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Daniel et la vision des quatre bêtes (chapitre 7) : D'un empire à l'autre

Daniel et la vision des quatre bêtes (chapitre 7) : D'un empire à l'autre

"Un monde ancien meurt, un monde nouveau tarde à paraître, et dans ce clair-obscur surgissent les monstres". Cette citation d'Antonio Gramsci pourrait illustrer ce septième chapitre du livre de Daniel qui nous dépeint une tranche de l'Histoire présentant de singulières similarités avec notre Monde contemporain. Les empires, aussi puissants et glorieux soient-ils, demeurent l'œuvre des hommes. Ceux-ci en sont à la fois les architectes et les bâtisseurs, mais il en faut peu pour qu'ils en précipitent également la chute. L'homme se construit des univers qui l'effraient et le fascinent à la fois, mais dans lesquels il peut projeter ce qu'il y a de plus monstrueux à ses propres yeux, terrifié par ce qu'il est capable d'engendrer. Ce que Daniel a décrit dans le septième chapitre de son livre est peut-être ce que l'humanité a pu engendrer de plus terrifiant. Telles ces falaises qui se dressent, hautes et fières, et sur lesquelles viennent s'écraser les vagues de l'océan, les civilisations antiques ont traversé les siècles sans broncher. Jusqu'à ce que les attaques répétées des flots ne fassent chuter, dans la mer des nations, quelque rocher, quelque empire que l'on croyait inébranlable. La force parfois brutale des éléments nous rappelle à cette dure réalité qu'est la fragilité de l'être humain. Pourtant, voulant oublier son caractère éphémère devant ces siècles qui se dressent autour de lui, l'homme laisse parfois surgir en lui ce qu'il peut avoir de plus bestial. Les textes bibliques relatent, pour certains, des faits qui plongent très loin dans la mémoire des hommes.

Une histoire de famille 

Le rédacteur du livre* introduit son récit en le datant de "la première année de Belschatsar, roi de Babylone (littéralement "de Babel"), ce qui situe celui-ci en l'an 556 avant notre ère. Le déroulé du livre n'étant pas chronologique, il est donc important, pour une juste compréhension des événements, de tenir compte des différentes datations. Une cinquantaine d'années viennent de s'écouler depuis l'admission de Daniel au palais. Belschatsar est corégent sur le trône de Babylone avec son père Nabonide, gendre de Nabucadnetsar. Daniel n'est donc plus ce fringant jeune homme qu'il fut à la cour du puissant monarque, mais un homme d'âge mur d'environ une bonne soixantaine d'années.

À la mort de Nabucadnetsar, en l'an -562, son fils Evil Merodak monta sur le trône mais fut renversé en -560 par Neriglissar, un gendre de Nabucadnetsar. Neriglissar eut un fils, Labashi Marduk, qui devint roi en -556. Il fut assassiné quelques mois plus tard et c'est Nabonide, un autre gendre de Nabucadnetsar, qui prit sa place sur le trône cette même année. Mais les Mèdes et les Perses menaçant les frontières de l'empire, Nabonide partit guerroyer contre ce nouveau pouvoir naissant, loin de Babylone. Afin d'assurer son règne, il mit son fils Belshatsar sur le trône. Bien qu'il fut le fils d'un usurpateur, Belshatsar était néanmoins le petit-fils de Nabucadnetsar par sa mère. En tant que vice-roi, il ne pouvait ainsi offrir, à Daniel, que la "troisième place" dans le royaume (Daniel 5:16). Mais il était loin d'avoir la stature de son grand-père. C'est l'année de son accession au trône, plus de cinquante après que Daniel soit arrivé au palais, que Dieu va révéler à ce dernier ce qui va être décrit ici.

Ce chapitre répète les prophéties énoncées au chapitre deux de ce livre, mais sous une autre forme. Jérémie le résume, en une phrase : "Un dominateur s'élèvera contre un autre dominateur" (Jérémie 51:46). Le livre de Daniel nous dit que : "La première année de Belschatsar, roi de Babylone, Daniel eut un songe et des visions se présentèrent à son esprit, pendant qu'il était sur sa couche. Ensuite, il écrivit le songe et en raconta les principales choses…. Moi, Daniel, j'eus l'esprit troublé au dedans de moi et les visions de ma tête m'effrayèrent… Ici finirent les paroles. Moi, Daniel, je fus extrêmement troublé par mes pensées, je changeai de couleur et je conservai ces paroles dans mon cœur" (Daniel 7:1, 15, 28). Ce texte présente d'étonnantes similitudes  avec les paroles qu'eut Nabucadnetsar, au début de son règne : "La seconde année du règne de Nabucadnetsar, Nabucadnetsar eut des songes. Il avait l'esprit agité et ne pouvait dormir" (Daniel 2:1). Il dit : "Moi Nabucadnetsar… J'eus un songe qui m'a effrayé, les pensées dont j'étais poursuivi sur ma couche et les visions de mon esprit me remplissaient d'épouvante" (Daniel 4:1 à 5). Cette similitude n'a pas échappé à Daniel. Ces songes forment une seule et même révélation des événements qui devaient se produire à la fois dans un temps relativement proche (ce que démontre l'interprétation dite "historique") et dans un temps plus éloigné (ce que révèle l'interprétation "eschatologique"). Il y a cependant de fortes probabilités que cette dernière nous soit contemporaine. 

