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L'Enfer existe-t-il ?

L'Enfer existe-t-il ?

L'Enfer existe-t-il ?

La question est de taille et la réponse est de première importance. Le chanteur Michel Polnareff avait-il raison de dire : "Nous irons tous au Paradis" ? Pour répondre à cette question primordiale, l'affirmation, certes probablement sincère, d'un chanteur populaire ne suffit pas. Mais alors, qui pourrait répondre à cette question ? Un pasteur, un prêtre, un philosophe ? Puis-je m'appuyer sur mon opinion personnelle ? Pour répondre à une question dont la réponse déterminera le lieu où je vais passer l'éternité, je voudrais pouvoir m'appuyer sur des affirmations fiables.

Si la mythologie parle du séjour des morts, elle n'en demeure pas moins un ensemble de mythes et de récits auxquels, aujourd'hui, plus personne ne porterait le moindre crédit. Non. Un seul livre me semble digne de confiance et d'intérêt pour me démontrer (ou non) l'existence de ce lieu inhospitalier : La Bible. J'avoue qu'il y a, dans les Écritures, des sujets plus attrayants que celui-là. Il n'est d'ailleurs plus trop abordé de nos jours. Il n'en demeure pas moins un des fondements de l'enseignement de Jésus. Le sujet est d'autant plus digne d'intérêt, qu'il nous éclaire de façon précise sur notre destinée éternelle car seule la Bible est en mesure de répondre aux multiples interrogations et aux questions que l'on serait en droit de se poser. Croire en ce qu'elle affirme permet à son lecteur de faire les bons choix, en toute connaissance de cause. 

À partir du moment où j'ai eu à cœur d'aborder ce sujet, je me devais de le faire de la façon la plus exhaustive possible. C'est un sujet difficile, mais il est fondamental. Le but de cet article est de fournir, à celui qui le lira, matière à la réflexion et à l'étude du sujet. Une erreur est toujours possible. Une mauvaise compréhension également. Mais la Parole de Dieu parle par elle-même. Les nombreuses citations mentionnées fourniront, au lecteur, un nombre conséquent de références bibliques, et ce, je l'espère, pour une plus juste compréhension de ce sujet et un amour toujours renouvelé pour la Bible qui est la Parole de Dieu.   

Véracité des Écritures

 Après s'être demandé si l'Enfer existe vraiment, on pourrait également s'interroger sur la nature de ce lieu. À qui l'Enfer est-il destiné ? La Bible en fait-elle une description détaillée ? Fournit-elle des informations spécifiques ? Il se fait que Jésus en a parlé à ses disciples, et les apôtres du Seigneur l'ont évoqué également dans leurs écrits. Ce sujet fait donc partie intégrante de l'enseignement apostolique tel qu'il nous a été transmis par l'intermédiaire de la Parole de Dieu. Et si c'est principalement le Nouveau Testament qui en fait mention, "l'Ancien" y fait également référence, quoi qu'avec moins de précisions. 

À ce stade de la réflexion, je me trouve confronté à deux possibilités. Soit je crois ce que disent Jésus et ses apôtres, soit je ne le crois pas. L'apôtre Paul écrit à Timothée : "Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, convaincre, corriger et instruire" (2 Timothée 3:16). La Bible "m'enseigne" sur ce sujet. Mais elle est également à même de me "convaincre" de la véracité de ce qu'elle affirme, voire de "corriger" les éventuelles interprétations erronées des textes qui parlent de ce sujet. Après avoir intégré ces informations, je pourrai prétendre avoir été "instruit" sur le sujet. Dans le cas contraire, nous pourrions bien être, comme le dit l'apôtre Paul : "Des enfants, flottants, emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction" (Éphésiens 4:14). C'est donc sur la base de ce que dit la Bible que je pourrai me fonder une opinion conforme à ce qu'en dit le Créateur de l'Univers. Dans le cas contraire, si je faisais le choix de ne pas croire ce que dit la Bible, alors je retire à celle-ci toute crédibilité. "Le serpent dit à la femme… Dieu a-t-il réellement dit ?" (Genèse 3:1). "Celui qui ne croit pas Dieu le fait menteur puisqu'il ne croit pas au témoignage que Dieu a rendu à son Fils" (1 Jean 5:10). Les disciples de Jésus, et notamment les apôtres qui ont perpétué son enseignement, ont alors été trompés et ont trompé à leur tour ceux qui ont fondé leur foi sur leur enseignement. Dans ce cas, le christianisme est un mythe parmi d'autres, et comme le dit l'apôtre Paul aux Corinthiens : "Notre foi est vaine" (1 Corinthiens 15:14). Pour ma part, j'ai fait le choix de croire ce que dit l'Écriture selon qu'il est écrit : "Maintenant, Seigneur Éternel, tu es Dieu, et tes paroles sont vérité" (2 Samuel 7:28). Si donc la Bible dit la vérité, si les informations qu'elle nous fournit sont dignes de confiance, alors il nous faut prendre ces choses à cœur et les considérer comme des vérités avérées. Cependant, reconnaître, de façon affirmée, que ce que la Bible dit est la vérité est une décision lourde de conséquences. Car cela exige, de son lecteur, une prise de position, tout d'abord pour lui-même, et ensuite pour autrui. Mais alors, que dit-elle à ce sujet ?

C'est à cette question que je vais essayer de répondre maintenant.

