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Les quatre cavaliers de l'Apocalypse

Les quatre cavaliers de l'Apocalypse

S'il est une image qui pourrait symboliser le livre de l'Apocalypse, c'est bien celle de ces mystérieux cavaliers dont il est fait mention au sixième chapitre de ce livre non moins mystérieux. Il suffit d'en voir une quelconque représentation pour qu'on les identifie immédiatement au dernier livre de la Bible. Nombre de commentaires ont été écrits sur eux. Que pourrait-on encore y ajouter ? Au fil des siècles et des péripéties de l'Histoire, chaque lecteur, en son époque, a pu ou cru y discerner tel ou tel événement, tel ou tel envahisseur menaçant. Tel ou tel fléau qui frappait la terre et ses habitants. On peut toutefois, sans se tromper, se pencher tout à nouveau sur ces textes anciens et y déceler la contemporanéité du message dont ils sont toujours porteurs. L'Ecclésiaste ne dit-il pas que "ce qui a été c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera" (Ecclésiaste 1:9) ? Il poursuit d'ailleurs en disant : "Y-a-t-il quelque chose dont on puisse dire : regarde ceci, c'est nouveau ? Elle a déjà été dans les siècles avant nous" (Ecclésiaste 1:10). Ces paroles ont eu du sens pour nos prédécesseurs et elles peuvent en avoir encore aujourd'hui pour nous, d'autant plus que "nous voyons approcher le temps" (Hébreux 10:25). Mais avant de poursuivre, un petit récapitulatif de ce que nous disent les textes s'impose. 

Ouverture des sceaux

L'apôtre fait un récit d'événements qui se déroulent dans les lieux célestes. "Je regardai", dit-il. L'action se déroule donc indépendamment du fait qu'il en soit le spectateur. Le Seigneur (appelé ici "l'Agneau") demeure cependant l'initiateur de la révélation. L'ouverture du sceau ne produit pas non plus l'action, mais permet à l'observateur qu'est l'apôtre Jean d'en recevoir la révélation. Lorsque le sceau est brisé, le rideau s'ouvre sur un des "êtres vivants" ordonnant la venue du premier cavalier. 

Jean dit à nouveau : "Je regardai". Son attention est focalisée sur ce qui est en train de se produire. Cette répétition de la locution "je regardai" laisse sous-entendre un court laps de temps entre le moment où il est intimé au cavalier de paraître, et celui de sa venue. Ce laps de temps durant lequel le cavalier n'est pas encore visible ne laisse cependant aucun doute sur sa présence dans les "coulisses de l'Histoire". Il était déjà là, mais il ne pouvait être identifié. Lorsqu'il paraît, on comprends alors que, bien qu'invisible, il était cependant bien présent. Tout près mais inaccessible à la vue. A ce stade de la révélation, l'apôtre Jean ignore encore ce qui va suivre. Il ne peut se douter de la présence des trois autres cavaliers. Le lecteur averti du livre de l'Apocalypse dispose ainsi d'un avantage considérable sur l'auteur. Il possède une vue globale de la Révélation (Apocalupsis en grec). Pour Jean, par contre, la révélation du tableau est progressive.

Le cheval blanc

"Je regardai, et voici, parut un cheval blanc. Celui qui le montait avait un arc" (Apocalypse 6:2). Jean demeure dans cette attitude d'observation attentive. Ce n'est donc pas une vision qui s'imposerait à son esprit. Elle requiert une attitude participative. La première chose qu'il voit, c'est le cheval. S'il remarque la couleur de celui-ci, la présence de son cavalier ne vient qu'ensuite, avec un détail qui semble même prédominant sur le cavalier lui-même, comme si la présence de ce dernier allait de soi. Il est à noter que, dans l'imagerie collective, l'on attribue généralement la couleur du cheval au cavalier. Or, le texte fait seulement mention de "celui qui le montait", sans préciser pour cela que celui-ci soit "assorti"

"Celui qui le montait portait un arc". Cette description se rapproche fortement de celle d'un centaure. Peu d'armées disposaient alors d'archers à cheval. Les cavaliers Parthes étaient particulièrement redoutés (même par les Romains) pour leur dextérité exceptionnelle. 

Avant qu'il n'ait pu s'interroger sur l'identité de ce mystérieux cavalier, Jean le voit recevoir une couronne. "Et il partit en vainqueur pour vaincre". Cette répétition frôle le pléonasme. N'y voir qu'une faiblesse syntaxique, ce serait ignorer le fait que le visionnaire de cette scène est un Galiléen dont la langue maternelle est l'hébreu, langue dans laquelle la répétition d'une locution est au contraire une forme usuelle d'élocution. D'autre part, cette phrase nous révèle beaucoup sur le caractère de ce mystérieux cavalier. Il est déterminé et combatif et Il aime gagner. Son objectif est déjà fixé (Par qui ?). On pourrait voir en celui-ci une image de Nimrod "qui commença à être puissant sur la Terre" (Genèse 10:8). Dans la Grèce Antique, celui qui était revêtu d'autorité recevait un arc et une couronne. Homère, dans son "Hymne à Apollon", raconte que celui-ci ne devint un dieu qu'après avoir reçu "l'arc courbé". Celui qui reçoit le "toxon" (l'arc, en grec dans le texte) et la couronne devient un représentant des dieux sur Terre et parle de leur part. 

