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Il ne restera pas pierre sur pierre. L'Église, un édifice ?

Il ne restera pas pierre sur pierre. L'Église, un édifice ?

Des antiques temples de Louxor, en Égypte, aux cathédrales du Moyen-Âge, du Parthénon d'Athènes aux édifices les plus modernes, l'homme bâtit, élève, construit de somptueux édifices qui témoignent silencieusement de ses croyances et de ses convictions. Et pour ce faire, la pierre est probablement le plus sûr des matériaux. Ces édifices illustrent, depuis des siècles, l'incarnation de sa spiritualité dans la matière. Traversant les âges, ils transcendent le temps comme les témoins immuables de ses certitudes. Et, comme le dit l'Ecclésiaste, "Il y a un temps pour abattre et un temps pour bâtir (Ecclésiaste 3:3). La foi, quant à elle, préfère s'incarner dans ce fragile édifice qu'est l'être humain, réduit à un court avenir ne dépassant pas cent vingt ans. Et pourtant, c'est au cœur même de cette fragilité, au sein de cet éphémère réceptacle, que la véritable spiritualité tend vers l'éternité. Cependant, ne confondons-nous pas, parfois, l'édifice et l'Église ? 

Pour illustrer mon propos, j'aimerais mentionner ici un épisode de l'Évangile de Marc. Il nous est dit que : "Lorsque Jésus sortit du Temple (de Jérusalem), un de ses disciples lui dit : Maître, regarde quelles pierres et quelles constructions ! Jésus lui répondit : Vois-tu ces grandes constructions ? Il ne restera pas pierre sur pierre qui ne soit renversée" (Marc 13:1). L'évangéliste Luc rapporte lui aussi ce dialogue, mais avec quelques nuances : "Comme quelques uns parlaient des belles pierres et des offrandes qui faisaient l'ornement du Temple, Jésus lui dit : les jours viendront où, de ce que vous voyez, il ne restera pas pierre sur pierre qui ne soit renversée" (Luc 21:6). Les disciples ne faisaient que manifester leur admiration pour un bâtiment qui était considéré, à cette époque, comme l'une des plus belles constructions du monde connu. L'on disait alors que "Celui qui n'avait pas vu le Temple de Jérusalem n'a jamais vu quelque chose de beau". Quarante-six années avaient été nécessaires pour bâtir ce Temple d'une beauté incomparable (Jean 2:20). Par une parole, Jésus brisa tout net l'engouement de ses disciples. Ils ne pourraient désormais plus regarder ce magnifique édifice de la même manière. Il sera effectivement détruit par les légions de Rome en l'an 70 de notre ère. 

Bâtie sur le sable

Bien d'autres édifices religieux tombèrent en ruine ou furent détruits au court de conflits et de guerres (de religions ou non). Au dix-septième Siècle, le Parthénon d'Athènes fut transformé en poudrière par les Turcs qui occupaient alors les lieux. Les canons italiens la firent exploser et l'antique construction, jusqu'alors relativement bien conservée, subit de sérieux dommages. La pierre ne put résister à la poudre. À l'époque faste du Protestantisme, des temples fleurirent un peu partout en terres huguenotes. L'architecture de leurs frontons, en pierre de taille, s'inspirait cependant plutôt des temples grecs que de l'architecture d'Hérode le Grand. Avant eux, les églises traditionnelles rivalisaient de faste et de dorures. Leurs architectures raffinées s'élançaient vers le ciel. Bien plus tard, les premières assemblées évangéliques se contentèrent, elles, de locaux modestes qu'on voulait bien leur louer pour abriter leurs cultes dominicaux. Mais le temps passant, et leur nombre s'accroissant, la propriété leur devint accessible. De terrains constructibles en édifices de plus en plus cossus, l'immobilier devint une priorité incontournable. À grands coups d'appels de dons, des bâtiments de plus en plus modernes sortirent alors de terre. Omettant soudainement leur insistance appuyée pour inciter les croyants à "investir dans le Royaume", on cria haut et fort que "Dieu avait répondu au delà de leurs espérances". Aux yeux de leurs commanditaires, les coûts élevés, les sommes, parfois astronomiques, investies dans ces nouveaux "temples" se justifiaient pleinement. Rien n'est trop beau pour le "service de Dieu". À la sortie de l'un de l'un de ces édifices flambants neufs, l'on pouvait dire, comme les disciples sortant du Temple : "Regarde, quel beau bâtiment !". Qui pourrait croire qu'à cette même exclamation admirative, le Seigneur puisse répondre, comme il le fit autrefois à ce disciple : "Vois-tu ces grandes constructions ? Il ne restera pas pierre sur pierre qui ne soit renversée". Mais pourquoi cela se produirait-il ?
 


