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Et l'ânesse dit à Balaam

 Et l'ânesse dit à Balaam

"L’Éternel ouvrit la bouche de l'ânesse et elle dit à Balaam... Balaam répondit à l’ânesse..." (Nombres 22:28, 29).

"Après avoir quitté le droit chemin, ils se sont égarés en suivant la voie de Balaam, fils de Bosor*, qui aima le salaire de l'iniquité mais qui fut repris pour sa transgression, une ânesse muette faisant entendre une voix d'homme, arrêta la démence du prophète" (2 Pierre 2:15, 16). 

Une ânesse qui parle... vous êtes sérieux ?

Parmi les récits bibliques, celui de Balaam et de son ânesse est probablement l'un des plus surprenants. Aucun animal n'avait plus proféré de paroles humaines depuis le Jardin d'Eden. La "critique biblique" avait tôt fait de classer ce récit au rang des contes orientaux. Alors, que faut-il en penser ? Il y a un principe d'exégèse qui dit que "la Bible s'interprète par elle-même". Si donc ce principe s'applique à ce texte, la Bible doit être en mesure de prouver la véracité de ce récit. L'apôtre Paul affirme que "toute Ecriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, convaincre, corriger, instruire" (2 Tim. 3:16). En tant qu'apôtre de Jésus-Christ, on peut considérer que son opinion fait autorité en la matière. De plus, en tant que Docteur de la Loi, enseigné au pied de Gamaliel (Actes 22:3), son opinion en ce qui concerne ce que l'on appelle communément "l'Ancien Testament" est considérable. Or, nous avons ici un texte du livre des Nombres qui fait partie intégrante de la loi mosaïque, et donc par extension, de ce que Paul appelle "les Écritures". Or, l'apôtre Paul nous dit que "toute Ecriture est inspirée de Dieu". Si le livre des Nombres, dans lequel est relaté l'épisode de l’ânesse de Balaam, fait partie des Écritures inspirées, alors ce récit  peut être considéré comme un texte inspiré, au même titre que n'importe quel autre texte des Écritures. Si l'on accorde du crédit à ce qu'affirme l'apôtre Paul, à la fois en tant qu'apôtre et en tant que Docteur de la Loi, alors il nous faut reconnaître la pleine inspiration de ce récit de l'ânesse de Balaam. En reconnaître l'inspiration, c'est donc en reconnaître la validité historique, comme un événement ayant eu lieu au même titre que tout autre récit des Écritures. Ainsi qu'il est écrit : "toute Ecriture est utile pour... convaincre".

A l'inverse, si l'on ne reconnaît pas cette pleine et entière crédibilité à l'apôtre Paul, qui est, rappelons-le, considéré comme une "colonne" dans l'Eglise (Galates 2:9), alors c'est tout l'édifice qui risque de s’effondrer, cet édifice qui est "l'Eglise du Dieu vivant, la colonne et l'appui de la vérité" (1 Tim. 3:15). Ou alors, il reste la possibilité de l'étayer avec... tout ce que l'on voudra pour remplacer l'enseignement des apôtres-fondateurs, dépositaires de l'enseignement du Seigneur. Dans ce cas, c'est l'inspiration des Écritures qui est remise en cause, avec tout ce que cela implique de remise en question concernant la profession de notre foi. Ainsi, soit tout ce que la Bible dit est vrai, soit ses affirmations ne sont pas fiables à cent pour cent et l'édifice de notre foi repose sur des sables mouvants, avec tout ce que cela implique. Je crois, pour ma part, à l'inspiration pleine et entière des Écritures, Ancien et Nouveau Testament. Nous poursuivrons donc avec ce postulat que l'épisode de l’ânesse de Balaam est un fait authentique qui s'inscrit dans la continuité du récit biblique. Après avoir démontré ceci, nous pouvons maintenant nous intéresser au contexte dans lequel s'intègre cet épisode du livres des Nombres. 

Qui est Balaam ?

