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Samuel et la stérilité d'une mère (deuxième partie)

Samuel et la stérilité d'une mère (deuxième partie)

Les fils d'Eli

"Elkana s'en alla dans sa maison à Rama et l'enfant fut au service de l'Eternel devant le sacrificateur Eli. Les fils d'Eli étaient des hommes pervers, ils ne connaissaient pas l'Eternel" (1 Samuel 2:11, 12). L'auteur du livre nous brosse ici un portrait concis mais combien révélateur du contexte dans lequel se sont produits ces événements. Anne retrouvait son fils une fois par an, lorsqu'elle montait à Shilo (1 Samuel 1:3, 7). Son mari, était lévite (1 Chroniques 6:27) et descendant de Koré (Nombres 16 / 1 Chroniques 6:16, 22 à 28), il lui fallait donc occuper ses fonctions deux fois par an durant deux semaines selon le calendrier de service fixé pour chaque famille issue de Lévi (Luc 1: 5, 8)

C'est donc en tant qu'enfant consacré et futur lévite que Samuel fut confié à Éli le Grand Sacrificateur. Quel brisement une telle séparation a-t-elle pu provoquer dans le cœur et l'âme de ce tout jeune garçon ? L'absence de Samuel, dans la maison d'Elkana et d'Anne, faisait sans doute ressentir à celle-ci tout le poids et l'implication des paroles qu'elle prononça au sommet de sa douleur, lorsque sa matrice était encore fermée. D'autres enfants vinrent combler, en partie, ce vide. Cependant, on ne peut négliger l'importance et l'impact que cette séparation put avoir sur la personnalité et le caractère du futur prophète. L'homme qu'il allait devenir garderait, gravée en lui, la marque indélébile de cet éloignement douloureux. Si la blessure put guérir, la cicatrice de celle-ci demeura en lui le sceau de sa consécration. Samuel fut "au service de l'Eternel devant le sacrificateur Eli". Celui-ci le prit sous son aile. Peut-être même le considéra-t-il comme un fils. Mais une phrase, riche de sens, vient s'ajouter au récit de cette douloureuse période de la vie de Samuel. "Les fils d'Eli étaient des hommes pervers, ils ne connaissaient pas l'Eternel" (verset 12). Ces quelques mots en disent long sur le contexte dans lequel l'enfant Samuel va commencer à servir l'Eternel sous la protection d'Eli. Samuel était né et avait grandi avec des "demi-frères". Il se retrouve à nouveau avec des jeunes gens qui, eux, ne se soucient nullement de servir le Seigneur. On peut donc supposer que les relations entre l'enfant, désireux de servir Dieu, et les deux frères, ne se souciant que de se servir des plus beaux morceaux de viande, ne devaient pas être des plus amicales. A cette époque encore, "Samuel ne connaissait pas l'Eternel et la parole de l'Eternel ne lui avait pas encore été révélée" (1 Samuel 3:7). Samuel n'est encore qu'un adolescent. Il n'en demeure pas moins le témoin des actes irrévérencieux des fils d'Eli. Que peut-il faire ? A-t-il osé leur reprocher leurs larcins ? Si tel est le cas, il dut très certainement se faire vertement rabrouer par ceux-là mêmes qui s'étaient octroyé le droit de prélever la meilleure part carnée.

Littéralement, le texte dit : "oubnéi Eli bnéi Bélial" (fils d'Eli, fils de Bélial), ce qui en dit long sur le caractère et la personnalité de ces deux jeunes hommes. L'expression "fils de Bélial" (qui fait référence à une divinité païenne) peut également se traduire par "fils pervers". Les fils d'Éli étaient dotés d'un caractère tortueux doublé d'une dévotion idolâtre. En comparaison, le livre des Juges fait mention des habitants de la ville de Guilgal, comme étant des "hommes pervers" (littéralement : "fils de Bélial" - Juges 19:22). Le récit mentionné dans ce chapitre montre combien cette "perversité" pouvait pousser les benjamites à des comportements des plus abjects (Juges 19:23 à 25). L'apôtre Paul utilisera le terme de "Bélial" comme synonyme "d'idoles et de choses des ténèbres" (2 Corinthiens 6:14 à 16). Si l'on associe cette définition aux fils d'Eli, on peut se faire une idée du genre de personnages avec qui devait vivre le jeune Samuel au quotidien. Comment ces deux jeunes gens voient-ils cet enfant ? Comme un orphelin dont les parents se sont débarrassés sous couvert d'un engagement religieux ? D'un gêneur, d'un donneur de leçons qui, par l'intégrité de son comportement, condamne silencieusement leur conscience enténébrée et leur attitude désinvolte ? C'est là, dans ce contexte si particulier, que grandit l'enfant. C'est là aussi, confronté à ces choses sur lesquelles leur père lui-même semble fermer les yeux, que se construit le caractère du futur prophète. Nous sommes encore dans cette période sombre de l'histoire du peuple d'Israël pendant laquelle "chacun faisait ce qui lui semblait bon" (littéralement : "ce qui lui semblait droit à ses yeux" - Juges 17:6 / 21:25). C'est en effet dans ce contexte spirituel un peu particulier qu'Anne prend la décision de consacrer son fils au Seigneur sans en avoir préalablement fait part à son mari. Décision que celui-ci ne conteste pas. Sa réponse est plutôt énigmatique (1 Samuel 1:23). Peut-être était-il, lui aussi, influencé par la pensée de son siècle ? "Fais ce qu'il te plaît si tu penses que c'est bien". Mais revenons aux fils d'Éli...

