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Joseph et les deux Pharaons

Joseph et les deux Pharaons

Un long séjour en prison

Accusé injustement d'avoir voulu abuser de la femme de son maître Potiphar, Joseph avait été jeté en prison*. Le panetier et l'échanson de Pharaon vinrent bientôt rejoindre le jeune esclave hébreu dans le sinistre cachot où il croupissait et, une nuit, les deux serviteurs firent chacun un rêve. Après que ceux-ci les lui eurent racontés, Joseph leur en donna l'explication. Leur accomplissement devait se produire trois jours plus tard. Effectivement, les deux hommes furent libérés et leurs rêves s'accomplirent, exactement comme l'avait annoncé Joseph. Le panetier fut pendu tandis que l'échanson fut élevé dans sa fonction. Joseph escomptait bien que l'échanson plaide en sa faveur une fois libéré, mais celui-ci l'oublia. "Les choses se passèrent donc conformément à l'interprétation que Joseph avait donnée de leurs rêves. Mais le chef des échansons ne pensa plus à Joseph, il l'oublia" (Gen. 40:22, 23). 

"Deux années entières passèrent, puis le Pharaon fit un rêve" (Gen. 41:1). Deux années venaient de s'écouler depuis que le panetier et l'échanson avaient été sortis de prison. Joseph, ne sachant rien de ce qui se passait à la cour de Pharaon, ne pouvait que croire en l'accomplissement des deux rêves dont il avait donné l'interprétation aux serviteurs de Pharaon. Mais l'échanson ne semblait pas avoir réussi à le faire sortir de prison. Il ignorait cependant que celui-ci l'avait oublié. Quant au panetier, Joseph ne pouvait qu'imaginer son triste sort. Peut-être avait-il entendu, du fond de sa geôle, les coups de marteau des charpentiers en train d'édifier la potence où le panetier serait immanquablement pendu.

Deux années passèrent. Imaginons la scène...

Un jour, la porte de son cachot s'ouvrit. On le fit sortir, on lui demanda de se laver et on lui fournit une tenue blanche, sobre, mais d'une qualité qu'il n'avait vue portée que par son ancien maître Potiphar. "Que se passe-t-il ?" demanda-t-il à son geôlier. "Tu vas être reçu à la cour de Pharaon !" répondit celui-ci. "A la cour de... Pharaon ?". L'échanson aurait-il finalement réussi à le faire sortir de ce sombre cachot ? Les yeux de Joseph, accoutumés à l'obscurité, lui faisaient mal. La lumière brûlante d'Egypte l'éblouissait. Un barbier vint lui raser le crâne et la barbe. Un officier des gardes lui donna de brèves instructions quant à sa façon de se tenir, de se prosterner, de ne répondre que si on l'interroge. Joseph recevait, en quelques instants, les rudiments de l'étiquette à la cour de Pharaon. Joseph, qui avait vécu et servi dans la maison de Potiphar, connaissait les us et coutumes des égyptiens, mais les années de prison avaient quelque peu entamé sa sociabilité. En quelques instants, Joseph avait abandonné ses guenilles de prisonnier. Il était maintenant chauve et glabre. Sur le sol, sa chevelure hirsute et sale et sa barbe jonchaient le sol. C'était déjà un autre homme qui se présentait maintenant devant l'homme le plus puissant d'Egypte. Celui-ci eut ces mots qui, bien longtemps plus tard, sur un autre continent, allaient passer à la postérité dans la bouche d'un pasteur baptiste : "J'ai eu un rêve".

