les mécanismes qui en régissent toutes les actions, et ce, à l'échelle de l'homme comme à celle de la  nation à laquelle il appartient. Sur cela, le vieux prophète Sophonie a encore des choses à nous dire, car la Parole prophétique résonne au cœur des siècles comme à celui des hommes. Le message de ce prince judéen de sang royal, descendant direct du roi Ezéchias, est principalement le "Jour de l’Éternel et le jugement des nations". De ces mêmes nations qui ont volontairement occulté le fait que "toute la terre appartient à l’Éternel". On a oublié aujourd'hui que les frontières du Proche et du Moyen-Orient furent tracées, il y a à peine soixante-dix ans, par une Europe désireuse d'exploiter les richesses de son sol, le fameux "Or noir" indispensable à une société désormais sur-industrialisée. Soixante-dix ans, "une heure" à l'échelle de l'Histoire de ces peuples qui furent, pour certains, au cœur du berceau de l'humanité. Mais les frontières de ce petit état qu'est l'Etat d'Israël lui ont toujours été contestées par ses voisins. 

Le Psaume 87 dit : "L’Éternel aime les portes de Sion plus que toutes les demeures de Jacob (partout où les Juifs sont dispersés de par le Monde). Des choses glorieuses ont été dites sur toi, ville de Dieu (Jérusalem). Je proclame l'Egypte et Babylone parmi ceux qui me connaissent, voici, le pays des Philistins, Tyr avec l'Ethiopie. C'est dans Sion qu'ils sont nés. De Sion il est dit : tous y sont nés... l’Éternel compte en inscrivant les peuples : c'est là qu'ils sont nés".

Car c'est là que tout a commencé !

Le livre de la Genèse nous parle d'un personnage nommé Heber. Héber était l'arrière-petit-fils de Sem, fils de Noé. "Il naquit à Heber deux fils, le nom de l'un était Peleg parce que de son temps la terre fut partagée" (Gen. 10:25 - 1 chroniques 1:19). A l'âge de trente-quatre ans, Héber, dont on pense de par son nom qu'il serait le "père" de la nation hébraïque, engendra Peleg, dont le nom signifie "division, partage". Il nomma son fils "Partage, division", parce que de son temps la terre fut partagée. Le nom de "Peleg" est formé, en hébreu, de trois lettres : "P, L, G". On peut donc lire également "pilag", qui signifie "creuser un canal" ou "fendre la langue"On peut donc imaginer que les hommes creusèrent des canaux pour pouvoir irriguer leurs champs. Avec le temps, ces canaux devinrent des limitations entre les différentes parcelles de terre appartenant à des propriétaires différents. Les termes "peleg" et "pilag" donnèrent le mot "pilagah" (P, L, G, H), qui signifie "subdivision d'une tribu, d'une famille". L'expression "fendre la langue" (pilag) pourrait signifier que différents idiomes ou langages apparurent, de par les divisions opérées entre les différents clans familiaux au fur et à mesure que la population croissait en nombre, "parce que de son temps la terre fut partagée". L'homme venait d'inventer la notion de frontières et celle-ci pouvait être étroitement liée à la langue parlée par le clan familial, la tribu, le peuple. Si Héber est bien, comme on le pense, le "père" du peuple Hébreu, ce dernier naquit alors que la terre commençait à être divisée.

Mais on peut également envisager que l'épisode de la Tour de Babel ait eu lieu à l'époque de la naissance de Peleg. Et c'est à cause de cet événement majeur que Heber appela son fils "division". Si cela s'avère exact, cela permettrait de dater l'épisode de la Tour de Babel. Selon les informations que la Bible nous donne sur les généalogies des Patriarches, Noé aurait eu 701 ans à la naissance de Peleg, c'est-à-dire 99 ans après le Déluge. L'épisode de la Tour de Babel aurait donc eut lieu quatre-vingt-dix neuf ans après que Noé soit sorti de l'Arche. Si toutefois ce raisonnement est exact, cela voudrait signifier que, à peine un siècle après que Noé et ses fils aient commencé à repeupler la terre, les hommes commencèrent à délimiter des parcelles et des territoires. La notion de frontière serait donc presque aussi vieille que la génération de Noé, à moins que l'humanité pré-diluvienne n'en ait déjà usé auparavant. 