*Les portions du livre de Daniel rédigées à la troisième personne furent probablement écrites par un secrétaire (peut-être son secrétaire particulier) et furent ajoutées à l'ouvrage  après sa mort. Le déroulement non chronologique du livre montre que celui-ci fut constitué, post-mortem, de récits relatant des événements de la vie de l'homme d'État et prophète que fut ce grand homme de Dieu. 

Une vision effrayante

"La première année de Belschatsar, roi de Babylone, Daniel eut un songe" (Daniel 7:1). Les récits bibliques se réfèrent fréquemment à cette forme de datation, mais ici, le songe de Daniel s'avère être étroitement lié à l'avenir national du royaume de Babylone. Sa portée et sa signification relèvent presque de la sécurité de l'Etat. En tout cas, de son devenir. C'est à la fois un avertissement divin, une clef de l'Histoire et la révélation d'un avenir à la fois proche et lointain. Cette étrange similitude est frappante et ce que voit Daniel est si effrayant qu'il ne peut qu'y déceler une correspondance. Ce songe annonce l'accomplissement de ce qu'avait tant craint autrefois Nabucadnetsar dont Daniel était le conseiller : la fin prochaine du royaume de Babylone. Daniel en est sûr maintenant. Ce songe qu'il vient de faire en annonce l'imminence. 

Pour saisir toute la portée d'une telle révélation, il nous faut situer les règnes de Nabonide et de Belshatsar dans cette Histoire que nous décrit l'auteur du récit. Nous sommes ici dans la période "néo-babylonienne" d'un empire sur lequel ont régné dix dynasties successives. Daniel apparaît à une période charnière durant laquelle se produit un basculement de cet empire presque deux fois millénaire vers ce pouvoir montant qu'est l'alliance Médo-Perse. Le lion ailé de Babylone a pour socle près de vingt siècles d'histoire et de conquêtes, mais "le buste d'argent" va bientôt supplanter "la tête d'or" (Daniel 2:32). Selon certains historiens, Nabonide aurait péri sur un champ de bataille, en guerroyant contre les Perses. Selon d'autres, il aurait été fait prisonnier dans une ville proche de Babylone. L'Histoire était en marche. Rien ne pourrait l'arrêter. 

Un chef à sa tête

Visiblement, ce qu'ont vu Nabucadnetsar et Daniel devait être particulièrement terrifiant, d'autant plus que l'un et l'autre n'étaient pas des hommes à se laisser facilement effrayer. Le rédacteur poursuit : "... des visions se présentèrent à son esprit (resh)" (celui de Daniel). Le mot araméen "resh" ("rosh" en hébreu) signifie "chef, tête (de l'homme comme le siège des visions)", mais aussi "la somme, le contenu, l'essentiel"On retrouve ce mot à la fin de ce verset : "Il écrivit le songe et raconta les principales choses (resh millah)". Littéralement : "alors le rêve il écrivit à la tête (resh) des paroles il dit". Daniel en a rédigé, de mémoire, "l'essentiel, le contenu". Daniel occupe une place au gouvernement. Il est donc directement impliqué dans ce qui semble être une "affaire internationale". Elle touche au ministère des affaires extérieures, au ministère de la guerre, à la Défense Nationale. Daniel, l'homme d'État, est directement concerné. 

Afin de mieux comprendre le sens de ce mot "resh", il nous faut voir la définition de son équivalent en hébreu, "Rosh" : "ce qui est au dessus, la partie supérieure, le premier, la hauteur" (ce qui rappelle une fois de plus "la tête d'or" de la statue du chapitre 2). "Rosch", c'est également un peuple venu du Nord, mentionné avec Mèschec et Tubal (Ezéchiel 38:2). Il y a ici une information. Il se peut qu'il y ait un lien entre ce songe et les événements décrits dans les chapitres 38 et 39 du livre d'Ezéchiel sur Gog et Magog, peut-être avec l'idée que "resh" soit un "chef" à la tête d'une armée ? Lorsque Daniel donne au roi l'interprétation de son songe, il lui parle des "visions que tu as eues (resh)" (Daniel 2:28). Daniel dit au roi : "la tête (resh) de cette statue était d'or pur, c'est toi qui est la tête d'or" (Daniel 2:32, 38). Le songe concernait donc directement le roi et cela lui est signifié dans son introduction. Le verset 20 fait la description d'une "bête semblable à un léopard" qui "avait quatre têtes" (resh) (Daniel 7:6), quatre "chefs" à sa tête. Le léopard étant généralement considéré comme désignant Alexandre le Grand, les têtes du léopard désigneraient les quatre généraux qui se partageront l'empire grec à la mort du grand conquérant. Deux d'entre eux, en particulier, se partageront le pouvoir, créant ainsi deux dynasties : les Ptolémées en Egypte et les Séleucides en Syrie. Mais cela n'est que l'interprétation "historique". Nous avons donc deux lignes directrices pour la compréhension de ces textes. La succession d'empires différents et hostiles les uns envers les autres, et une succession au sein d'un même empire de plusieurs "rois" de la même dynastie. Rien de nouveau sous le soleil aurait dit l'Ecclésiaste, "et un jour fait place à un autre jour" (Psaume 19:3)