Le rêve de Pharaon

"Deux années entières passèrent, puis le Pharaon fit un rêve. Il se tenait au bord du Nil (...). Alors le Pharaon se réveilla. Puis il se rendormit et fit un second rêve" (Gen. 41:1, 4, 5). Le Pharaon vit deux petits troupeaux de sept vaches chacun, sortir du Nil. Il se réveilla puis se rendormit. Il fit à nouveau un rêve où il voyait sept épis gras et beaux, puis sept épis maigres et misérables. Soucieux, le Pharaon demanda à ses sages de lui donner l'interprétation de ces deux rêves, mais personne ne put lui donner d'explication. C'est alors que l'échanson se souvint de Joseph. Il en fit part au Pharaon qui fit libérer l'hébreu sur le champ. Lorsque Joseph eut paru devant Pharaon, celui-ci lui dit : "j'ai fait un rêve... là-dessus, je me suis réveillé et j'ai fait un autre rêve" (Gen. 41:15, 21, 22).

Il nous faut nous attarder quelque peu sur l'un de ces détails sur lesquels ont ne s'arrête généralement que très superficiellement. Lorsque Pharaon dit à Joseph : "j'ai fait un rêve", il fait spécifiquement allusion à la première partie, c'est à dire les sept vaches grasses et les sept vaches maigres. Lorsqu'il ajoute : "j'ai fait un autre rêve", il fait alors allusion à la deuxième partie, à savoir les sept épis gras et les sept épis maigres. Il y a donc, pour Pharaon, deux rêves distincts. Pharaon semble dire à Joseph : "voyons si tu peux me donner l'explication du premier rêve et ensuite nous verrons si je veux t'écouter pour la suite". Mais Joseph, que ses frères appelaient ironiquement "le maître des songes", va donner à Pharaon une explication à laquelle ce dernier ne s'attendait pas. Ces deux songes n'en sont en réalité qu'un seul. "Joseph dit à Pharaon : ce que le Pharaon a rêvé constitue un seul et même rêve. Dieu a révélé au Pharaon ce qu'il va faire" (Gen. 41: 25). Nous verrons plus loin que cette phrase a une portée bien plus grande qu'il n'y paraît lors d'une lecture superficielle. Joseph va démontrer au Pharaon l'ambivalence de ces deux rêves qui n'en forment en réalité qu'un seul. En associant les vaches grasses aux épis gras, Joseph révèle au Pharaon que l'un et l'autre représentent sept années d'abondance. Les sept vaches maigres et les sept épis maigres annoncent également une durée de sept années, non plus d'abondance, mais de disette et de famine. Ce rêve a un caractère prophétique dans le sens où tout d'abord c'est Dieu qui en est l'initiateur, mais en plus, il donne le programme des quatorze prochaines années. Mais ce que Joseph est en train d'annoncer au Pharaon c'est que les événements qui vont se produire, de par leur caractère prophétique, auront une portée bien plus grande qui se reproduira dans le temps. 

"Ce que le Pharaon a rêvé est un seul rêve. Dieu a révélé au Pharaon ce qu'il va faire... comme je l'ai dit au Pharaon, Dieu a révélé au Pharaon ce qu'il va faire" (Gen. 41:25, 28). Ce n'est pas par hasard si Joseph répète à Pharaon ce qu'il vient de lui dire. Il lui annonce un double accomplissement. Ce principe prophétique est illustré par ce verset d'Esaïe :"Elle est tombée, elle est tombée, Babylone" (Esaïe 21:9). Esaïe fait ici usage d'un procédé littéraire que l'on appelle "le Passé prophétique" et qui consiste à annoncer un événement futur comme s'il s'était déjà produit. Cette complainte est mentionnée à deux reprises par l'apôtre Jean dans son livre de l'Apocalypse (Apoc. 14:8 et 18:2). Pourquoi le prophète Esaïe répète-t-il par deux fois "elle est tombée" ? Tout simplement parce qu'il annonce que Babylone doit tomber "à deux reprises". Comment cela ? Lorsque l'apôtre Jean reprend la phrase d'Esaïe, Babylone est déjà tombée une première fois (elle sera détruite en partie puis reconstruite lorsque Alexandre le Grand envahira la Perse). Lorsque l'apôtre reçoit cette révélation sur l'île de Patmos, Babylone est donc déjà tombée une première fois. Mais, reprenant les paroles d'Esaïe, Jean annonce que "Babylone" doit tomber encore une fois. Lorsque Jean prophétise, une Babylone est tombée, une autre doit tomber encore. Et comme pour bien signifier le double accomplissement de cette prophétie d'Esaïe, il redouble cette affirmation (Apoc. 14:8 et 18:2). Il mentionne un événement passé et en annonce un autre, similaire mais différent, qui doit encore se produire.