"Il partit en vainqueur pour vaincre (nikese)". Vaincre par la force, mais également par le pouvoir de la persuasion. On pourrait donc y voir, en associant ce cavalier à un personnage, un homme de guerre, mais également un brillant orateur. Le mode de probabilité laisse penser que la victoire ne lui est pas acquise d'avance. Le profil qui se dessine à travers cela est celui d'un orateur influent, dont le discours serait religieux mais inciterait à la conquête. Un discours éloquent teinté de religiosité peut également être celui d'une quelconque idéologie. Aucune explication n'est donnée à l'apôtre sur ce qu'il vient de voir. Cependant, la symbolique des couleurs joue un rôle important dans la compréhension d'un tel texte. Le "blanc" est symbole de brillance, de pureté (du corps et de l'âme), mais c'est également la couleur des champs mûrs pour la moisson (Jean 4:35). Cette blancheur pourrait donc symboliser une "saison" (celle des récoltes), ce qui pourrait permettre, par exemple, de situer l'intervention de ce cavalier à une époque précise de l'année. La notion de temps est effectivement présente dans le texte original (mais s'efface dans la traduction) puisqu'il est écrit "kathemeno epi" (assis sur). Mais le mot "epi" peut également être traduit par "au temps de" (Matthieu 1:11). Au regard de cette traduction possible, le "cavalier" devient un temps défini et peut donc ainsi incarner une époque, un laps de temps plus ou moins long. Mais plus encore, cette notion de maturation de la récolte possède une symbolique très forte. D'autant plus que le mot "arc" (en grec "toxon") vient de "tiko" qui peut désigner, entre autres, "les récoltes". Son intervention coïnciderait avec l'imminence d'un jugement divin.

La notion de "récoltes" peut faire allusion aux paraboles de l'Evangile comme on parle de "champs de mission". La référence à Nimrod y ferait alors écho, lui dont il est dit qu'il fut un "vaillant chasseur". Les Sages d'Israël ont vu, dans cette expression, une allusion à un "gagneur d'âmes", dans le sens où il acquiert à sa cause un grand nombre de partisans fidèles. L'autre définition que les Sages ont vu dans cette expression est qu'il fut vainqueur d'un grand nombre d'adversaires. Ce cavalier blanc chercherait donc à convaincre par la persuasion avant de pourfendre ceux qui n'adhéreraient pas à ses convictions, son idéologie ou sa religion. Se revendiquant comme missionné par "le divin", revêtu de l'immaculée pureté (la couleur blanche), il s'attribuerait ainsi le droit d'imposer, par la force des armes s'il le faut, la foi qui l'anime. 

La présence de l'arc pourrait, elle, contenir l'idée de "projectiles" tirés à distance. De nos jours, un engin motorisé peut transporter une batterie d'artillerie lourde. Mais ce n'est bien évidemment qu'une interprétation libre. Si, pour l'apôtre Jean, l'image d'un cavalier muni d'un arc évoquerait plutôt un cavalier Parthe, chaque époque développera, à son tour, sa propre symbolique. On pourrait donc envisager une destruction des récoltes par un ennemi quelconque. Jusqu'à une époque très tardive, le cheval demeura le moyen de locomotion le plus rapide. Il représentait un corps d'armée d'élite. De nos jours, leur usage s'est vu relégué sous le capot de véhicules motorisés.

Un cavalier survint ainsi, à la fois mystérieux et chargé de sens. Puis en survint un autre. 

Le cheval rouge  

L'auteur poursuit en disant : "Quand il ouvrit le deuxième sceau, j'entendis…" (verset 3). Ayant vu le Seigneur, l'Agneau, ouvrir le premier sceau, Jean en conclut qu'il ouvrira également les autres. C'est donc sans étonnement qu'il mentionne l'ouverture du second. Le deuxième "être vivant" (dont il est fait mention plus haut dans le texte : Apocalypse 5:14) dit à son tour : "Viens !". Parait alors un deuxième cheval de couleur "roux" ou "rouge" (en grec : Purrhos, "de la couleur du feu"). La racine du mot ("Pur" en grec) désigne "le feu". "Celui qui le montait reçut le pouvoir d'enlever la paix sur la Terre afin que les hommes s'égorgeassent les uns les autres et une grande épée lui fut donnée (Apocalypse 6:4). 
 


L'aspect destructeur de celui-ci pourrait présenter une éventuelle menace pour la "moisson" dont il a été fait mention précédemment. On pourrait cependant, dans la même veine interprétative, y voir une quelconque "puissance de feu" perpétrée par ces mêmes engins motorisés mentionnés précédemment. Ceci demeure purement spéculatif. Il ne s'agit ici que de faire une lecture comparative avec des événements susceptibles de nous être contemporains. Ceci pourrait se confirmer dans la suite de notre texte : "Celui qui le montait reçut le pouvoir d'enlever la paix sur la terre, afin que les hommes s'égorgent les uns les autres, et une grande épée lui fut donnée" (verset 4). Mais le mot "Purrhos" pourrait également être rapproché du nom d'un roi d'Epire (région de Grèce limitrophe de l'Albanie) : Pyrrhos, qui fut contemporain de Ptolémée 1er, au troisième siècle avant notre ère (Jean est exilé sur une île grecque lorsqu'il reçoit cette vision). Faudrait-il alors y voir une allusion à des événements historiques ? Pyrrhos fut également roi de Macédoine, lors des guerres des Diadoques durant lesquelles s'affrontèrent les généraux d'Alexandre le Grand, se disputant, après sa mort, les portions de son immense empire. Jean ferait-il une quelconque allusion à la période hellénistique qui précéda l'empire romain dont il fut le contemporain ? Pour mémoire, "rouge" se dit en hébreu "adom". C'est pourquoi, les Hébreux surnommèrent Rome et ses légions "Edom", du nom de ce peuple alors disparu mais dont l'Ecriture laisse sous-entendre que "l'esprit d'Edom" est toujours à l'œuvre. On pourrait effectivement y trouver une certaine cohérence mais la révélation semble plutôt concerner un temps futur. Pour l'illustrer, elle puise cependant dans une symbolique déjà connue de l'auteur. Mais l'Empire romain n'est-il pas appelé à renaître ? 