Les quatre bêtes

Daniel, dans son songe, se trouve en position d'observateur : "je regardai" (versets 6, 7, 9, 11, 13), "je considérai" (verset 8), "je désirai savoir la vérité" (verset 19), "je vis" (verset 21). Mais qu'a-t-il vu ? Daniel voit tout d'abord quatre vents (ruwah) qui viennent sur la grande mer". Le mot "ruwah" (qui, en hébreu, est au féminin) peut également être traduit par "esprit". "La grande mer", quant à elle, symbolise généralement les nations. Ces quatre "vents" sont donc quatre "esprits" qui soufflent sur les nations. On peut comprendre ce mot "esprit" dans le sens spirituel (une puissance spirituelle dominant sur les nations). L'apôtre Paul y fait référence lorsqu'il parle des "dominations, des autorités, des princes de ce monde de ténèbres, des esprits méchants dans les lieux célestes" (Ephésiens 6:12). Ces quatre "vents" sont donc susceptibles de représenter des puissances spirituelles qui exercent leur influence sur les nations du Monde (les quatre points cardinaux). Le mot "arba" (quatre) a pour racine "raba" (carré)avec l'idée de s'étaler de tous côtésPaul décrit une forme de hiérarchie satanique. Dans le chapitre 10, un ange s'adresse à Daniel et lui dit : "Je m'en retourne pour combattre le chef de la Perse, et quand je partirai, voici, le chef de Javan (la Grèce) viendra" (Daniel 10:20). Ce sont également les deux empires (le bouc et le bélier) qui s'affrontent dans le chapitre 8. Or, le chapitre 10 fait mention d'un ange qui s'apprête à combattre "le prince de Perse" ou, dit autrement, la principauté satanique qui demeure sur la Perse (aujourd'hui l'Iran). Et cet ange ajoute : "Quand je partirai (après avoir vaincu cette puissance des ténèbres), voici, le chef de la Grèce viendra". Que s'est-il produit ? Le royaume de Perse est tombé aux mains des armées d'Alexandre le Macédonien. La victoire était annoncée d'avance. L'action angélique en a déterminé l'issue. Alexandre put donc prendre possession de l'empire Perse parce que, préalablement, une autre victoire, spirituelle celle-là, avait été acquise dans les lieux célestes.

Sur toute la Terre 

Dans ce contexte, peut-on voir, dans l'évocation de "quatre anges liés au bord de l'Euphrate" (Apocalypse 9:14), un lien avec des puissances spirituelles prêtes à intervenir dans les affaires des hommes ? Ces quatre anges "qui étaient prêts pour l'heure, le jour, le mois, l'année furent déliés afin qu'ils tuassent le tiers des hommes". S'ils sont liés, c'est qu'ils ne sont pas soumis à l'autorité divine. Ils ne peut donc s'agir que de puissances spirituelles des ténèbres. L'ange qui a l'autorité pour les délier donne l'ordre à un autre, qui lui est subalterne, de les délier, ce qui entend de leur redonner leur autonomie, et ce, dans un but précis : "afin qu'ils tuassent le tiers des hommes". Cette délivrance est réalisée selon un agenda précis. Au jour, au mois et à l'année. Le lieu où sont positionnés ces quatre anges destructeurs est également mentionné : aux abords du fleuve Euphrate qui se trouve… au Moyen-Orient (sur le continent asiatique). On peut donc, sans pour cela en connaître la date, savoir d'où viendra ce fléau mondial. Cette opération causera donc la mort "du tiers des hommes". Par quels moyens ? Peut-être justement par ceux énoncés dans ce texte d'Apocalypse 6 qui parle de quatre cavaliers, dont l'un s'appelle la mort, et qui est accompagné du séjour des morts. Qu'apportent ces quatre cavaliers (venant des quatre directions cardinales et "s'étalant de tous côtés") ?L'épée, la famine, la maladie, la pénurie, et finalement la mort (Apocalypse 6:2 à 7). Les acteurs de cette hécatombe proviendront donc de cette région de Babylonie qui vit éclore cette même humanité que ces cavaliers projettent de détruire. 