Jean ne fait pas seulement allusion à la ville, mais à un principe spirituel qui porte le nom de code de "Babylone". Il ne fait qu'utiliser un principe prophétique bien connu des prophètes hébreux, le principe du "double accomplissement". Or, ce principe, nous le retrouvons déjà dans le récit de la Genèse qui nous conte l'histoire de Joseph donnant l'interprétation du rêve de Pharaon. C'est pourquoi Joseph dit à Pharaon : "Dieu a révélé au Pharaon ce qu'il va faire... comme je l'ai dit au Pharaon, Dieu a révélé au Pharaon ce qu'il va faire" et il ajoute : "la chose est arrêtée devant Dieu et Dieu se hâtera de l'exécuter".  Comme il est écrit : "il hâtera ces choses en leur temps" (Esaïe 60: 22). Ce que Joseph est en train de dire à Pharaon, c'est qu'il sera témoin d'une chose que Dieu a projeté de reproduire une deuxième fois dans la vie d'un autre Pharaon. Quelque chose se produira un jour, dans le futur. Une chose semblable à celle qui va se produire dans la vie du Pharaon auquel Joseph est en train de s'adresser. Cela se produira de façon hâtive, mais en son temps, dans des temps messianiques, c'est à dire les temps dans lesquels nous vivons actuellement.  

Pour comprendre ceci, il faut tenir compte d'un fait, c'est que, pour les Sages d'Israël, il y a deux venues du Massiah (le Messie). Le premier Massiah est "ben Yossef". Le deuxième est "ben David". Nous savons, nous chrétiens, que le Messie est déjà venu. Il est venu en tant que "fils de Joseph", c'est à dire dans le corps d'un homme de la même nature que nous. Nous attendons son Retour en gloire en tant que Roi des rois, en tant que "Massiah ben David". Son Retour se fera dans "les temps de la fin". Or, que dit Joseph à Pharaon ? En substance : "si le rêve du Pharaon s'est répété deux fois, c'est que Dieu a irrévocablement décidé la chose et qu'il va l'exécuter sans délai" (Gen. 41:32). Le rêve annonce au Pharaon ce qui va se produire dans les quatorze années qui viennent, mais parce qu'il a une double portée prophétique, il annonce également des événements qui se produiront bien plus tard, dans un futur lointain. Ces événements-là se produiront sous le règne d'un autre "Pharaon", qui ne portera plus ce titre mais qui occupera une fonction similaire dotée d'une même autorité. Ce sera un "autre Pharaon", un "Pharaon des temps de la fin". Comme il est écrit au début du verset 32 ! "vehal ishanot", littéralement : "et au sujet de ce qui s'est répété". Dieu parle une seconde fois pour le Pharaon qui doit venir, le "Pharaon des temps de la fin"

Si Joseph se répète, c'est parce qu'il s'adresse premièrement au Pharaon dont il est contemporain, mais cette parole, qui est revêtue d'une autorité prophétique, s'adresse également au "Pharaon à venir". Ainsi, l'on saura, lorsque les temps seront venus, que cette parole de Joseph s'adressait aussi à ce second Pharaon. Il est écrit : "ce que Pharaon a rêvé est une seule chose. Dieu fait connaître à Pharaon ce qu'il va faire" (Gen. 41:25). "Une seule chose", mais en deux parties qui sont, en fait, les deux étapes de l'accomplissement de "ce que Dieu va faire". Mais qui pourrait être ce "second Pharaon" ?
 


