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Deux poids deux mesures

Deux poids deux mesures

"Nous diminuerons l'épha, nous augmenterons le prix, nous falsifierons les balances pour tromper" (Amos 8:5).

"Il y a un peu plus, je vous le mets quand même ?". Qui n'a jamais entendu cette phrase chez le boucher lorsqu'il est en train de peser les trois cents grammes de viande hachée que l'on vient de lui demander ? On acquiesce généralement bien volontiers sans pour cela soupçonner notre boucher de vouloir grossir légèrement la note. Et lorsque l'on achète une barquette de viande sous cellophane, on ne se pose pas la question si le poids indiqué sur l'étiquette correspond bien à celui de la viande. On fait confiance. Mais l'honnêteté est-elle toujours de mise dans les diverses transactions commerciales qui s'opèrent chaque jour, aux quatre coins du Monde ? Certes non !

"Vous ne commettrez pas d'iniquité ni dans les jugements, ni dans les mesures de dimension, ni dans les poids, ni dans les mesures de capacité. Vous aurez des balances justes, des poids justes" (Lévitique 19:35, 36). 

Une question d'éthique

"C'est un marchand, la fausse balance est dans sa main, il aime à extorquer. Et Ephraïm dit : Toutefois, je me suis enrichi, je me suis procuré des biens. Dans mon travail, on n'a trouvé contre moi aucune iniquité qui soit péché" (Osée 12:8, 9, Darby).

Mensonge dans le cadre d'une transaction commerciale ou falsification dans le cadre d'une activité de production, la tromperie concerne le plus souvent l'information donnée au cours de la transaction. Mais elle peut également avoir lieu lors de l'achat, de la livraison, voire de l'étiquetage... "Pas vu pas pris", dit le proverbe. Mais de complaisances en malversations, d'aucuns en sont arrivés à la fraude. De "la petite omission" discrète sur la feuille d'impôts aux mouvements financiers transitant par les "paradis fiscaux" (drôles de paradis !), s'étend toute une gamme d'action frauduleuse. "On n'a trouvé contre moi aucune iniquité qui soit péché". Jusqu'au jour où... Et celui qui fut autrefois un jeune et brillant étudiant en économie, sorti "major" de sa promotion, se retrouve assigné à comparaître devant un tribunal ou une Commission d'Enquête. Et dans la salle d'audience, le Président introduit la séance en disant : "Le gouvernement de... contre...". Et là, l'arrogance n'est plus de mise. Les enjeux sont importants. Au pire, le démantèlement de la société, au plus dramatique, une peine d'emprisonnement. 

"Vous ne commettrez pas d'iniquité ni dans les jugements... Vous aurez des balances justes, des poids justes" (Lév. 19:35, 36).

"Ni dans les jugements (mishpatîm)". "Mishpat", c'est un jugement juridique, une sentence, une décision du juge, l'exécution du jugement, une décision de droit juridique. Et oui, ça vaut pour les "Bons" comme pour les "Méchants" ! Car Dieu ne fait pas d'acception de personne. Si la culpabilité effective doit être prouvée, l'accusé étant considéré comme "innocent" jusqu'à ce que l'on ait pu prouver le contraire, reste à déterminer ensuite une pénalité qui soit en adéquation avec la faute imputée. Que la justice soit rendue, mais de façon impartiale. "L’Éternel est lent à la colère et riche en bonté, il pardonne l'iniquité et la rébellion, mais il ne tient pas le coupable pour innocent" (Nombres 14:18). 