Si la couleur blanche du premier cheval pouvait évoquer un pouvoir religieux et conquérant, la couleur rouge du second évoquerait plutôt un pouvoir impérialiste athée. Par exemple, celui dont se revendiquait autrefois l'URSS et ses pays satellites. Une idéologie encore en vigueur aujourd'hui dans certaines de ses nations-disciples. Un pouvoir qui fut imposé à ses population avec la plus grande rigueur, au prix de nombreuses victimes.

"Celui qui le montait reçut le pouvoir d'enlever la paix sur la Terre afin que les hommes s'égorgeassent (sphatso) les uns les autres" (Apocalypse 6:4). Jean est le seul à utiliser le mot "sphatso", qui apparaît neuf fois dans l'Ecriture. Cinq de ces passages parlent de Christ comme l'Agneau immolé (dans le sacrifice rituel lévitique, l'agneau était en effet égorgé pour être vidé de son sang). L'auteur y fait référence la première fois dans sa première épître en mentionnant le meurtre d'Abel par Caïn (1 Jean 3:12). Il fait également mention de la bête dont l'une des têtes est blessée à mort (Apocalypse 13:3), ainsi que du sang des saints et des prophètes qui ont été égorgés (Apocalypse 18:24). On peut donc voir, dans cette méthode exécutive, une forme sacrificielle, avec une certaine connotation religieuse. Un pouvoir exécutif condamnant à mort pour un motif religieux. Si ce pouvoir exécutif est "athée", alors c'est justement la profession de la foi qui serait l'objet de leur condamnation. Si ce pouvoir est impérialiste (comme celui de Rome), alors le motif serait une divergence de conception de la foi, considérée comme une dangereuse et hérétique déviance. Quant à la "grande épée", elle pourrait bien s'avérer être un sabre ou un cimeterre, symbole d'un pouvoir religieux conquérant dont le vert (et plus récemment le noir) est la couleur de prédilection. Le mot "machaira" (épée) viendrait d'un mot dérivé de "mache" (dispute, querelle). Bien souvent, les divergences d'opinions génèrent des querelles. Celles-ci engendrent à leur tour de la violence. L'Histoire nous a appris à de nombreuses reprises que lorsque la religion atteint les sphères du pouvoir, elle en devient plus intransigeante encore envers ceux qui n'adhèrent pas à ses valeurs, à commencer par les populations qui demeurent sous sa juridiction. 

"Celui qui le montait reçut le pouvoir d'enlever la paix sur la Terre afin que les hommes s'égorgeassent les uns les autres (allellous : réciproquement, entre eux)". C'est le propre des pouvoirs totalitaires de s'en prendre à leurs propres populations. Les Khmers rouges au Cambodge, les Soviétiques en URSS... Le système communiste envoya des millions de gens dans les goulags. Des centaines de milliers y sont morts. Dans une certaine partie du monde, où la religion occupe une place prépondérante et détermine chaque acte de la vie quotidienne, l'adhésion à une forme de foi différente ou une autre religion est sévèrement réprimée, la peine capitale étant le plus souvent appliquée. Changer de religion, ou simplement émettre des réserves à l'égard du pouvoir religieux en place, est considéré comme un acte de rébellion contre les autorités du pays. Mais plus encore, en une remise en question des fondements de la société. Une telle attitude ne pouvant qu'être réprimée sévèrement, la peine capitale fait également office d'exemple. Après la couleur blanche du vainqueur, la couleur rouge du deuxième cheval se recouvre ainsi d'une autre symbolique : celle de la couleur du sang versé. 

Le cheval noir 

Le rideau se lève à nouveau. Un troisième sceau est ouvert. a cet instant, un troisième "être vivant" crie à nouveau : "Viens". Après la conquête et le sang versé vient "le cheval noir", symbolisant la pénurie. "Je regardai et voici parut un cheval noir. Celui qui le montait tenait (echo) une balance dans sa main" (Apocalypse 6:5). "Echo" signifie "détenir, posséder". Il désigne également ceux qui sont "liés par les liens du sang ou par une appartenance commune à un confrérie ou un compagnonnage" (comme une société secrète). Il désigne également le fait d'être attaché à quelqu'un ou quelque chose, ce qui peut sous-entendre une fidélité à une personnalité ou une idéologie. Il portait à la main une "balance" (zugos). "Zugos", c'est un joug. Par exemple celui d'une certaine forme de servitude (Galates 5:1 / 1 Timothée 6:1).
 


"Celui qui le montait tenait une balance dans sa main (cheir)". "Cheir" désigne à la fois "la main, les doigts, les moyens utilisés". S'applique également pour désigner "l'aide de quelqu'un (une personne haut placée)", ou "la détermination et le contrôle de la destinée des hommes" (Apocalypse 14:9 / 20:4). Nous avons donc une action menée sur une population avec des moyens contraignants par des personnages hauts placés. Si l'on reprend la symbolique dans son intégralité, cela donne une confrérie de personnes détenant un certain pouvoir, liées entre elles par une forme de pacte, fidélisées à un but ou une idéologie, pouvant exercer un pouvoir sur la population et disposant des moyens nécessaires pour l'asservir. 

"Et j'entendis une voix qui disait : une mesure de blé pour un denier et trois mesures d'orge pur un denier mais ne fait pas de mal à l'huile et au vin" (Apocalypse 6:6)

"Une mesure (choinix) de blé pour un denier (denarion)". L'équivalent d'une portion de nourriture pour une journée et du salaire équivalent. Les conditions de travail à l'époque de l'apôtre Jean sont très différentes de ce qu'elles sont aujourd'hui. L'emploi peut être journalier. Le salaire permet de se nourrir le jour même mais ne laisse aucune certitude pour le lendemain. De nos jours, la précarisation du monde du travail tend à réinstaurer de plus en plus cette incertitude. Celle-ci pouvant être générée volontairement par ce "cheval noir" dans lequel certains commentateurs, comme Irvin Baxter, voient l'incarnation du système néo-capitaliste à la Keynes. Si le mot "zugos" est généralement traduit ici par "balance", son usage dans les autres textes est cependant celui d'un "joug". Le cavalier noir détiendrait ainsi une sorte de pouvoir despotique sur la masse ouvrière dont il emploie les services, ce qui n'est pas sans rappeler les conditions de travail des ouvriers à l'aube de l'ère industrielle, les grèves brutalement réprimées jusqu'aux bains de sang.