Le blé d'Egypte

Après que des graines de céréales aient été trouvées, bien conservées dans des jarres, lors de fouilles archéologiques, des scientifiques entreprirent de les étudier de près. Ils firent alors une découverte fort intéressante. Ils découvrirent que les cellules reproductrices du blé consommé par les Égyptiens de l'Antiquité contenaient sept chromosomes pour certaines et un multiple de sept pour d'autres (14, 28 et 42 selon le type de blé). Autant les Hébreux que les Égyptiens ne pouvaient qu'ignorer ces détails mais ils sont, pour nous aujourd'hui, très évocateurs. Cela démontre combien le Créateur de toutes choses avait mis un soin particulier dans ce blé si précieux dont Joseph allait devenir l'intendant afin de prémunir le pays de la famine. Genèse 41:5 nous dit  : "sept épis gras et beaux montèrent sur une tige". Sept épis dont les chromosomes des cellules reproductrices étaient au nombre de sept ou l'un de ses multiples. Mais il y a plus. "Sept épis" se dit en hébreu "sheba shibolîm". Or, cette expression apparaît sept fois dans le texte où il est fait mention du rêve du Pharaon. De plus, ces deux mots ont une racine identique, commençant tous deux par les lettres Shin et Beth, comme pour souligner plus encore le lien étroit qui unit cette céréale au chiffre sept, le chiffre de la perfection. Ceci démontre, si cela était encore nécessaire, combien dans les Écritures chaque détail est important. Les ignorer serait passer à côté de tant de choses précieuses qui, de part l'harmonie de leur disposition dans le texte, ne font que rajouter à la beauté des Écritures. Mais si le blé d'Egypte avait quelque chose à nous apprendre, les quatorze vaches du songe de Pharaon n'étaient pas en reste.
 


Les vaches de Pharaon 

Le mot égyptien "Paro" que l'on traduit ordinairement par "Pharaon" signifie, entre autre, "Grand palais". Mais ce qui caractérisait surtout les Pharaons, c'est qu'ils se prétendaient être de nature divine. Ils étaient d'ailleurs vénérés comme étant des dieux sur Terre. En réfléchissant à cela, on ne peut s'empêcher de penser à ce passage de l’Épître aux Thessaloniciens où Paul nous parle d'un homme qu'il nomme "l'adversaire". Il dit de cet homme : "l'adversaire qui s'élève au dessus de tout ce que l'on appelle dieu ou ce que l'on adore, jusqu'à s'asseoir dans le Temple de Dieu, se proclamant lui-même dieu" (2 Thess. 2:4). Voilà notre "deuxième Pharaon".

Si le songe de pharaon concernait sept années de "vaches grasses" et sept autres années de "vaches maigres", cette période de sept ans n'est pas sans rappeler que l'Ecriture nous annonce également une autre période de sept ans programmée comme un temps de tribulation. Une période de tribulation divisée en deux périodes égales de trois ans et demi chacune. Un première partie devant être une période de paix relative sous l'autorité d'un Antichrist montrant un visage de conciliateur et de pacificateur. Mais, comme Janus, cet homme a deux visages. Et la deuxième partie de son "règne" sera une période de "grande tribulation". On retrouve ici le schéma d'une première partie que l'on pourrait comparer aux "vaches grasses" du rêve de Pharaon, et une deuxième partie correspondant aux "vaches maigres". Mais la similitude ne s'arrête pas là !

Le mot "Pharaon" se dit donc "Paro" et s'écrit, en hébreu "Pé, Resh, Ayin, Hé". Le mot "vaches" se dit en hébreu "parot" et s'écrit Pé, Resh,Tav". Les deux mots, en hébreu, présentent une similitude étonnante. Mais il y a plus. 

