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Ézéchiel et la vision du Temple : le nouveau culte (quatrième partie)

Ézéchiel et la vision du Temple : le nouveau culte (quatrième partie)

Ézéchiel, le prophète de l'exil, après avoir fait, en vision, la visite du Temple en prenant soin d'en noter scrupuleusement toutes les dimensions, contemple la Gloire de Dieu qui vient en prendre possession. Ce n'est qu'après, seulement, qu'il entame la description détaillée de l'autel monumental qui trône au centre de l'édifice. C'est sur la description de cet autel et la place centrale qu'il occupe, tant physiquement que spirituellement, que je vais m'attarder ici.  

Après un minutieux état des lieux, Ézéchiel est ramené, par son guide au pied de la muraille extérieure, à l'Est de l'édifice. Le prophète voit alors la Gloire de Dieu s'en approcher pour y pénétrer par la porte orientale. Cette même porte par laquelle il avait vu, autrefois, la Gloire du Dieu d'Israël sortir du Temple de Jérusalem. Ézéchiel est alors saisi par l'Esprit et transporté dans le parvis intérieur d'où il entend une voix sortir du Temple. C'est là, en ce lieu, qu'il reçoit son ordre de mission. Il lui avait été dit, au début de sa visite, qu'il lui fallait être très attentif à tout ce qu'il allait découvrir car il lui faudrait en faire la description aux Hébreux qui, comme lui, vivaient sur cette terre d'exil. Dieu lui-même réitère cette recommandation et lui précise maintenant sa mission : celle de décrire ce Temple à la maison d'Israël, et ce dans un but précis, celui de l'amener à une profonde repentance de ses actes (2 Timothée 2:25, 26).

Leçon de choses

La mission d'Ézéchiel doit se dérouler en deux temps. Il doit tout d'abord montrer le Temple, dans sa structure globale, à la maison d'Israël "afin qu'ils rougissent de leurs iniquités" (Ézéchiel 43:10). Ce résultat doit être atteint avant d'en révéler plus. La beauté harmonieuse, la finesse architecturale des lieux sont censées provoquer ce mouvement de repentance au sein d'un peuple rebelle qui ne s'est pas entièrement départi, en exil, de son idolâtrie passée. Pour mémoire, rappelons-nous ce proverbe qui avait court à l'époque de Jésus, à propos du Temple bâti par Hérode. Il se disait partout en Orient que "Celui qui n'avait pas vu le Temple de Jérusalem n'avait jamais vu quelque chose de beau". On comprend alors que les disciples de Jésus se soient extasiés devant cet édifice. "Comme quelques uns parlaient des belles pierres et des objets apportés en offrande qui faisaient l'ornement du temple…" (Luc 21:5), l'un d'eux (probablement Marc) lui dit : "Maître, regarde quelles pierres, et quelles constructions" (Marc 13:1). Jésus répond alors à sa question dans un style purement talmudique, en lui reposant une question qui est censée l'amener à trouver la réponse par lui-même. Il lui demande : "Vois-tu ces constructions ?" (Marc 13:2a). Jésus semble dire à Marc : "Tu n'as pas bien vu, tu n'as pas regardé correctement". En réalité, Jésus se sert de la réflexion de son disciple pour donner un enseignement prophétique. Il va ensuite annoncer la destruction de Jérusalem (Marc 13:2b), une première destruction ayant déjà eu lieu à l'époque d'Ezéchiel (Ezéchiel 40:1). Rapportant ses paroles, Luc écrit : "Les jours viendront où de ce que vous voyez, il ne restera rien…" (Luc 21:6).