En quelques mots (maux)

Avant de commencer, il me semble indispensable de spécifier une chose, c'est que le mot "Enfer" n'est pas dans la Bible. Il est donc inutile d'en tourner fébrilement les pages, on ne le trouvera nul part ! Non, le mot "Enfer" n'est pas dans la Bible pour la bonne et simple raison que ce mot vient... du latin. Il désignait, initialement, "les lieux inférieurs de la Terre" (infere) car c'était autrefois à cet endroit que l'on situait le séjour des morts. De nos jours, Il désigne plutôt un lieu de tourments éternels pour les âmes impies. La Bible utilise un grand nombre d'expressions pour le décrire. L'hébreu utilise le mot "Shéol" (dans l'Ancien Testament) et le grec, celui de "Hadès" (dans le Nouveau). Il faut cependant tenir compte du fait que les Évangiles ont initialement été rédigés en hébreu avant d'être traduits en grec. La notion d'enfer, telle qu'elle est décrite dans la Bible, que ce soit dans les Évangiles ou dans les épîtres (celles de Paul ont été rédigées initialement en grec mais selon la pensée hébraïque), le "séjour des morts" et "l'Enfer" sont décrits tels que conçus par les Hébreux, et non selon la pensée grecque. C'est un point fondamental pour bien comprendre toutes les Écritures. Notre façon de penser occidentale a été "façonnée" par la pensée grecque. Pour comprendre les Écritures (qui ont toutes été rédigées par des Orientaux), il nous faut donc nous réapproprier une autre façon de penser au risque de "coller" sur celles-ci une "interprétation" erronée, totalement étrangère à leurs auteurs. 

L'enseignement apostolique est fondé sur les Écritures (communément appelées "l'Ancien Testament"), mais les termes exacts pour désigner celui-ci, utilisés autant par les apôtres que par Jésus lui-même sont "L'Écriture" (Luc 4:21 / Romains 10:10) ou "Les Écritures" (Luc 24:27, 45 / Actes 17:11 / Romains 15:4). D'autre part, l'apôtre Pierre associe les Écrits de Paul aux "autres Écritures" (2 Pierre 3:16), attestant ainsi la véracité de son enseignement. Pierre donnant ainsi son aval à l'enseignement de Paul, nous pouvons donc nous fier à celui-ci sans réserve. Mais les Évangélistes (les rédacteurs des Évangiles), ainsi que les autres rédacteurs du Nouveau Testament, ont également des choses primordiales à nous dire sur le sujet. Voici donc, en quelques mots (maux) comment ce lieu de tourments nous est présenté.

Un lieu de ténèbres  

Si les "élus de Dieu" qui forment "l'assemblée des saints" sont conviés aux noces de l'Agneau, ceux qui ne seront pas vêtus des "habits de noce" (le vêtement blanc de la justification par le sacrifice de Christ, Apocalypse 3:5, 18) seront "jetés dans les ténèbres du dehors" nous dit l'Évangile (Matthieu 8:12 / 22:13). L'apôtre Pierre nous dit que "l'obscurité des ténèbres leur est réservée" (2 Pierre 2:4, 17). Jude ajoute même que pour ces "incrédules, l'obscurité des ténèbres est réservée pour l'éternité" (Jude versets 6 et 13) et, selon l'apôtre Paul, ils "s'amassent un trésor de colère pour le jour de la colère et de la manifestation du juste jugement de Dieu" (Romains 2:5, 8, 9). L'apôtre Jean fait également mention de ceux qui seront "jetés dans les ténèbres du dehors" "Les chiens, les enchanteurs, les impudiques, les meurtriers, les idolâtres, et tous ceux qui (d'une façon ou d'une autre) aiment et pratiquent le mensonge" (Apocalypse 22:15). La mention de "chiens" ne concerne bien évidemment pas nos amis canins, mais "les mauvais ouvriers" (Philippiens 3:2), les "gardiens aveugles et sans intelligence" (Esaïe 56:10) et "les bergers qui ne comprennent rien" (Esaïe 56:11). Ces "chiens", ce sont ceux à qui le Seigneur avait confié ses brebis et qui n'en ont pas pris soin (certains de ces "chiens de berger" se sont même transformés en loup). Mais ce mot désigne également celui qui "est retourné à ce qu'il avait vomi" (2 Pierre 2:22), c'est à dire celui qui, après avoir connu le Seigneur, est retourné à son ancienne vie. Pierre fait ici référence à un passage des Proverbes qui utilise cette métaphore pour désigner un "insensé qui revient à sa folie" (Proverbes 26:11). L'attrait du "Monde" a parfois eu raison de serviteurs sincères et engagés. Cette référence canine peut paraître choquante à notre sensibilité occidentale. Il s'agit ici d'une spécificité linguistique liée à un contexte culturel particulier (comme nous pourrions traiter une personne de "vipère", ou "d'âne bâté"). Que Dieu nous garde, face à un sujet aussi grave, de pratiquer "la politique de l'autruche"

La perdition éternelle  

La Parole de Dieu nous parle donc, tout d'abord, d'un "lieu de perdition" destiné à ceux qui auront préféré le "chemin large" au "chemin étroit" de la sanctification (Matthieu 7:13). Ce "lieu de perdition" est destiné aux "vases de colère" que Dieu aura supporté avec une grande patience (Romains 9:22), mais pour ceux qui marchent "en ennemi de la croix (tous ceux qui se seront ouvertement opposé ou prononcé contre), leur fin sera la perdition" (Philippiens 3:18, 19). L'apôtre Paul nous dit que ceux qui ont un "cœur impénitent" (qui refusent de se repentir de leurs péchés), ceux qui ont "un esprit de dispute, qui sont rebelles à la vérité et (qui) obéissent à l'injustice", subiront "tribulations et angoisses" (Romains 2:9). 

Lorsque Jésus enseigne sur ce "lieu de perdition", il fait une comparaison avec un lieu bien spécifique qui se trouvait à l'extérieur des remparts de la ville de Jérusalem, dans la vallée de Hinnom (en hébreu "Gué-Hinnom"). Ce lieu nous est plus familier sous sa forme hellénisée : "La Géhenne" ! C'était alors un lieu, extérieur à la ville, où l'on brûlait les immondices, les carcasses d'animaux sacrifiés au Temple et les excréments. C'était autrefois un lieu idolâtre où des rois de Juda firent passer leurs enfants par le feu lorsque ceux-ci étaient offert au dieu Moloch (2 Rois 23: 10). Un feu brûlait alors à l'intérieur de la statue, et les enfants sacrifiés y étaient jetés vivants par la bouche de l'idole. C'est à ce lieu (et peut-être à cette pratique) que Jésus fait allusion lorsqu'il parle du "corps entier jeté dans la Géhenne" (Matthieu 5:29 / 18:9). "À la fin du Monde, le Fils de l'homme (Jésus) enverra ses anges qui arracheront de son royaume ceux qui commettent l'iniquité, et ils les jetteront dans la fournaise ardente" (Matthieu 13:40 à 42, 50). À la fin de son enseignement, Jésus pose à ses auditeurs une question importante : "Avez-vous compris toutes ces choses ?" (Matthieu 13:51). Cette question pourrait également s'adresser à nous aujourd'hui. C'est pourquoi l'Écriture nous dit (dans un autre contexte) : "Que celui qui lit fasse attention" (Matthieu 24:15).  
 