Une forme de pouvoir

"Les quatre vents des cieux firent irruption sur la grande (rab) mer" (Daniel 7:2). Ce mot "rab" désigne généralement un personnage important, illustre, revêtu d'une haute autorité. Ce mot est également utilisé pour parler de la "grande (rab) corne" (Daniel 7:20) ainsi que la "statue immense" du songe  (Daniel 2:31), ou de la "grande montagne" (Daniel 2:35). Ainsi, l'expression "la grande mer" désigne à la fois les peuples des nations ainsi que les autorités (physiques ou spirituelles) qui dominent sur elles. Ceci nous éclaire un peu plus. Daniel voit des puissances spirituelles fondre sur les nations et sur leurs autorités respectives. Un combat s'ensuivra donc dans les lieux célestes (comme l'a révélé l'ange qui est apparu à Daniel). "Quatre (arba) grands (rabrab) animaux sortirent de la mer, différents les uns des autres" (Daniel 7:3). Cette "grande mer" des peuples et des nations est donc également étroitement liée aux personnages illustres et importants (rab) qui les gouvernent.

Le mot "rabrab" désigne une personne de haute stature, riche, arrogante. Un chef militaireCe mot est également attribué à Dieu lui-même dont les actes sont puissants et dont "la domination subsiste de génération en génération" (Daniel 4:3). Il désigne également les "grandes (rabrab) dents de fer" du "quatrième animal" (Daniel 7:7). Il est également question de la "petite corne" qui avait "une bouche qui parlait avec arrogance (rabrab)" (Daniel 7:8). Il est aussi question des "paroles arrogantes que prononçait la corne" (Daniel 7:11). On peut donc en déduire que la "taille" de ces animaux devait être impressionnante, à l'image de l'autorité dont elles étaient investies, mais également de "l'arrogance" dont elles faisaient preuve, ainsi que de la bestialité de leurs actions. 
 


Un pouvoir qui s'étend

Ces quatre bêtes étaient différentes l'une de l'autre, mais la quatrième se distinguait particulièrement des trois premières (Daniel 7:3, 7). Celles-ci peuvent être comparées à des animaux connus, alors que la quatrième bête n'a rien de semblable. L'appellation "cheyva" (bêtes, animaux) en révèle la bestialité. Elles sont animées du désir de "s'étaler de tous côtés". Nous avons donc ici "quatre" empires expansionnistes aux frontières bien délimitées (symbolisées par la forme carrée). Cependant, le chiffre "quatre" peut être pris littéralement, mais également de façon symbolique. Comme pour les chiffres romains (I V X C...), les chiffres correspondent à des lettres. Le chiffre "quatre" correspond ainsi à la lettre "Daleth". Or, le mot "deleth" signifie "porte", en hébreu. Ces empires ont étendus leurs conquêtes en pénétrant par les "portes" de villes qu'ils ont conquises. Mais Daniel nous démontre ici que les victoires et les conquêtes de ces quatre grands empires ne sont pas seulement le produit de leur puissance guerrière, mais également des luttes et combats qui eurent lieu dans les lieux célestes. Ce qui permet de voir, tout au long de l'Histoire, un certain nombre d'empires successifs ou contemporains qui ont étendu leur pouvoir et leurs conquêtes, tout d'abord sur un périmètre délimité (symbolisé par la forme carrée), puis, ensuite, de façon plus disparate (au delà des mers). À ce propos, il est intéressant de noter que l'extension des deux premiers empires s'est fait sur le continent asiatique (Proche et Moyen-Orient), avec une incursion sur le continent africain (l'Egypte). Les troisième et quatrième empires étaient d'origine occidentale. La Grèce étendit ses territoires sur les ruines des deux premiers. Rome opta pour une toute autre répartition, visant le pourtour méditerranéen. Les légions de Rome plantèrent leurs étendards jusqu'en "Bretagne" (aujourd'hui, l'Angleterre ou "Grande-Bretagne"). Le mot "Angleterre" vient d'ailleurs du nom de la nation celte qui occupait alors les lieux : les Angles. "La terre des Angles" deviendra, bien plus tard, un empire qui étendra ses colonies sous tous les cieux, à tel point que l'on disait autrefois que le soleil ne se couchait jamais sur l'empire britannique. Celui-ci possédant des territoires sous toutes les latitudes. Il est intéressant de noter que "la quatrième bête" dont fait mention le livre de Daniel est associée à l'empire romain. Celle-ci nous est présentée comme particulièrement redoutable, cruelle et monstrueuse. Une telle description répond assez fidèlement à ce quatrième empire qui a prouvé, par cette cruelle torture qu'est la crucifixion, infligée à ses condamnés à mort, combien effectivement il pouvait faire preuve de cruauté. Un autre "empire", germanique celui-là, reprendra l'emblème de l'aigle romain, comme pour en signifier sa continuité. 