Ezéchiel, tout comme Daniel, vivait à l'époque de l'empire babylonien. Cet empire dont Daniel avait annoncé la chute. Le Temple de Salomon était alors en ruine. Mais Daniel avait également découvert, dans les écrits du prophète Jérémie, que le peuple hébreu retournerait dans sa terre. C'est ce qui se produisit après la chute de l'empire babylonien, sous le règne de Cyrus le Perse. Sous la direction de Néhémie et d'Esdras, les ruines de la ville furent relevées et le Temple reconstruit. Des prophètes comme Aggée et Zacharie encouragèrent le peuple à reconstruire le Temple de l'Eternel. Aggée dira : "Considérez donc attentivement ce qui s'est passé jusqu'à ce jour, avant qu'on ne mette pierre sur pierre au Temple de l'Eternel" (Aggée 2:15). On pourrait ainsi comparer le "Voyez-vous tout cela ?" rapporté par Matthieu (Matthieu 24:2) au "Considérez attentivement" du prophète Aggée. On pourrait également les comparer à ces paroles que l'ange adresse à Ezéchiel, avant que ne débute sa visite du Temple, "Quatorze années après la ruine de la ville, en ce même jour", l'ange dit à Ezéchiel : "Fils de l'homme, regarde de tes yeux, et écoute de tes oreilles ! Applique ton attention à toutes les choses que je te montrerai, car tu as été amené ici afin que je te les montre. Fais connaître à la maison d'Israël tout ce que tu verras" (Ézéchiel 40:4). Il est à noter, par ailleurs, que Jésus utilisera une expression du prophète Aggée lorsqu'il enseignera ses disciples sur le Temple. Il dira : "Il ne restera pas pierre sur pierre…". Le prophète Aggée avait dit, en effet : "Considérez donc attentivement ce qui s'est passé jusqu'à ce jour, avant qu'on ait mis pierre sur pierre au Temple de l'Eternel (Aggée 2:15 / Luc 21:6). Il est ainsi facile de faire un parallèle entre "ces grandes constructions" dont parle Jésus, au "Temple de l'Eternel" mentionné par Aggée. Ces Temples ont été détruits. Celui de Salomon, celui rebâti par Néhémie, et enfin celui d'Hérode. Ezéchiel décrit ici un "quatrième Temple". 

Une vue panoramique de l'Histoire du peuple hébreu ainsi qu'une connaissance élémentaire des Écritures nous permet ainsi de mieux situer cette vision dans le déroulement prophétique des événements. Malheureusement, la population de Jérusalem n'a pas entendu l'appel qui lui a été adressé par le Massiah lui-même, le Seigneur Jésus-Christ. Matthieu nous rappelle les paroles de Jésus qui pleure sur la ville en disant : "Jérusalem, Jérusalem… votre maison vous sera laissée déserte" (Matthieu 23:37, 38). Cette expression "Vous sera laissée déserte" rappelle étrangement le récit du prophète Ezéchiel voyant la Gloire de Dieu quittant le Temple (Ezéchiel 10).

Selon la tradition, Ezéchiel aurait été à l'origine de la fondation de synagogues pour y enseigner le peuple dans la Thora de l'Eternel. De retour d'exil, Esdras instaura une lecture systématique de la Thora (Néhémie 8:1 à 8) divisée en "Parashot" (portions de l'Ecriture). Ainsi, le peuple hébreu eut très tôt connaissance des plans de ce Temple, et des portions de cette description sont lues chaque année avec les portions de la Thora correspondantes. Plus tard, le livre d'Ezéchiel sera lu à la synagogue chaque année, comme la totalité de la Thora (ce qui inclut bien évidemment le livre du Lévitique et toutes les prescriptions requises pour le fonctionnement du Temple). Les chapitres 43 à 45 sont répartis dans les Parashot "Té-Tsawè", "Chémini" et "Enor", avec les lectures de passages du lévitique correspondants. Ce commandement donné à Ezéchiel, "montre ce Temple à la maison d'Israël", s'est donc perpétué jusqu'à nos jours et se perpétuera probablement jusqu'au retour du Massiah qui viendra établir son règne sur la terre. Il fera alors bâtir ce Temple selon les directives qu'il avait données autrefois à son serviteur.  Et c'est là qu'un nouveau culte lui sera alors rendu. Dans un nouveau Temple, avec un nouvel autel qui occupera une place plus que centrale au sein de celui-ci. 