Dans la parabole des "deux maisons", Jésus fait allusion à la destruction de l'une d'elles (Matthieu 7:24 à 28)"Et la maison est tombée" dit-il. Mais cet enseignement du Seigneur se préoccupait peu d'un quelconque édifice. Si, ailleurs, Jésus compare son corps à un temple (Jean 2:21), l'apôtre Paul rappellera plus tard, aux chrétiens de Corinthe, que le leur est "le temple du Saint-Esprit" (1 Corinthiens 6:19). Si "la maison est tombée", ce n'est pas que le bâtiment ait été détruit, mais les "pierres vivantes" qui la constituaient se sont dispersées "à tout vent". C'est ce dont parle encore l'apôtre Paul lorsqu'il écrit aux chrétiens d'Éphèse au sujet de ces "Enfants flottants, emportés à tout vent de doctrine (qui furent séduits) par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction" (Éphésiens 4:14). Que s'est-il passé ? L'une de ces "maisons" avait été édifiée sur le sable, l'autre sur le roc. Lorsque vint la tempête, l'une s'effondra, l'autre demeura solidement. "La pluie est venue" (Matthieu 7:27), mais ce n'était pas une "pluie de bénédictions". Ce n'était pas "la pluie de l'arrière-saison". C'était une pluie de contradictions et de problèmes divers. Une pluie incessante qui érodait petit à petit le mortier qui tenait les pierres ensemble. "Les vents ont soufflé" mais ce n'était pas le "Vent" du Saint-Esprit. Cela y ressemblait pourtant ! Mais ces vents-"ont battu la maison". Ces vents ont soufflés non pour bénir le peuple de Dieu, mais pour le détruire. Leur multiplicité amena la division. Les murs sont restés debout, mais à l'intérieur, les "pierres vivantes" se sont dispersées et "la ruine (de cette assemblée) a été grande"

Édifices et édification 

Si les Écritures nous relatent des faits qui semblent parfois ne présenter que peu de similitudes avec notre époque moderne, elles n'en demeurent pas moins intemporelles. Les générations qui nous ont précédées ont trouvé, dans celles-ci, des sujets de réflexion mais également des raisons d'espérer. Il devrait en être encore de même pour nous. La question se pose cependant : notre espérance est-elle encore fondée sur ce qu'affirme la Bible ? Dans ces temps troublés qui sont les nôtres, l'objet de nos pensées se limite bien souvent à la réalisation de projets et aux tâches quotidiennes. Certains se réfugient dans une forme de pragmatisme qui élude savamment toute dimension eschatologique. L'espérance n'est plus tournée vers le Retour du Seigneur. D'autres, plus visionnaires (ou ambitieux) se tournent vers la réalisation, à grands frais, de projets immobiliers. L'opulence de certaines églises évangéliques les incite à l'édification de bâtiments qui n'auraient rien à envier, en taille et en beauté, au Temple que le roi Hérode fit ériger au début de notre ère. L'Église universelle du royaume de Dieu, à Sao Paulo, au Brésil,  a fait ériger un bâtiment appelé "Temple de Salomon" qui se veut une réplique de celui-ci. Et si leur admiration les pousse à en contempler "les belles pierres", ils se défendront bien de vénérer quelque idole. Et pourtant !...
 