Vallée de Hinnom, ou de La Géhenne, à Jérusalem

Le prophète Esaïe, quant à lui, fait mention d'un "bûcher (qui a été) préparé" et qui est "profond et vaste (et que) le souffle de l'Eternel enflamme comme un torrent de souffre" (Esaïe 30:33). Esaïe semble faire allusion à un texte du livre du Deutéronome où il est écrit : "Car le feu de ma colère s'est allumé et il brûlera jusqu'au séjour des morts" (Deutéronome 32:22). Le prophète parle plus loin d'un "feu dévorant" et de "flammes éternelles" (Esaïe 33:14). Jésus reprendra cette notion dans la parabole de Lazare et de l'homme riche qui "souffre cruellement dans cette flamme" (Luc 16:24). Il est question d'un "feu éternel qui ne s'éteint pas". Cette expression déjà utilisée par Esaïe (Esaïe 66:24) est reprise par Jean le Baptiste (Matthieu 3:12) et par Jésus (Marc 9:43, 48). Ce "feu éternel" a été initialement prévu "pour le diable et pour ses anges" (Matthieu 18:8 / 25:41).

L'auteur de l'Épître aux Hébreux parle également de "l'attente terrible du jugement et l'ardeur d'un feu qui dévorera les rebelles" (Hébreux 10:26, 27). Car ce feu est également associé à un "châtiment éternel" (Matthieu 25:46) pour lequel Sodome et Gomorrhe sont données en exemple. Ces villes "subissant la peine d'un feu éternel" (Jude verset 7). Esaïe parle aussi des "cadavres des hommes qui se sont révoltés" contre le Seigneur et dont "leur ver ne mourra pas et leur feu ne s'éteindra pas" (Esaïe 66:24). Jésus reprend cette image en l'appliquant au châtiment éternel en parlant de la Géhenne "où leur ver ne meurt pas et où le feu ne s'éteint pas" (Marc 9:48). Le prophète Daniel mentionne ceux qui "dorment" (qui sont décédés depuis l'aube de l'humanité) et qui se "réveilleront pour l'opprobre, pour la honte éternelle" (Daniel 12:2). Paul parle de ceux qui "auront pour châtiment une ruine éternelle, loin de la face du Seigneur" (2 Thessaloniciens 1:9). Pierre parle du "jour du jugement et de la ruine des hommes impies" (2 Pierre 3:7) "dont la condamnation est écrite depuis longtemps" (Jude verset 4). L'auteur de l'Épître aux Hébreux considère la doctrine du jugement éternel comme faisant partie des "éléments de la parole de Christ", des "fondements" élémentaires "de la foi en Dieu" (Hébreux 6:1, 2). Malheureusement, il nous faut constater qu'aujourd'hui, beaucoup de ceux qui devraient attester fermement de la véracité de ces vérités bibliques les remettent en question, allant parfois jusqu'à en contester la validité. 

Un grand malheur  

Un grand malheur est réservé à ceux qui, de leur vivant, auront eu honte de Jésus (Marc 8:38), l'auront renié (comme Juda Iscariot), car "si nous le renions, Lui aussi, nous reniera" (2 Timothée 2:12). Et "si quelqu'un n'aime pas le Seigneur, qu'il soit anathème" (voué au malheur, 1 Corinthiens 16:22). De même que "si quelqu'un vous annonce un autre Évangile s'écartant de celui que vous avez reçu (par l'enseignement des apôtres du Seigneur, et qui est enseigné dans les Écritures), qu'il soit anathème" (Galates 1:9). Cet expression "Un autre Évangile" recouvre beaucoup de choses. Mais en résumé, tout enseignement ou doctrine qui ne correspond pas, va à l'encontre, déforme ou modifie en quoi que ce soit l'Évangile tel qu'il est enseigné dans la Bible est et doit être considéré comme "un autre Évangile". Quel que soit "l'autorité" dont se revendiquent ceux qui l'enseignent. Le verdict est le même pour "celui qui n'aime pas le Seigneur" et pour celui qui "annonce un autre Évangile que celui que vous avez reçu" : "Qu'il soit anathème" (voué au malheur).

Ceux qui enseignent cet "autre Évangile" sont décrits par l'apôtre Pierre dans sa deuxième Épître (2 Pierre 2:1 à 22). L'apôtre ne mâche pas ses mots pour les décrire. Il les appelle, entre autres, des "enfants de la malédiction" (comme s'ils avaient été engendrés par celle-ci, 2 Pierre 2:14). Paul les appelle "de faux apôtres, des ouvriers trompeurs déguisés en apôtre de Christ". Mais à ses yeux, ce sont bien des "ministres de Satan". Il conclut en disant : "Leur fin sera selon leurs œuvres" (2 Corinthiens 11:13 à 15). Ils rejoindront leur maître dans le lieu qui lui est destiné. Matthieu nous dit que "lorsque le Fils de l'homme viendra dans sa gloire… il séparera les uns d'avec les autres… Ensuite, il dira à ceux qui sont à sa gauche : Retirez-vous de moi, maudits, allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges" (Matthieu 25:31, 32, 41).