Une position centrale 

Ézéchiel avait déjà situé l'autel "devant la maison" (40:47), dans un parvis intérieur de "cent coudées... en carré" (environ cinquante mètres de côté). J'avais évoqué plus haut "une vue panoramique de l'Histoire du peuple hébreu", imaginons maintenant nous trouver dans un ballon dirigeable qui s'élèverait du Mont du Temple. En prenant de la hauteur, on peut constater que l'autel se trouve exactement au centre de l'édifice. Prenons encore un peu de hauteur et voici qu'apparaît une bande de terre allant de la Méditerranée au Jourdain. Au centre de celle-ci se trouve tout l'espace réservé au Temple. Prenons encore un peu de hauteur et nous pouvons maintenant admirer cette bande de terre au centre du pays (bekerev ha'aretz). De part et d'autre, s'étendent les territoires attribués aux douze tribus, équitablement répartis. Le Temple n'est plus qu'un carré sombre, tout en bas. Redescendons maintenant. Le Temple se rapproche de nous. Le sommet de l'autel est visible maintenant. Nous nous posons doucement et Il nous domine de toute sa hauteur (six mètres de haut). Cette ascension nous a permis de mieux le situer. Il est au centre du Temple. Le Temple est au centre du territoire réservé aux sacrificateurs. Ce territoire est au centre du pays. L'autel occupe véritablement une position centrale, à tous niveaux. Pourrait-on aller jusqu'à dire, comme le Psalmiste, qu'il est également "au milieu de la Terre" (Psaume 74:12b) ? Cette première approche nous permet d'appréhender l'importance de cet autel au sein même de la structure. On aurait pu être tenté de croire que la Maison aurait été au centre du Temple, ou plus spécifiquement le Saint des saints, mais il n'en est rien. Ce lieu où Dieu a choisi de résider parmi son peuple a pour épicentre... l'autel des sacrifices ! Cela en dit long sur l'importance que Dieu accorde à cet édifice, au cœur même de cette Maison, où il a choisi de demeurer au milieu de son peuple (43:9b). Ce qui fait écho aux paroles de Salomon : "J'ai bâti une maison qui sera ta demeure, un lieu où tu résideras éternellement" (1 Rois 8:12, 13). Cet autel mérite donc un intérêt particulier. 

Comme à son habitude, le prophète nous fait une description détaillée de l'édifice. Il nous rappelle, au passage, l'usage d'une mesure "sacrée" (43:13a). La coudée ordinaire fait environ cinquante-cinq centimètres. La palme, neuf centimètres. Les mesures utilisées durant l'antiquité pouvaient varier sensiblement d'une région à l'autre. Comparativement, la dimension du mètre, en tant que mesure universelle, ne sera définitivement établie qu'au dix-huitième siècle. Le socle, la partie la plus basse de l'autel, fait donc approximativement soixante-dix centimètres de haut et de profondeur. C'était, comme le dit Ézéchiel, "le support de l'autel" (43:13b). La hauteur totale  (six mètres environ) dépasse de peu celle de l'autel construit autrefois par Salomon (cinq mètres cinquante, 2 Chroniques 4:1). L'édifice est impressionnant avec ses onze mètres de côté. Albright* souligne sa forme en étages, rappelant celle des ziggourats de Babylonie. Cette réflexion est purement comparative, la révélation que reçoit le prophète ne pouvant être nullement influencée par l'architecture environnante. Elle est cependant fortement évocatrice pour un peuple qui vit en exil où fleurissent des temples païens.

Le soubassement de l'autel est appelé "hêq ha aretz". Ce que Segond traduit par "la base". Plus littéralement "le sein de la terre". Mais "hêq" pourrait également être traduit par "cavité", ce qui pourrait laisser supposer que l'édifice est creux en son sein, comme l'était l'autel d'airain du Tabernacle (Exode 27:8). Comme le souligne très justement Tidiman**, "Le nom de la base, hêq hà 'arès, souligne l'enracinement de l'autel au centre du pays (èrès) d'Israël". Si je compare cette définition avec le verset du Psaume 74 cité plus haut, cela donne un relief supplémentaire à cette "base" de l'autel. Le Psalmiste situe l'action de Dieu "au milieu de la Terre" (Psaume 74:12), littéralement : "Be qèrev ha aretz". "Qèrev" peut se traduire par "au milieu, au sein, parmi". Il se pourrait donc bien que cet autel soit construit au centre même de ce qui sera alors un Monde nouveau. 