Eglise Evangélique de Sao Paulo

On a beau considérer la Bible comme la Parole de Dieu, certains textes nous semblent parfois bien loin de nos préoccupations quotidiennes. Les messages délivrés par les prophètes de la Bible ont pourtant encore bien des choses à nous dire. Et peut-être bien plus encore qu'on ne pourrait le penser. Les négliger nous serait préjudiciable pour la compréhension des événements qui surviennent aujourd'hui. À l'époque de Néhémie et de la reconstruction du premier Temple, la voix du prophète Aggée ne s'élevait-elle pas pour dire : "Est-ce le temps pour vous d'habiter vos demeures lambrissées quand cette maison est détruite ?" (Aggée 1:4). 

Vois-tu ?

"Maître, regarde quelles pierres et quelles constructions ! Jésus lui répondit : Vois-tu ces grandes constructions ? Il ne restera pas pierre sur pierre qui ne soit renversée". Le Seigneur ne semble pas partager l'engouement de son disciple, posant plutôt un regard prophétique sur son devenir. On pourrait cependant s'étonner que Jésus réponde à la question de ce disciple par une autre question. "Vois-tu ces grandes constructions ?" lui demande-t-il. Par ces mots, Jésus invite ce disciple à bien observer cet édifice et a en imprimer le souvenir dans sa mémoire car bientôt il ne sera plus. Effectivement, une quarantaine d'années plus tard, celui-ci fut totalement rasé par les Romains. Cette question, que Jésus pose à ce disciple qui vient de lui faire remarquer la beauté architecturale du Temple, fait étrangement écho à celle que Dieu adressa au peuple d'Israël revenu d'exil pour rebâtir un temple en ruine. "Considérez attentivement ce qui s'est passé jusqu'à ce jour, jusqu'au vingt-quatrième jour du neuvième mois, depuis le jour où le Temple de l'Eternel a été fondé, considérez attentivement !" (Aggée 2:18). "Vois-tu ?". Cette question fut également posée au prophète Ézéchiel. Celui-ci est en exil en Chaldée, mais il reçoit la vision du Temple avant sa destruction par les armées babyloniennes (2 Chroniques 36:18, 19). Le Temple sera rebâti à l'époque d'Esdras avec les encouragements prophétiques du prophète Aggée notamment (Esdras 6:13 à 15). Ce même Aggée qui dira : "Considérez attentivement  ce qui s'est passé jusqu'à ce jour… depuis le jour où le Temple de l'Eternel a été fondé". Mais pourquoi Dieu a-t-il permis que sa maison soit détruite ? Parce que cette hideuse "lèpre des murs" qu'est l'idolâtrie l'avait entachée au point qu'il n'y avait plus d'autre remède que sa destruction (Lévitique 14:43 à 45). La qualité des matériaux de construction actuels prémunit contre cette forme de dégradation, mais le cœur de l'homme, lui, n'a pas changé (Jérémie 17:9). "La lèpre des murs" demeure pour lui un danger constant. Qu'est-ce à dire ? Les "pierres vivantes" qui constituent la Maison du Seigneur pourraient-elle y être sujettes ? C'est une question qui me semble suffisamment importante pour que l'on s'y attarde. 