Balaam, fils de Béor, était originaire de la ville de Péthor, sur la rive de l'Euphrate (Nomb. 22:5). Il semble avoir été une sorte de "prophète-mercenaire" babylonien qui bénissait ou maudissait selon qu'on le payait pour cela. Sa réputation, et donc la soi-disant efficacité de ses pratiques, devaient être reconnues puisque Balak, roi de Moab, fit appel à lui pour maudire le peuple d'Israël qui transitait à proximité de son territoire. Il semblerait que Balaam ait eu une certaine forme de crainte de Dieu puisqu'on le voit invoquer l’Éternel, et même prétendre ne pouvoir bénir ou maudire que si l’Éternel le lui permettait. Balak, roi de Moab, ne put obtenir de Balaam qu'il maudisse Israël. Bien au contraire. Ce devin-prophète finira même par le bénir, à la stupeur de Balak. Sous l'insistance de ce dernier, Balaam conseillera au roi de Moab de tenter de corrompre les membres du peuple hébreux en leur envoyant des femmes moabites afin que celles-ci les incitent à pratiquer leur culte idolâtre, ce qui provoquerait la colère de Dieu sur le peuple. Plusieurs auteurs bibliques feront référence à l'épisode de Balaam. Moïse, le premier, détaille ce récit tout au long des chapitres 22 à 24 du livre des Nombres. Désormais, aucun Moabite ne pourra être intégré au peuple d'Israël dans les générations futures. Cependant, une exception sera faite pour Ruth, la belle-fille de Naomi de Bethléhem. Ruth deviendra la mère du grand-père de David et par cela, entrera dans la généalogie du Messie. Le récit que fait Moïse de cet épisode du périple du peuple d'Israël dans le pays de Moab aura des implications futures (Deut. 23. 4 à 6). 

Le souvenir de Balaam

Dieu rappelle cet épisode de son histoire au peuple d'Israël par la bouche de Josué (Jos. 24. 1, 2, 9, 10), et à l'époque de Néhémie, lors de la lecture du "livre de Moïse, en présence du peuple, on y trouva écrit que ni l'Ammonite ni le Moabite ne seraient jamais admis dans la communauté de Dieu, ils avaient soudoyé Balaam pour qu'il les maudisse" (Néh. 13 : 1, 2, Semeur). Le prophète Michée rapportera les paroles de Dieu qui invite le peuple à se souvenir de l'épisode de Balaam (Mich. 6:5). Notez que, pour Josué comme pour Michée, tous deux rapportent les paroles de Dieu lui-même. Il est écrit : "Dieu n'est pas homme pour mentir" (Nombres 23:19). Josué et Michée auraient-ils osé mettre dans la bouche de Dieu des paroles qu'il n'aurait pas prononcées ? Certainement pas ! Leur témoignage personnel aurait pu être contesté, mais "ce n'est pas par une volonté d'homme qu'une prophétie (authentique) a jamais été apportée, dit l'apôtre Pierre, mais c'est poussé par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la bouche de Dieu" (2 Pierre 1:21). D'ailleurs, un peu plus loin dans son Épître, l'apôtre ajoutera : "après avoir quitté le droit chemin, ils (les fils d'Israël) se sont égarés en suivant la voie de Balaam, fils de Bosor*, qui aima le salaire de l'iniquité" (2 Pi. 2:15). L'apôtre Pierre authentifie ainsi le récit de Balaam. Nous pouvons ainsi constater que l'histoire de Balaam est inscrite sur l'une des "colonnes" de l’Édifice de la foi, authentifiant, du même coup, l'historicité de ce récit. 

Dans son Épître, Jude fait également référence à Balaam, qu'il prend en exemple. Il y est écrit : "car il s'est glissé parmi vous certains hommes dont la condamnation est écrite depuis longtemps... ils se sont jetés pour un salaire dans l'égarement de Balaam" (Jude vs. 4 et 11). Et enfin, dans le livre de l'Apocalypse, le Seigneur s'adresse à l'Eglise de Pergame en lui faisant ce reproche : "ce que j'ai contre toi (Eglise de Pergame), c'est que tu as là des gens attachés à la doctrine de Balaam, qui enseigna à Balak à mettre une pierre d'achoppement devant les fils d'Israël pour qu'ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles et qu'ils se livrent à l'impudicité" (Apoc. 2:14). 

Sept témoins

Moïse, Josué, Michée, Jude le frère du Seigneur, ainsi que les apôtres Pierre et Jean attestent tous la véracité du récit de l'ânesse de Balaam. L'Ecriture stipule qu'un fait sera avéré authentique sur le témoignage de deux ou trois témoins (Deut. 19:15 - Jean 8:17). Or, nous avons ici le témoignage de six personnes (plus celui du Seigneur lui-même par la bouche de Josué, Michée et l'apôtre Jean) qui attestent la véracité historique du récit de l'ânesse de Balaam. Sept personnes, dont le Seigneur lui-même, qui authentifient ce passage de l'Ecriture. Pour ma part, une seule de ces voix aurait suffit pour me convaincre, mais il semble que le Seigneur ait veillé à ce qu'il soit attesté de manière irréfutable.  

