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Le Logos : modèle du Monde créé

Le Logos : modèle du Monde créé

Divergence d'opinions

C'est un fait établi que pour toute personne qui croit à l'autorité plénière de la Bible que le Monde a été créé, et que Dieu en est le Créateur. Mais parmi ceux, et ils sont nombreux, qui partagent cette conviction, les avis divergent quant à la façon dont les choses se sont produites. Si l'on s'accorde sur le fait que l'Univers ait été créé ex-nihilo, les opinions sont divisées quant à la durée (immédiat ou progressif ?). L'univers serait-il le produit d'une explosion primordiale (Big Bang) issue d'une impulsion primitive dont Dieu serait, certes, l'initiateur, ou a-t-il été tiré du néant primitif planète par planète, galaxie par galaxie ? Les avis divergent. 

Autre question qui divise : le mot "jour" désigne-t-il une période de 24 heures ? La partie diurne d'une journée ? Ou encore l'espace de temps entre le premier soir et le second, comme nous le dit le texte. Le danger, ici, est encore de prendre au pied de la lettre... une traduction ! En effet, le mot "yom" mentionné dans le texte original hébreu, désigne tout aussi bien un jour de 24 heures, la partie diurne d'une journée ou la période de temps entre deux soirs, mais aussi une période indéterminée. On ne peut donc affirmer de façon catégorique que le sens de ce mot désigne bien une journée de 24 heures. Je reviendrai plus loin sur la signification du mot "yom" que l'on traduit généralement par "jour". Nous verrons, textes bibliques à l'appui, que ce mot peut revêtir plusieurs sens.

D'autres pencheront pour une vision plus "scientifique" et opteront pour des périodes "longues". Il se pourrait, en effet, que l'Univers ait mis plusieurs milliards d'années à prendre l'apparence qu'il a aujourd'hui. Albert Einstein ayant démontré que l'Univers est en expansion, cela signifierait que si l'on pouvait remonter le temps, on verrait l'Univers revenir à une forme initiale de matière hyper-concentrée. Selon les défenseurs de cette théorie, l’expansion de l'Univers prouve qu'il y eut un Big Bang initial. Mais pour certains, cette théorie est contraire à la notion de Création, alors que pour d'autres elle est tout à fait compatible.

Il est probable que cette divergence d'opinions divisera encore longtemps les défenseurs de chaque bord.

Au Commencement

"Au Commencement était la Parole et la Parole était auprès de Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au Commencement auprès de Dieu. Toutes choses furent faites par elle et sans elle pas une seule chose ne fut faite de ce qui a été fait" (Évangile de Jean, chapitre 1, versets 1 à 3). 

L'apôtre Jean entame la rédaction de son Évangile par une phrase des plus significatives. Il est évident qu'il fait là, volontairement, allusion à la première phrase du livre de "Bereshit" (que l'on traduira par la suite par le mot "Genèse", du Grec "Génésis"). On pourrait être tenté d'ajouter : "le premier verset de la Bible", mais à l'époque où Jean rédige son Évangile, ce serait un anachronisme puisque ce que l'on appelle couramment "le Nouveau Testament" n'est pas encore rédigé. De plus, pour l'évangéliste, le livre dont il s'inspire pour rédiger son introduction ne s'appelle pas encore "Genèse", mais bien "Bereshit".

Si je m'attarde sur ce que l'on pourrait considérer comme un détail, c'est parce que ce "détail" est, en soi, significatif. Car les cinq livres de Moïse (la Thora) sont nommés chacun par le premier mot de leur introduction. Ainsi, le livre de la "Genèse" débute (dans le texte original) par le mot "Bereshit". Un mot sur lequel se sont penchés beaucoup d'érudits et sur lequel nombre de commentaires ont été rédigés. Car les mots "Au commencement" ne peuvent, à eux seuls, rendre toute la signification du mot "Bereshit" qui, comme je l'ai dit, recèle en lui matière à de nombreuses interprétations et commentaires. Or, l’Évangile de Jean a très probablement été rédigé en hébreu puis traduit ultérieurement en grec. L'auteur, lorsqu'il commence à rédiger son ouvrage, a conscience de la dimension et de la portée d'un mot comme "Bereshit". Il n'hésite pourtant pas à l'associer, dans la même phrase, au Seigneur Jésus lui-même. "Theos kai theon pros èn Logos". "Logos" est généralement traduit par "Parole" (ou "Verbe", selon certaines traductions). Mais le mot "Logos", utilisé par les Grecs, peut avoir d'autres significations, comme pour désigner quelque chose d'harmonieux, de structuré et de beau. Il peut également signifier "information""Au Commencement était l'information". 