Jézabel de Sidon

Le prophète Ézéchiel a décrit, dans son livre, les diverses formes d'idolâtrie qui étaient pratiquées dans le Temple (Ézéchiel, chapitre 8). Il mentionne le jugement qui s'en est suivi (chapitre 9) avant de voir la Gloire de Dieu s'éloigner de sa résidence (chapitre 10). La Demeure de Dieu sera détruite par les Babyloniens en l'an 586 avant notre ère. La "plaie de lèpre" avait rongé ses murs. Sa destruction était inévitable. Se pourrait-il qu'il puisse en être également ainsi aujourd'hui de ces "belles pierres" qui suscitent parfois tant d'admiration dans nos milieux ? Certains diront peut-être : "Moi, je ne suis pas comme le reste des hommes, comme ce publicain judéen de l'Ancien Testament, je jeûne, je donne la dîme de tous mes revenus…!" (Luc 18:11). Pourtant, dans le livre de l'Apocalypse, le Seigneur adresse un certain nombre de reproches à ces Églises, auxquelles il reconnaît cependant de grands mérites. Il s'adresse notamment à l'Église de Thyatire qui "laisse la femme Jézabel qui se dit prophétesse enseigner et séduire (ses) serviteurs" par une doctrine assimilée aux "profondeurs de Satan" (Apocalypse 2:20,24). Cette "Jézabel" était en réalité une dispensatrice d'un enseignement erroné, et certains des membres de cette assemblée avaient adhéré à son enseignement. Le nom de Jézabel (Iyzebel*) est composé des mots "Iy" (coupable) et "Zéboul" (habitation élevée, résidence luxueuse). On pourrait donc traduire ce nom de Jézabel par "palais du coupable". Le prophète Esaïe nous dit que "les épines et les ronces croissaient dans les maisons de plaisance de la cité joyeuse" (Esaïe 32:13). Celles-ci ne sont apparues, dans la nature, que suite à la Chute (Genèse 3:18). Elles se mirent alors à croître dans cette "habitation élevée". Se pourrait-il que l'enseignement de Jézabel se soit répandu dans les Thyatire de notre monde moderne ? Les épines et les ronces y auraient-elles crû à notre insu ? 

Pour mieux cerner le personnage de Jézabel dont il est fait mention ici, et qui œuvre ainsi au sein même de l'Église du Seigneur, il nous faut nous intéresser à une autre Jézabel, de sinistre mémoire : l'épouse du roi Achab (1 Rois 16:31). Samarie étant alors frontalière avec le territoire de Sidon, son roi épousa l'une de ses princesses. Mais la cité de Sidon était cananéenne. La ville devint plus tard une cité phénicienne prospère. Les Phéniciens, aussi bons marins que fins commerçants, avaient bâti leur fortune sur l'exportation et la vente d'idoles en tous genres. Lorsque Jézabel devint reine, elle s'attela à étendre le marché de l'entreprise familiale, et l'idolâtrie se répandit rapidement au sein de la population de son nouveau royaume. Or, il se fait que le territoire de Sidon jouxtait le territoire de la tribu de Zabulon, tout au Nord du pays (Josué 19:10 à 16). Le nom de Zabulon signifie "habitation"La "lèpre des murs" de l'idolâtrie (Lévitique 14:43 à 45) s'était étendue, passant de "la maison de Sidon" à celle de Zabulon. Or, la loi mosaïque prévoyait que si la plaie était déclarée "invétérée" (ma'ar), la maison devait être détruite. C'est ce qui se produisit en l'an 722 avant notre ère, la population du royaume de Samarie se vit déportée par les Assyriens en terres d'Orient, alors que des populations qui en étaient issues y furent transplantées (toute ressemblance avec des événements actuels  en Occident  ne serait que purement fortuite). 

Devenue reine de Samarie, la princesse sidonienne demeurait désormais à Jizreel (1 Rois 21:1). Dans son palais, croissaient les épines et les ronces de la fourberie et de la méchanceté, car comme le dit Esaïe : "Les armes du fourbe sont pernicieuses, il forme de coupables desseins pour perdre le malheureux par des paroles mensongères" (Esaïe 32:7). Mais Dieu s'adressa à son serviteur Ézéchiel en ces mots : "Fils de l'homme, tourne ta face vers Sidon, et prophétise contre elle ! Tu diras : Ainsi parle le Seigneur l'Eternel, voici, j'en veux à toi, Sidon !... Alors, elle ne sera plus pour la maison d'Israël, une épine qui blesse, une ronce qui déchire…" (Ézéchiel 28:20 à 24). Or, il se fait que, lorsqu'il parle d'une "épine qui blesse (ma'ar)",  le prophète utilise un terme qui n'apparaît ailleurs que pour désigner cette forme particulière de moisissure, cette "lèpre de maison". L'usage de ce vocable si spécifique ne pouvait échapper à ses auditeurs qui en connaissaient la signification et les conséquences.