De toute action (bonne ou mauvaise) résultera une rétribution. Ainsi, Paul dit : "Celui qui agit injustement recevra selon son injustice" (Colossiens 3:25), car "Le Seigneur tire vengeance de toutes ces choses" (1 Thessaloniciens 4:6). De ceux-là était "Alexandre le forgeron" dont Paul dit que "le Seigneur lui rendra selon ses œuvres" (2 Timothée 4:14). Jésus affirme : "Voici, je viens bientôt et ma rétribution est avec moi, pour rendre à chacun selon ce qu'est son œuvre" (Apocalypse 22:12). L'Évangile de la Grâce n'est pas un Évangile doucereux. La Grâce accorde le pardon au pécheur qui se repent et change de conduite, "réservant la vie éternelle à ceux qui, par la persévérance à bien faire, cherchent la gloire, l'honneur et l'immortalité, mais l'irritation et la colère à ceux qui, par esprit de dispute, sont rebelles à la vérité" (Romains 2:7). C'est pourquoi Jésus dit : "Prenez donc garde à la façon dont vous écoutez car… à celui qui n' a pas, on ôtera même ce qu'il croit avoir" (Luc 8:18 / Matthieu 25:29). Celui-là pensait avoir quelque chose (l'onction, le don, le salut…), mais cette dérisoire illusion lui sera alors retirée. Un cœur endurci qui a cautérisé sa conscience est beaucoup moins enclin à se repentir (Matthieu 13:15 / Actes 28:27).

Le livre de l'Apocalypse nous parle également d'un ange qui "avait un Évangile éternel pour l'annoncer aux habitants de la Terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue et à tout peuple" (quel que soit ses croyances ou sa religion). Il disait d'une voix forte : "Craignez Dieu et donnez-lui gloire, car l'heure de son jugement est venue, et adorez celui qui a fait le ciel, la terre, la mer et toutes les sources d'eaux" (Apocalypse 14:6, 7). "Mais les nations se sont irritées, et ta colère est venue, et le temps est venu de juger les morts, de récompenser tes serviteurs les prophètes, les saints et ceux qui craignent ton nom, les petits et les grands, et de détruire ceux qui détruisent la Terre" (Apocalypse 11:18). "Ceux qui détruisent la Terre" n'ont pas adoré "Celui qui a fait le ciel, la terre, la mer et toutes les sources d'eaux", mais ils ont pollué, sali, empoisonné. Pour eux aussi, "leur fin sera selon leurs œuvres" (2 Corinthiens 11:15).  Mais le Seigneur rendra justice à ceux qui souffrent injustement à cause de leur obéissance (2 Thessaloniciens 1:6).

L'étang de feu et la seconde mort  

L'apôtre Jean, dans son Apocalypse, nous parle d'un lieu qu'il décrit comme un "étang de feu et de souffre". Le mot "limne" (étang) n'est utilisé que par Luc et Jean. Luc l'utilise pour parler de la mer de Galilée (le lac de Génésareth). Il ne s'agit donc pas d'un petit lac mais d'une véritable "mer intérieure". C'est dans cette mer que se jetèrent les pourceaux remplis de démons (Luc 8:33). On peut donc comparer l'étang de feu à la mer de Galilée, tant dans sa superficie que dans sa profondeur. L'apôtre Jean nous dit tout d'abord que "la bête et le faux prophète" y seront jetés en premier (Apocalypse 19:20). Le diable ira les rejoindre (Apocalypse 20:10). On y jettera également "la mort et le séjour des morts" (Apocalypse 20:14). Puis "ceux qui n'ont pas été trouvés dans le Livre de Vie" (Apocalypse 20:15). Et enfin "les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, tous les menteurs" (Apocalypse 21:8). À ceux-ci viendront encore s'ajouter celui qui "adore la bête et son image" (Apocalypse 14:9 à 11). Cette finalité est appelée "la seconde mort" (Apocalypse 20:14 / 21:8)

Qu'est ce que la "seconde mort" ? Si, de la mort physique, s'ensuit la décomposition du corps, la "seconde mort" ne produit pas pour autant l'anéantissement de l'âme (comme l'enseignent certaines dénominations). Ce lieu est un lieu de souffrance, mais comme le dit le Seigneur à l'Église de Smyrne, "celui qui vaincra, celui qui entend ce que l'Esprit dit aux Églises, n'aura pas à souffrir la seconde mort" (Apocalypse 2:11). Il est à noter ici que le Seigneur ne donne pas d'explication particulière sur ce sujet. Il considère donc que l'apôtre Jean (à qui il s'adresse directement) tout comme les futurs lecteurs de ce message (à qui il est destiné) savent de quoi il s'agit. Pourtant, qui aujourd'hui comprend encore cette expression?... Quant à l'expression "aux Églises", elle pourrait, d'une certaine manière, s'adresser à toutes les dénominations chrétiennes se revendiquant être des "Églises". Mais aucune religion, quelle qu'elle soit, ne peut prodiguer le salut. Seule la foi en l'œuvre de Jésus-Christ à la Croix, et en son œuvre rédemptrice et purificatrice, peut nous le procurer. Aucune religion, aucune doctrine ne peut sauver une âme qui ne s'est pas repentie de ses péchés en reconnaissant que le sacrifice de Christ à la Croix nous délivre de ce lieu de perdition décrit et mentionné, à de nombreuses reprises et par de nombreux auteurs bibliques, dans la Parole de Dieu. 