Le cheval noir impose à la population des restrictions de nourriture, de liberté, de pouvoir de décision... Il crée un système déstabilisant, insécurisant qui ne permet pas de se projeter dans le futur, ne fut-ce que le lendemain. Le cheval noir crée une précarité insécurisante qui rend les populations encore plus dépendantes de ses dirigeants qui étendent leur hégémonie sur tous les actes du quotidien. Et ce, dans le but de contrôler une population déjà mise à genou par un pouvoir despotique, incarné par le cheval rouge, après avoir été vaincue par le cheval blanc de la conquête. 

"Mais ne fais pas de mal à l'huile et au vin" (Apocalypse 6:6). L'un comme l'autre sont utilisés par le Bon Samaritain pour soigner les plaies du malheureux dont il prend soin. Faut-il y voir une allusion à la médecine ? Le cavalier noir aurait le droit de toucher au système économique, mais ne serait pas autorisé à porter la main sur le domaine médical ? On trouve donc dans ce mot "zugos" une double signification. Celui du joug de l'exploitation et celui de la pénurie alimentaire. D'une part, l'homme se fait exploiter, et de l'autre il est mal nourri. C'est un asservissement doublé de maltraitance. Dans bien des régions du Monde, encore aujourd'hui, des hommes, des femmes, et même des enfants, sont soumis à des conditions de travail inhumaines, dans des conditions d'hygiène et de sécurité totalement inexistantes. C'est également cela qu'incarne ce cavalier noir. Dieu dira à Moïse : "J'ai vu la souffrance de mon peuple qui est en Egypte et j'ai entendu les cris que lui font pousser ses oppresseurs, car je connais ses douleurs" (Exode 3:7). Des cris similaires à ceux du peuple hébreu montent encore aujourd'hui vers le Ciel. A quoi Jésus répond : "Prenez mon joug car il est doux et léger" (Matthieu 11:29). Jésus donne à tout homme la possibilité de se libérer de ce joug de la servitude, car "si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres" (Jean 8:36)

Le cheval de couleur verdâtre 

"Je regardai et voici parut un cheval d'une couleur verdâtre (chloros)". "Chloros" (d'où vient le mot chlorophylle) est généralement traduit par "vert", ou "de couleur verdâtre". Le texte nous dit que "son cavalier se nomme la mort (thanatos) et le séjour des morts (Hadès) le suivait".
 


Le quatrième cheval présente deux caractéristiques. Il est le seul dont le nom du cavalier soit nommé, et celui-ci est accompagné d'un sinistre personnage, nommé Hadès. Hadès, en grec, c'est le séjour des morts. La couleur de ce cheval (chloros) joue un rôle symbolique important. La référence à la chlorophylle fait immédiatement penser à la Nature, si maltraitée en ce vingt-et-unième siècle et ce, depuis les débuts de l'ère industrielle. La Terre est malade de la surexploitation qu'on lui fait subir. En cela, le cheval vert pourrait incarner le problème de la pollution de l'air, de l'eau, des terres cultivables par tous les épandages qu'elle se doit d'absorber pour ne pas restreindre la productivité que l'on exige d'elle. Dans la nature, c'est la sève qui donne à la végétation cette couleur verte (Psaume 92:15). Mais dans ce portrait du quatrième cavalier, cette couleur, qui symbolise avant tout la vie végétale, incarne, à l'inverse, le manque de vie. Toujours dans cette même symbolisation, la mort est généralement représentée par un personnage portant une faucille et une bure capuchonnée d'où émerge un crâne ricanant. Faut-il y voir une menace pour la Nature, biotope naturel de l'être humain ? Après avoir été vaincu, après avoir vu ses libertés amputées, après avoir été asservi à un travail forcené lui permettant juste d'assurer sa subsistance au quotidien, va-t-on, en plus, détruire son cadre de vie ?

Ce quadrige maléfique, ce sombre équipage semble s'être concerté pour la destruction de l'humanité et de son environnement. Ce cheval vert véhicule cette destinée commune à tous les hommes puisque, comme le dit l'auteur de l'épître aux Hébreux, "il est donné aux hommes de mourir une seule fois" (Hébreux 9:27). Ce sinistre quartet semble vouloir jouer à l'humanité une marche funèbre pour la conduire, individuellement ou en masse, dans ce funeste lieu. Le texte nous dit également que "le pouvoir leur fut donné sur le quart de la terre pour faire périr par l'épée, par la famine, par la mortalité et par les bêtes sauvages de la terre" (Apocalypse 6:7, 8). Le côté rassurant de cette vision "apocalyptique" (dans le sens courant du terme) est que leur pouvoir de destruction est néanmoins limité. Mais que faut-il penser de cette expression : "le quart de la Terre" ? Peut-on rapprocher celle-ci de cette autre qu'est "le quart-monde" ? Expression par laquelle on désigne généralement les populations les plus défavorisées, les plus pauvres et les plus démunies vivant dans des pays opulents et riches ? Mais c'est également dans ces zones que se pratique le recrutement de jeunes désœuvrés à des causes extrémistes. Dans un monde où les inégalités sociales demeurent une plaie purulente dans les corps des nations, la misère s'avère être un terreau fertile pour la violence urbaine. Dans ces lieux de non-droit, le taux de criminalité est le plus haut. Le taux de suicide y est également très élevé. Il y règne cependant certaines lois, mais celles-là ne sont pas débattues dans les amphithéâtres du pouvoir de l'Etat. Dans certaines régions du Monde, le taux de mortalité par armes à feu est extrêmement élevé. Le Salvador, le Guatemala, le Honduras et la Jamaïque sont les pays où le taux d'homicides volontaires est le plus élevé (les États-Unis sont loin derrière, contrairement à ce que l'on pourrait croire). Ces quatre cavaliers ne cessent de générer toutes sortes de désordres.