"Ces jeunes gens (na'ar) se rendaient coupables devant l'Eternel d'un très grand péché parce qu'ils méprisaient les offrandes de l'Eternel. Samuel faisait le service devant l'Eternel et cet enfant était revêtu d'un éphod de lin" (1 Samuel 2:17, 18). Une fois encore, le contraste apparaît. Eli, devenu vieux, n'arrivait pas à reprendre ses fils. Ceux-ci méprisaient son autorité, autant que le service de Dieu lui-même. "Ils n'écoutèrent pas la voix de leur père car l'Eternel voulait les faire mourir" (1 Samuel 2:24, 25). Ils s'appelaient Hophni et Phinée, ou Phineas. Le nom d'Hophni vient de "chofen", ce qui signifie "poignée, creux de la main". Il peut être traduit également par "lutteur". Son frère porte, lui, le nom de Phineas, que l'on peut traduire par "bouche de cuivre". Une expression composée des mots "peh" (bouche) et "narash" ("serpent, reptile", mais aussi "qui pratique la divination"). La référence au cuivre vient de l'expression "narash néroshet" (serpent de cuivre - Nombres 21:8, 9). On trouve à ces deux noms, Hophni et Phineas, une racine commune : les lettres fé, yod, heth et noun, ce qui démontre une forme de dualité complice entre les deux frères. La référence au cuivre semble apporter une notion curative, mais par l'exercice de pratiques occultes. "Bouche de cuivre" fait également implicitement référence aux récipients dans lesquels étaient cuites les viandes des offrandes. Il y a donc, dans ce nom, une référence au fait qu'ils se nourrissaient de celles-ci. Le mot "lutteur", quant à lui, fait directement référence à la façon brutale dont ils s'emparaient de ces mets (1 Samuel 2:16)

"Ces jeunes gens (na'ar)". Ce terme est également utilisé pour désigner Samuel. "L'enfant (Samuel) était encore tout jeune (na'ar) (1 Samuel 1:24). On peut en conclure que Samuel et les fils d'Eli devaient être approximativement du même âge. Le texte nous dit que "Samuel faisait le service et cet enfant (na'ar) était revêtu d'un éphod de lin" (1 Samuel 2:18). Un "enfant" capable de faire le service lévitique. "Et le jeune (na'ar) Samuel grandissait auprès de l'Eternel… le jeune (na'ar) Samuel continuait à grandir (gadel)" (1 Samuel 2:21, 26). "Gadel" signifie "grandir, s'élever, devenir vigoureux". Samuel s'est développé physiquement et psychologiquement. L'enfant, l'adolescent, est devenu un homme. Tout comme Joseph le devint à la cour de Pharaon. Il a développé sa stature et il est devenu "vigoureux". On peut ainsi comparer ce développement progressif au nom de l'un des fils d'Éli : Hophni, dont le nom signifie, entre autres, "Lutteur". En grandissant, Samuel a pu tenir tête à la force physique d'Hophni, et à la "langue de serpent" de Phineas. 
 