 Il n'est donc pas étonnant que les frontières du peuple hébreu soient si contestées. Heber "engendra" un fils alors que "naissaient", en même temps, les premières frontières. Le texte hébreu dit : "shemi banim shem ha ehad peleg" (deux fils le nom de l'un peleg). "Shem" (le nom) est également le nom du Patriarche, fils de Noé et père de la nation sémite d'où provient le peuple hébreu. "Ha ehad" signifie "l'unique", descendant de Heber et de Peleg. Ce qui souligne également que le peuple Hébreu se distinguait déjà par sa singularité. "Shem ha ehad peleg" (le nom de l'unique est "divisé"). La particularité du mot "ehad" est qu'il symbolise "la pluralité dans la diversité". La même terre mais partagée, la même humanité mais divisée. Et de la nation hébraïque descendra "le Messie, le Fils Unique venu  du Père", descendant de Héber et de Peleg.

Genèse 11:1 nous dit qu'au commencement, "toute la terre avait une seule langue (saphah)". "Saphah" peut être traduit par "langage, lèvre, parole", mais aussi par "frontières, bord de mer, rive du fleuve". De même que les premiers canaux d'irrigation délimitèrent les premières parcelles cultivées, de plus grandes surfaces de terres furent délimitées, quant à elles, par des fleuves et des rivières. Les premiers pays se dessinèrent alors, dont certains eurent pour frontières les océans et les mers qui en délimitaient le contour, comme le dit Josué 13:27 : "ayant le Jourdain pour limite jusqu'à l’extrémité de la mer de Kinnéreth", ou Josué 15:4 : "...pour aboutir à la mer. Ce sera votre limite au midi". Les frontières géographiques ne furent pas les seules à partager les hommes, leurs langages les éloignèrent également les uns des autres. C'est pourquoi "Saphah" signifie à la fois "langage" et frontière". Mais si les fils de Moab et les enfants d'Ammon insultèrent le peuple d'Israël et "s'élevèrent avec arrogance contre ses frontières", ils s'érigèrent également contre sa langue, l'Hébreu et tout ce que celle-ci signifie pour les enfants d'Israël : son identité, sa foi et la langue dans laquelle la révélation de Dieu a été transmise à son peuple, et à travers celui-ci, aux nations. 

Du Jardin d'Eden aux rois de l'Orient 

"Un fleuve sortait d'Eden pour arroser le jardin et de là, il se divisait en quatre bras. Le nom du premier est Pischon, c'est celui qui entoure tout le pays d'Havila... le nom du second fleuve est Guihon, c'est celui qui entoure tout le pays de Cush, le nom du troisième est Hiddékel, c'est celui qui coule à l'Orient de l'Assyrie, le quatrième c'est l'Euphrate" (Gen. 2:10 à 14). 

Ce texte mentionne les premières frontières évoquées dans le récit biblique. Les fleuves Euphrate et Hiddékel (le Tigre) coulaient en Babylonie, dans une région que l'on identifie aujourd'hui comme l'Irak, et trouvaient leur source dans les montagnes de l'Arménie. Pour ce qui est du Guihon et du Pischon, leur identification et leur situation exacte posent plus de problèmes, mais il est possible qu'ils aient finalement été identifiés par géo-localisation (voir à ce propos l'article "Quatre fleuves coulaient en Eden"). 

Une lecture attentive de ce texte, rédigé par Moïse, l'auteur du livre de la Genèse, nous donne en réalité plus d'informations qu'il ne semble en contenir. Ce qui semble décrire les contours du berceau de la race humaine couvre en réalité une période qui dépasse largement le cadre de vie du premier couple de l'humanité. Le fait qu'il soit fait mention des noms de Cush et Havila nous donne déjà une indication. Cush était fils de Cham, lui-même fils de Noé (Gen. 10:6, 8), ce qui situe cette délimitation à l'époque post-diluvienne. Bien que l'on associe généralement le nom de Cusch à l'Ethiopie, la descendance de Cusch occupa un large territoire de la côte Est de l'Afrique jusqu'au Sud Liban, couvrant en passant le Nord de l'Arabie. Quant à Havila, il était lui-même fils de Cush ou l'un de ses descendants. La mention de l'Assyrie, quant à elle, nous fait faire un bond dans le temps de plusieurs siècles. L'Assyrie fut l'un des premiers empires à laisser sa marque sur ces vastes territoires du Moyen-Orient. Ce texte introductif de la Genèse dépasse donc largement le cadre du Jardin d'Eden proprement dit.