Différents et semblables à la fois, ces quatre cavaliers rappellent étrangement les "quatre animaux différents l'un de l'autre" dont fait mention le prophète Daniel dans son livre (Daniel 7:3). 

Les quatre bêtes

"Quatre animaux… différents (shena) l'un de l'autre" (Daniel 7:3). "Shena" signifie "changer, transformer". Il est généralement traduit par : "transgresser, changer les temps, changer de couleurs, violer, endommager, être différent, être irrévocable (comme le décret des Mèdes et des Perses)". Ces quatre empires ont su, au fil des siècles, s'adapter, se modifier. Ils ont traversé les époques, les modes de gouvernances. Ils ont su s'adapter également aux divers "décrets" édictés et proclamés. Les "décrets des Mèdes et des Perses" étaient irrévocables, même par leurs propres souverains, mais ils surent "changer les temps et les lois" en leur faveur. Ils le font encore aujourd'hui. Ils sont passé maîtres dans l'art de la dissimulation et de l'intrigue. Ils savent "changer de couleur" de parti quand cela s'avère nécessaire. Le livre de l'Apocalypse se présente comme le corollaire du livre de Daniel (tous deux s'inscrivent dans cette même catégorie de la littérature apocalyptique).

Si l'on résume, nous avons quatre personnages différents, de différentes couleurs (shena), qui apportent avec eux la guerre, la famine, la mort, la désolation et diverses pénuries alimentaires. Celles-ci accompagnent généralement les conflits armés qui déstructurent l'organisation sociétale d'un pays lorsqu'il est en guerre ou sujet à des conflits armés. Ces quatre cavaliers sont de quatre couleurs différentes. Blanc, rouge, noir et vert. Or, notre texte de Daniel parle de "grands animaux différents l'un de l'autre". Le mot "différent" (shena) pouvant signifier "changer de couleurs". Nombre de pays ont changé les couleurs de leurs drapeaux, au fils des décennies. Généralement pour signifier un changement de régime. Mais dans le fond, le fonctionnement oligarchique changeait de visage sans que cela apporte une grande modification pour sa population qui demeurait pauvre, soumise au diktat de ces nouveau chefs. Alors, y a-t-il des drapeaux qui arboreraient ces quatre couleurs ? Il y en a ! Les drapeaux des Emirats Arabes Unis, de la Jordanie, du Koweït, de la Lybie, du Sahara Occidental, du Soudan, de la Syrie, de l'Irak. Ce que l'on appelle "les couleurs panarabes". Il y a également les drapeaux d'organisations officiellement reconnues ou non comme : le drapeau palestinien, celui du Polisario, de l'Azawad, du Parti Baas, de l'Ahvaz… Blanc, rouge, noir et vert. Quelle coïncidence, vraiment ! Etats ou organisations qui sont d'ailleurs pour la plupart hostiles à Israël, et dont certains prônent radicalement sa destruction. Beaucoup de nations parlent de paix et préparent la guerre. D'autres affichent clairement leur désir de conquêtes et de guerre ouverte. L'un des cavalier, celui qui montait le cheval roux, "reçut le pouvoir d'enlever la paix de la terre afin que les hommes s'égorgeassent les uns les autres et une grande épée (machaira) lui fut donnée" (Apocalypse 6:4). La machaira était une épée courbe. C'est peut-être de l'origine de ce mot (mache) que vient le mot "machette" ? Des massacres ont été générés, lors de conflits ethniques dans certains pays africains, avec des machettes. 

Il "reçut le pouvoir d'enlever la paix sur la terre" et il portait une "grande épée" qui pourrait tout aussi bien être un sabre ou un cimeterre. Cela ne ressemble-t-il pas à une sorte de "Guerre sainte" prônée par certaines nations ou organisations paramilitaires ? Sur leurs drapeaux figure un sabre, symbolisant le moyen par lequel ils veulent imposer leur idéologie et leur religion. Ne parlait-on pas d'ailleurs autrefois d'une "religion du sabre" ? Mais c'était un temps où l'on pouvait encore appeler les choses par leur nom. Ces massacres sont généralement orchestrés pour des motifs bien plus obscurs que de simples "conflits ethniques"

Amalek d'hier et de demain

"Afin qu'ils s'égorgeassent les uns les autres". L'ennemi juré d'Israël a été, est et sera toujours Amalek. Si le peuple d'Amalek a disparu depuis longtemps, "l'esprit d'Amalek", lui, est toujours bien présent. Le mot "amalek" est formé de deux mots signifiant "le peuple qui décapite". Amalek, c'est "le peuple qui décapite". La Bible parle-t-elle de "décapitation""Et je vis les âmes de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de Jésus" (Apocalypse 20:4). De plus, le vert n'est-il pas la couleur privilégiée de cette religion lunaire  du sabre ? Un auteur a dit un jour, à ce propos : "Le vent qui vient du désert apporte avec lui l'odeur de la menace". Les adeptes les plus convaincus de cette religion dite "de paix" ne semblent pas partager cette motivation pacifique qu'on leur prête bien naïvement. Les meurtres perpétrés par les partisans les plus radicaux semblent plutôt témoigner du contraire. Ceux-ci sont parfois, comme je le disais plus haut, recrutés dans ce "quart de la terre" qui fournit, aux commanditaires d'actes sordides et "bestiaux", des bras qu'il suffit d'armer pour les rendre redoutables. Redoutables, tant par la folie de leurs actes que par la détermination qui est la leur à accomplir ces actes barbares qui les élèvent, un court instant, au pinacle d'une renommée éphémère, comme une étincelle s'envole et puis s'éteint (Job 5:7). Esaïe dit aussi, dans son style inimitable : "L'homme fort sera comme de l'étoupe, et son œuvre comme une étincelle. Ils brûleront l'un et l'autre ensemble et il n'y aura personne pour éteindre" (Esaïe 1:31). La barbarie et la sauvagerie de leurs actions rappelle étrangement ces "bêtes monstrueuses" dont fait mention le livre de Daniel. La quatrième bête sera la plus terrible de toutes. Et celle-là sera une résurgence de l'empire romain. Si ces "bêtes sont sorties de la mer" elles se sont cependant "élevées de la terre", de ce "terreau" qui nourrit les racines de l'amertume,  de la rancœur, du désir de vengeance, ou d'un besoin de reconnaissance.
 