Le rêve de Pharaon concernait à la fois des vaches maigres et des épis maigres (littéralement : "vides"). Or, le mot hébreu pour "maigres", lorsqu'il est fait mention des "vaches maigres", est "rakot", ce qui s'écrit : Resh, Koph, Vav, TavLe mot "vide", lorsqu'il est fait mention des "épis maigres", est "rèkot", ce qui s'écrit : Resh, Koph, Vav, Tav. Dans le texte original (qui ne contient pas de voyelles), les deux mots sont identiques. Cette similitude amplifie encore le rapport entre les deux parties du rêve de Pharaon. Mais dans un sens prophétique, cela souligne que l'aspect de l'un sera semblable à celui de l'autre. Il y aura une grande similitude entre les événements qui s'étaient produit à l'époque de Pharaon et ceux qui se produiront lorsque ce "deuxième Pharaon" viendra. Ce qui souligne encore, s'il en faut, la notion de "double accomplissement" de la prophétie. J'ai abordé ce sujet plus haut en prenant comme exemple une prophétie d'Esaïe faisant mention de Babylone. Cette même Babylone qui devrait réapparaître dans les "temps de la fin", malgré son antique destruction.

Le texte de la Genèse faisait mention de ces animaux qui sortaient du fleuve du Nil, en Egypte. Ce fleuve est caractéristique de l'Egypte et les deux sont étroitement associés. Or, quel est le fleuve que l'on associe à Babylone ? L'Euphrate. Or, en Hébreu, le mot "Euphrate" se dit "Prat" et s'écrit : P. R. T.exactement comme le mot "vaches" ("parot"). De même que les vaches du rêves de pharaon sortirent d'un fleuve nommé "Nil", d'autres "vaches" sortiront-elles aussi d'un autre fleuve, l'Euphrate ? Babylone est la ville des "grands palais" (signification du mot "Pharaon"). Or, le livre de Daniel relate un événement curieux raconté par son principal intéressé, le roi de Babylone lui-même. Ce récit commence ainsi : "Moi Nabukadnedzar, je vivais tranquille dans ma maison et je jouissais de la prospérité dans mon palais. Une nuit, j'ai fait un rêve qui m'a rempli d'effroi" (Dan. 4:1, 2). Le roi de Babylone, tout comme le roi d'Egypte, fit un rêve. Ces deux rêves annonçaient un événement qui devait se produire de leur vivant et dans un délai très court. Tous deux seraient impliqués dans la réalisation de leurs songes. Ils en seraient à la fois victimes et acteurs. Tous deux, dans leur rôle respectif, préfiguraient le "dernier Pharaon", celui qui doit venir. Ce "dernier Pharaon" sera, lui aussi, roi à Babylone. Cette même Babylone dont l'apôtre Jean avait annoncé la chute. "Elle est tombée, elle est tombée, Babylone". La chute finale de cette ville mythique sera aussi l'achèvement d'un règne. Celui que l'on appelle "le Méchant, l'Impie", ou encore "Celui qui doit venir".  

J'en reviens à la similitude entre les mots "prat" (l'Euphrate) et "parot" (vaches). Les problèmes de famine ont touché, à différentes périodes de l'Histoire, bien des régions du Monde. Babylone, quant à elle, symbolise en soi une forme d'empire et bien des empires ont connu disettes et pénuries de nourriture. Jusque-là, rien d'étonnant. Quant au Nil et à l'Euphrate, ils ont été bien souvent associés dans divers textes de l'Ecriture. Ces deux grandes civilisations ont perduré longtemps avant de disparaître. Pourtant, le livre de l'Apocalypse fait mention de Babylone de façon appuyée comme étant une réalité dans les temps à venir. De même, le rêve de Pharaon, commenté par Joseph, annonce une réalisation présente et une autre dans le futur. Il semble que ces deux civilisations auront donc un rôle à jouer dans les "temps de la fin". Mais de même que ces vaches sont sorties du Nil, se pourrait-il que l'on voit un jour, bien évidemment dans un sens imagé, le Nil sortir de l'Euphrate ? Il nous est ici nécessaire de faire appel à la symbolique que ces deux fleuves évoquent. Le Nil, symbolisant l'Egypte, véhiculerait ainsi les "croyances", et tout son aspect ésotérique, que cette civilisation a transmis à notre monde moderne. Quant à cette "Babylone" qui doit encore tomber, n'est-elle pas présente partout dans nos sociétés industrialisées, de par ses valeurs, sa sophistication, mais aussi dans ses pires aspects et parfois même dans sa barbarie ? Il suffit de relire les chapitre 17 et 18 du livre de l'Apocalypse pour y voir une description saisissante du monde dans lequel nous vivons aujourd'hui. Le rêve de Pharaon devait se reproduire dans des temps éloignés qui ressemblent étrangement aux nôtres. 