Du quatrième fleuve, l'Euphrate, il ne nous est donné aucune indication particulière. Sa renommée suffit amplement pour le décrire. Mais étant donné que les trois précédents nous font voyager dans le temps, depuis le Jardin d'Eden où vécurent Adam et Eve, jusqu'à l'empire Assyrien, en passant par la période post-diluvienne de Cusch et Havila, on peut envisager que l'Euphrate nous emmène plus loin dans le temps. Peut-être même beaucoup plus loin qu'on pourrait le penser. Les silences de la Bible sont parfois aussi évocateurs que les mots avec lesquels elle fut rédigée. Cette simple mention de l'Euphrate ne nous laisse aucun indice pour situer ce fleuve en une quelconque période de l'histoire biblique. Mais peut-être est-ce voulu ? Ce fleuve ne doit-il pas jouer un rôle dans les derniers temps de notre Histoire ? Voici ce que nous dit le livre de l'Apocalypse : "le sixième versa sa coupe sur le grand fleuve, l'Euphrate et son eau tarit afin que le chemin des rois venant de l'Orient fut préparé" (Apoc. 16:12). Il est intéressant de noter à ce propos que depuis quelques années, le niveau des eaux de l'Euphrate a considérablement baissé, et un assèchement du fleuve peut être sérieusement envisagé. 
 

L'Euphrate en Irak


Maintenant, revenons à notre texte de la Genèse : "Un fleuve sortait d'Eden pour arroser le jardin et de là, il se divisait en quatre bras". Littéralement, il nous est dit : "Un fleuve sortait d'Eden... se divisait en quatre têtes (raoshim)". Pour comprendre cette expression, il faut tenir compte d'un fait qui a son importance. Nous considérons, nous, que l'on remonte en amont vers la source d'un fleuve et qu'on le descend en aval vers son embouchure. Mais la pensée orientale de cette époque ne conçoit pas les choses de cette manière. Elle voit au contraire "la tête" du fleuve à son embouchure. Il est amusant de constater que si le mot "saphah" signifie "rive d'un fleuve", il signifie également "lèvre" (Chouraki parle souvent de la lèvre du fleuve). Ainsi, lorsque l'on parle des rives d'un fleuve à son embouchure, on parlera de "lèvres" à la "tête" du fleuve. Cet anthropomorphisme est assez évocateur. Le mot "rosh" signifiant "une tête" ou "un chef". "La lèvre à la tête" pourrait donc évoquer la parole d'un chef, un ordre, un commandement, voir quelque chose qui est proclamé et qui doit s'accomplir. Voilà qui ressemble étrangement à une parole prophétique... L'expression "quatre têtes" peut signifier également "quatre chefs" que l'on pourrait voir comme étant "quatre rois". Ces quatre rois peuvent avoir régné simultanément ou à des périodes différentes. Peut-on envisager que ces quatre rois aient été à la "tête" d'une dynastie, où se seraient succédé leurs descendants ? Quatre "têtes", ce peut être aussi quatre visages de personnages qui auraient ainsi laissé leur descendance régner sur cette région du Monde. Quatre rois qui auraient fondé non seulement quatre dynasties mais également quatre empires. Ces quatre empires qui naquirent à l'aube de l'humanité devaient réapparaître, à des époques différentes, et sous des aspects différents, mais ils étaient fondamentalement les mêmes. L'esprit qui animait leurs fondateurs réapparut à chaque fois vêtu différemment, mais le désir de conquête, de domination et de contrôle des âmes et des biens demeurait le même. L'Histoire se répète inlassablement, mais la mémoire des hommes a tôt fait de l'oublier pour laisser la place à ce qui n'est qu'une répétition. Répétition dans laquelle la génération suivante ne verra qu'innovation et nouveauté. 

"Ce qui a été c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera, il n'y a rien de nouveau sous le soleil. S'il est une chose dont on dise : voici, ceci est nouveau ! Cette chose existait déjà dans les siècles qui nous ont précédés. On ne se souvient pas de ce qui est ancien et ce qui arrivera dans la suite ne laissera pas de souvenir chez ceux qui vivront plus tard" (Ecclésiaste 1: 9 à 11). 

Ces cycles eurent un commencement. Ils naquirent dans ce qui est aujourd'hui une terre désertique, mais qui fut autrefois une terre fertile, irriguée par ces fleuves qui virent naître une humanité à l'aube de son histoire. Or, le récit de l'histoire de l'humanité se voit clôturé par le livre de l'Apocalypse, qui nous parle de "rois venant de l'Orient". Se pourrait-il que ces "rois" aient quelque chose en commun avec ceux dont il serait fait mention dans ce texte de la Genèse ? Nous avons vu plus haut que notre texte faisait mention du territoire de Cusch. Or, ce même texte de la Genèse nous dit également que "Cusch engendra Nimrod" (Gen. 10:8). Que sait-on de Nimrod, si ce n'est "qu'il commença à être puissant sur la terre, il régna sur Babel... il bâtit Ninive" (Gen. 10:8, 10). Ninive qui fut, en son temps, capitale de l'empire assyrien dont il est dit que le troisième fleuve, l'Hidékkel, "coulait à l'Orient".  