L'absinthe, le poison des nations 

L'Ecriture Sainte compare l'amertume à l'absinthe (Lamentations 3:15). Celle-ci fut appelée autrefois "la Fée Verte", tout d'abord à cause de sa couleur mais aussi parce qu'elle provoquait des lésions cérébrales, et certains consommateurs en perdirent la raison, d'autres en moururent. Un temps interdite à la consommation, elle est à nouveau disponible, mais dépourvue de ce qui la rendait aussi dangereuse. "L'amertume", par contre, a gardé tous ses composants et elle est toujours aussi destructrice. De nombreux peuples n'en sont-ils pas abreuvés ? Le Nouveau Testament ne mentionne cette boisson qu'une seule fois, par la plume de l'apôtre Jean dans le livre de l'apocalypse (Apocalypse 8:11). Elle est associée à des "eaux amères", des eaux polluées, imbuvables. Ce mot "d'absinthe" a beaucoup circulé lorsque, en 1986 eut lieu la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en Ukraine, dans l'oblast de Kiev, qui faisait alors encore partie de l'URSS. Car le mot "Tchernobyl", en russe, signifie "absinthe". Ce fut une catastrophe écologique qui contamina les terres et les eaux pour des décennies. Mais si l'apôtre Jean l'a mentionné dans son Apocalypse, il connaissait également l'usage de ce mot dans les Ecritures (l'Ancien Testament). En grec, il se dit "apsinthos", et en hébreu, "la'anah". Etonnement, l'absinthe a également, tout comme le quatrième cavalier du livre de l'Apocalypse, "une couleur verdâtre".

Mais il est une autre "Fée Verte" dont les effluves peuvent également rendre fou, ou provoquer la mort de son consommateur, qui devient ainsi sa victime. Car beaucoup, aujourd'hui vivent "sans espérance et sans Dieu dans le Monde" (Ephésiens 2:12). De violences urbaines aux conflits armés qui dépeuplent les villes dévastées par les guerres, d'autres fléaux répandent la mort, jusque dans les familles les plus aisées. Tous les poisons qui se vendent sous le manteau, dans des cages d'escalier d'immeubles, des parkings déserts. Le cheval verdâtre répand une odeur sulfureuse et récolte sa moisson d'âmes bien nées. L'Ecriture dit à raison  de cette "étrange boisson" qui enivre les nations : "Qu'il n'y ait parmi vous ni homme, ni femme, ni famille, ni tribu dont le cœur se détourne aujourd'hui de l'Eternel notre Dieu pour aller servir les dieux de ces nations-là, qu'il n'y ait point, parmi vous, de racine qui produise du poison ou de l'absinthe" (Deutéronome 29:18). Qu'aucune nation ne produise de poison. Malheureusement, certains pays ont construit leur principale économie sur la culture du pavot ou de la feuille de coca. De ces plantes sont extraites des substances extrêmement toxiques qui, après transformation, sont revendues sur les marchés du monde entier sous diverses formes. Héroïne, cocaïne et, aujourd'hui, toute une panoplie de produits de synthèses. 
 


Il est encore une autre forme. Elle fait également tourner la tête. Il me faut, pour en parler, revenir sur ce qui a été dit sur le cheval noir qui tenait (echo) à la main une balance, un joug (zugos, Apocalypse 6:5). "Echo" désignant des personnes "liées par les liens du sang ou par une appartenance commune à un confrérie ou un compagnonnage", le fait d'être "attaché à quelqu'un ou quelque chose, une fidélité à une personnalité ou une idéologie". A une religion ? "Echo" signifie également "détenir, posséder". Que pourraient-ils détenir de si particulier, en se revendiquant d'une religion ou d'une idéologie quelconque, si ce n'est une certaine "vérité absolue", indémontrable mais cependant souveraine à leurs yeux ? Tellement souveraine qu'elle devrait et devra être imposée à tous. Non pour leur salut ou leur bien-être (si tant est qu'on puisse l'imposer à autrui), mais parce qu'il ne peut en être autrement. J'en reviens donc à ce verset de l'Ecriture : "Qu'il n'y ait parmi vous ni homme, ni femme, ni famille, ni tribu dont le cœur se détourne aujourd'hui de l'Eternel notre Dieu pour aller servir les dieux de ces nations-là, qu'il n'y ait point, parmi vous, de racine qui produise du poison ou de l'absinthe" (Deutéronome 29:18). De quelles nations l'Ecriture fait-elle mention ? De celles qui arborent ces quatre couleurs sur leurs drapeaux respectifs ? Car l'Eternel sait que d'adopter le ou les "dieux" de ces nations ne pourrait produire que "du poison et de l'absinthe""Ce(s) dieu(x)" ne laisse(nt) aucune place à l'individualité, à la liberté individuelle, aux choix personnels. Si un père de famille, un chef de tribu adopte cette religion, la famille, le clan, la tribu doit également l'adopter. D'où l'intérêt pour elle de convaincre, d'assimiler les "chefs (resh)". Je rappelle que "resh" signifie "le chef, la tête, la somme, le contenu, l'essentiel, les principales choses". Si celui qui est "à la tête" adhère, tous adhéreront. Ils adhéreront "au contenu, à l'essentiel, aux principales choses". Cela suffira pour qu'ils soient considérés comme "intégrés", à défaut d'être "intégristes". 