"Au commencement" ? Mais au commencement de quoi ? Dieu étant immuable et éternel, ces mots associent le Dieu éternel à ce qui peut sembler être une notion de temps. Or, justement, "Bereshit" n'est pas une notion de temps ! André Chouraki traduit ce mot par "Entête", ce qui, littéralement, est le plus juste puisque la première lettre du mot "Bereshit" (Beth) est un préfixe qui introduit la notion d'intériorité. "Reshit" faisant allusion à "une autorité, un chef, une tête", comme on dirait "un général à la tête de son armée". On a donc, en substance, une idée de quelque chose de "dirigé, d'ordonné, de structuré". On retrouve donc la signification du mot grec "Logos" (ce qui est harmonieux et structuré). "Bereshit" présente donc l'idée "d'introduire" l'harmonie, la beauté, et une forme de structure dans quelque chose, ici, en l’occurrence, "la Création" et ce, "par la tête". On pourrait donc pousser l'allégorie jusqu'à comparer cela à une naissance. L'enfant présentant la tête en premier, il "s'introduit", en quelque sorte, dans le Monde. Pourrait-on aller jusqu'à y voir la préfiguration de l'incarnation du Seigneur, comme une promesse émise dès "le Commencement" de la Venue du Messie ? 

J'en reviens à la notion "d'information" propre au mot "logos". La parole est effectivement porteuse d'informations et "le Logos" auquel l’Évangile de Jean fait allusion, c'est le Seigneur lui-même. On pourrait donc considérer que cette "information" dont le Logos (la Parole) est porteur, c'est cette Bonne Nouvelle de l’Évangile dont Jean se fait "le transmetteur" en rédigeant son livre. Si l'apôtre fait référence pour cela au mot qui introduit le livre de Bereshit, et plus encore la Thora elle-même, cela signifie que ce mot a pour lui une dimension bien plus grande car ces premiers mots du livre de la Genèse introduisent, quant à eux, le récit de la Création. Si l'apôtre choisit de faire référence à l'acte créationnel, c'est qu'il y trouve une similarité avec l'introduction de son Évangile. Pour l'apôtre, le Seigneur était présent lors de la Création du Monde. Il l'a créé par Sa Parole et y a "introduit une information". Quelle est-elle ? "Car ce que l'on peut connaître de Dieu est manifeste pour eux, Dieu le leur ayant fait connaître" (Rom. 1:19). En effet, "les cieux racontent la gloire de Dieu et l'étendue manifeste l'oeuvre de ses mains" (Ps. 19:2). La Création raconte l'oeuvre de Ses mains mais, de plus, "il a mis dans leur cœur la pensée de l'éternité" (Eccl. 3:11). 

Selon le modèle 

"... Lesquels célèbrent un culte, image et ombre des choses célestes selon que Moïse en fut divinement averti lorsqu'il allait construire le Tabernacle. Aie soin, lui fut-il dit, de faire tout d'après le modèle qui t'a été montré sur la montagne" (Héb. 8:5). Le Tabernacle fut donc construit, érigé selon les directives que Dieu avait données à Moïse. De même que le Temple érigé par Salomon le fut selon les directives et les indications que lui transmit David son père, les ayant reçues de Dieu lui-même. "Il lui fut donné le plan de tout ce qui lui avait été révélé par l'Esprit... c'est par un écrit de sa main, dit David, que l’Éternel m'a donné l'intelligence de tout cela, de tous les ouvrages de ce modèle" (1 Chroniques 28:19). Le Tabernacle comme le Temple ont donc été bâtis selon un modèle divin. Ces modèles leur ont été révélés afin que la construction soit totalement conforme au plan initial. Lorsque l'on observe la prodigieuse harmonie des lois qui régissent cet Univers, l'ordre des planètes, les lois constantes de la physique, et la beauté stupéfiante de la nature créée, ne peut-on pas imaginer que tout cela ait été également réalisé selon un plan prédéfini ? Je le crois. C'est pourquoi j'ai intitulé cet article : "Le Logos : modèle du monde créé". Un Univers créé par la Parole de Dieu, le Logos. Mais de même que la parole est pensée avant d'être dite, il en fut probablement ainsi de ce monde. Il est donc envisageable que l'Univers ait été conçu, pensé, "conceptualisé", avant d'être amené à l'existence. Lorsque l'apôtre Jean fait mention du Logos, que dit-il ? "Elle était auprès de Dieu" et "elle était Dieu. Elle était au Commencement auprès de Dieu. Toutes choses furent faites par elle et sans elle pas une seule chose ne fut faite de ce qui a été fait". Or, qui est ce Logos sinon le Messie, le Seigneur Jésus lui-même ? Il y eut donc concertation entre le Seigneur Jésus et son Père lors de l'acte créateur.