La montagne et le lion

"L'autel avait quatre coudées et quatre cornes s'élevaient de l'autel. L'autel avait douze coudées de longueur, douze coudées en largeur et formait un carré par ses quatre côtés". Un texte en apparence assez banal. Je dis bien en apparence parce que, lorsque l'on s'approche du texte original, on constate qu'il est bien plus complexe qu'on pourrait le penser. Tidiman souligne ici la difficulté. Au verset 15, le mot "autel" est "ha har'èl", ce qui signifie "la montagne de Dieu". C'est d'ailleurs ainsi que le traduit la TOB. Au verset suivant, Ézéchiel utilise un terme similaire mais légèrement différent : "ha'ari'êl". Ce qui signifie "le lion de Dieu". L'auteur joue sur les mots "har" (la montagne) et "ari" (le lion). Vu la hauteur totale de l'autel, la comparaison avec une montagne se justifie. Une comparaison avec un épisode du livre de l'Exode peut s'avérer riche de sens. Dans le Sinaï, Dieu dira à Moïse : "Regarde et fais selon le modèle qui t'a été montré sur la montagne" (Exode 25:40). Des directives très précises avaient été données à Moïse pour ériger le Tabernacle. De même, Ezéchiel reçoit une description détaillée du Temple, tel qu'il devra être édifié. Le peuple devra s'y conformer dans l'exécution (43:11). Tout doit être fait à l'identique. L'apôtre Paul écrit : "En Lui (Jésus-Christ), nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés, selon la richesse de sa grâce que Dieu a répandue abondamment sur nous par toutes espèces de sagesse et d'intelligence, nous faisant connaître le mystère de sa volonté, selon le bienveillant dessein qu'il a formé en lui-même pour le mettre à exécution lorsque les temps seraient accomplis de réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la Terre" (Éphésiens 1:7 à 10). 

Selon la tradition rabbinique, "ha ari 'el" (le lion de Dieu) désigne l'endroit le plus chaud du brasier, là où le feu est le plus fort (Lévitique 1:7). La référence au lion se retrouve en Ezéchiel (1:10 / 10:14 / 41:19). Cet animal évoque également la tribu de Juda et la royauté du Messie (Genèse 49:9 / Apocalypse 5:5). Mais le feu intense rappelle également l'épreuve et la souffrance endurée. Lorsque Jésus fut crucifié, une inscription avait été posée au sommet de sa croix. C'était une pratique usuelle chez les Romains qui attestaient ainsi du sujet de condamnation, la raison pour laquelle la personne avait été crucifiée. Il y était écrit "en hébreu, en grec et en latin : Jésus de Nazareth, roi des Juifs" (Jean 19:19, 20). Lorsque Jésus était sur la croix, il accomplissait le sacrifice ultime, mettant sa propre vie sur l'autel, à l'endroit le plus brûlant de l'autel, "ha ari 'el". Il fut condamné pour s'être proclamé roi. Il l'était véritablement, même si "son royaume n'était pas de ce monde" (Jean 18:36).  A ce moment là, "la montagne toucha le ciel" ainsi qu'il est écrit : "Moïse monta sur la montagne et la nuée couvrit la montagne" (Exode 24:15). A la lumière du Sacrifice de Jésus à la croix, la place centrale de l'autel dans le Temple prend tout son sens. 

Un autel agréé par une Alliance Nouvelle 

On retrouve, dans la forme et les dimensions de cet autel, une sorte de "modèle réduit" du Temple. La base, le socle inférieur, le socle supérieur, le foyer. Tous ces éléments se superposent élégamment. Vue de haut, on découvre une forme harmonieuse qui parachève l'édifice tout entier. Cela ne doit pas faire oublier que cet autel doit être édifié pour élever vers Dieu les sacrifices qu'il agréera (40:39). Avant sa mise en fonction proprement dite, un protocole sacrificiel est prévu pour la purification de l'autel (43:18 à 27). L'autel sera sanctifié pendant sept jours par des sacrifices (43: 25 à 27) avant de recevoir le plein agrément de Dieu. La présence de rigoles rappelle qu'il est également fonctionnel et doit être en permanence en contact avec le sang des sacrifices. Il est même spécifié au prophète qu'il sera construit dans ce but. "Pour le jour où on le construira" (43:18). Ces mots ont du poids dans cette description architecturale car ils attestent d'une réalisation effective que l'on ne peut contester. Cette expression écarte définitivement toute possibilité de ne voir, en cette description, qu'une forme allégorique. Elle appelle, au contraire, à une concrétisation. Au mode Nifal, utilisé ici, le verbe "Asah" peut être traduit par "être réalisé, être utilisé", mais aussi "être observé". On pourrait donc en conclure que cet autel a tout d'abord une fonction purement sacrificielle, mais il possède également une fonction pédagogique (43:10, 11). Son "observation" permet de prendre pleinement conscience de la nécessité du sacrifice pour trouver l'agrément du Seigneur, mais également d'une attitude de cœur et d'un esprit renouvelés (Ezéchiel 11:19 / 36:26). 