Retour vers le Futur 

Le Rav Dinovisz, dans un enseignement appelé "Les origines de notre avenir", dit : "Le véritable sens de l'Histoire se trouve au niveau des secrets. La Thora nous permet d'ouvrir les portes de notre Présent... la Thora parle d'histoires passées qui sont en avance sur notre Futur".

Oui, les histoires que nous conte la Bible sont en avance sur notre Futur, sur le temps et les événements qui nous sont contemporains. Ainsi, Esaïe écrit : "Je t'ai révélé depuis longtemps ces événements, je te les ai annoncés avant qu'ils ne se produisent. Tu as bien entendu, regarde de tes yeux, tout s'est réalisé... Maintenant, je t'annonce des choses nouvelles, cachées, que tu ne connais pas" (Esaïe 48:5, 6, version Semeur). Les Écritures ne cessent de révéler de nouveaux "trésors cachés dans le sable", et c'est dans celui du désert d'Egypte qu'il me fallait chercher le sens de ce récit de la vie de Joseph. Le nom de Yossef (le vrai nom de Joseph) signifie "qu'il ajoute"Et effectivement, le Seigneur ne cesse "d'ajouter" à notre compréhension des Écritures. Ces trésors sont là, parfois à portée de main, à quelques poignées de sable. Ils sont accessibles pour celui qui les cherche. 

J'en reviens maintenant au tout début de notre récit du chapitre 41 de la Genèse. "Vaièhi mikèts shnataïm yamîm ouparo holem", ce que l'on traduit généralement par "Au bout de deux années, le Pharaon eut un songe" (Gen. 41:1). Mais cette phrase est formulée d'une façon un peu particulière, que l'on pourrait traduire par : "au bout de deux années de jours Pharaon eut un songe". Pourquoi est-il fait mention de "deux années de jours" ? Pourquoi cette formulation si particulière ? L'auteur chercherait-il à attirer notre attention sur quelque chose ? Cette durée de temps aurait-elle une autre signification ? Pour poursuivre mon voyage dans le Passé, il me fallait user d'un autre outil, un autre principe d'interprétation des Écritures. Ce principe est énoncé par l'apôtre Pierre dans sa seconde Épître : "Mais il est une chose, bien aimés, que vous ne devez pas ignorer c'est que, devant le Seigneur, un jour est comme mille ans et mille ans comme un jour" (2 Pi. 3:8). Pour comprendre les Écritures, il ne faut non seulement pas l'ignorer, mais il faut également le garder précieusement en mémoire. Mais d'où l'apôtre Pierre tient-il ce principe ? De sa propre étude des Écritures. Car Pierre a lu ce passage du Psaume 90 : "Car mille ans sont à tes yeux comme le jour d'hier quand il n'est plus, et comme une veille de la nuit" (Ps. 90:4).