Non contents de cela, ces jeunes gens s'accouplaient avec des femmes venues en groupe auprès du Tabernacle. Le texte fait mention de "femmes qui s'assemblaient (tsaba) à l'entrée de la tente d'assignation" (1 Samuel 2:22). "Tsaba" est un mot qui désigne généralement une troupe armée. Ce mot a une connotation guerrière très forte. Ces femmes formaient ensemble comme une troupe armée. Elle s'étaient installées aux abords du Tabernacle, peut-être pour pratiquer la prostitution, et personne ne pouvait les en déloger. "J'ai offert mon sacrifice" dit la courtisane des Proverbes (Proverbes 7:10 à 18). Peut-être était-ce également l'attitude de ces femmes qui se postaient aux alentours du Tabernacle. Ce groupe de femmes qui se tenaient comme une armée au combat. Il est fort probable que quelques courageux cherchèrent à les faire partir, mais elles se battirent bec et ongles pour défendre cet emplacement de choix où elles exerçaient peut-être le commerce de leurs charmes. Samuel fut témoin de ces choses, lui le jeune garçon privé de la présence rassurante de ses parents. Il est possible qu'il fut également l'objet de leurs sollicitations. La vision qui s'offre quotidiennement à ses yeux va ainsi forger le caractère du prophète qu'il est en passe de devenir. Tout cela présente le contexte dans lequel le jeune Samuel exerçait ses fonctions au Tabernacle. Voilà ce que, tout jeune garçon, il pouvait voir au quotidien. C'est le cadre dans lequel va grandir celui qui va devenir, quelques années plus tard, le prophète Samuel. Les fils d'Eli n'avaient pas tardé à répondre aux sollicitations de ces femmes légères. Les deux frères ne formaient qu'un dans la pratique de ce qui était mal aux yeux de l'Eternel. "Le lutteur à la bouche de cuivre" répondit à l'appel des sirènes. Ayant mis le comble à leurs péchés, les deux frères devaient bientôt le payer de leur vie. 

"Eli était avancé en âge et il apprit comment ses fils agissaient à l'égard de tout Israël, il apprit également qu'ils couchaient avec les femmes qui s'assemblaient à l'entrée de la tente d'assignation. Il leur dit : pourquoi faites-vous ces choses ? Car j'apprends de tout le peuple vos mauvaises actions" (1 Samuel 2:22, 23). Le mode de vie de ses fils était connu de tout Israël. Il était de notoriété publique que les fils du Grand Sacrificateur Eli étaient des débauchés, des voleurs et des impies. Mais leur conduite devait les conduire vers un destin funeste que seule une profonde et authentique repentance aurait pu leur éviter. Tant Eli que ses fils l'ignoraient encore, mais "L'Eternel voulait les faire mourir" (verset 25). Puis, une fois de plus, le texte biblique introduit un contraste flagrant. "Le jeune Samuel continuait à grandir et il était agréable à l'Eternel et aux hommes" (verset 26). Autant les fils d'Eli étaient en aversion au peuple d'Israël à cause de leur conduite, autant Samuel avait son approbation. Depuis sa jeunesse, Samuel a été aimé du peuple. Il est né à Rama. Il y a vécu durant toute la durée de son ministère. Il y est mort et y fut enseveli. Sa réputation s'étendait dans tout le pays. Le récit de sa conception était connu également. Il était ce naziréen-prophète qui avait vécu dans la maison d'Eli, à Silo. Mais alors qu'il n'est encore qu'un enfant, "Samuel ne connaissait pas encore l'Eternel et la parole de l'Eternel ne lui avait pas encore été révélée" (1 Samuel 3:7). C'était une période d'aridité spirituelle. "La parole de l'Eternel était rare en ce temps-là, les visions n'étaient pas fréquentes" (1 Samuel 3:1), mais cette parole allait bientôt se faire entendre aux oreilles de Samuel. 

Une voix se fait entendre

Le chapitrage du texte biblique, s'il présente un certain confort de lecture, interrompt parfois, de façon artificielle, la continuité du récit. Cela peut parfois fausser sa compréhension et amputer le texte de son début où de sa suite. Et cela peut également avoir une incidence non négligeable sur sa compréhension. On en a un exemple flagrant entre la fin du chapitre 2 et le début du chapitre 3. Le second chapitre du livre de Samuel s'achève par un message adressé à Eli par un prophète (1 Samuel 2:27 à 36) dont le texte biblique ne donne pas le nom mais qui est désigné par l'expression "un homme de Dieu" (verset 27). Le chapitre 3 se poursuit par ces mots : "La parole de Dieu était rare en ce temps là, les visions n'étaient pas fréquentes" (1 Samuel 3:1). En réalité, ces deux textes n'en forment qu'un seul. Ils doivent être lus ensemble. Le message adressé à Eli par cet homme de Dieu avait quelque chose d'exceptionnel. La voix de l'Eternel s'était tue, et soudain, elle se fait à nouveau entendre. Un message est adressé à celui qui représente peut-être alors la seule autorité nationale reconnue par les douze tribus d'Israël. Le contexte dans lequel s'inscrit le livre de Samuel est celui du livre des Juges où "chacun faisait ce qui lui semblait bon" et cette parole est une parole de jugement. Eli va l'entendre, mais il n'en tiendra pourtant pas compte. Tout au moins, pas suffisamment pour que les choses changent. Le prophète annonça au vieil homme que ses deux fils mourraient le même jour, et que ce serait de la main de l'Eternel que cela se produirait (1 Samuel 2:34). Ceux-ci moururent en effet le jour où l'arche de Dieu fut prise par les Philistins (1 Samuel 4:11). Mais revenons à l'époque où Samuel servait auprès d'Eli. 