Si le mot "Logos" peut, comme on l'a vu, être également traduit par "information", on pourrait envisager que cette "information" était donc présente "Au Commencement auprès de Dieu". En partant de l'hypothèse d'un "Big Bang", on peut alors envisager que cette "information" était présente au moment initial, lorsque toute cette énergie fut libérée pour se structurer ensuite de manière à former la matière tout en obéissant à un ordre prédéfini et préexistant. Un ordre que l'on pourrait appeler "information".

Une tradition rabbinique dit que, "au Commencement, il y avait Dieu, le Messie et la Thora (Le Pentateuque)". Cette tradition dit que lorsque Dieu a créé le Monde, il a regardé la Thora et il l'a créé en se basant sur celle-ci. Si une telle tradition est relativement éloignée de notre conception de la Création, ainsi que de notre compréhension des Écritures, elle présente malgré tout de singulières similarités avec les textes ci-dessus qui nous présentent l'élaboration du Tabernacle comme celle du Temple selon un plan prédéfini qui aurait été préalablement dessiné dans les Lieux Célestes. Il est couramment reconnu que la Loi (la Thora) fut donnée à Moïse sur le Mont Sinaï. Cependant, pour que cette Thora soit donnée à Moïse, ne fallait-il pas qu'elle existe préalablement ? Dieu aurait-il "inventé" la Thora au moment de la donner à Moïse ou bien existait-elle déjà auparavant ? Mais alors, de quand date-t-elle ? Se pourrait-il qu'elle ait existé dans la pensée de Dieu bien avant la Création de l'Univers ? La Bible ne fait-elle pas mention de livres qui sont dans le Ciel (Apoc. 5 ; Apoc. 17:8 ; 20:12 ; 21:27) ? Se pourrait-il alors que la Thora ait été l'un de ces livres ? Selon la tradition rabbinique, celle-ci fut dictée "lettre par lettre" à Moïse. Il fallait donc qu'elle lui soit tout au moins antérieure. 

"Au commencement était le Logos, la Parole révélée, la Thora". Trois langages se rencontrent ici pour tenter de saisir le sens d'une seule et même réalité (l'hébreu, le grec et le français), trois façons différentes d'aborder une même réalité. Cependant, les deux auteurs principaux, les deux rédacteurs de ces textes fondateurs étaient tous deux des Hébreux parlant l'hébreu, pensant en hébreu. Une troisième voix est venue s'y ajouter ultérieurement, celle du traducteur (ou plus exactement "des traducteurs"). Étonnement, c'est à cette dernière que l'on accorde généralement le plus de crédit. Si les textes introductifs de la Genèse et de l’Évangile de Jean sont des textes fondateurs (bien que celui de Jean ait été rédigé tardivement par rapport aux trois autres Évangiles), n'est-il pas justement impératif de tenir compte, avec la plus grande attention, de la forme de pensée de leurs rédacteurs ? Est-il convenable d'accorder plus de crédit aux mots choisis (certainement avec la plus grande rigueur) par le(s) traducteur(s) plutôt qu'à ceux des auteurs ? Ces deux hommes que furent Moïse et Jean ont connu la plus intime proximité avec l'Etre Créateur, et les mots qu'ils ont utilisés pour rédiger leurs Écrits sont encore aujourd'hui imprégnés de celle-ci. Ces mots ont été choisis avec le plus grand soin, et par l'inspiration de l'Esprit de Dieu, pour transmettre, à chaque génération, les éléments nécessaires à la compréhension de cet événement unique et fondateur. Dieu introduisit alors la matière dans l'Inexistant. Trois choses allaient alors se coordonner parfaitement : la matière, l'énergie et le Temps. Ces trois choses constituent les éléments fondamentaux de notre Univers. Ils en sont à la fois le socle et les fondements. Trois éléments constitutifs que nous interrogeons encore aujourd'hui, car c'est en eux que nous évoluons dans ce court laps de temps qui nous est imparti sur cette planète Terre. En nous qui avons reconnu le Seigneur Jésus-Christ comme étant le Messie annoncé dans les Écritures, demeure l'Esprit de Dieu, immuable et éternel. 
 