"Un jour est comme mille ans et mille ans comme un jour". Dans ce cas, se pourrait-il que cette phrase énigmatique de la Genèse puisse être lue à la lumière de ce principe énoncé par l'apôtre ? Mais alors, ces "deux années de jour" seraient deux "jours" de mille ans ? Deux années s'étaient écoulées entre le moment où Joseph avait donné aux serviteurs de Pharaon l'interprétation de leur songe et celui où il fut reçu à la cour de Pharaon et où il fut établi comme haut dignitaire de l'Egypte. Deux mille ans nous séparent de l'époque où notre Seigneur est venu et à vécu parmi nous sur la Terre en tant que Massiah ben Yossef, et nous attendons sa Venue, son Retour que nous croyons imminent. Nous attendons la Venue du Massiah ben David, le Roi des rois. Mais l'apôtre Paul avait également annoncé la venue de l'Impie dans les "derniers temps". Ces mêmes derniers temps dans lesquels nous croyons être aujourd'hui. Nous pouvons donc en conclure que le "deuxième Pharaon" devrait bientôt, lui aussi, apparaître sur la scène de l'Histoire. Mais si le premier Pharaon prétendait être de nature divine, le second aura probablement la même prétention, "se proclamant lui-même dieu". Louis XIV ne prétendait-il pas être immortel ? Bien mal lui en fut de le croire, bien que son règne soit le plus long de l'Histoire de France. Mais quant au deuxième Pharaon, il est fort probable qu'il ne se contentera pas de prétendre à une quelconque forme de "divinité". Il se peut fort bien qu'il véhicule également des valeurs, des croyances et des pratiques similaires à celle de son prédécesseur. Il sera porteur des valeurs de "l'Egypte". Les "religions à mystères" de l'Egypte ancienne ont perduré jusqu'à nos jours, et leurs praticiens invisibles pourraient fort bien être les instigateurs de ce projet "pharaonique" : mettre au pouvoir celui qui se présentera comme un Messie. 
 

Une famine annoncée 

Et si un jour notre monde moderne hyper-industrialisé venait à être frappé du même mal qu'a connu l'Egypte de l'époque de Joseph ? Et si, soudainement, la nourriture venait à manquer ? Les magasins ne seraient plus approvisionnés, les rayons seraient vides, les boulangeries, les boucheries, les poissonneries, les épiceries fermeraient leurs portes faute de produits. Plus rien à manger. On verrait des files d'attente devant une boulangerie qui afficherait : "plus de pain". Des images que l'on croyait reléguées aux archives de l'I.N.A. Dans un monde durement touché par la pénurie, il pourrait paraître comme le Bienfaiteur, le mécène... le sauveur ! Ce "deuxième Pharaon" et son comparse. Soudain, un homme paraîtrait, trouverait la nourriture, ouvrirait des greniers à grain préalablement prévus en cas de disette. Un "nouveau Joseph". Les populations en viendraient alors à vendre tout ce qu'elles possèdent pour acheter de la nourriture, puis, n'ayant plus rien à vendre, en viendrait à se vendre elles-mêmes pour subsister. Croyez-vous que j'invente ? Que je fabule ? Non, c'est ce qui s'est produit en Egypte durant les sept années de "vaches maigres".

"Quand les Égyptiens commencèrent à souffrir de la faim, ils réclamèrent à Pharaon de quoi manger. Celui-ci leur répondit : Adressez-vous à Joseph. La famine devint générale dans le pays. Joseph fit alors ouvrir les entrepôts et vendre du blé aux Égyptiens. Puis la famine s'aggrava encore en Egypte... la famine sévissait durement partout... la famine continuait à peser sur le pays de Canaan...". Entretemps, Joseph se fit reconnaître par ses frères et les invita à venir s'installer en Egypte. La famine devait encore durer cinq années et elle "était si grande qu'il n'y avait plus rien à manger dans tout le pays d'Egypte. En Egypte, comme en Canaan, la population dépérissait à cause de cette famine. Joseph amassa tout l'argent d'Egypte et de Canaan avec lequel les gens lui achetaient du blé et il le fit déposer dans le palais de Pharaon. L'argent disparut des pays d’Égypte et de Canaan. Tous les égyptiens vinrent trouver Joseph et lui dirent : donne nous de quoi manger. Faudrait-il que nous mourrions devant toi faute d'argent ? Si vous n'avez plus d'argent, donnez-moi vos troupeaux, dit Joseph, et moi, en échange, je vous donnerai à manger (Gen. 47:13 à 26). Le récit relate que les Égyptiens vendirent tout d'abord leur bétail, puis leurs terres et finirent par se vendre eux-mêmes à Pharaon contre de la nourriture. Peut-on imaginer qu'un tel scénario puisse se produire à notre époque ? Le Pouvoir Central deviendrait ainsi propriétaire non seulement de tous les biens immobiliers et mobiliers de la population, mais au final, de leur propre personne en échange de nourriture pour subsister ? Cela revêt un caractère orwellien**. Mais ce pourrait-il que cette vision cauchemardesque puisse un jour se réaliser ? Peut-être pendant ces temps de "grande tribulation" dont nous parle la Parole de Dieu. Pendant ces temps où l'on verra au pouvoir celui que le texte de la Genèse avait prophétiquement annoncé : le "second Pharaon".