Byzantin, ottoman, chinois, Mongol, puis germanique (le Saint Empire Romain Germanique), puis britannique... Ils jalonnèrent l'Histoire de leurs hauts faits, de leurs victoires sanglantes, et des massacres dont ils se rendirent coupables. Les Portugais, les Hollandais et les Espagnols, grâce à leurs marines, développèrent des empires commerciaux au delà des mers. Ces "Babylones" de l'Histoire développèrent alliances et commerces (Apocalypse 17, 18), achetant et vendant marchandises et "âmes d'hommes" (Apocalypse 18:13). Le continent africain devint ainsi le grand pourvoyeur d'hommes et de femmes livrés aux mains de ces "négriers" sans scrupules qui faisaient le commerce d'esclaves. En France, cette pratique inhumaine ne fut définitivement abolie qu'en... 1848. Lorsqu'on lit la Bible, l'esclavage des Hébreux semble si loin de nous. Ce fléau demeure cependant encore aujourd'hui actif en diverses régions du monde. Les monstres hideux que nous décrit Daniel sévissent encore de nos jours, dans des contrées peut-être pas si lointaines. 

Quatre personnages illustres doivent ainsi paraître au sein des nations, manifestant leur caractère bestial. Quatre "bêtes" que le texte identifie comme étant le lion de Babylone, l'ours de la Perse, le léopard de la Grèce et un "quatrième animal", une "quatrième bête" qui ne ressemble à rien de connu mais que l'on sait être l'empire romain, qui n'existe pas encore à l'époque de Daniel. C'est cet empire qui revêtira ce caractère bestial, plus marqué encore que les trois précédents. Nous sommes toujours ici dans une interprétation dite "historique". Mais on ne peut raisonnablement aborder sa dimension "eschatologique" sans avoir prioritairement saisi tous les constituants du songe, leurs symboliques et leurs implications. Car, si ces quatre empires ont véritablement existé dans le passé, il se peut fort bien qu'ils subsistent encore aujourd'hui, et qu'ils seront encore présents aux tous derniers temps de la fin. Comment peut-on arriver à cette conclusion ? Très simplement ! Si ces quatre animaux correspondent aux quatre empires constituant la statue du songe, il leur faut également être présents "à la fin des temps", lorsque "la pierre qui se détache sans le secours d'aucune main" viendra détruire la statue et les quatre empires qui la composent. Car, comment ces empires pourraient-ils être détruits s'ils ont déjà disparus ? Dans le songe, ils sont détruits ensemble et non séparément comme cela s'est produit dans l'Histoire. Les quatre empires de Daniel 2 et les quatre bêtes de Daniel 7 seront donc définitivement et simultanément anéantis lorsque le Royaume de Dieu sera instauré sur la Terre. En attendant, ceux-ci subsistent encore, sous des formes différentes. 

Un sursis

La scène décrite ici se déroule dans les lieux célestes (Daniel 7:9 à 12). C'est dans ce contexte précis qu'une information est donnée à Daniel : "Les autres animaux furent dépouillés de leur puissance, mais une prolongation de vie leur fut accordée pour un temps" (Daniel 7:12). S'ils furent "dépouillés de leur puissance", ils  bénéficient cependant d'un "sursis" qui leur est encore accordé et dont la durée n'est pas définie, mais il se peut fort bien qu'elle se soit prolongée jusqu'à ce jour où j'écris ces lignes. Ils subsistent donc, non plus sous leur forme initiale, mais pas non plus totalement dénués de pouvoir. Il est important de tenir compte de cette information car elle est primordiale pour la compréhension de ce texte. A chacun de ces royaumes, il fut donné une durée de temps pendant laquelle chacun d'entre eux put exercer son pouvoir sur la terre. Le premier dut laisser la place au second, le second au troisième et le troisième au quatrième. À chacun, le pouvoir lui fut ôté, mais ils conservèrent, en quelque sorte, "une prolongation de vie" alors que se succédaient les empires successifs et ce, afin que tous soient détruits ensemble à l'Avènement du Seigneur. Ce pouvoir suprême est dans les mains du Dieu Tout-Puissant, maître des Siècles, Dieu Eternel. Ainsi, il est écrit que "c'est lui (Dieu) qui change les temps et les circonstances, qui renverse et qui établi les rois, qui donne de la sagesse aux sages et la science à ceux qui ont de l'intelligence" (Daniel 2:21). La Sagesse divine (présentée sous ces trois formes) s'oppose donc au pouvoir despotique de ces empires. 