Un court laps de temps 

J'en reviens au texte initial de cette réflexion, et plus particulièrement à un mot qui est sujet à polémique quant à sa durée exacte. "Il y eut un soir, il y eut un matin, ce fut le premier jour". C'est ce que dit le cinquième verset du premier chapitre du livre de la Genèse... tout au moins, c'est comme ça qu'il est généralement traduit ! Fort de cette interprétation, d'aucuns ont prétendu que ce jour ne pouvait être qu'un jour de 24 heures. Mais est-ce vraiment le cas ? Le Monde a-t-il été créé dans une période de temps de sept jours de 24 heures chacun ? Ces "jours" représentent-ils des périodes de temps indéfinissables mais susceptibles d'être de très longue durée, voire de plusieurs millions d'années ? Sans avoir la prétention de répondre à cette question, je m'attarderai seulement ici à chercher à comprendre la signification du mot utilisé dans le texte biblique tel que son auteur l'a écrit. Pour ce faire, je reprendrai un échantillon de versets (le mot "yowm" apparaît 1924 fois dans l'Ancien Testament) pour souligner les différentes significations et les différents contextes dans lesquels ce mot apparaît. 

Je commencerai par le premier verset de l'Ecriture dans lequel ce mot est mentionné.

"Wayikra elohïm la owr yowm we la horek qara làyièlah wahi erev wayi boker yom ehad" (Gen. 1:5). Littéralement : ""et appela Elohîm la lumière jour et l'obscurité il l'appela nuit et ce fut un soir et ce fut un matin, jour unique". La première chose que l'on peut constater, en lisant le texte, est que le mot "yowm" ne désigne pas directement une période de temps mais bien la luminosité (que l'on assimile généralement à la période diurne d'une journée de 24h). Il y aurait beaucoup à dire sur le mot "owr" (que l'on traduit généralement par lumière) mais ce n'est pas ici le sujet. La deuxième chose est que ce passage se termine par une expression un peu particulière : "Yom ehad" qui signifie textuellement "jour unique".  Il aurait été plus juste d'écrire "yowm rischon" (jour premier"). Alors, pourquoi cette expression : "jour unique" ? L'utilisation de cette expression n'a donc pas pour but de désigner prioritairement cette "période de temps" comme la première d'une série de sept, mais plutôt comme une période de temps qui n'aurait pas son pareil, ni dans le Passé, ni même dans le Futur. Cela signifie que ce "premier jour" n'est semblable à aucun autre. Il n'y en a pas eu de semblable avant lui et il n'y en aura pas de semblable après lui. Mais le sens profond de cette expression dépasse largement le sens de son particularisme. Il y eut un second jour, un troisième... Les opposants à la théorie du "jour de 24 heures" argumentent généralement en soulignant le fait que le soleil n'ayant été créé que le quatrième jour, on ne peut donc définir le premier par une durée de 24 heures. C'est un argument qui se tient, mais il n'a pas pour autant ébranlé les convictions de ses défenseurs. Le but de cet article n'étant pas de tenter de convaincre ou de contrer une opinion, mais de chercher à comprendre ce que dit l'Ecriture, je m'en tiendrai à ce que celle-ci démontre de façon claire et intelligible, textes à l'appui. Je commencerai par les texte les plus clairs pour terminer par quelques autres passages qui présentent une particularité.  