Du Juridique au Pénal

Il se peut que l'on se retrouve face aux instances juridiques suite à un différend avec une tierce personne. Les raison peuvent en être multiples. Que l'on ait prit l'initiative pour demander une intervention juridique dans une affaire qui nous oppose à un tiers, ou que l'on soit accusé par autrui d'une quelconque faute pénalement répréhensible, la Bible dit que "lorsque des hommes, ayant entre eux une querelle, se présenteront en justice pour être jugés, on absoudra l'innocent et l'on condamnera le coupable" (Deut. 25:1). Mais le récit biblique fait mention de situations où l'ordre des choses a été inversé. Le prophète Esaïe invective "ceux qui tirent l'iniquité avec les cordes du vice... qui appellent le mal bien et le bien mal... car ils ont dédaigné la loi de l’Éternel des armées, ils ont méprisé la parole du Saint d'Israël" (Esaïe 5:18, 20, 24). "Vous ne commettrez pas d'iniquité dans les jugements". Celui que le prophète désigne ainsi "justifie le coupable pour un présent et enlève aux innocents leurs droits" (Esaïe 5:23). Ce qui peut donner lieu, au pire de l'imaginable, à ce qu'un innocent soit condamné pour qu'un coupable soit innocenté. "Tu ne tiendras pas le coupable pour innocent" (Nombres 14:18).
 

La Justice


Et si, en Europe, la peine de mort a été abolie au sein des Etats membres, il n'en est pas ainsi partout dans le Monde. Dans certains pays, la peine de mort requise est automatiquement commuée en "détention perpétuelle", mais là où elle est appliquée de façon effective, il arrive parfois que l'on se rende compte qu'une erreur judiciaire a été commise (le véritable coupable ayant été tardivement démasqué) et l'on découvre que l'accusé était innocent ! Mais il est trop tard ! Si la justice doit être rendue avec probité, la plus grande sagesse (celle de Dieu étant bien évidemment la plus appréciable) est indispensable afin de ne pas commettre l'irréparable. "Afin que le sang innocent ne soit pas répandu au milieu du pays que l’Éternel ton Dieu te donne pour héritage, et que tu ne sois pas coupable de meurtre" (Deutéronome 19:10). 

Ainsi, ce verset du livre des Proverbes s'applique également au "juge inique" dont il est fait mention, par exemple, en Luc 18:6. "Le coupable suit des voies détournées, mais l'innocent agit avec droiture" (Prov. 21:8). Celui qui suit des voies détournées se rend coupable, quelle que soit la position qu'il occupe. 

Un homme de confiance

"Nous diminuerons l'épha, nous augmenterons le prix, nous falsifierons les balances pour tromper" (Amos 8:5).

Un centimètre de moins sur le mètre-étalon, c'est presque invisible, mais sur une bobine de plusieurs tonnes, cela fait un "léger" métrage de différence. Il en est de même pour les poids et les volumes. Je me souviens avoir vu un film chrétien, "Courageous", dans lequel il était proposé à un ouvrier d'une usine de production d'obtenir une promotion. Lors de l'entretien en vue de l'attribution du poste, il lui est dit qu'il aura, dans le cadre officieux de ses fonctions, à falsifier des bordereaux de commande. Cet homme a besoin de ce travail pour nourrir sa famille. Il craint qu'un refus ne se solde par un licenciement. Mais, dans son âme et conscience, il ne peut accepter d'agir de façon frauduleuse. Il choisit donc de refuser l'offre d'avancement. S'attendant à être licencié sur-le-champ, il voit, stupéfait, son patron lui tendre la main et lui annoncer qu'il a le poste. Il découvre ainsi que ce n'était qu'un stratagème. Son patron avait besoin d'un homme profondément honnête pour occuper ce poste, son prédécesseur ayant commis des fraudes dans l'exercice de sa fonction.  Son honnêteté avait été payante. En quelques instants décisifs, cet homme avait non seulement obtenu un avancement, mais il était également devenu pour son patron "un homme de confiance". Double promotion ! 

"On ne demandait pas de comptes aux hommes chargés de payer les ouvriers  qui exécutaient l'ouvrage, car c'étaient des gens honnêtes" (2 Rois 12:16, Semeur). 