"Le jeune Samuel était au service de l'Eternel devant Eli. La parole de l'Eternel était rare en ce temps-là… en ce même temps, Eli, qui commençait à avoir les yeux troubles et ne pouvait plus voir, était couché à sa place, la lampe de Dieu n'était pas encore éteinte et Samuel était couché dans le Temple de l'Eternel où était l'arche de Dieu" (1 Samuel 3:1 à 3). Ce texte vient donc à la suite du message adressé par l'homme de Dieu à Eli. Un certain temps s'est cependant écoulé depuis la visite du saint homme. Peut-être même plusieurs années. Il est intéressant de noter que "Samuel était au service de l'Eternel... devant Eli". Samuel ne servait pas un homme. Il servait Dieu là où il avait été placé. "La parole de Dieu était rare" mais elle était encore présente. "Eli commençait à avoir les yeux troubles… la lampe de l'Eternel n'était pas encore éteinte" (Apocalypse 2:5). Bien qu'il n'ait pas tenu compte des avertissements du prophète, Eli gardait malgré tout une petite lueur brillante dans son cœur. La lampe de l'Eternel ne s'était pas totalement éteinte dans son âme. Sa vue avait considérablement baissé mais quelque chose brillait encore dans son for intérieur. Il était encore en mesure d'entendre ce que Dieu allait lui dire par la bouche de cet enfant en qui il reconnaissait les qualités d'un authentique serviteur de Dieu. Et là, dans cette semi-obscurité, image de celle dans laquelle est plongée physiquement et spirituellement le vieil homme, la voix de Dieu va se faire entendre. "Samuel, Samuel" (1 Samuel 3:10). Ce nom signifie "Dieu écoute, Dieu a écouté, Dieu a entendu". Il se dit en hébreu "Shémou'el". On retrouve, dans ce nom, la racine "shema" (écoute) et "shem" (nom). Or, "La parole de Dieu était rare en ce temps-là", mais elle va se faire entendre à nouveau dans ce lieu où reposent, à la fois, l'arche de l'alliance et le jeune Samuel. Et Dieu appelle l'enfant par ces mots : "Dieu écoute ! Dieu écoute !". Dieu s'adresse  à l'enfant pour que celui-ci l'écoute (shema), et pour cela, il s'adresse à lui en l'appelant par son nom (shem) : "Dieu écoute" (Shemou'el). Il y a ici un double jeu de mots. Samuel a reçu ce nom de sa mère à qui Dieu avait répondu favorablement. Dieu avait entendu sa prière, Dieu avait écouté sa supplication. Elle avait donc consacré son fils, lui donnant un nom qui était en lien direct avec son exaucement. Et voilà que Dieu appelle maintenant cet enfant par ce nom si particulier, lié à une réponse que Dieu avait donnée autrefois, bien des années plus tôt, à sa mère. 

Croyant entendre la voix d'Eli, Samuel se rend à son chevet mais le vieil homme le renvoie gentiment se coucher. Jusqu'à la troisième fois où Eli comprend soudain que c'est Dieu lui-même qui appelle l'enfant. Mais cela va éveiller l'attention du vieil homme. Dieu parle. Si "la parole de Dieu était rare en ce temps-là", il lui fallait la connaître. Soupçonnait-il que celle-ci lui serait adressée par l'intermédiaire de l'enfant ? La façon dont il l'interroge peut le laisser supposer : "Ne me cache rien" (1 Samuel 3:16, 17), lui dira-t-il. Il doit donc se douter que le message adressé à Samuel, et qui le concerne certainement, ne sera pas facile à entendre. On pourrait comparer cette situation en imaginant un catéchumène devant un prélat ecclésiastique, un jeune étudiant de Yeshiva devant un Grand Rabbin, enseignant renommé, ou un jeune converti devant un pasteur de réputation nationale. Et si une telle situation se présentait aujourd'hui, comment ces trois hommes réagiraient-ils ? 