"Tous les jours qu'Adam vécut furent de neuf cent trente ans" (Gen. 5:4). La notion de "jours" est ici associée au nombre d'années de vie d'Adam. On peut donc y voir une équivalence entre la notion de "jours" et celle "d'années" dans l'idée de mesurer la durée de vie du premier être humain après qu'il eut engendré son fils Seth. Autre exemple, un peu différent : "Les géants étaient sur la terre en ce temps-là" (Gen. 6:4). Littéralement : "Les Nephilîm étaient sur la terre aux jours ceux-là (bayiamîm ha hem)". Nous avons ici un texte qui fait mention d'une période de temps indéterminée qui correspond à l'époque pré-diluvienne. Le Tanach (l'Ancien Testament) a été rédigé en hébreu, mais certaines sections des livres de Daniel et d'Esdras l'ont été en araméen, langue proche de l'hébreu. Le mot "yowm" est le même qu'en hébreu mais il peut recouvrir différentes significations.

"Dès les temps anciens... yomat alemah" (Esdras 4:15,19), que l'on peut traduire par "depuis les jours de l'éternité". Le contexte est ici celui de temps éloignés, voire d'une durée qui remonterait à son origine. 

"... Et du temps (yowm) de ton père" (Dan. 5:11). Dans ce passage, il est fait allusion à l'époque d'un personnage. Ce "yowm" correspond à la durée d'une vie d'un homme. 

"Il y a dans les cieux un Dieu qui révèle les secrets et qui fait connaître au roi ce qui arrivera dans la suite des jours (dans la suite des temps)" (Dan. 2:28). Ce texte fait directement allusion à des temps eschatologiques.

De même que lorsqu'il est écrit : "dans les temps (litt. dans leurs jours) de ces rois, Dieu suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit" (Dan. 2:44). "Les jours de ces rois" désignent ici une durée de règne. 

A la lecture de ces différents textes (un petit échantillonnage parmi les quelques 1924 versets où le mot "yowm" apparaît), on peut aisément constater que ce mot, loin de ne désigner qu'une journée de 24 heures, peut signifier bien des choses différentes, ainsi que des périodes de temps fort variées. On ne peut donc véritablement affirmer, après une lecture attentive de ces textes, que le mot "yowm" qui est mentionné dans le récit de la Création désigne spécifiquement un "jour" de 24 heures. Il est cependant une chose dont on peut être sûr, c'est qu'"Il y a dans les cieux un Dieu qui révèle les secrets et qui fait connaître ce qui arrivera dans la suite des jours (dans la suite des temps)" (Dan. 2:28). 

Les fondations du Monde 

"Car au Seigneur sont les colonnes de la Terre, sur elles il a posé le Monde" (1 Sam. 2:8).  Combien de fois la Bible ne nous a-t-elle pas surpris, voire décontenancés par ses affirmations ? Cette image d'un Monde posé sur des colonnes est très éloignée de ce que nous connaissons aujourd'hui de notre petite "orange bleue". La critique biblique a souvent taxé les Écritures de fables nées dans l'esprit obtus de personnes incultes, naïves et ayant une conception simpliste du monde. En réalité, il n'en est rien, bien au contraire. Les auteurs sacrés avaient une connaissance bien plus élaborée que nous ne pourrions le penser. Les Prophètes ont fait maintes "recherches et investigations" (1 Pierre 1:10) dans les Écritures, ce qui leur a considérablement ouvert l'esprit sur bien des choses. Ces études ont rendu leur pensée aiguisée comme la plus fine des lames. "Car la Parole de Dieu est (...) plus tranchante qu'une épée (...), pénétrante jusqu'à partager âme et esprit, jointures et moelles" (Héb. 4:12).