Il nous faut nous arrêter un instant sur cet "Orient" dont il est question dans ce texte, car ce mot revêt, en hébreu, un sens plus large que celui qu'on lui prête généralement. En effet, le mot "quédem" (Orient) désigne bien une direction cardinale, mais il peut également donner une indication temporelle. "Quédem" signifie littéralement la direction de l'Est, mais aussi le Passé, ce qui est ancien, ce qui est d'autrefois, voire "le commencement" de quelque chose, son origine. Ces "rois de l'Orient" qui doivent traverser l'Euphrate asséché, pourraient ainsi très bien surgir du Passé. Se pourrait-il alors que ces rois du Passé soient les mêmes que ceux qui étaient à l'origine ? Quatre rois qui furent à l'origine de ces quatre mêmes empires qui devaient réapparaître à des époques différentes et sous des aspects différents. L'Histoire devait se répéter parce que, comme nous l'expliquent les sages d'Israël, c'est là une dimension prophétique des Écritures, telle que nous le commente aussi l'Ecclésiaste. 

Il y coulait quatre fleuves... qui dessinèrent quatre frontières

Il nous est dit que le premier s'appelait Pischon et "entourait le pays de Havila", et que le second, Guihon, entourait "le pays de Cusch". Le contour de ces pays (eretz) était donc délimité par les fleuves qui les entouraient. Le mot "eretz" peut désigner à la fois un pays, une région et parfois même un peuple. Nous retrouvons donc ici cette idée d'un peuple vivant sur un territoire délimité, auquel on a donné un nom (en l’occurrence celui de Cush, fils de Cham, petit-fils de Noé).

Du fleuve Hiddékel, il est seulement dit qu'il coulait "à l'Orient de l'Assyrie" (région située au Nord de la Babylonie). L'Assyrie fut l'une des grandes civilisations antiques qui s'épanouirent dans cette région du Moyen-Orient. Il est à noter que l'Assyrie fut, très tôt, un royaume "expansionniste" et conquérant. Est-ce pour cela qu'il n'est que sommairement localisé ? L'empire assyrien va s'étendre et asseoir son pouvoir sur les régions alentours, mais il disparaîtra ensuite pour laisser la place à son successeur, Babylone. Ce qui nous conduit sur les rives du quatrième fleuve, l'Euphrate dont il nous est seulement dit qu'il est "le quatrième". Le quatrième fleuve à délimiter le pourtour de ce jardin d'Eden dont les limites ont aujourd'hui disparu. Probablement étaient-elles connues de la génération pré-diluvienne, mais leur souvenir a été enseveli sous les eaux du Déluge.

S'il y eut quatre fleuves pour entourer le berceau de l'Humanité, cette dernière vit naître à son tour quatre empire pour orienter sa destinée. Quatre empires que l'on retrouverait donc tout au long du récit biblique et dont on sait que deux d'entre eux fondèrent des villes renommées : Ninive et Babylone, respectivement bâties sur les rives du Tigre et de l'Euphrate, les deux derniers fleuves mentionnés dans notre texte. De ces quatre empires dont il est fait mention dans le livre du prophète Daniel. Quatre empires qui dominèrent , chacun dans leur temps, cette région où coulaient ces quatre fleuves. Quatre empires, quatre civilisations qui léguèrent au Monde un héritage et un patrimoine. Quatre civilisations qui laissèrent leur empreinte dans la glaise humide de la mémoire des hommes. 
 


Le livre de Daniel nous apporte un éclairage sur cette succession d'empires. Alors qu'il est au bord du fleuve Hiddékel, dont nous venons de parler, une vision se présente à lui, celle d'un ange qui lui dit : "Je viens maintenant pour te faire connaître ce qui doit arriver à ton peuple (le peuple juif) dans la suite des temps (litt. : acharyith ayomim - dans la suite des jours) car la vision concerne encore ces temps-là (litt. : layamim - pour les jours)" (Dan. 10:14). A la fin de leur conversation, l'ange dit à Daniel : "Maintenant, je m'en retourne pour combattre le prince de la Perse et quand je partirai, le prince de Yavan viendra" (Dan. 10:20).