Pour un temps comme celui-ci

"Voici, les jours viennent, dit l’Éternel, où j'enverrai la famine dans le pays, non pas la disette du pain et de la soif de l'eau, mais la faim et la soif d'entendre les paroles du Seigneur" (Amos 8: 11). 

Au premier siècle de notre ère, à l'époque apostolique, une famine survint qui toucha les populations vivant dans le grand empire romain, ce que le livre des Actes présente sous l'expression "toute la terre""(Un prophète) nommé Agabus se leva (dans l'assemblée) et annonça par l'Esprit qu'il y aurait une grande famine sur toute la terre. Elle arriva en effet sous Claude" (durant le règne de Claude qui était alors à la tête de l'empire romain - Actes 11:28). Cette famine sévit donc durant le règne de l'empereur dont la durée s'étend entre l'an 41 et 54 de notre ère, soit un règne de quatorze années. Le fait que la durée du règne de Claude, pendant laquelle eut lieu cette famine annoncée par le prophète Agabus, soit équivalente à la période correspondant au rêve de Pharaon est-elle une pure coïncidence ? Peut-être, mais il me semblait intéressant de noter ce détail. Cette famine qui couvrait "toute la terre" (les territoires occupés par l'empire romain) avait été annoncée par le Saint-Esprit à l'Eglise. Il faut donc en déduire que les membres de l'Assemblée prirent leurs dispositions et commencèrent à engranger ce qu'ils pouvaient pour faire face à la pénurie qui ne manquerait pas de sévir bientôt. Une fois encore, tout comme dans le récit de la vie de Joseph, la famine était associée au nom d'un chef d'Etat. Qu'il soit Égyptien ou Romain, cela importait peu. Mais n'était-ce pas déjà annonciateur d'une autre famine qui surviendrait, elle, bien plus tard, dans ce qui allait devenir "le nouvel empire romain" ? L’Évangile mentionne ce fléau comme l'un des signes annonciateurs de ces temps si redoutés. "Il y aura des famines. Ce ne sera que le commencement des douleurs" (Marc 13: 8 - Luc 21: 11 - Matth. 24: 7). 

Et que penser de cette phrase : "L'argent disparut des pays d'Egypte et de Canaan" N'est-ce pas là un sujet d'actualité alors que l'on parle de faire disparaître progressivement la monnaie-papier ? Le récit de la Genèse prend soudain un aspect plus actuel. C'est "pour un temps comme celui-ci" qu'Esther accéda au palais en tant qu'épouse de l'empereur de Perse (Esth. 4:14). C'est "pour un temps comme celui-ci" que Joseph accéda aux plus hautes fonctions administratives de l'Egypte. "Un nouveau Pharaon vint au pouvoir qui n'avait pas connu Joseph" (Exode 1:8). Mais qui sait si le temps du "second Pharaon" ne sera pas aussi... le nôtre ?


JiDé
 

*La vie de Joseph est abordée en détail dans l'article "Joseph et la tunique de plusieurs couleurs".

**En référence au roman visionnaire "1984" de Georges Orwell. 


 

 

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