Parmi les textes mentionnant l'acte créationnel, il en est un plus particulièrement qui est représentatif. Ce texte se trouve dans le livre des Proverbes au chapitre huit. Il y est fait mention d'un personnage identifié comme étant la Sagesse. Proverbes 8:22 : "Le Seigneur m'a conçue il y a très longtemps, comme la première de ses œuvres avant toutes les autres. J'ai été établie dès le début des temps avant même que le Monde existe". Avant même que ne soit créée la première de ses œuvres, la Sagesse fut conçue par Dieu. C'est par la Sagesse, première de ses oeuvre, que le Monde fut créé, "jusqu'au premier grain de poussière du Monde". "Vèrosh afrot tèvèl" (la tête de la poussière du Monde). Bien que la Bible utilise un langage "imagé", on comprend facilement qu'elle fait en réalité mention de ce dont parlait déjà le philosophe grec Platon : les atomes (en grec "atomos"). Notre texte fait donc référence à la structure atomique de la matière. La pensée grecque utilise généralement le mot "sophia" pour parler de la sagesse, mais l'hébreu décline celle-ci sous diverses formes ayant chacune une fonction propre, pouvant même impliquer un savoir-faire manuel que l'on peut aisément relier à l'acte créationnel divin. Selon la tradition rabbinique, Dieu a créé le Monde à la fois par la Sagesse (Hohma), l'intelligence (Binha) et la connaissance (da'ath). Toutes trois étant considérées comme l'un des aspects de la Sagesse de Dieu. La Création de l'Univers est donc le produit de la Sagesse de Dieu manifestée de trois façons différentes. Différentes mais complémentaires. La Création est le fruit d'une oeuvre concertée, réfléchie, devant révéler ainsi la diversité de cette Sagesse divine qui, rappelons-le, est celle du Messie lui-même. 

En allant un peu plus loin dans le chapitre huit de ce livre des Proverbes, on peut lire : "Quand il disposait les cieux, j'étais là (dit la Sagesse), quand il grava un cercle face à l'abîme... quand il traça les fondements de la Terre..." (versets 27, 28). Ce "cercle" décrit-il la forme ronde de la Terre, ou fait-il mention de la "courbure" de l'Univers démontrée par les astrophysiciens du vingtième siècle ? Le moins que l'on puisse dire est que la Bible était déjà bien en avance sur son temps. Des années d'obscurantisme religieux imposèrent l'idée d'une Terre plate autour de laquelle tournait le soleil, et les découvertes de Galilée et Copernic ne furent que tardivement admises et reconnues. Plus s'affine notre connaissance des textes sacrés, plus l'admiration est grande devant ce déploiement de sagesse et d'intelligence de ce Dieu Créateur qui a mis à notre disposition un trésor de révélations. Le mode d'emploi de notre Monde. Le plan initial par lequel il fut créé. Ce que Hugh Ross, un astrophysicien américain chrétien du Centre de Recherches de Pasadéna, en Californie, a nommé "The Fingerprint of God" (l'empreinte digitale de Dieu).  
 


La Thora : le modèle de la Création 

J'étais donc parti du postulat que la Thora préexistait déjà lorsqu'elle a été révélée à Moïse, de même que les plans du Tabernacle comme ceux du Temple l'étaient avant d'être donnés à Moïse et David. J'avais également adopté le point de vue que, selon une tradition rabbinique, la Thora avait été le modèle par lequel Dieu avait créé l'Univers. Expression parfaite de la Sagesse de Dieu, elle était présente à ses côtés lorsqu'il fonda le Monde. Il est, je l'avoue, difficile de résister à la tentation de projeter sur le texte une conviction déjà bien apprise et solidement ancrée. Mais une démarche honnête vis à vis du texte biblique nous oblige à la prudence. Il nous faut, en réalité, reconnaître  notre ignorance en la matière et admettre que nous ne pouvons rien affirmer avec certitude. Nous pouvons, en revanche, nous appuyer solidement sur les affirmations fournies par les Écritures. Néanmoins, certains thèmes, dont celui-ci, peuvent facilement être sujets à la subjectivité. Car combien de choses croit-on clairement énoncées dans les Écritures alors que ce que nous y lisons n'est que le fruit de notre compréhension, voire de notre interprétation ? Une interprétation souvent fondée sur une traduction qui reflète l'opinion du traducteur. Selon ce que dit le dicton : "traduire, c'est trahir". Nos opinions, notre compréhension, notre interprétation des textes sont également fondés sur l'enseignement que nous avons reçu, au fil des années, par des enseignants qui, bien souvent, ne se sont tenus qu'à nous présenter la seule opinion valable à leurs yeux : la leur ! Ce qui, il faut l'avouer, ne laisse pas beaucoup de perspective pour pouvoir se faire une opinion réfléchie. Il nous faut donc faire preuve de beaucoup d'humilité mais aussi d'honnêteté intellectuelle. Mais cela ne doit pas être un frein à l'étude assidue à laquelle nous sommes invités à nous astreindre. Nous avons beaucoup de choses à découvrir ou à redécouvrir. 