Le sacrificiel, dans une perspective messianique, revêt deux aspects fondamentaux : le Sacrifice de Christ (qui est parfait), et le sacrifice de notre propre vie au Seigneur (qui doit tendre à cette perfection). Paul dit à ce propos : "Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un saint sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable" (Romains 12:1). Comment peut se décliner ce "culte raisonnable" ? C'est un scribe qui, dialoguant avec le Seigneur, va donner une partie de la réponse. "Le scribe lui dit (à Jésus) : … aimer (Dieu) de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa pensée et de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, c'est plus que tous les holocaustes et tous les sacrifices" (Marc 12:32, 33). Paul va même donner, de cette manifestation, un exemple concret en parlant de dons qui lui ont été transmis par l'intermédiaire d'Epaphrodite : "J'ai tout reçu, et je suis dans l'abondance, j'ai été comblé de biens, en recevant par Epaphrodite ce qui vient de vous comme un parfum de bonne odeur, un sacrifice que Dieu accepte, et qui lui est agréable" (Philippiens 4:18). Il incitera les chrétiens d'Ephèse à l'imiter : "Et marchez dans l'amour, à l'exemple de Christ, qui nous a aimés et qui s'est livré lui-même à Dieu pour nous comme une offrande et un sacrifice de bonne odeur" (Éphésiens 5:2). Les écrits néotestamentaires révèlent ainsi les clauses d'une Alliance Nouvelle (ou plus exactement une "Alliance renouvelée", Jérémie 31:33). Peut-être Paul fait-il indirectement allusion à ce passage du livre d'Ézéchiel où celui-ci évoque ce futur temps de restauration du peuple d'Israël (Ézéchiel 20:41). "Temps de rétablissement" qui verra le peuple hébreu revenu en terre d'Israël, dans le pays que Dieu "avait donné à leurs pères" (verset 42). Le cœur de ce peuple aura été changé, transformé (Ézéchiel 11:17 à 20). Les "rebelles" n'y auront pas leur place (Ézéchiel 20:38) mais ceux qui y seront à demeure seront à Son service (Ézéchiel 20:40). 

Il est à noter qu'il n'est nullement fait mention de Grand Sacrificateur dans ce Temple, et pour cause puisque Jésus lui-même est le Grand Sacrificateur de ce "Temple plus excellent". L'auteur de l'Épître aux Hébreux écrit : "En effet, tout souverain sacrificateur pris du milieu des hommes est établi pour les hommes dans le service de Dieu afin de présenter des offrandes et des sacrifices pour les péchés (Hébreux 5:1). Mais aussi : "Le point capital de ce qui vient d'être dit, c'est que nous avons un tel souverain sacrificateur qui s'est assis à la droite du trône de la majesté divine dans les cieux comme ministre du sanctuaire et du véritable tabernacle qui a été dressé par le Seigneur et non par un homme" (Hébreux 8:1, 2). Il dit encore, en parlant du Seigneur Jésus : "Après avoir été élevé à la perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent l'auteur d'un salut éternel, Dieu l'ayant déclaré Souverain Sacrificateur selon l'ordre de Melkisédek" (c'est à dire "roi de Justice", Hébreux 5:9). C'est donc pleinement conscients de la valeur du Sacrifice de leur Messie Yeshoua que les Tsadokites rendront ce culte à l'Eternel dans ce Temple, qui aura été édifié pour Sa gloire. Et c'est à la lumière de ce Sacrifice du Seigneur Jésus-Christ que le peuple d'Israël prendra alors pleinement la mesure de toutes les prescriptions lévitiques de la loi mosaïque, tant de fois transgressée.

Je terminerai par un autre extrait de l'Épître aux Hébreux, celui-ci reprenant presque mot à mot les paroles du prophète Jérémie : "Aucun n'enseignera plus son concitoyen, ni aucun son frère, en disant : Connais le Seigneur ! Car tous me connaîtront, depuis le plus petit jusqu'au plus grand d'entre eux" (Hébreux 8:11). A quoi Jérémie avait ajouté : "Car (dit l'Eternel) je pardonnerai leur iniquité et je ne me souviendrai plus de leur péché" (Jérémie 31:34). La suite de cette "visite guidée" se poursuit dans l'article "Les serviteurs et le prince" (cinquième partie).

Notes

W. Albright : "The Babylonian temple tower and the altar of burnt offering"

B. Tidiman : "Le livre d'Ezéchiel, tome 2"

 

JiDé

Ézéchiel et la vision du Temple : le nouveau culte (quatrième partie)
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