"Le jeune Samuel était au service de l'Eternel devant Eli. La parole de l'Eternel était rare en ce temps-là… en ce même temps, Eli, qui commençait à avoir les yeux troubles et ne pouvait plus voir, était couché à sa place , la lampe de Dieu n'était pas encore éteinte". 

"Le jeune Samuel était au service de l'Eternel" et Eli le savait. Samuel n'était pas à son service, mais au service de Dieu. Cette petite nuance a son importance dans la façon dont Eli va recevoir le message divin. Ce n'est pas son serviteur qui vient lui parler de la part de Dieu, c'est "le serviteur de l'Eternel". C'est peut-être cela qui va permettre à Eli d'entendre ce que Dieu a à lui dire. "Eli dit à Samuel : Va, couche-toi, et si l'on t'appelle, tu diras : Parle, Eternel, car ton serviteur écoute" (1 Samuel 3:8). Samuel alla se coucher, et Dieu l'appela à nouveau "comme les autre fois : Samuel, Samuel". Ce qui signifie qu'à chaque fois que Dieu a appelé Samuel, il l'a fait en prononçant deux fois son nom. On retrouve à nouveau cette dualité, tellement présente dans la vie de l'enfant Samuel. La parole de Dieu vint à lui et confirma ce qui avait déjà été dit à Eli par l'homme de Dieu. La sentence qui avait été annoncée pour ses fils allait s'accomplir. Eli ne les avait pas suffisamment repris pour qu'ils changent d'attitude. Il leur avait été laissé du temps pour se repentir. Ni Eli, ni ses fils n'ont pris suffisamment en considération la parole de Dieu. Celle-ci allait être exécutée. Cet épisode de la vie de Samuel marquait le début de son ministère prophétique. Après la mort des fils d'Eli, le récit de ces événements se répandit dans tout Israël et fit toute la réputation de Samuel. "Alors l'Eternel dit à Samuel : Voici, je vais faire en Israël une chose qui étourdira les oreilles de quiconque l'entendra" (1 Samuel 3:11). Samuel était, depuis longtemps, le témoin des actes scandaleux des fils d'Eli. Et voilà que Dieu lui annonce, lui-même, qu'il va les faire mourir. Et de plus, il lui faut annoncer cela à leur père. Mais le cœur d'Eli avait été préparé. Il était prêt à entendre ce qui lui serait dit. Il savait également par qui cette parole lui serait adressée. La mort prochaine de ses fils allait lui être annoncée par cet enfant qui lui avait été confié et qui avait grandi à ses côté.

A la nouvelle de la prise de l'arche par les Philistins après une bataille (1 Samuel 5:1), Eli tomba à la renverse et se brisa la nuque. L'autorité de Samuel se répandit sur tout Israël et "la parole de Samuel s'adressait à tout Israël" (1 Samuel 4:1). Sa renommée s'accrut ainsi que son autorité. Il donna à Israël le roi que celui-ci réclamait. Il oignit encore pour roi le jeune David (dont l'enfance est également abordée dans un article de ce blog : "David... né dans l'iniquité"). Et "Samuel fut juge en Israël pendant toute sa vie" (1 Samuel 7:15). Puis "Samuel mourut. Tout Israël s'étant assemblé le pleura et on l'enterra dans sa demeure à Rama" (1 Samuel 25:1). Samuel fut le dernier des juges et le premier d'une longue lignée de prophètes. Son nom, Shemou'el, portait en germe tout ce que devait être (et ce que devrait être encore aujourd'hui) le ministère de prophète : l'écoute de Dieu. Car ce qui fait la qualité intrinsèque d'un authentique prophète de Dieu, c'est autant la véracité de ses propos que sa capacité à écouter ce que Dieu dit. Esaïe dira plus tard : "Le Seigneur, l'Eternel, m'a ouvert l'oreille et je n'ai pas résisté. Je ne me suis pas retiré en arrière" (Esaïe 50:5). Il résumait, en ces quelques mots, une vie entière passée à l'écoute de Dieu. En cela, tous ces prophètes qui se sont succédés dans l'Histoire de Juda et d'Israël se sont montrés les dignes successeurs du "premier des prophètes".  

 

JiDé

Samuel et la stérilité d'une mère (deuxième partie)
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