Si le Nouveau Testament contient de nombreuses références à ce lieu de tourments, qu'en est-il de "l'Ancien Testament" ? En fait-il déjà mention ? Parlant de la colère de Dieu, il est écrit : "Car le feu de ma colère s'est allumé, et il brûlera jusqu'au fond du séjour des morts; il dévorera la terre et ses produits, il embrasera les fondements des montagnes" (Deutéronome 32:22). Esaïe développe cette notion en disant : "Les pécheurs sont effrayés dans Sion, un tremblement saisit les impies, qui de nous pourra demeurer auprès d'un feu dévorant ? Qui de nous pourra rester auprès de flammes éternelles ? Celui qui marche dans la justice" (Esaïe 33:14, 15). Cette justice est celle qui nous est acquise par la foi en Jésus-Christ et non celle que l'on pourrait s'attribuer à soi-même par une quelconque forme de religiosité. Mais celle-ci implique d'adopter un comportement en adéquation avec la foi professée (Esaïe 33:15, 16). D'aucuns se sont offusqués, ne voyant, dans ces propos, que le "Dieu de l'Ancien Testament". Comme si celui de "l'Ancien" n'était pas également celui du "Nouveau". Le "Dieu de la Loi" opposé au "Dieu de la Grâce". Cette conception s'apparente au "dualisme" qui n'est autre qu'une doctrine issue du paganisme. Le dieu du Bien et le dieu du Mal. Une telle conception est totalement étrangère au Dieu de la Bible. Et pourtant... des chrétiens aimant le Seigneur et croyant en la Bible ont adopté cette croyance, non dans le crédo qu'ils professent, mais dans les convictions profondes de leur cœur. Les textes mentionnés plus haut, et bien d'autres encore, affirment pourtant tout le contraire. Les auteurs du Nouveau Testament ne contredisent jamais les affirmations de l'Ancien. Au contraire ! Ils les confirment. C'est dans les flammes que "souffre cruellement" l'homme riche de la parabole de Jésus (Luc 16:24). Si ce texte est bien mentionné dans le Nouveau Testament, le contexte dans lequel Jésus l'a enseigné est bien celui de "L'Ancienne Alliance" (la Nouvelle n'étant pas encore promulguée)

Paul nous dit également que "ceux qui n'obéissent pas à l'Évangile de notre Seigneur Jésus" subiront la punition de celui qui apparaîtra dans une flamme de feu. "Ils auront pour châtiment une ruine éternelle, loin de la face du Seigneur Jésus" (2 Thessaloniciens 1:7, 8). Esaïe, évoquant les temps messianiques, dit que "c'est avec le feu que l'Eternel exercera son jugement" (Esaïe 66:16). Un peu plus loin, le prophète évoque les générations qui vivront durant le règne messianique (le Millénium), et qui verront "les cadavres de ceux qui se sont révoltés" contre le Seigneur (Esaïe 66:24).

Le feu éternel  

Lorsque Jésus fait allusion à la géhenne, il associe ce lieu-dit de Jérusalem au feu éternel (Marc 9:43 à 49). Et de même que les corps des enfants innocents étaient jetés dans le corps de l'idole en fusion, de même les corps des damnés seront jetés dans le feu éternel qui ne s'éteint pas (Matthieu 5:29). Jésus fait peut-être ici allusion à l'ancien culte rendu au dieu Baal-Moloch à qui l'on offrait des enfants sacrifiés. Dans cette allégorie, l'idole est comparée à Satan, et le feu qui brûlait à l'intérieur de la statue à celui dans lequel sera jeté l'Adversaire de nos âmes (1 Pierre 5:8). La durée de ce châtiment est associée à "la honte éternelle" de ceux qui le subiront (Daniel 12:2). Les "maudits" seront jetés "dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges" (Matthieu 25:41). L'Écriture nous dit ici que ce "feu éternel" était initialement prévu pour "le diable et ses anges" uniquement. Mais ceux qu'il aura entraînés avec lui le suivront dans sa dernière demeure. "Pour ceux qui pêchent volontairement (voulant ignorer leur condition pécheresse après avoir été éclairés), Il ne reste plus de sacrifice pour le péché, mais une attente terrible du jugement et l'ardeur d'un feu qui dévorera les rebelles" (Hébreux 10:26, 27). L'apôtre Pierre parle également de ceux qui ont connu le Seigneur mais s'en sont détournés pour leur perte (2 Pierre 2:15) et qui sont "esclaves de la corruption" (2 Pierre 2:19). Non contents de s'être détournés, ils cherchent à entraîner d'autres à leur suite (2 Pierre 2:9 à 22). "Leur fin sera selon leurs œuvres" (2 Corinthiens 11:15). L'avertissement est sérieux. Il serait bien insensé de ne pas en tenir compte. 
 


Une réalité choquante 

La sévérité de ces textes nous pousse à la réflexion. Un Dieu d'amour peut-il ainsi condamner le pécheur à de tels tourments ? Beaucoup voient, dans ces textes, l'expression d'une sévérité excessive. D'autres remettent tout simplement en question la véracité de ces propos. Mais ne serait-il pas vaniteux de croire que notre opinion puisse déterminer la réalité du monde spirituel ? "L'Eternel répondit à Job : Je t'interrogerai et tu m'instruiras. Anéantiras-tu jusqu'à ma justice ? Me condamneras-tu pour te donner droit ? As-tu un bras comme celui de Dieu ?" (Job 40:1 à 4). Un peu plus haut, l'Eternel lui demande : "Celui qui dispute contre le Tout-Puissant est-il convaincu ? Celui qui conteste avec Dieu a-t-il une réplique à faire ?" (Job 39:35). Si nous nous trouvions devant le Créateur, oserions-nous contester Sa Justice ? Remettrions-nous en question Ses décisions ? Pourtant, combien, en lisant ces textes, se sont-ils offusqués, trouvant inacceptable que de telles choses puissent exister, à tel point que leur simple évocation les répugne ? Et qu'en est-il si nos convictions personnelles venaient à s'opposer à ce que dit la Bible ? Dieu dit, par la bouche du prophète Esaïe : "Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit l'Eternel. Autant les cieux sont élevés au dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées" (Esaïe 55:9). Les profondeurs de Son Amour et de Sa Justice sont bien au-delà de notre compréhension. "Comment pourrais-je comprendre le Souverain Juge ?", dit le Docteur René Pache*. L'apôtre Paul nous dit que "ses jugements sont insondables et ses voies, incompréhensibles" (Romains 11:33). À ce propos, le Psalmiste nous dit quelque chose d'intéressant. Il nous faut reconnaître nos limitations dans la compréhension des réalités spirituelles et leur bien-fondé. Il écrit : "Car le jugement sera conforme à la justice" (Psaume 94:15). La Bible nous enseigne que la Justice de Dieu est parfaitement conforme à ce qu'Il est, à son Etre. Dieu étant parfait, Sa Justice l'est également. À l'inverse, si la Justice de Dieu était imparfaite, Dieu le serait également. Or, cela ne se peut. Job, pour sa part, avait compris qu'il ne pouvait contester avec son Créateur : "Job répondit à l'Eternel : Voici je suis trop peu de chose; que te répliquerais-je ? Je mets la main sur ma bouche, j'ai parlé une fois, je ne répondrai plus; deux fois, je n'ajouterai rien" (Job 39:36, 37). 