"Les autres animaux furent dépouillés (adah) de leur puissance", Dieu ayant "le pouvoir de s'assujettir toutes choses" (Philippiens 3:21) et parce que "c'est Lui qui renverse et qui établit les rois"C'est ce qui se produisit pour le roi de Babylone. "Apprends, roi Nabucadnetsar, qu'on va t'enlever (adah) le royaume" (Daniel 4:31). Le roi Nabucadnetsar fut ainsi frappé de folie pendant une période assez longue que l'Ecriture détermine comme "un temps marqué" (Daniel 4:34), puis "la raison lui revint" et il fut rétabli sur son trône (Daniel 4:34, 36). Il reconnut que "Sa domination (celle de Dieu) est une domination éternelle et dont le règne subsiste de génération en génération" (Daniel 4:34). Daniel rappellera cet épisode de la vie du grand roi Nabucadnetsar à son petit-fils Belschatsar en ces mots : "Lorsque son cœur (celui de Nabucadnetsar) s'endurcit jusqu'à l'arrogance, il fut précipité de son trône royal et dépouillé (adah) de sa gloire" (Daniel 5:20). Mais le jugement final devait se produire plus tard, lors du règne de Belschatsar, à qui Daniel est en train de relater cet épisode. Tout comme cela est dit pour la "quatrième bête" : "puis viendra le jugement et on lui ôtera sa domination qui sera détruite et anéantie pour toujours" (Daniel 7:26). Bien des despotes mégalomanes et de dictateurs fanatiques n'ont pas tenu compte de cette réalité. Leurs règnes furent parfois aussi brefs que cruels. 

L'ours et le léopard

Dans les Écritures, "L'ours" (Daniel 7:5) est généralement associé au "lion". Par exemple : "Comme un lion rugissant et un ours affamé, ainsi est le méchant qui domine sur un peuple pauvre" (Proverbes 28:15). Ou comme dit Amos : "Vous serez comme un homme qui fuit devant un lion et que rencontre un ours (Amos 5:19). L'apôtre Jean reçoit la vision d'une "bête" : "La bête que tu as vue était semblable à un léopard, ses pieds étaient comme ceux d'un ours et sa gueule comme celle d'un lion" (Apocalypse 13:2). Les mots utilisés dans la description de cet ours (dans le texte original) laisse entendre un mouvement lent mais souple et d'une force vive. Ce qui correspond à la façon de se déplacer de cet animal. Mais souplesse et lenteur correspondent également assez bien au caractère persan. Ce mode de déplacement contraste fortement avec celui du léopard qui est un animal vif et rapide. L'affrontement entre ces deux empires (ce sujet sera développé dans l'article consacré au chapitre 8) sera des plus violents.  

Le Sage Simon Ben Yohaï avait dit : "Si tu vois un cheval persan attaché en terre d'Israël, cherche les pas du Massiah". Selon lui, la Perse (l'Iran actuel) jouera un rôle important juste avant le Retour du Massiah (que nous savons être le Seigneur Jésus-Christ). Simon Ben Yohaï a dit également que "Rome tombera sous le pouvoir de la Perse". Le quatrième empire tomberait donc sous la domination du deuxième ? D'un point de vue historique cela ne se peut, mais d'un point de vue eschatologique, cela est tout à fait plausible, ces quatre empires étant encore existants aujourd'hui, et devant encore subsister jusqu'à l'établissement du Royaume de Dieu. Mais alors, comment peut-on les situer géographiquement ? Faut-il les considérer dans les frontières qui sont les leurs à ce jour ? Faut-il, au contraire, tenir compte de l'espace couvert par leurs empires respectifs ? Je serais tenté de dire : "les deux !". Mais la réalité est plus complexe que cela. Car, si l'on veut véritablement tenir compte de l'influence de ces empires dans notre monde contemporain, il nous faut également tenir compte de l'influence ésotérique (Babylone), guerrière (la Perse), philosophique (la Grèce) et politique (Rome) de ces empires. Il nous faut également tenir compte de l'espace géographique couvert par chacun d'entre eux à l'apogée de sa puissance, aux plus étendues de ses frontières. Nous serons alors confrontés à un problème de taille : trois de ces empires se superposent, même si la superficie recouverte n'est pas totalement identique. Le Moyen et le Proche-Orient y sont inclus.

La Rome impériale, quant à elle, avait étendu ses conquêtes jusqu'aux frontières de l'Écosse, alors terre des Pictes. Le Mur d'Hadrien constitua longtemps la frontière de ce quatrième empire de Daniel. À ce propos, un fragment de sculpture celte fut découvert à Rosemarkie, dans le Nord de l'Écosse, et fut surnommé "Pierre de Daniel" à cause du motif qui y est représenté. D'inspiration chrétienne, elle pourrait faire allusion à l'épisode de la fosse aux lions. Pour ces quatre empires, la superficie recouverte était immense, allant de l'Inde au Royaume-Uni, du Rhin aux côtes africaines de la Méditerranée. Au niveau planétaire, ce n'est plus du tout la même perspective. C'est pourquoi, il nous faut également interpréter l'expression "toute la terre" qui ne désigne pas la superficie totale de notre planète, mais l'espace occupé par le royaume en question au moment où il en est fait mention. 