Il est intéressant de noter que, dans les textes où le nom de Balaam est mentionné, c'est le Seigneur lui-même qui, à trois reprises, proclame sa condamnation (livre de Josué, de Michée et de l'Apocalypse). Balaam est le type même du "prophète-mercenaire" qui bénit ou maudit selon qu'on le rétribue pour cela et qui conduit le peuple de Dieu à s'éloigner des voies du Seigneur dans l'inconduite et l'idolâtrie. En cela, il rejoint les manigances de celle que l'apôtre Jean appellera, dans son Apocalypse, la Grande Prostituée. Balaam est un peu, à l'Eglise de Pergame, ce que Jézabel est à l'Eglise de Thyatire. "L'épée contre les prophètes de mensonge" dira le prophète Jérémie (Jér. 50:36). Moïse ayant organisé une expédition punitive contre Moab, Balaam mourra, ainsi que cinq rois moabites parmi lesquels il se trouvait. 

Balaam part pour Moab

Les premiers émissaires du roi Balak ne purent le convaincre de maudire le peuple hébreu. Le Seigneur lui étant apparu dans la nuit, ne le lui permit pas. La deuxième nuit, l’Éternel lui apparut une fois de plus mais cette fois, sembla lui permettre de s'y rendre. Mais alors que Balaam se mettait en route, pensant avoir cette fois l'accord du Seigneur, la colère de celui-ci s'enflamma contre lui. Pourquoi ? Balaam avait l'accord du Seigneur, mais ses motivations n'étaient pas bonnes. Il partait avec de mauvaises intentions. 

Balaam sella son ânesse et se mit en route pour Moab. La colère de Dieu s'enflamma contre lui. Balaam quitte les bords de l'Euphrate en direction de Moab, on peut donc supposer que le voyage va prendre quelques jours à condition de suivre une route à travers le désert, mais si, comme on peut le penser, lui et ses compagnons de route ont pris le chemin du Croissant fertile comme le faisaient la plupart des voyageurs, le trajet fut probablement beaucoup plus long. Selon certaines versions (TOB, Parole Vivante), la rencontre de Balaam avec Balak eut lieu "le lendemain matin", ce qui situerait l'épisode de l'ânesse tout à la fin de son voyage, alors qu'il arrive sur les terres de Moab. Cela me semble en contradiction avec le fait que la colère de Dieu se soit enflammée contre lui dès son départ. Il faut donc plutôt situer l'épisode de l'ânesse en Babylonie, près de l'Euphrate. Cela peut paraître un détail insignifiant, mais il est plus qu'évident, lorsque l'on étudie attentivement les Écritures, qu'il n'y a pas un seul petit détail qui le soit. A de nombreuses reprises, j'ai pu me rendre compte que c'était justement la présence d'un détail "insignifiant" qui me donnait la clef d'un passage. De même pour les Sages d'Israël : la moindre "anomalie" dans le texte est propice à une recherche approfondie. C'est justement cette démarche intuitive dans le texte qui leur a livré les secrets les plus précieux. 
 


Une ânesse indocile

"La colère de Dieu s'enflamma parce qu'il était parti et l'ange de l’Éternel se plaça sur le chemin pour lui résister. Balaam était monté sur son ânesse" (Nombres 22:22). 

Littéralement, il est dit que le messager d'Adonaï se plaça sur le chemin "en adversaire" (satan - prononcer "satane"). "L'ânesse vit l'ange de Dieu, son épée dégainée et elle se détourna du chemin et elle alla dans le champ". Balaam chercha alors à la ramener dans le droit chemin à coups de bâton. Le "sadeh" (le champ) est un mot qui signifie un espace, une étendue. L'ânesse cherche un lieu où, naturellement, elle puisse s'écarter du danger qui se trouve devant elle, mais elle se retrouve dans un chemin creux entre deux vignes bordées de chaque côté d'un mur de pierres. Il ne lui est plus possible de s'écarter ni à droite ni à gauche. Balaam est furieux. Il redouble de violence en lui assénant des coups pour lui faire reprendre sa route. Pourtant, cette ânesse est en train de lui sauver la vie, mais il l'ignore encore. Il peut se produire que l'on soit obligé de prendre un itinéraire "bis" à cause d'un bouchon, mais quelques minutes plus tôt, on aurait été quelques kilomètres plus loin où vient de se produire un accident mortel. Combien de circonstances malencontreuses et frustrantes ont-elles été, à notre insu, salvatrices ? Je l'ai expérimenté personnellement. 