Tout avait donc commencé par cette "lèpre des murs" venue de Sidon. La ville portait le nom de son fondateur : Sidon, le fils aîné de Canaan (Genèse 10:15), que Noé avait maudit (Genèse 9:25). Le mot "tsydon" signifie "pêche abondante" et a pour racine le mot "tsuwd" qui veut dire "chasser, poursuivre, entraîner, tendre un piège, épier, surprendre". Les "Sidoniens" d'aujourd'hui, serviteurs de Jézabel, "épient, guettent, tendent des pièges" pour "surprendre et entraîner" leurs ennemis, les membres du peuple de Dieu. Et les leaders des "Thyatire" d'aujourd'hui laissent les Jézabel modernes séduire les membres de leurs communautés. La lèpre de l'idolâtrie (Apocalypse 2:20) a contaminé bien des "maisons" et des "habitations" du peuple de Dieu. Cela commence par un "mariage" entre un roi (une forme d'autorité) avec une cananéenne. Mais cet état de fait remonte bien plus loin en arrière, lorsque le roi Salomon prit pour épouses des princesses sidoniennes (1 Rois 11:1). Lorsque la lèpre des murs apparaît à la surface, elle a déjà entamé sa progression au cœur de la pierre longtemps auparavant. Ce long travail de sape n'apparaît que tardivement, quand la moisissure a déjà pénétré les "pierres vivantes", rongeant petit à petit le ciment qui les unissaient. Ne dit-on pas d'une matière inerte qui présente des traces de moisissure qu'elle est piquée ? L'épine de ces ronces blesse (ma'ar) la chair de ces "pierres vivantes" et laisse en elles les germes d'une moisissure qui ne cessera de s'étendre jusqu'à ce que la "maison" soit considérée comme vouée à la destruction. 

*La signification de son nom n'enlève rien à la beauté du prénom Isabelle
 

Pierres rongées par la Mérule, ou Lèpre de Maison


Matière vivante

L'expression "Cette femme (gune, en grec) Jézabel", utilisée par le rédacteur de l'Apocalypse, peut s'interpréter de diverses manières. Dans ce livre, le mot "gune" peut désigner à la fois la ville de Jérusalem, Israël, l'Église, ou encore la Grande Prostituée. La racine de ce mot, "Ginomai", signifie "devenir, venir à l'existence, revenir au passé, apparaître dans l'Histoire". "Ginomai" désigne à la fois "un personnage qui apparaît en public, un fait accompli, un miracle qui s'est produit". Ainsi, l'apôtre Jean rédige son introduction en mentionnant "les choses qui doivent arriver (ginomai)" (Apocalypse 1:1). Plus loin, il lui est demandé d'écrire : "les choses que tu as vues et celles qui sont, et celles qui doivent arriver (ginomai) après elles" (Apocalypse 1:19)"Gune" désigne donc une chose, un événement, ou un personnage qui doit apparaître ou survenir à un moment donné dans le cours des événements. Ce peut être quelque chose qui s'est déjà produit par le passé, qui est en train de se réaliser et qui se produira encore. Il y a donc tout lieu de croire que cette "Jézabel", contre qui l'apôtre nous met en garde, agisse encore de nos jours comme elle le fit autrefois, et son action perdurera au sein du peuple de Dieu dans les temps qui sont encore devant nous. Alors, si nous sommes invités à observer attentivement ces "belles pierres", c'est peut-être pour y "desceller" celles portant les premières traces de cette "lèpre de maison" qui les rongent alors que, ici et là, s'élèvent de "grandes constructions" qui attirent les regards et proclament ainsi l'opulence de leurs propriétaires. Sur quoi va se focaliser l'attention ? Est-ce sur ce qui a été bâti "en dur", ou bien sur ce matériau toujours mobile, toujours en mouvement qu'est celui qui croit ? Un édifice en tant que tel va-t-il monopoliser l'attention, ou doit-il demeurer un lieu de rencontre, de convivialité, de partages, de culte ? Quel regard va-t-on poser sur ces bâtiments ? En admirera-t-on les constructions, tout comme ce disciple du Seigneur ? Mais surtout, quelle "valeur" lui accordera-t-on ? La question est "de taille" car le seul édifice qui perdurera dans le siècle à venir est fait de "pierres vivantes" (1 Pierre 2:5) qui, ensemble, forment une "maison spirituelle" et "une habitation de Dieu en esprit" (Éphésiens 2:22)