Je fais, pour ma part, souvent référence à la tradition rabbinique et à l'enseignement des Sages d'Israël. On pourrait arguer que la tradition rabbinique ne représente pas une source sérieuse quant à la compréhension des Écritures. C'est une erreur ! Bien qu'il faille faire la part des choses dans la foule de commentaires, ceux-ci sont fondés sur près de trois mille ans d'études assidues, de réflexions, d'échanges entre des exégètes et des savants qui ont scruté les Écritures dans le texte original. A l'inverse, dans nos milieux, bien des  enseignements sont donnés, des livres sont rédigés, alors que leurs auteurs ne possèdent qu'une connaissance très fragmentaire de la Parole de Dieu. D'autres ont été formés dans des écoles où on leur a inculqué une certaine compréhension très dogmatique, mais totalement éloignée de la pensée hébraïque sous-jacente à la rédaction de ces textes dont ils se targuent d'être des experts. Ils s'affublent parfois de titre ronflants pour asseoir encore plus leur autorité sur le peuple de Dieu, s'octroyant une autorité indiscutable quant à la façon dont il faut comprendre les textes alors qu'ils ne font que répéter ce qu'on leur a inculqué dans les écoles où ils se sont formés. On peut bien évidement faire dire à la Bible ce que l'on veut lorsque l'on pose sur elle une "grille de lecture" conforme aux dogmes et à l'idéologie que l'on veut (ou que l'on doit) défendre. Le diplôme délivré à la fin des études est en réalité un "Certificat de Conformité" par lequel on s'engage à rester fidèlement attaché à l'enseignement reçu. Mais est-ce là la bonne façon de comprendre les Écritures ? Utiliser la Parole de Dieu pour "illustrer" la façon dont on l'interprète est une forme de malhonnêteté manifeste. Cela n'empêche que l'on puisse défendre une opinion personnelle avec argumentation à l'appui. Le dialogue et l'échange ne peuvent être que bénéfique et instructif. Ce qui est déplorable, par contre, c'est d'utiliser une position d'autorité pour imposer un point de vue et une interprétation comme étant dogmatique et indiscutable, sans laisser la liberté à celui qui est enseigné de penser ou d'émettre un point de vue divergeant de celui qui est communément reconnu comme seule vérité admissible.

Il nous faut beaucoup d'humilité devant les Écritures car, comme le dit l'apôtre Paul : "Nous ne connaissons qu'en partie" (1 Cor. 13:9). Il est, fort heureusement, des auteurs qui donnent à leurs lecteurs le libre choix de se faire leur propre opinion. Je ne peux que conseiller la lecture de deux de ces ouvrages qui n'émettent, ni l'un ni l'autre, d'opinion dogmatique mais qui, au contraire, donnent au lecteur la possibilité d'adhérer à l'une où l'autre des hypothèses mentionnées et explicitées en détail. J'ai déjà nommé, plus haut, le premier : Hugh Ross, scientifique, astrophysicien et chrétien né de nouveau, a écrit également "Dieu et le Cosmos". Le deuxième ouvrage présente, lui aussi, les différents courants de pensée, et les diverses interprétations du texte créationnel. Ce livre a été rédigé par un auteur fort connu dans les milieux évangéliques puisqu'il s'agit ni plus ni moins que d'Alfred Kuen. Il est l'auteur de cet excellent "Labyrinthe des origines".

Conclusion 

Il est une opinion couramment répandue que l’être humain, comme toute vie sur la Terre, aurait pour origine le milieu aquatique des fonds marins. C'est la fameuse "théorie de l'Evolution". Le livre de Job, qui est probablement le récit biblique le plus ancien, dit, par la bouche de Job : "Interroge les bêtes, elles t'instruiront ; les oiseaux du ciel, ils te l'apprendront. Parle à la terre, elle t'instruira ; et les poissons de la mer te le raconteront. Qui ne reconnait chez eux la preuve que la main de l’Éternel a fait toutes choses ? Il tient dans sa main l'âme de tout ce qui vit, le souffle de toute chair d'homme" (Job 12:7 à 10).