Il peut paraître difficile d'imaginer ces quatre empires étendant, encore aujourd'hui, leurs territoires respectifs sur la surface de la Terre. Cependant, c'est peut-être justement là que se trouve la clef qui ouvrira notre compréhension à la véritable portée prophétique de ces textes de Daniel. Si l'on pouvait se les représenter en 3D, nous aurions quatre cartes superposées l'une sur l'autre. Ces quatre empires jouent, respectivement, et chacun dans son domaine, un rôle non négligeable. Pour mieux comprendre cela, on pourrait faire un parallèle avec d'autres empires, plus récents, comme celui de la France ou de l'Angleterre. Les nations qui les constituaient ont acquis, l'une après l'autre, leur indépendance. Cependant, on ne peut négliger l'influence prépondérante qu'a joué et que joue encore aujourd'hui ces pays conquérants dans leurs anciennes "colonies". Les leaders de ces contrées se sont formés, pour certains, dans les grandes écoles européennes ou américaines. Ils ont à leurs côtés, pour la plupart, des conseillers, des consultants, des spécialistes venus de ces pays qui les avaient autrefois colonisés. Mais leurs gouvernants sont assis sur des sièges éjectables, et le bouton propulseur se trouve quelque part ailleurs, dans le bureau des véritables décideurs. Les empires ont disparus, mais leur influence demeure. Et que dire de la Grèce ? Durant la période intertestamentaire, le peuple hébreu, fortement influencé par la culture hellénistique, faillit y perdre son identité. Les événements marquants de cette période ont également été prophétisés par Daniel (ce sujet sera abordé dans l'article sur le chapitre 11). Cependant, au vu de sa situation économique actuelle, on ne peut raisonnablement lui attribuer aujourd'hui un quelconque pouvoir sur l'échiquier mondial. Elle fut cependant, autrefois, une grande puissance et sa culture demeure le socle de notre civilisation occidentale, son influence reste considérable. Sa littérature, tout comme sa philosophie, font partie de nos références culturelles. Aristote n'était-il pas le précepteur de ce même Alexandre le Grand (le léopard ailé) ? Certains voient même, dans ce léopard à quatre têtes, l'Allemagne et les quatre périodes principales de son histoire. Ce que la tradition rabbinique appelle "Guermania". Plus que jamais, les prophéties de Daniel sont d'une brûlante actualité. Quant à l'Iran (l'ours), ne représente-t-il pas aujourd'hui la principale menace pour Israël, terre de l'accomplissement des prophéties ? L'ours est également associé à l'empire soviétique (aujourd'hui la Russie). Durant la "Guerre froide", l'URSS était une menace constante pour le Monde Occidental. C'est tout au moins ainsi qu'il était présenté. Les Russes se sentant à leur tour menacés par un "Bloc de l'Ouest" tout aussi hostile. Les frontières des nations n'ont cessé, au travers des siècles, de se déplacer sur la carte des nations. Les principautés démoniaques qui les chapeautent sont, quant à elles, demeurées en place. 

L'Or noir

L'Histoire se répète et est appelée à se répéter encore. Les événements qui se produisent aujourd'hui au Moyen-Orient ne sont pas très différents de ce qu'ils furent dans l'Antiquité. Les armes sont bien sûr plus puissantes, mais le désir de pouvoir et l'appât du gain restent identiques. Le président Saddam Hussein ne prétendait-il pas descendre en droite ligne du roi Nabucadnetsar ? Prétention de propagande, bien sûr, mais par cela, il s'identifiait bien à cet empire qui, bien que disparu, demeurait présent sous une autre forme. Les conflits entre la Perse (aujourd'hui l'Iran) et Babylone (l'Irak) n'ont cessé pendant des décennies d'opposer ces deux rivaux. Si l'or a été longtemps l'objet principal de convoitise, il en est un autre qui suscite aujourd'hui l'attrait. On l'appelle "l'Or Noir". Qu'il coule dans les pipe-lines d'Arabie, qu'il provienne des forages d'Irak ou du Koweït, qu'il menace de s'épuiser ou que l'on en trouve au large des côtes israéliennes, l'Or noir joue un rôle prépondérant dans les relations internationales des divers blocs politico-économiques de notre vieille planète. Vu l'importance que représente cette substance visqueuse et noirâtre dans nos sociétés moderne, on serait en droit de se demander si la Bible en fait une quelconque mention. Le pétrole était-il seulement connu de nos ancêtres ? En avaient-ils un quelconque usage ? Bien évidemment pas sous sa forme raffinée que l'on utilise aujourd'hui, mais toutefois, il se peut que l'on ait déjà su en tirer profit sous sa forme brute. Certains commentateurs ont cru déceler une mention de ce précieux liquide dans un texte d'Esaïe : "Les torrents d'Edom seront changés en poix (zepheth) et sa poussière en souffre. Et sa terre sera comme de la poix (zepheth) qui brûle" (Esaïe 34:9). Le mot "zepheth" est généralement traduit par "poix, bitume, asphalte". Il désigne donc une substance noirâtre, visqueuse et gluante. Quelque chose qui ressemble à du pétrole brut. La ressemblance pourrait s'arrêter là, sauf que la racine du mot "zepheth" signifie "liquéfier, rendre liquide". Ce "zepheth" serait donc, "dans son "essence", un liquide issu d'une substance noirâtre, visqueuse et extrêmement inflammable. La ressemblance est assez frappante. Si l'on remonte un peu dans le texte, on peut lire : "la terre s'abreuve de sang, et le sol est imprégné de graisse" (Esaïe 34:7). Effectivement, beaucoup de conflits au Proche et au Moyen-Orient ont eu et ont encore pour origine la possession de territoires pétroliers ou le pouvoir d'exploitation des sous-sols. Beaucoup de sang a coulé pour l'Or noir. "Le sol" (aphar) désigne "la poussière, un sol sec". Ce qui peut faire facilement penser à une terre désertique. De ces déserts où l'on trouve généralement le précieux liquide"Et le sol est imprégné de graisse (cheleb)". "Cheleb" désigne "un morceau de choix, la meilleure part, l'abondance des fruits de la terre". On peut difficilement parler "d'abondance" dans une terre desséchée. Et pourtant… La "graisse" du désert, ce pourrait être, justement, cette substance noirâtre et visqueuse qui excite les convoitises d'Edom. Qui est Edom ? Les Sages d'Israël (et beaucoup de commentateurs bibliques aujourd'hui le reconnaissent aussi) ont dit : "Edom, c'est Rome !", et par extension, le Monde Occidental. Dans une perspective biblique, les empires d'hier sont aussi ceux de demain. 