Je prendrai également l'exemple du prophète Daniel, qui a toujours été pour moi un exemple de vie. Jalousé par les ministres du royaume, on chercha à trouver en lui quelque chose à lui reprocher dans sa gestion des affaires de l'Etat. "Alors les ministres et les satrapes se mirent à chercher un motif d'accusation contre lui dans sa manière d'administrer les affaires de l'empire, mais ils ne purent découvrir aucun motif d'accusation, ni aucune faute, car il était fidèle, de sorte qu'on ne pouvait trouver en lui ni négligence ni faute" (Dan. 6:5, Semeur). Ils cherchèrent alors à l'accuser sur la base de motifs liés à la pratique de sa foi (Dan. 6:6).

Des arguments de poids

A l'inverse, on sera d'autant plus surpris d'apprendre qu'une personne dont on attend la plus grande probité, la plus stricte honnêteté, a commis un acte malhonnête, même si celui-ci n'a rien de frauduleux et n'est nullement passible de sanction pénale. Ce peut être dans le cadre d'un prêt entre amis, ou de paroles prononcées, d'un secret révélé que l'on avait promis de ne pas dévoiler, de critiques acerbes émises par une personne qui avait toute notre confiance. Dans de tel cas, nul recours si ce n'est un arrangement à l'amiable. La repentance serait bien évidemment souhaitée, mais elle ne réparera pas forcément la confiance qui a été brisée. L'amitié pourrait en souffrir gravement. 

Dans le cas "d'acception de personnes", on peut se montrer partial. Si l'on est amené à prendre position, ce qui est loin d'être une situation confortable, l'amitié peut faire pencher la balance. Du silence complice au faux témoignage, la fausseté peut se manifester de façons très diverses. L'apôtre Jacques aborde ce sujet délicat en disant : "Gardez-vous de toutes formes de favoritisme, c'est incompatible avec la foi en notre Seigneur Jésus-Christ... si vous faites des différences entre les personnes, vous commettez un péché..." (Jacques 2:1 à 9). Combien fondent leurs opinions sur l'apparence ? Cependant, "l'homme regarde à ce qui frappe les yeux mais l’Éternel regarde au cœur" (1 Sam. 16:17).

L'apôtre Jacques reproche aux destinataires de son Épître de faire acception de personnes en se basant sur le statut social de ceux qu'ils accueillent parmi eux, privilégiant les riches et rabaissant les pauvres. Pourtant, "Dieu n'a-t-il pas choisi ceux qui sont pauvres dans ce monde pour qu'ils soient riches dans la foi ? ... Ce sont pourtant les riches qui vous oppriment et qui vous traînent en justice devant les tribunaux" (Jacq. 2:5, 6). Car si tous sont censés être "égaux devant la Loi", ils ne le sont pas forcément aux yeux des hommes, car "le riche domine sur les pauvres" (Prov. 22:7). Les préjugés ont la vie dure, et nos a-prioris orientent souvent notre jugement. Nous évaluons facilement autrui sur des échelles de valeurs que nous avons, nous-mêmes, graduées.
 


Jacques Attali, dans son livre "Le Monde, les Juifs et l'argent", souligne que "au quatorzième siècle, le rabbin Jacob ben Asher, dit "Baal ha Tourim", fait remarquer que les mots "mamone" (Mammon) et "ma moné" (ma monnaie ?) est le diminitif de "ma at a moné" qui veut dire "que comptes-tu faire ?". Mamone (fortune), "soulam" (échelle) et "oni" (pauvreté) ont la même valeur numérique (136)". Jacques Attali mentionne que si, en hébreu, les mots "richesse", "pauvreté" et "échelle" ont la même valeur numérique, cela signifie que sur une même échelle de valeur, ces deux concepts sont égaux. Effectivement, la Bible ne conçoit pas la notion de richesse et de pauvreté de la façon dont les hommes peuvent les concevoir. Ainsi, il est dit à l'Eglise de Laodicée : "Tu dis : je suis riche, je me suis enrichie, tu ne sais pas que tu es pauvre...". Faut-il en conclure que tout est relatif ? Non, ce serait plutôt nos jugements qui sont faussés. Nos préjugés sont des arguments "de poids" dans la balance dont nous nous servons pour juger ou apprécier. 