Lorsque Daniel reçoit cette vision au bord du fleuve Hiddékel, il est sous le règne de Cyrus, roi de Perse. Un ange vient lui annoncer un conflit qui va se jouer dans les cieux entre le prince de la Perse et celui de la Grèce. On sait que, plus tard, Alexandre le Grand va envahir la Perse avec son armée, mais avant qu'ait lieu ce conflit, un autre combat va se jouer préalablement dans les cieux, dans les "lieux célestes". Ce texte a une portée eschatologique car le texte nous dit bien : "ce qui doit arriver à ton peuple dans la suite des temps", c'est à dire "à la fin des temps". Mais l'ange dit à Daniel que ce conflit qui va opposer deux empires concerne le peuple juif, le peuple de Daniel. L'expression "Ces temps là" concerne donc à la fois un temps proche qui doit venir et un autre qui viendra "dans la suite des temps". Le message que l'ange adresse à Daniel est donc en deux parties, deux accomplissements qui doivent voir leur réalisation avec... plus de deux mille cinq ans d'écart ! Mais ce message est adressé à Daniel alors qu'il se trouve sur ce qui fut autrefois une "frontière", celle qui délimitait le territoire de ce qui était autrefois l'Assyrie. En effet, le message qui lui est adressé annonce un grand bouleversement qui aura un double accomplissement. Le premier annonce un conflit entre l'empire de Perse et celui de Grèce (Yavan) dont la Grèce va sortir vainqueur, mais le second accomplissement sera encore à venir. Celui-là ne surviendra qu'à la fin des temps.

La dimension prophétique du livre de Daniel dépasse de loin le cadre strictement historique. Le nom de Yavan symbolise en réalité tout le Monde Occidental ayant hérité sa culture de cette Grèce Antique qui en est le berceau. Cette vieille Europe dont les fondations furent autrefois posées aux pieds du Parthénon d'Athènes. Après avoir vaincu les Perses, les Grecs voulurent également imposer leur culture (et leur idolâtrie) en Judée. Bien que Grecs et Perses se soient opposés sur les champs de bataille, ils n'en étaient pas moins cousins, car Madaï (le "père" de la nation Médo-Perse) et Yavan étaient frères. "Les fils de Japhet furent Gomer, Magog, Madaï, Javan, Tubal, Meschec et Tiras" (Gen. 10:2). Les conflits qui opposèrent les Grecs et les Perses étaient en réalité des guerres fratricides. Nous reparlerons de Magog plus loin. L’hellénisation de la Judée eut pour effet l'abandon progressif de la pratique de l'hébreu au profit de la langue grecque. Mais l'abandon d'une langue, c'est aussi le renoncement à une identité. Ainsi le prophète Joël dira : "Vous avez vendu les enfants de Juda et de Jérusalem aux enfants de Yavan afin de les éloigner de leur territoire" (Joël 4:6). Cette assimilation progressive était un danger bien plus grand pour le peuple juif que l'oppression. C'est pourquoi la voix du prophète Abdias peut se faire entendre pour tous ceux qui, par souci de confort ou de conformisme, se sont laissé aller à cette assimilation : "Tes amis t'ont joué, t'ont dominé, ceux qui mangeaient ton pain t'ont dressé des pièges et tu n'as pas su t'en apercevoir" (Abdias 1:7). Fort heureusement, ces exils auxquels furent soumis les Hébreux devaient prendre fin, c'est pourquoi subsiste cette promesse de Dieu énoncée par le prophète Esaïe : "Car l’Éternel aura pitié de Jacob, il choisira encore Israël et il les rétablira dans leur pays" (Es. 14:1).

De même que le prophète Ézéchiel avait reçu une vision glorieuse sur les rives du fleuve Kébar (qui en hébreu signifie "ce qui est passé"), Daniel reçoit lui aussi une visitation angélique au bord d'un fleuve qui fut autrefois la frontière d'un ancien empire, le fleuve Hiddékel. Ces deux fleuves évoquent tous deux une référence à un temps révolu, mais la présence du prophète à proximité donne au message reçu une dimension particulière. La révélation s'inscrit dans le Temps et l'Histoire. La vision reçue s'intègre dans le temps, elle trouve sa place dans une continuité qui relie à la fois les lieux, les peuples et les prophètes qui en sont les dépositaires. Des prophètes comme Sophonie, dans la bouche de qui Dieu dit : "J'ai entendu les injures de Moab et les outrages des enfants d'Ammon quand ils insultaient mon peuple et s'élevaient avec arrogance contre ses frontières" (Sophonie 2:8). Mais Ammon et Moab incarnent ici bien plus que ces deux peuples aujourd'hui disparus. La Parole de Dieu est éternelle et "elle ne revient pas à Lui sans effet" (Esaïe 55:11). Les insultes d'Ammon et Moab se sont retrouvées, à de nombreuses reprises, dans d'autres bouches et bien des peuples ont contesté les frontières de ce pays que Dieu avait donné au peuple d'Israël et dont il avait promis d'étendre les limites. Il est écrit : "lorsque l’Éternel, ton Dieu, aura élargi tes frontières comme il te l'a promis..."(Deut. 12:20). Il n'y a pas ici de Conditionnel mais au contraire, l'assurance d'une Promesse de Dieu. Ammon et Moab ont contesté les frontières d'Israël, mais Ammon et Moab ont disparu et Israël est toujours là. 