Empires ou idéologies ? 

Pourrait-on identifier, aujourd'hui, ces quatre bêtes dans leur aspect actuel ? La première est un lion ailé. Quelle est la nation qui a le lion pour symbole ? Il y en a plusieurs. Cependant, une seule peut légitimement être considérée comme une puissance mondiale : le Royaume-Uni, l'Angleterre. A quelle nation pourrait alors correspondre les ailes d'aigle ? Quelle nation a pour emblème un aigle (pygargue) ? Les Etats-Unis (qui est d'ailleurs une ancienne colonie britannique). A quoi pourrait-on comparer, aujourd'hui, cette puissance économique et militaire ? A une coalition Anglo-américaine. Celle-là même qui intervint militairement en Irak, dans les années 90. La correspondance entre le lion ailé de Babylone de l'Antiquité et la coalition anglo-américaine paraît alors évidente. ces deux forces agissant sur le même territoire. Saddam Hussein, tout comme son prédécesseur Nabucadnetsar dont il se prétendait le descendant, "fut précipité de son trône royal et dépouillé de sa gloire". Le Président irakien ne fut-il pas, lui aussi, atteint d'une sorte de folie passagère lorsqu'il ordonna que l'on mette le feu aux forages pétroliers ? Le lion britannique eut ainsi le dessus sur le lion ailé de Babylone. 

Pourrait-on envisager, dans une perspective eschatologique, qu'il puisse exister un lien quelconque entre ces quatre empires et les quatre cavaliers dont fait mention le livre de l'Apocalypse ? Le cavalier noir est chargé de provoquer des troubles alimentaires, il porte la balance, symbole de commerce et d'échanges (de monnaies ou de produits manufacturés). On pourrait donc y voir un symbole d'un système économique. Irvin Baxter voyait, dans ces quatre cavaliers, une symbolique des quatre grands courants politiques, économiques et religieux de notre époque. Le cavalier blanc symbolisant le pouvoir papal, le cavalier rouge : le communisme, le cavalier vert : l'Islam, et le cavalier noir : le capitalisme. La couleur noire pouvant également faire penser à celle du pétrole. Car on ne peut s'y méprendre : le véritable motif de l'intervention américaine n'était pas de défendre le Koweït contre l'envahisseur irakien, mais bien de veiller à ce que l'exploitation des richesses pétrolifères ne tombent dans les mains de cet ancien vassal des Américains qu'était Hussein. Edom (le Monde Occidental) veillait à ce que les richesses du Moyen-Orient ne puissent leur échapper. Le cavalier noir vint défendre ses intérêts économiques, quitte à les arracher de la gueule du lion babylonien. L'or noir jouait alors un rôle crucial dans cette partie du Monde. Il possède un pouvoir considérable car il fournit à son détenteur une influence de taille sur l'échiquier mondial. Ce fut le cas hier, ça l'est encore aujourd'hui. Ainsi les empires du songe de Daniel sont-ils toujours présents à notre époque, mais ils sont également toujours en conflit. Cependant, un règne de paix sera bientôt établi sur la terre, mais il faudra auparavant que ces quatre empires soient définitivement détruits par "la pierre qui se détache sans le secours d'aucune main" (Daniel 2:45). L'or noir ne sera alors plus un objet de convoitise. Quant aux déserts, ils refleuriront. Comme le dit Esaïe : "Le désert et le pays aride se réjouiront, la solitude s'égaiera et fleurira comme un narcisse" (Esaïe 35:1). Ce sera le temps du royaume messianique. 

 

JiDé

Daniel et la vision des quatre bêtes (chapitre 7) : D'un empire à l'autre
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