Ainsi, les jugements que Dieu porte (quelle que soit la gravité de la sentence) sont conformes à la manifestation de Sa justice. Dans le cas contraire, Dieu serait un juge partial. D'autre part, si ses jugements sont insondables, il ne nous est pas possible d'en saisir la profondeur et la juste équité. Notre jugement personnel ne peut alors qu'être lui-même partial et incomplet, voire totalement faussé. Nous ne sommes donc pas en mesure d'en juger la fiabilité. L'apôtre Paul nous dit qu'il viendra un temps où nous connaîtrons comme nous avons été connus (1 Corinthiens 13:12). Nous serons alors à même d'en saisir totalement la dimension et la portée. Il nous faut donc, aujourd'hui, nous fier à la justice de Dieu "par la foi". Mais le même Psalmiste ajoute quelque chose d'intéressant. Il dit : "Tous ceux dont le cœur est droit l'approuveront" (Psaume 94:15b). Autrement dit : tous ceux dont le cœur est droit reconnaîtront que la manifestation de la Justice de Dieu est parfaitement équitable et fondée. À l'inverse, ceux qui n'approuveront pas la façon dont se manifeste la justice de Dieu démontrent, par leur attitude, que leur cœur n'a pas encore atteint ce niveau de droiture qui devrait leur permettre d'en apprécier la qualité intrinsèque. Esaïe dit également : "L'Eternel sera élevé par le jugement, et le Dieu saint sera sanctifié par la justice" (Esaïe 5:16). Dieu est ainsi élevé et glorifié par la façon dont Il rend la justice avec équité. C'est pourquoi Dieu dit par la bouche du prophète Ézéchiel : "Ils sauront que Je Suis l'Eternel quand j'exercerai mes jugements... quand je manifesterai ma sainteté" (Ézéchiel 28:22). De son côté, l'apôtre Jean nous dit que ceux qui sont dans le Ciel connaissent déjà les perfections de Dieu (Apocalypse 16:5 à 7, et 19:1, 2). Le Seigneur connaît ceux qui lui appartiennent (2 Timothée 2:9) et il viendra un temps où nous connaîtrons comme nous avons été connus (1 Corinthiens 13:12).

*René Pache fut Directeur de l'Institut Biblique d'Emmaüs, en Suisse. 

Le séjour en Enfer aura-t-il une fin ?  

Dans la description de ces réalités spirituelles, il y a un autre aspect qui dérange ceux qui en contestent la légitimité : la durée de la peine encourue. Car telle qu'elle est décrite dans la Bible, elle est éternelle. Il n'y a, en effet, dans l'application de cette peine, aucune rémission possible. À ces propos, l'on pourrait objecter : Faut-il prendre le mot "éternel" au sens propre ? Le mot "éternel" est employé soixante-trois fois dans le N.T. pour parler du Dieu éternel, de sa puissance éternelle, de l'Esprit éternel,  du royaume éternel, du salut éternel, de la rédemption éternelle, de l'alliance éternelle, de la consolation éternelle, etc... Pour toutes ces choses, il n'y a aucun doute qu'il s'agit bien d'une durée sans fin. Pourquoi en serait-il autrement pour les sept autres occurrences où se mot désigne la perdition éternelle ? Jésus oppose d'ailleurs félicité et damnation de la même manière : Éternelle (Matthieu 25:46). Elle est définitive et irrévocable. Pourtant, qu'est-ce que la durée d'une vie humaine face à l'éternité ? N'est-ce pas disproportionné ? Car enfin, la gravité du péché, quel qu'il soit, mérite-t-il une peine aussi sévère ? Pour tenter de répondre à cela, certaines dénominations enseignent que la peine encourue aura un jour une fin et que ceux qui y auront été jetés seront ensuite détruits définitivement, mettant un terme à leurs tourments. Pour d'autres, le jugement est limité dans le temps. Après une période déterminée, tous seront finalement sauvés. Mais ce n'est pas ce qu'enseignent les Écritures. Esaïe parle de flammes éternelles, du feu qui ne s'éteindra pas et du ver qui ne mourra pas (Esaïe 33:14, 66:24). Daniel parle de ceux qui se réveilleront (de la mort physique) pour l'opprobre et la honte éternelles (Daniel 12:2). Jean Baptise et Jésus parlent tous deux d'un feu qui ne s'éteint pas (Matthieu 3:12 / Marc 9:43), et Jésus, d'un "feu éternel" et d'un "châtiment éternel" (Matthieu 25:41, 46). La faute la plus grave aura été de parler contre le Saint-Esprit, en refusant ouvertement "le témoignage de Jésus" et le message du salut (Matthieu 12:32). Ils seront tourmentés, sans repos, jour et nuit, aux siècles des siècles (Apocalypse 14:11, 19:3, 20:10). C'est malheureusement une réalité que l'on ne peut ignorer, mais c'est également une vérité que l'on ne peut contester. Se convaincre que les choses sont différentes de ce que décrit la Bible expose à une brutale prise de conscience au moment ultime, car une conviction, quelle qu'elle soit, ne dispose pas du pouvoir d'en modifier la réalité. Croire que l'on peut voler n'empêchera pas celui qui se jetterait d'une falaise de s'écraser au bas de celle-ci. 