Et si l'interdiction de déplacer les bornes qui délimitent les propriétés prémunit le peuple d'Israël au sein de ses propres frontières, cet interdit est également valable pour ses voisins qui chercheraient à le spolier d'une partie de ce territoire. Territoire que Dieu avait promis aux pères de la nation ainsi qu'il est écrit : "lorsque l’Éternel ton Dieu aura élargi tes frontières comme il l'a juré à tes pères et qu'il t'aura donné tout le pays qu'il a promis à tes pères de te donner" (Deut. 19:8). Une stricte interdiction avait été donnée, promulguée en loi, de déplacer les bornes de son voisin. "Tu ne reculeras pas les bornes de ton prochain posées par tes ancêtres dans l'héritage que tu auras dans le pays que l’Éternel ton Dieu te donne en possession. Maudit soit celui qui déplace les bornes de son prochain" (Deut. 19:14 - 27:17). Cela était prioritairement pour les Hébreux, mais on peut facilement concevoir que cette interdiction s'étendait également à ses voisins frontaliers. L'Ecriture interdit formellement de reculer les frontières de son voisin pour agrandir ses propres possessions. On peut entendre cette interdiction au sein même de la nation, mais elle vaut également pour les frontières d'un pays. La violation d'une frontière (appelée parfois "incident diplomatique") a bien souvent été cause de conflits et de guerre. Il est arrivé aussi qu'un "incident frontalier" soit provoqué volontairement pour justifier un conflit, camouflant le projet d'envahir le voisin. 

Un jour viendra où les armées de Gog et de Magog monteront contre Jérusalem, contre ce qui sera alors "un pays en paix" parce qu'eux aussi se seront "élevés avec arrogance contre ses frontières". "Voici, ces choses viennent, elles arrivent, dit le Seigneur, l’Éternel, c'est le jour dont j'ai parlé" (Ézéchiel 39:8). Magog, fils de Japhet, frère de Madaï et de Yavan, montera contre les murailles de Jérusalem (Ézéchiel 38, 39). Alors, une fois encore, la voix du prophète Sophonie se fera entendre : "Ce jour est un jour de fureur, un jour de détresse et d'angoisse, un jour de ravage et de destruction, un jour de ténèbres et d'obscurité, un jour de nuées et de brouillards, un jour où retentiront la trompette (ou les sirènes) et les cris de guerre contre les villes fortes et les tours élevées. Je mettrai les hommes dans la détresse, et ils marcheront comme des aveugles, parce qu'ils ont péché contre l’Éternel" (Sophonie 1:15, 16). C'est étrange comme ces mots résonnent... des cris de guerres, des tours élevées... un jour de fureur, de détresse et d'angoisse, de ravage et de destruction... des ténèbres en plein jour... des sirènes... Ils monteront contre ce qui est un pays en paix... ils se sont élevés avec arrogance contre ses frontières... comme la violation d'un espace aérien... comme un air de "déjà vu"

D'après le nombre des enfants d'Israël

C'est l'un des versets les plus énigmatiques de la Bible : "Quand le Très-Haut donna un héritage aux nations, quand il sépara les enfants des hommes, il fixa les limites des peuples d'après le nombre des enfants d'Israël" (Deut. 32:8). Est-ce à dire que Dieu a tracé les frontières des nations selon le nombre des Israélites ? Avant d'aller plus loin, voyons d'abord ce que le texte énonce clairement. "Quand le Très-Haut donna un héritage aux nations, quand il sépara les enfants des hommes...". Le projet de Dieu était donc bien de séparer l'humanité en "nations" (contrairement à ce que certains prétendent !). Mais son projet était également de donner à chacune de ces nation "un héritage". Cet héritage, bien qu'il ait été dénaturé par la nature pécheresse de l'homme, est facilement identifiable de par la spécificité marquée de chaque nation représentée dans le Monde. Et puis, il y a ce petit mot : "Quand". "Quand le Très-Haut donna un héritage... Quand il sépara les enfants des hommes...". Un petit mot qui détermine un temps où Dieu accomplit une action simultanée qui devait avoir des implications dans la destinée de l'Humanité jusqu'aux temps de la fin. Les deux premières propositions sont clairement énoncées. On en vient au passage énigmatique : "...Il fixa les limites des peuples d'après le nombre des enfants d'Israël". Mais de quel Israël parle le texte ? Fait-il référence aux Israélites, ou bien s'agit-il de celui qui reçut le nom d'Israël, Jacob ? Voyons ce que disent les textes.