Le Psalmiste écrit, parlant de ceux qui s'élèvent orgueilleusement contre Dieu et son Messie : "Celui qui siège dans les cieux rit, le Seigneur se moque d'eux" (Ps. 2:4). Il est cocasse de lire ce que dit Job lorsque l'on pense à cette théorie. "les poissons de la mer te le raconteront". Avec humour, la parole de Dieu retourne l'argument contre ses détracteurs en disant : "Eh bien, si tu crois cela, demande donc aux poissons, ils te diront eux-mêmes que c'est Dieu qui a tout créé". Ces mêmes poissons dont sont censés être issues toutes les formes de la vie terrestre. L'apôtre Paul, quant à lui, dira : "Je me dois aux Grecs et aux Barbares, aux savants et aux ignorants..." (Rom. 1:14). Le message que Dieu adresse à Sa Création est clair. Il s'adresse à ceux qui pensent savoir comme à ceux qui l'ignorent. Il est toutefois une chose qui s'avère être parfaitement vraie : "... Dieu créa les Cieux et la Terre". Je terminerai par ce texte magnifique du livre des Proverbes qui nous livre ici un discours prononcé par la Sagesse de Dieu, présente aux côtés du Créateur lorsqu'il agençait l'Univers :

L’Éternel m'a créée la première de ses œuvres, avant ses œuvres les plus anciennes. J'ai été établie depuis l'éternité dès le commencement, avant l'origine de la Terre, je fus enfantée quand il n'y avait pas d'abîmes... avant que les montagnes soient affermies, avant que les collines existent, je fus enfantée. Il n'y avait encore ni la Terre, ni les campagnes, ni le premier atome de la poussière du monde. Lorsqu'il disposa les cieux j'étais là, lorsqu'il traça un cercle à la surface de l'abîme, lorsqu'il fixa les nuages en haut... lorsqu'il donna une limite à la mer, ... lorsqu'il posa les fondations de la Terre, j'étais à l'oeuvre auprès de lui, et je faisais tous les jours ses délices, jouant sans cesse en sa présence, jouant sur le globe de sa Terre et trouvant mon bonheur parmi les fils de l'homme" (Prov. 8:22 à 31). Il faudrait bien évidemment s'arrêter plus avant sur ce texte magnifique, sur le sens des mots et sur ce qu'ils renferment, cela sera peut-être un jour l'objet d'un autre article. 

La Sagesse de Dieu était donc présente auprès de Dieu lorsqu'il créa l'Univers, et ce jusqu'à ce que l'homme soit créé sur la Terre. Si nous pouvions l'interroger, elle nous conterait, dans le détail, tout le processus de création sur lequel bien des hommes s'obstinent à prétendre détenir la seule vérité. S'adressant à Job, Dieu lui pose quelques questions auxquelles celui-ci est bien incapable de répondre. Et si ces mêmes questions étaient adressées aujourd'hui à toux ceux qui, tellement sûrs de leurs convictions, prétendent détenir la seule vérité, que répondraient-ils ? "L"Éternel répondit à Job du milieu de la tempête et dit : où étais-tu quand je fondais la Terre? Dis-le si tu as de l'intelligence. Sur quoi ses bases sont-elles fondées ? Connais-tu les lois du ciel ? Qui a mits la sagesse dans le cœur ou qui a donné l'intelligence à l'esprit ?" (Job 38:1, 4, 33, 36). Quelques chapitres plus loin, Job répondra : "Oui j'ai parlé sans les comprendre de merveilles qui me dépassent et que je ne conçois pas" (Job 42:2). Puissions-nous avoir cette "intelligence de l'esprit" pour adopter une attitude humble devant notre Créateur "qui a mis la sagesse dans le cœur" de sa créature afin que celle-ci puisse s'interroger en contemplant ses œuvres. De cette même sagesse qui était présente auprès de Lui lorsqu'il "disposa les cieux".

En conclusion, je dirais que si les opinions divergent et s'opposent sur le mode opératoire par lequel s'est effectué la naissance de notre Univers, il est cependant une chose que toute personne croyant à l'inspiration plénière des Écritures peut affirmer : Dieu est à la fois Créateur et maître de Sa Création. Dans "la  suite des jours, au temps de l'éternité", nous connaîtrons alors la véritable signification de ces mots sur lesquels les hommes se sont longtemps opposés et s'opposent encore, par convictions interposées.

JiDé

Le Logos : modèle du Monde créé
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