Parole d'homme

"Deux sortes de poids, deux sortes d'épha, sont l'un et l'autre en abomination à l’Éternel" (Prov. 20:10). On peut comprendre ce verset d'au moins deux façons différentes. La première est que l'utilisation de poids différents comme d'épha (mesure de capacité) différents sont en abomination devant Dieu. C'est la façon la plus naturelle de comprendre ce texte. La deuxième manière, c'est de considérer qui s'il est fait usage de deux poids différents, ces deux poids peuvent être considérés tous deux comme frauduleux. Et de même pour l'épha (la mesure de capacité). Si l'un n'est pas conforme à la norme, l'autre ne l'est pas non plus. Car si l'on fait usage d'un poids faussé, quelle garantie a-t-on que le deuxième poids soit, lui, conforme à la norme ? Si l'on me ment sur une chose, comment puis-je être sûr que l'on ne me ment pas sur autre chose ? Et si l'on m'a menti sur une chose, comment puis-je être sûr que l'on ne m'a pas menti auparavant sur une autre ? Celui-ci présente des arguments "de poids", celui-là ne possède que le témoignage de la vérité, qui gagnera ? Une transaction commerciale, qu'elle soit à l'échelle d'un petit commerçant ou d'une multinationale, est aussi une affaire d'éthique. L'honnêteté crée la confiance et la confiance crée la fidélité. Ayant été fils de commerçant, j'ai vu mon père développer sa clientèle par ses compétences. Aujourd'hui, on développe une clientèle en promettant beaucoup... à condition que l'on achète. "Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître...", mais il y a encore aujourd'hui des hommes et des femmes qui croient fermement, et certains même l'enseignent, qu'il est possible de conjuguer "éthique" et "marketing". Et même si cela ne procure pas une richesse rapidement acquise, on y gagnera la reconnaissance et la réputation. 

Laodicée disait : "Je suis riche, je me suis enrichie", mais "on ne peut servir Dieu et Mammon" (Matthieu 6:24), et si "La cupidité est une idolâtrie" (Col.3:5), "ceux qui veulent s'enrichir tombent dans la tentation et dans beaucoup de désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. Car l'amour de l'argent est une racine de tous les maux, et quelques uns en étant possédés, se sont égarés loin de la foi, se sont jetés eux-mêmes dans bien des tourments" (1 Tim. 6:9, 10). Triste constat ! 

Conclusion

Je citerai Jacques Ellul qui disait : "Le don est une profanation de l'argent, il le désacralise, il l'empêche de devenir une idole dans notre vie". Et l'apôtre Paul conseille "à ceux qui possèdent des richesses en ce monde de se garder de toute arrogance et de ne pas fonder leur espoir sur la richesse, car elle est instable. Qu'ils placent leur espérance en Dieu, qui nous dispense généreusement toutes ses richesses pour que nous en jouissions. Recommande-leur d'être riches en œuvres bonnes, d'être généreux, de partager avec les autres. Ils s'assureront ainsi un beau capital placé en lieu sûr afin d'obtenir la vraie vie" (1 Tim. 6:17 à 19, Semeur). Le Seigneur Jésus nous dit : "Donnez et il vous sera donné, on versera dans votre sein une bonne mesure serrée, secouée et qui déborde, car on vous mesurera avec la mesure dont vous vous serez servis" (Luc 6:38). 

Je conclurai par ces mots si riches de sens :

"Jette l'or dans la poussière, l'or d'Ophir parmi les cailloux du torrent,

et il te donnera ce que ton cœur désire",

"fais de l’Éternel tes délices,

et le Tout-Puissant sera ton or, ton argent, ta richesse"

(Ps.37:4 - Job 22:24, 25).

 

Soyez richement bénis,

 

JiDé

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