"Qu'il n'y ait point, parmi vous, de racine qui produise du poison ou de l'absinthe". Un poison qui se distille et influe sur les convictions, la manière d'être, de vivre, d'agir envers les autres. Le mot "poison" se dit "rosh" et s'écrit de la même façon que le mot resh (tête) avec les lettres "resh aleph shin". Le poison se distille dans les pensées, corrompt les valeurs avant d'influencer les actes. Il peut également produire des jugements iniques : "Ô vous qui changez le droit en absinthe et qui foulez à terre la justice !" (Amos 5:7). Il pousse à conclure des alliances qui ne seront pas respectées, ou tente de tromper et d'endormir la vigilance de celui qui s'y croira en sécurité. "Ils prononcent des paroles vaines et des serments faux lorsqu'ils concluent une alliance. Aussi le châtiment germera comme une plante vénéneuse (rosh) dans les sillons des champs" (Osée 10:4). Des "accords de paix" sont signés, mais au profit de l'un et en dépit des intérêts de l'autre. "Mais la fin est comme l'absinthe, aiguë comme un glaive à deux tranchants" (Proverbes 5:4). 

Le deuxième cavalier portait une épée (un sabre, un cimeterre) et "reçoit le pouvoir d'enlever la paix" (Apocalypse 6:4). Cette conquête a débuté vers le sixième siècle de notre ère. Quatorze siècles que dure cette guerre qui se veut "sainte" et elle n'est pas prête à prendre fin. Elle a même établi l'un des ses fiefs à l'endroit où se trouvait autrefois le Temple de Jérusalem. Probablement, durera-t-elle jusqu'à ce que le Seigneur vienne établir Son Royaume sur la Terre, lorsqu'il posera ses pieds sur le Mont des Oliviers tout proche. 

Les quatre bêtes à venir 

"Quatre grands (rabrab) animaux sortirent de la mer, différents l'un de l'autre… ces quatre grands (rabrab) animaux, ce sont quatre rois qui s'élèveront de la terre" (Daniel 7:3, 17). "Rabrab" désigne quelqu'un de riche, de puissant, une personne de pouvoir. Ces "quatre grands animaux" sont donc "quatre rois". La symbolique de ce texte permet d'extrapoler. Le terme "melek" (roi) désigne une personne à la tête d'un pays, d'un empire, quel que soit le terme utilisé. Il peut également désigner une "domination". On peut donc discerner, derrière ce terme presque générique, une quelconque forme d'autorité avec, derrière celle-ci, la puissance spirituelle équivalente. Celle mentionnée par exemple par Daniel (Daniel 10:13) lorsque l'ange qui s'adresse à lui évoque le "chef de Perse" qui lui a résisté et qui est, en réalité, une puissance démoniaque. L'apôtre Paul fait mention, quant à lui, "de dominations, d'autorités, de princes de ce monde de ténèbres, et d'esprits méchants dans les lieux célestes" (Ephésiens 6:12). C'est dans cette optique que l'on peut considérer ces "quatre grands animaux" comme étant des "personnages importants"des personnes de haute stature, spirituelle comme des leaders religieux, politique ou militaire. Justement, le vert-kaki n'est-il pas la couleur des uniformes des hauts gradés ? "Quatre grands animaux… différents (shena) l'un de l'autre" (Daniel 7:3). "Shena" changer, transformer, transgresser, changer les temps, changer de couleurs, violer, endommager, être différent, être irrévocable". "Irrévocable" comme "le décret des Mèdes et des Perses". La Perse s'appelle maintenant l'Iran (depuis 1935). Mais certains de ses "décrets" (comme par exemple la volonté de détruire Israël) sont effectivement "irrévocables". Ce projet subsiste. Il ne peut être modifié. 

"Ces quatre grands animaux, ce sont quatre rois qui s'élèveront de la terre" (Daniel 7:17). Daniel annonce cela comme un événement futur. Ces quatre animaux sont les quatre rois correspondant peut-être également aux quatre empires du songe de la statue. Or, le premier "royaume" était alors sur le point de s'achever. Belschatsar n'en était qu'à sa première année de règne, mais l'empire babylonien touchait à sa fin. Les trois autres étaient encore à venir. Ils ont disparu également. Mais l'Ecriture ne dit-elle pas que "une prolongation de vie leur fut accordée pour un temps" (Daniel 7:12) ? Peut-être sont-ils encore sur la scène de notre Histoire Contemporaine ? Mais "Jusqu'à quand" ? Nabucadnetsar croyait pouvoir pérenniser son règne par une monumentale statue. Le "Furieux" (Führer) voulait établir un règne de mille ans sous la botte de l'Empire Germanique. Celui-ci fut détruit sous les bombes, et son pays ruiné fut coupé en deux pendant plus de trente ans. Cet Empire avait, entre autres, pour emblème... l'aigle de Rome. Cette même Rome qui étendit autrefois son empire de la frontière de l'Écosse à la Jordanie actuelle. 

Aux quatre coins de la Terre

Le nombre de cavaliers pourrait, lui aussi, être interprété de différentes manières. S'il rappelle le nombre d'empires constituant la statue du songe (Daniel 2), il pourrait également symboliser quatre périodes de temps, ou encore les quatre directions cardinales (Nord, Sud, Est et Ouest). Leur action devant ainsi s'opérer "aux quatre coins de la Terre". C'est donc une opération d'envergure qui leur est confiée car elle s'étend non seulement dans le temps mais également dans l'espace. Leur champ d'action s'étendrait "à l'Ouest" comme "à l'Est". On pourrait transposer cette dualité dans le cadre géopolitique du conflit qui opposa ces deux blocs durant toute la "Guerre froide", avec d'une part l'Alliance Transatlantique, et de l'autre le Bloc de l'Est, l'URSS et ses satellites. Un conflit qui a pris aujourd'hui une forme nouvelle, chaque bloc ayant ses alliés et ses sympathisants. La dangerosité de ce conflit pourrait fort bien entraîner le Monde dans une troisième Guerre Mondiale. La balance des forces en place est fragile, la force de frappe des opposants pourrait déclencher un cataclysme humanitaire. 