L'ange de Dieu se posta sur le chemin entre les deux murets. L'ânesse se serra contre le mur, écrasant le pied de Balaam entre son flanc et le muret de pierres (le muret de Pierre ?). Balaam continua à la frapper de plus belle. Le mot "qiyr" (mur) peut également se traduire par "appartenir"En effet, les murs de pierre délimitaient les propriétés. Cette ânesse lui appartenait et il pouvait en faire ce que bon lui semblait, mais il ne pouvait rien contre ce mur qui délimitait un territoire sur lequel il n'avait ni accès, ni autorité. Combien de fois nous sommes-nous retrouvés "en sandwich" entre la limite de notre sphère d'influence et un espace où nous n'avions aucun moyen d'interagir ? 

Le chemin était "de plus en plus étroit, où l'on ne pouvait se détourner ni à droite ni à gauche"(vs.26).  Le mot "tsar" signifie "étroitesse", mais aussi "angoisse, détresse". On peut imaginer l'angoisse de cette ânesse voyant devant elle l'ange de l’Éternel portant une épée dégainée, et sa détresse lorsque les coups de bâton de son maître furieux commencèrent à pleuvoir sur elle. "tsar" est également proche du mot "mitsraïm" (double enfermement), qui est le nom biblique de l'Egypte. Les conditions de travail, pour certaines personnes encore aujourd'hui, dans le Monde, et même dans nos pays industrialisés, peuvent s'avérer semblables à celles des Hébreux. Situation étriquée qui produit, dans l'âme de ces esclaves modernes, "angoisse et détresse" lorsque pleuvent "les coups de bâtons". Ces "coups de bâtons" peuvent être autant de "menaces d'expulsion", de "rappels" en tous genres ou de toutes autres menaces dont elles peuvent être victimes. Mais ce récit pourrait également illustrer une situation où nous serions pleinement acteurs et décideurs de nos circonstances, et donc pleinement responsables de ces résultantes.

Et l'ânesse, servile mais épuisée, s’effondra alors sur elle-même. C'est alors qu'eut lieu cet étrange dialogue (car il s'agit bien d'un authentique dialogue) entre l'ânesse et Balaam. "Et Dieu ouvrit la bouche de l'ânesse et elle dit..." (vs.28). Il faut noter que c'est Dieu qui ouvre la bouche de l'ânesse. Il est donc l'initiateur du miracle. Mais à un moment crucial, lorsque "tout s'est effondré". Il arrive parfois que l'on ne comprenne rien à rien aux circonstances de notre vie. Tout semble aller de travers. Rien ne fonctionne, tout semble faire opposition. Puis vient le "point de rupture" et tout semble fondre, s’effondrer. Et c'est souvent là que se joue le dénouement final, c'est là que vient "la chute" de l'histoire (comme celle de l'ânesse). C'est le moment crucial où l'on ne cherche plus à redresser la barre parce que le bateau s'est complètement échoué. Tout est bloqué de partout. Paradoxalement, c'est peut-être à ce moment-là que l'on est prêt à ce dialogue intérieur où peut se faire entendre la voix de Dieu. Et comme à Balaam, nous pourrions l'entendre nous dire : "je t'ai vu suivre un chemin qui menait à ta perte". Et le pire, c'est qu'on n'aurait presque pas envie de le savoir ! 

Et l'ânesse dit à Balaam

Et Dieu ouvrit la bouche de l'ânesse qui se mit à parler. Elle va alors poser trois questions à Balaam : "Que t'ai-je fait pour que tu me battes par trois fois ? Ne suis-je pas ton ânesse, celle que tu montes depuis toujours ?". Et la troisième question, qui semble fermer la bouche à Balaam : "Est-ce mon habitude d'agir ainsi avec toi ?". Il semble qu'il y ait une longue histoire entre Balaam et son ânesse. Elle fut sa monture pendant de nombreuses années, toujours fidèle, toujours docile, toujours obéissante, et là... Et c'est ici qu'il faut s'arrêter sur le mot "athown" (ânesse). Ce mot a la même racine que "eythan" (ce qui est constant, permanent, durable). "Ne suis-je pas ton ânesse, celle que tu montes depuis toujours ? Est-ce mon habitude d'agir ainsi ?". L'ânesse de Balaam lui servait de monture depuis longtemps. Ils étaient venus ensemble de Babylonie au pays de Moab. Elle était une monture docile, fiable, d'un caractère constant. Qu'est-ce qui lui a pris ? Lorsque les circonstances de la vie commencent à partir "en live", c'est l'occasion de s'interroger sur la teneur des événements. Parfois, tout comme Balaam qui eut le pied écrasé contre le mur, on peut également passer par la douleur physique. Un accident, une maladie sont des temps difficiles où l'on est amoindri, diminué, obligé de rester tranquille.