"Dieu lui dit : ton nom est Jacob; tu ne seras plus appelé Jacob mais ton nom sera Israël. Et il lui donna le nom d'Israël" (Gen. 35:10). Jacob devint Israël. "Voici les noms des fils d'Israël... Jacob et ses fils" (Gen. 46:8). Jacob est ici identifié à Israël et ses fils sont ceux d'Israël/Jacob. "Pendant qu'Israël habitait cette contrée... les fils de Jacob étaient au nombre de douze" (Gen. 35:22). Le livre des Chroniques nous apporte encore un élément supplémentaire : "Race d'Israël, son serviteur (de Dieu), enfants de Jacob ses élus" (1 Chron. 16:13). La race d'Israël représente ici à la fois Jacob et ses descendants. Et une dernière information nous est donnée : "et Jacob séjourna dans le pays de Cham" (Psaume 105:23). Le pays de Cham dont il est question ici, c'est l'Egypte, mais pas seulement. C'est bien plus que cela ! Cham était un des trois fils de Noé. Si l'auteur du Psaume fait séjourner le peuple d'Israël "au pays de Cham", c'est qu'il y a une raison. Le séjour des Hébreux au sein des frontières de l'Egypte prend alors un sens tout différent. Cham est en effet l'ancêtre du peuple égyptien, mais il est également le père de la nation de Canaan. Bien des peuples furent les hôtes, parfois involontaires, d'autres peuples. Arméniens, Kurdes, Allemands en Autriche ou Polonais en Allemagne... et combien de victimes tombées sous le feu de nationalismes naissants. Et à combien de Juifs a-t-on refusé la pleine reconnaissance de leur nationalité alors qu'ils s'étaient pleinement intégrés et investis dans ces nations qui ne faisaient que les tolérer ? "Et Jacob séjourna dans le pays de Cham".

Il est encore deux "frontières" qui ont enserré le peuple Juif, c'est d'une part le ghetto, et de l'autre, les barbelés des camps d'extermination. Pour beaucoup de Juifs, la première devint l'antichambre de la deuxième. La première fut imposée à la communauté juive dans la république de Venise, au seizième siècle, la deuxième fut une industrialisation de leur destruction, lors de la seconde Guerre Mondiale. "J'ai entendu les injures de Moab et les outrages des enfants d'Ammon quand ils insultaient mon peuple et s'élevaient avec arrogance contre ses frontières" (Sophonie 2:8). "Les injures, les outrages, les insultes"... les aboiements de chiens, les humiliations, la haine, le mépris, la déshumanisation, et ces "frontières" qui leur furent imposées. "Ils insultaient mon peuple et s'élevaient avec arrogance", ces bourreaux de l'empire de la haine. "Et Jacob séjourna au pays de Cham". "Cham" (le brûlant), Cham, père de Mitsraïm dont le nom signifie "double enfermement, à l'étroit". Ils furent tout d'abord enfermés dans des quartiers miséreux, puis entassés dans des wagons plombés. Jacob séjourna au pays de Mitsraïm, le pays du "double enfermement", le pays où l'on est "à l'étroit". Enfermés derrière des barbelés, ils moururent, méticuleusement massacrés. Et la fumée noire et acre s'éleva des fours dans le pays du "double enfermement", dans le pays du "brûlant". Un peuple avait décidé d'étendre ses frontières. Il dépassa pour cela les bornes de l'ignominie. 