S'adressant au "prince de Tyr", Dieu lui dit par la bouche du prophète Ézéchiel : "Toi tu es homme et non Dieu, et tu prends ta volonté pour la volonté de Dieu" (Ézéchiel 28:2). L'apôtre Paul interroge : "Ô homme, qui es-tu pour contester avec Dieu ?" (Romains 9:20). Déjà Job avait fait ce constat : "Comment l'homme serait-il juste devant Dieu ? S'il voulait contester avec lui sur mille choses, il ne pourrait répondre à une seule. À lui la sagesse, à lui la toute-puissance" (Job 9:3). Le Seigneur ne nous a pas laissé ignorants de ces choses. En effet, sans cette révélation, l'homme se serait bercé d'illusions, selon sa fantaisie et ses croyances. Mais Jésus nous dit : "Voici, je vous ai tout annoncé d'avance" (Matthieu 24:25), reprenant ainsi les paroles que Dieu adressa à son peuple par l'intermédiaire du prophète Esaïe : "Qui l'a annoncé dès le commencement pour que nous le sachions, et longtemps d'avance pour que nous disions : c'est vrai !" (Esaïe 41:26), et "J'annonce dès le commencement ce qui doit arriver et longtemps d'avance ce qui n'est pas encore accompli. Je dis : mes arrêts subsisteront et j'exécuterai toute ma volonté" (Esaïe 46:10). 

La lecture de ces textes nécessite réflexion. La terreur qu'ils peuvent inspirer est cependant salvatrice si, prenant conscience de ces vérités, l'âme se tourne vers Celui qui a le pouvoir de nous en délivrer (1 Jean 4:8 à 10), croyant  que Jésus a porté sur la Croix le châtiment qui nous incombait et "nous a délivré de la colère à venir" (1 Thessaloniciens 1:10). Car, à la Croix, le châtiment est tombé sur lui, comme le dit le prophète Esaïe : "Mais il a été blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités, le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui" (Esaïe 53:5)

Une réalité effrayante  

On compare parfois la sévérité des châtiments de l'Ancien Testament avec la Grâce manifestée dans le Nouveau. Pourtant, l'auteur de l'Épître aux Hébreux nous dit que "celui qui a violé la loi de Moïse meurt, sans miséricorde, sur la déposition de deux ou trois témoins; de quel pire châtiment pensez-vous que sera jugé digne celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu ?" Et l'auteur ajoute : "C'est une chose terrible que de tomber dans les mains du Dieu vivant" (Hébreux 10:28 à 31). Les châtiments mentionnés dans l'Ancien Testament étaient physiques et temporels. Ceux mentionnés dans le Nouveau sont éternels. Bien que l'Enfer, tel que nous le décrivent les Écritures, puisse être effrayant, cela n'a rien à voir avec les grossières caricatures du Moyen-Âge remplies de démons fourchus et grimaçants armés de piques, et d'une marmite bouillante dans laquelle souffrent les damnés. Pourtant, la Bible utilise une imagerie qui n'en est pas moins évocatrice : ver rongeur, honte éternelle, pleurs et grincements de dents, ténèbres, ruine et d'autres encore... Le feu est représenté sous différents formes : bûcher, flammes éternelles, géhenne, fournaise ardente, souffre, étang de feu... Ces descriptions tentent de décrire des réalités spirituelles, mais s'il y a résurrection des corps pour les impies, leur tourment comportera alors une part de souffrance physique. Si l'on devait décrire, en une phrase, ce qu'est, ou ce que pourrait être l'Enfer, on pourrait se référer à une phrase de l'Épître aux Thessaloniciens qui dit : "Ils auront pour châtiment une ruine éternelle, loin de la face du Seigneur" (2 Thessaloniciens 1:9). L'Enfer, c'est la séparation éternelle et définitive de la Personne de Dieu, source de vie, de paix, de joie, de bonheur, de sérénité et d'amour. L'Enfer, c'est être confronté à sa propre nature charnelle sans pouvoir bénéficier aucunement de ce qui pallie à celle-ci, de quelconque façon que ce soit, et en ayant pleinement et entièrement conscience de la gravité de son péché, sans qu'il n'y ait plus aucun recours pour y remédier, et ce, pour l'éternité. C'est ce qui est enseigné par Jésus dans la parabole de l'homme riche et de Lazare (Luc 16:19 à 31). Où, comme le dit Paul : "À ceux qui, par esprit de dispute, sont rebelles à la vérité et obéissent à l'injustice. Tribulations et angoisses sur toute âme d'homme qui fait le mal" (Romains 2:8, 9), "subissant la peine d'un feu éternel" (Jude 7). Comme le dit le Seigneur, par la bouche du prophète Ézéchiel : "Je fais sortir de toi un feu qui te dévore" (Ézéchiel 28:18). Son principal châtiment viendra du vide immense ressenti en son for intérieur. Rongé par le remords, l'amertume, la rébellion, la colère, la révolte, conscient que cet état durera éternellement et sans aucun recours. Et comme le dit le Seigneur au peuple d'Israël : "Vous saurez ce que c'est que d'être privé de ma présence" (Nombres 14:34). L'apocalypse n'est pas en reste. Elle nous parle de celui qui "adore la bête et son image et reçoit une marque sur son front ou sur sa main... il sera tourmenté dans le feu et dans le souffre, devant les saints anges et devant l'Agneau" (Apocalypse 14:9, 10). Reste bien évidemment à définir quelle est cette marque. Mais le texte nous dit que ceux qui l'auront reçue auront préalablement "adoré la bête et son image". C'est un critère qui doit impérativement être pris en compte pour tenter d'identifier celle-ci. 
 

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La "Bouche de l'Enfer", au Turkménistan.


Ce qu'en disent les Écritures  

La notion de "Jugements de Dieu" heurte parfois certains qui n'hésitent pas à reléguer ceux-ci à l'époque de "l'Ancien Testament", ne pouvant concevoir un Dieu d'amour (celui du Nouveau Testament) exercer de si durs sentences à l'égard des hommes. La lecture des textes mentionnés ci plus haut démontre largement que les Écrits du Nouveau Testament ne sont pas en reste sur ce sujet, il faut le reconnaître, extrêmement sensible. Ma démarche, en rédigeant cet article, n'était nullement moralisante ou "légaliste". Bien que parfaitement conscient de l'aspect "brûlant" de ce sujet, j'ai voulu aborder celui-ci comme je le ferais avec n'importe quel autre thème des Écritures : de la façon la plus exhaustive possible. J'espère avoir ici atteint mon objectif. 