On peut, tout comme Balaam, se retrouver "coincé" entre des circonstances inamovibles (comme le mur de la vigne pour Balaam) et d'autres circonstances, imprévues, inopinées (comme le flanc de l'ânesse). C'est alors l'occasion de se poser les bonnes questions : "ne suis-je pas ton ânesse ?". Ces choses qui nous écrasent faisaient partie de notre vie depuis bien longtemps ("celle que tu montes depuis toujours"), et nous nous en trouvions très bien, mais elles semblent soudain échapper à tout contrôle. "Est-ce mon habitude d'agir ainsi ?". Que se passe-t-il ? Là où, jusqu'à présent, tout était fluide, soudain le fil de la vie semble s'emballer, partir dans tous les sens, prendre une direction que l'on ne veut pas. On perd le contrôle des événements qui nous entraînent loin de nos objectifs tout tracés. Notre "ânesse" part dans les champs. Elle a quitté le sentier tout tracé de nos objectifs. Elle échappe à notre volonté et tous les efforts déployés pour lui faire retrouver "le droit chemin" ne servent à rien. C'est peut-être l'occasion de s'interroger. Et si l'Ange de l’Éternel s'était posté sur notre chemin bien tracé, bien défini ? Peut-être l'entendrions-nous nous dire : "je te vois suivre un chemin qui mène à la perdition" parce que, "après avoir quitté le droit chemin", nous nous sommes peut-être mis, nous aussi, tout comme Balaam, "à aimer le salaire de l'iniquité".

"Après avoir quitté le droit chemin, ils se sont égarés en suivant la voie de Balaam, qui aima le salaire de l'iniquité mais qui fut repris pour sa transgression, une ânesse muette faisant entendre une voix d'homme, arrêta la démence du prophète", dit l'apôtre Pierre. Serait-il possible que nous soyons repris par le Seigneur "pour notre transgression" ? Personne ne nous soupçonnera de "démence" si, après avoir été repris par "l'ânesse de Balaam", nous reconnaissons "avoir quitté le droit chemin". Après avoir lu le récit de cette "ânesse muette", il nous faudra peut-être admettre que ce texte nous a "parlé". Il nous faudra alors prier comme le firent les chefs des troupes d'Israël auprès du prophète Jérémie : "que l’Éternel ton Dieu nous montre le chemin que nous devons suivre et ce que nous avons à faire" (Jér. 42:3). Ce chemin-là est tout tracé devant nous, c'est bien évidemment celui de la repentance. Mais au bout de ce chemin, se trouve le Pardon de notre Dieu. Si l'Ange de l’Éternel se tient sur notre chemin, il serait préférable d'entendre la voix de nos circonstances. Il est très probable que le Seigneur nous parle à travers elles. 

Quant à "l'esclavage" dont je parlais plus haut, nous avons, par les Écritures, le témoignage d'un peuple qui en fut extrait par la puissance de notre Dieu. Car Dieu entendit leurs cris, ainsi qu'il est écrit : "l’Éternel dit : j'ai vu la souffrance de mon peuple qui est en Egypte, et j'ai entendu les cris que lui font pousser ses oppresseurs car je connais ses douleurs" (Exode 3:7). Ces cris de son peuple montent encore aujourd'hui vers Lui.

Il se peut aussi que nous croisions sur notre route, "l'ânesse" d'une personne en difficulté. Il nous faudra alors faire nôtre cette parole : "Si tu vois l'âne de ton frère tombé dans le chemin, tu ne t'en détourneras pas, tu l'aideras à le relever" (Deutéronome 22:4). Il se peut même que "ton frère" soit, lui aussi, en train de perdre le contrôle des circonstances de sa vie. Peut-être alors sera-ce l'occasion de faire un bout de route avec lui ? Car "deux hommes marchent-ils ensemble sans s'être concertés ?" (Amos 3:3). Lorsque l'on passe par des circonstances difficiles, la voix d'un ami peut être précieuse. Elle est peut-être "la voix de l'ânesse", la seule que l'on voudra bien écouter car "l'ami aime en tout temps, mais dans le malheur, il se montre un frère" (Proverbes 17:17). 


JiDé


Notes

*Le nom de "Béor" est mentionné ici "Bosor".
 

 

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