Noé eut trois fils et la terre fut divisée

Sem, Cham et Japhet furent tous trois fils de Noé, et de ces trois hommes naquit l'humanité post-diluvienne qui couvrit toute la surface de la Terre. Or, il est écrit : "Que Dieu étende les possessions de Japhet et qu'il habite dans les tentes de Sem" (Gen. 9:27). Japhet fut le père de la nation européenne et par extension, de tout le Monde Occidental. Son nom signifie "qu'il étende" et c'est ce qu'il a fait tout au long des siècles puisque l'on retrouve des fils de Japhet de la Sibérie au Sud de l'Australie et des plaines de l'Oural jusqu'en Californie. Mais partout où se sont étendus les fils de Japhet, on retrouve aussi des fils de Sem car le peuple juif s'est également répandu sur tous les territoires de Japhet. Mais cette étrange prophétie disait que Japhet devait habiter "dans les tentes de Sem". Dans la tradition rabbinique, "être sous la tente" est une façon de parler de quelqu'un qui étudie la Thora, la Parole de Dieu. Si Japhet a "habité sous la tente de Sem", c'est parce qu'il a bénéficié de l'enseignement de cette Parole de Dieu, et en effet, lorsque l'on voit la façon dont le christianisme s'est répandu dans le monde, on peut constater qu'il a recouvert, en son temps, principalement le Monde Occidental avant de s'étendre au reste du Monde. Japhet a donc bénéficié de l'enseignement des Écritures grâce aux fils de Sem. Mais si Japhet a étendu ses limites sur le Monde Occidental, il en a également franchi d'autres, en Afrique, en Asie, au Proche et au Moyen-Orient, dans des régions où le mot "frontières" n'avait qu'une signification très approximative. Il a tôt fait d'en tracer pour s'approprier des terres riches en or, en diamants, en matières premières de toutes sortes. Quelques pays d'Europe de l'Ouest  devinrent alors, à leur tour, des empires. L'Histoire se devait de se répéter. C'est ce qu'elle fit. De nouveaux empires étaient nés, et comme le firent avant eux leurs prédécesseurs, il leur fallait également disparaître. 

Combien de frontières ont-elles été tracées depuis que, au temps de Péleg, "la terre fut divisée" ? Une même terre mais partagée, une même humanité mais divisée. Et si un observateur pouvait se camper sur la rive du fleuve et observer le temps qui passe, il pourrait voir ces empires se succéder pour aller se jeter, un à un, dans la mer des peuples. Ammon et Moab s'érigèrent avec arrogance contre les frontières d'Israël mais ils ne sont plus. Comme ne sont plus l'Assyrie, Babylone et tous les autres dont s'est éteinte la gloire éphémère. Ils ne règnent plus que dans les salles climatisées des  musées qui accueillent les vestiges de leur gloires passées. Comme le dit l'Ecclésiaste : "tous les fleuves vont à la mer et la mer n'est pas remplie. Ils continuent à aller vers le lieu où ils se dirigent" (Eccl. 1:7). 

Conclusion : Vingt-quatre Hébreux et une muraille

"Quand le Très-Haut donna un héritage aux nations, quand il sépara les enfants des hommes, il fixa les limites des peuples d'après le nombre des enfants d'Israël". On ne pouvait clôturer ce sujet sans faire mention d'un texte majeur. Celui qui fut rédigé par le prophète Ézéchiel (Ezéch. 7:13 à 48:35). Ce texte débute ainsi : "Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel, voici les limites du pays que vous distribuerez en héritage aux douze fils d'Israël..." (Ezéch. 47:13). Et le chapitre 47 se termine par ces mots : "Vous donnerez à l'étranger son héritage dans la tribu où il séjournera, dit le Seigneur l’Éternel" (Ezéch. 47:23). 

Les dernières "frontières" dont la Bible fait mention, ce sont les murailles de la Nouvelle Jérusalem (Apoc. 21), dont il est dit que "la ville avait la forme d'un carré et sa longueur était égale à sa largeur. Il (l'ange) mesura la ville avec un roseau et trouva douze mille stades, la longueur, la largeur et la hauteur étaient égales. Il mesura la muraille et trouva cent quarante-quatre coudées... et on y apportera la gloire et l'honneur des nations" (Apoc. 21:16, 17, 26). Les noms des douze apôtres étaient écrits sur ses douze fondements et sur ses portes, les noms des douze tribus d'Israël. "Elle avait une grande et haute muraille. Elle avait douze portes et aux portes douze anges, et des noms écrits, ceux des douze tribus des fils d'Israël... la muraille avait douze fondements, et sur eux les douze noms des douze apôtres de l'Agneau" (Apoc. 21:12 à 14). Si, sur cette terre, "Dieu fixa la limite des peuples d'après le nombre des enfants d'Israël", dans la Nouvelle Jérusalem, vingt-quatre Hébreux en délimiteront les contours. 

"Les nations marcheront à sa lumière et les rois de la terre y apporteront leur gloire" (Apoc. 21:24). Il se peut qu'il soit attribué à chaque nation une porte par laquelle il lui sera permis de pénétrer dans la Cité Sainte. Porte au-dessus de laquelle figurera le nom de l'une des tribus d'Israël. Il y a là manifestement un "mystère" qui ne sera pleinement élucidé que le Jour où toute chose aura trouvé son plein accomplissement, ainsi qu'il est écrit : "Il sera tout en tous" (1 Cor. 15:28)"Il se nomme Dieu de toute la Terre" (Esaïe 54:5).

Nous attendons ce jour où "l’Éternel sera roi de toute la Terre" (Zacharie 14:9).

JiDé
 

 

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