Consumé par le feu

Le neuvième jour du mois d'Av de l'an 70, le Temple fut détruit par les légions de Rome. Tout comme il le fut le neuvième jour du mois d'Av de l'an 586 avant notre ère par les armées de Nabucadnetsar. Les témoins de ce désastre auraient pu faire leurs ces paroles prononcées à cette occasion : "Ils brûlèrent la maison de Dieu, ils démolirent la muraille de Jérusalem, ils livrèrent au feu tous ses palais et détruisirent tous ses objets précieux" (2 Chroniques 36:19)"Notre maison sainte et glorieuse où nos pères célébraient tes louanges est devenue la proie des flammes. Tout ce que nous avions de précieux a été dévasté", se lamente le prophète Esaïe (Esaïe 64:10). Paul dira : "Nous sommes ouvriers avec Dieu et vous êtes l'édifice de Dieu, mais que chacun prenne garde à la manière dont il bâtit dessus (sur le fondement)" (1 Corinthiens 3:9, 10). Il poursuit son allégorie en rappelant que le seul fondement qui puisse être, c'est le Seigneur Jésus-Christ (verset 11), et que la qualité des matériaux utilisés sera testée "par le feu" (verset 12 à 15). C'est là un avertissement qu'il serait bon de ne pas négliger. Si l'édifice est constitué de matières combustibles, il ne pourra subsister. Même "l'or, l'argent,..." (verset 12) finissent pas se liquéfier sous l'effet de la chaleur. Seules "les pierres précieuses" (verset 12) échapperaient encore. Aucun matériau ignifugé ne pourra empêcher ce feu de venir consumer les matériaux combustibles avec lesquels nous aurons bâti Sa Maison. "L'œuvre de chacun sera manifestée, car le jour la fera connaître  parce qu'elle se révèlera dans le feu, et le feu éprouvera ce qu'est l'œuvre de chacun" (1 Corinthiens 3:13). Notre Dieu est un feu dévorant (Hébreux 12:29 /  Deutéronome 4:24).  

Qu'ils soient financiers ou de conquêtes, des hommes ont autrefois bâti des empires. Qu'en reste-t-il ?  Des édifices ? Détruits par les guerres ou par l'usure du temps. Des réputations ? Des célébrités ? Beaucoup d'entre elles sont tombées dans l'oubli. Qu'aurons-nous bâti qui puisse demeurer ? L'apôtre Jean nous dit qu'il entendit une voix venue du ciel (Apocalypse 14:13). Il lui fut dit : "Écris ! Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur ! Oui, dit l'Esprit, afin qu'ils se reposent de leurs travaux, car leurs œuvres les suivent". Seules ces choses demeureront dans l'Éternité. 
 

JiDé

Il ne restera pas pierre sur pierre. L'Église, un édifice ?
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