Ainsi donc, il ressort de tout cela, selon les Écritures, que l'Enfer est à la fois un lieu et l'application d'un jugement divin. Si la sentence est contestée par certains, c'est donc que, à leurs yeux, les jugements de Dieu présenteraient quelques failles. Or, une telle prétention remettrait automatiquement en cause la Nature même de Dieu. Mieux vaut donc y réfléchir avant de l'affirmer. La Bible étant tout à fait à même de se défendre seule, mieux vaut alors écouter ses propres argumentations. Que nous dit-elle de ses  jugements en général ? 

-Ils permettent de Le connaître (Ézéchiel 25:11 / 30:19) et ils inspirent une crainte respectueuse de l'Eternel (Psaume 119:20). Ils consolent (Psaume 119:52) et ils incitent à la louange (Psaume 119:62). Ils délivrent les opprimés (Exode 6:6) et ils apportent un soutien dans l'épreuve (Psaume 119:175). Ils donnent la joie (Psaume 97:8, 48:12), la vie (Psaume 119:156) et l'espoir (Psaume 119:43 / Esaïe 26:8), 

-Ils sont justes (Psaume 119:75 / Psaume 19:10b / Apocalypse 16:7, 19:2), équitables (Psaume 119:137), impartiaux (Proverbes 24:23), pleins de bonté (Psaume 119:39), prononcés par ses lèvres (1 Chroniques 16:12 / Psaumes 105:5b), insondables et profonds (Psaume 36:7 / Romains 11:33).

-Ils s'exercent sur la Terre (1 Chroniques 16:14 / Psaume 105:7), en pleine lumière et à la vue de tous (Sophonie 3:5 / Apocalypse 15:4 / Osée 6:5), par les forces de la nature et les éléments naturels (Ézéchiel 38:22), par le feu et le glaive (Esaïe 66:16), et par la sagesse divine (1 Rois 3:28), contre les idoles et les faux dieux (Exode 12:12), et contre ceux qui méprisent son peuple (Ézéchiel 28:26), dans les contestations (2 Chroniques 19:8), avec intégrité et honnêteté (Lévitique 19:35) parce que Dieu a en horreur toute forme d'iniquité (Habakuk 1:12).

-Ils doivent être rendus, par l'homme, honnêtement et de façon impartiale (Deutéronome 1:17 / Lévitique 19:15, 35) sous Son regard  (2 Chroniques 19:6), car lorsqu'on rend des jugements iniques, la loi n'a pas de vie et la justice n'a pas de force (Habakuk 1:4). Les jugements de Dieu confrontent et révèlent la méchanceté des hommes (Jérémie 1:16) mais ils permettent aux nations d'acquérir les notions de justice, telle que Dieu la conçoit (Esaïe 26:9). Au final, ils expriment la colère de Dieu (Ézéchiel 5:15)

Dieu permet cependant qu'on l'interroge sur ses jugements (Jérémie 12:1) car nous sommes, nous-mêmes, appelés un jour à exercer un jugement sur le Monde (1 Corinthiens 6:2). Les jugements de Dieu sont donc parfaitement conformes à la Nature même de Celui qui les exerce. 

Conclusion  

Si, sur cette Terre, les jugements de Dieu sont parfois contestés, même au sein de son propre peuple, la Parole de Dieu en atteste pourtant la justesse (Psaume 19:10b). Dans le ciel, les anges les proclament (Apocalypse 16:5, 7), ainsi que cette mystérieuse "foule nombreuse" (Apocalypse 19:2). Tout le monde, dans les cieux reconnaît la perfection de ses décisions et de ses décrets. L'apôtre Paul écrira aux Thessaloniciens que lorsque Jésus reviendra dans sa gloire, il "apparaîtra du ciel au milieu d'une flamme de feu, pour punir ceux qui ne connaissent pas Dieu et ceux qui n'obéissent pas à l'Evangile de notre Seigneur Jésus-Christ" (2 Thessaloniciens 1:7, 8). Peut-être trouvera-t-on ces paroles d'une grande dureté (Jean 6: 60), mais ne vaut-il pas mieux en tenir compte aujourd'hui plutôt que d'en voir un jour la réalisation après les avoir sciemment ignorées ? La Parole de Dieu nous met sérieusement en garde. Ce qu'elle affirme est la vérité et "il n'y a point en elle de mensonge" (Apocalypse 14:5). Puisse-t-elle arracher un grand nombre des flammes de ce lieu de perdition, comme "un tison arraché du feu" (Zacharie 3:2).

Comme le dit l'évangéliste Luc : "Il m'a semblé bon, après avoir fait des recherches exactes sur toutes ces choses depuis leur origine, de te les exposer par écrit, de manière suivie" (Luc 1:3). Le sujet méritant toute notre attention, il ne peut souffrir d'être ignoré. "Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu'il ait la vie éternelle" (Jean 3:16).

La courte vidéo qui suit permet de comprendre le plan merveilleux de ce Salut que le Seigneur Jésus-Christ nous offre par Sa mort sanglante à la Croix, "Aussi longtemps que l'on peut dire aujourd'hui" (Hébreux 3:13). Ne remettons pas à demain une si précieuse décision, au risque de nous entendre dire : "Insensé, cette nuit même ton âme te sera redemandée" (Luc 12:20). Car "comment échapperons-nous en négligeant un si grand salut" (Hébreux 2:3) ? 

 

- Pour la rédaction de cet article, je me suis largement inspiré de l'ouvrage "L'au-delà", du Professeur René Pache. Il fut, durant de nombreuses années, directeur de l'Institut biblique Emmaüs. Il est reconnu, dans le monde évangélique, comme une référence et une sommité. Les nombreux ouvrages dont il est l'auteur font autorité pour ce qui est de l'enseignement de la doctrine biblique. Les références mentionnées dans cet article sont tirées de la version Louis Segond. 

 

JiDé

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