On pourrait aussi diviser le Monde dans une opposition Nord/Sud entre les deux hémisphères. Entre un Monde riche, prospère, développé économiquement et industriellement, et une autre partie de la Terre qui ne disposerait pas de ces avantages. La lecture du nombre quatre, représentatif de ces cavaliers, pourrait se faire dans les deux sens, mais l'idée principale demeurant le fait d'une action multidirectionnelle qui toucherait l'entièreté de la surface de la Terre. Leur influence touchant à des domaines très divers, comme "la paix dans le Monde", la biodiversité, la pollution de l'air, la famine, les conflits armés, les inégalités sociales, les croyances, les religions, et d'autres sujets d'actualité. Leurs actions ayant une influence probante sur les événements qui se succèdent et qui engagent des nations dans des conflits dont ni les uns ni les autres ne sortiront véritablement gagnants. De ces conflits, les premières victimes sont toujours les populations civiles qui en souffrent mais n'en retirent jamais aucun bénéfice, si ce n'est quelques illusions que des théories laissent miroiter. "Ce qui a été c'est ce qui sera", dit l'Ecclésiaste. On peut constater que ce qu'annonçait l'Ecriture s'est perpétué au travers des siècles. L'Histoire l'a prouvé en se répétant. L'humanité apprend peu de ses erreurs passées. 

Jusqu'à quand ?

"Jusqu'à quand mon ennemi s'élèvera-t-il contre moi ?", s'interroge le Psalmiste (Psaume 13:3). "Jusqu'à quand les méchants, ô Eternel ! Jusqu'à quand les méchants triompheront-ils ?" (Psaume 94:3). Le cri du Psalmiste fait écho à celui de l'Epouse : "Reviens, Eternel ! Jusqu'à quand ? Aie pitié de tes serviteurs !" (Psaume 90:13). Les martyrs, dans les Cieux, réclament justice. "Jusqu'à quand, maître saint et véritable, tarderas-tu à juger et à tirer vengeance de notre sang sur les habitants de la terre ? Il leur fut dit de se tenir en repos pendant quelques temps encore, jusqu'à ce que fut complet le nombre de leurs compagnons de service et de leurs frères qui devaient être mis à mort comme eux" (Apocalypse 6:11). 

Alors, jusqu'à quand ? Jusqu'à ce que "la pierre qui se détache sans le secours d'aucune main" (Daniel 2:45) vienne fracasser ces empires et les réduire en morceaux. Mais avant, il faut qu'apparaisse "la quatrième bête", ou plutôt sa résurgence. Ce Nouvel Empire Romain constitué par "les pieds d'argile et de fer" (Daniel 2:33, 34). Là encore, on est en droit de penser que celui-ci est déjà sur la scène de l'Histoire. Qui sait si la fameuse "pierre" ne s'est pas déjà détachée ? Serait-elle bientôt sur le point de toucher les pieds de la statue ? L'apôtre Jean ne disait-il pas déjà, en introduction de son Apocalypse : "Heureux celui qui lit et ceux qui entendent les paroles de la prophétie et qui gardent les choses qui y sont écrites, car le temps est proche" (Apocalypse 1:3). A la fin de son ouvrage, l'apôtre Jean se fait dire, par l'ange qui l'accompagne, que "le temps est proche". Comme pour signifier à ses lecteurs que la réalisation du contenu de ce livre est imminent. Dans les Ecritures, Passé, Présent et Futur se mêlent parfois étroitement. L'ange qui s'adresse à l'apôtre Jean lui dit : "Je suis ton compagnon de service et celui de tes frères, les prophètes, et de ceux qui gardent les paroles de ce livre" (Apocalypse 22:9). Or, Amos dit justement à ce propos : "L'Eternel ne fait rien qu'il ne révèle à ses serviteurs les prophètes" (Amos 3:7). Ceux-ci se tiennent au conseil de Dieu.

Les séquences de l'Histoire se succèdent les unes aux autres, "jusqu'au jour où arriva ce qu'il avait annoncé" (Psaume 105:19). "Elle s'accomplira, la parole" (1 Rois 13:32), "car c'est une prophétie dont le temps est déjà fixé" (Habakuk 2:3). C'est une certitude, "les jours approchent et toutes les visions s'accompliront", affirme Ezéchiel (Ezéchiel 12:23). Nous avons l'assurance que ces choses seront accomplies au temps voulu de Dieu puisque le Seigneur lui-même dit : "Moi, l'Eternel, je hâterai ces choses en leur temps" (Esaïe 60:22). Mais ne sont-elles pas déjà en train de s'accomplir ? L'Histoire nous conte, depuis des siècles, les méfaits commis par ces quatre cavaliers. Nous en voyons encore l'influence aujourd'hui et peut-être plus que jamais. De ce cheval de couleur verdâtre qu'accompagne son sinistre adjoint, le "séjour des morts", il est dit qu'ils "seront jetés l'un et l'autre dans l'étang de feu" (Apocalypse 20:14). Nous, nous tendons vers une ère dont la messianité de notre Roi assurera une paix durable, préfigurant une nouvelle Terre et un nouveau Ciel où la justice habitera. Cela demeure notre espérance dans un Monde qui s'en va irréversiblement vers sa destinée finale. 

JiDé

Les quatre cavaliers de l'Apocalypse
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